Robert MENARD, secrétaire général de Reporters sans Frontières : "La couverture des médias publics au Sénégal a été déséquilibrée"
"On ne peut pas accepter que plus de 99 % des sujets qu'on diffuse pendant les journaux, à la radio ou à la télévision, pendant les trois semaines, ne concernent uniquement que les ministres, les inaugurations et tout ce qui suit. Au fond, on fait le jeu du candidat sortant".
Ce constat est du secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Menard qui était hier face à la presse à Dakar, pour faire l'état des lieux de leur observation sur la couverture de la campagne et du scrutin par les médias d'Etat. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, il note des impairs dans cette couverture "en faveur de M. Wade". Ce qui laisse entrevoir des failles quant au rôle véritable que doit jouer la presse. Notamment au service du public et non de l'Etat.
Toutefois, Robert Menard, constate que les choses se passent mieux au Sénégal.
Wal Fadjri : Quelle lecture faites-vous de la couverture des élections aussi bien par les médias publics que privés.
Robert Menard : Notre travail concerne les médias publics : radios, télévisions, journaux, etc. Et il ne s'agit pas de donner de bons ou de mauvais points aux uns et aux autres. Mais le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra), en s'appuyant sur le travail de Reporters sans frontières et de nos amis du Centre d'études des sciences et technique de l'information (Cesti), auraient dû, au fur et à mesure de la campagne, interpeller pour améliorer les choses.
Wal Fadjri : Quelles conclusions tirez-vous finalement de votre observation de la campagne et du scrutin ?
Robert Menard : Je ne tirerai pas de conclusions. Je dirai tout simplement que, pour que des élections soient parfaites, qu'elles soient le plus démocratique possible, la couverture des médias publics est importante : la qualité de la couverture et l'équité de cette couverture. En ce qui concerne la radio et la télévision, on a eu une couverture de l'actualité générale politique déséquilibrée en faveur de M. Wade et surtout de son gouvernement, de ses ministres et de ses proches. C'est préjudiciable à la bonne qualité des élections. En même temps, je ne suis pas dupe, en ce qui concerne les journaux privés, ils sont largement plus que favorables à l'opposition. Et en ce qui concerne les radios, il n'y a pas que la radio publique. Il y a plein de radios privées qui, pour certaines, sont très proches de l'opposition. Ce que je vous dis là, c'est ce qui concerne les médias publics. Mais on peut partir en même temps sur le fait que les médias privés sont, eux, acquis largement à l'opposition. Cependant, en ce qui concerne la télévision, non. La télévision, elle, est publique. En ce qui concerne, en outre, la couverture sur tout le registre global de l'actualité pendant ces trois semaines, c'est une couverture qui n'est pas correcte. On ne peut pas accepter que plus de 99 % des sujets qu'on diffuse pendant les journaux à la radio ou à la télévision, pendant les trois semaines, ne concernent que les ministres, les inaugurations, et tout ce qui suit. Au fond, c'est le jeu du candidat sortant.
Wal Fadjri : Y a-t-il une avancée démocratique au Sénégal, par rapport à ce que vous avez observé durant cette période de campagne électorale et de vote ?
Robert Menard : Bien sûr, la situation au Sénégal, c'est celle d'un Etat démocratique. Il y a une pluralité de l'information. Il y a des médias, public et privé. Il y a une vingtaine de quotidiens, des dizaines de radios, plusieurs chaînes de télévision. Les choses ont avancé de ce côté. Entre ce qui se passe aujourd'hui et ce qui se passait il y a vingt ans, c'est sans commune mesure. Il reste que les médias publics se comportent trop comme des médias de l'Etat au service des gens qui sont à la tête de l'Etat. C'est cela qui est regrettable et qu'il faut corriger. Et cela peut être corrigé. Il faut prendre une certain nombre de mesures. Il faut que dans les médias publics, les journalistes, les directeurs de rédaction se comportent comme des journalistes de service public, qui sont au service du public et non, au service de tel ou tel personne.
Wal Fadjri : Comment appréciez-vous le déroulement de ces élections au Sénégal par rapport à ce qui se passe ailleurs ?
Robert Menard : Les choses se passent mieux au Sénégal. Cela reste quand même une vitrine de la démocratie par rapport à d'autres pays. Mais dans le dernier classement de Reporters sans frontières, il y a des pays africains qui étaient mieux classés que le Sénégal : le Ghana, le Bénin ou le Mali. Toutefois, il est aussi vrai que ces pays, comme le Sénégal, aujourd'hui, restent dans le haut du classement. Ils sont un modèle pour le reste de l'Afrique. Et, c'est justement, parce que le Sénégal est un modèle, qu'il faut qu'il soit irréprochable. Il faut que ses médias publics se comportent de façon irréprochable. Cela n'a pas été le cas pendant cette campagne.
Source: Seneweb
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mardi, février 27, 2007
dimanche, février 25, 2007
Les élections du "Gorgui" au Sénégal
"Gorgui, dolli nu" - Vieux, donne-nous encore!", en wolof.
Les élections présidentielles ont lieu aujourd'hui (dimanche le 25 février) au Sénégal. Quelques cinq millions d'électeurs sénégalais sont appelés aux urnes, pour un scrutin qui voit le président sortant Abdoulaye Wade (le "Gorgui" ou Vieux en wolof) opposé à 14 autres candidats, dont son principal rival, son ancien Premier ministre Idrissa Seck. Agé de 80 ans, le président sortant s'est dit persuadé d'être réélu dès le premier tour pour un mandat de cinq ans.
Dans le cadre d'une réunion internationale à laquelle je participais l'an passé à Dakar, le hasard a voulu que je rencontre pendant quelques minutes, le président Abdoulaye Wade. Sa venue à notre hôtel avait été un véritable cirque précédé de milliers de partisans pro-Wade, de Hummer et Jeep blindés tous gyrophares dehors et d'une présence militaire omniprésente. Bienvenue en Afrique! Stéphanie en Afrique m'avait bien parlé de Dakar avec passions et nuances mais la réalité nous rattrape toujours un peu.
Ce lien, cette histoire personnelle explique peut-être pourquoi cette élection m'intéresse et que j'en observe les rebondissements Ici et Ici sur le web sénégalais depuis quelques semaines.
Si Wade est considéré comme favori, le nombre élevé de candidats et l'éparpillement des voix semblent pourtant rendre peu probable sa réélection dès le premier tour d'aujourd'hui. Charismatique et caractériel, Wade est aussi surnommé Njomboor (il en a des surnoms ce Wade!), ce qui, en wolof, signifie «lièvre», un animal auquel le folklore africain associe la ruse comme principal trait de caractère.
En 2000, porté par le vent du sopi («changement»), Wade, éternel opposant depuis 30 ans, quatre fois candidat malheureux à la présidence, avait été élu dans un raz-de-marée, déboulonnant le Parti socialiste aux commandes depuis 40 ans en mobilisant notamment cette jeunesse laissée pour compte dans un pays où 40% de la population a moins de 14 ans. Depuis, le slogan du sopi s'est retourné contre lui, Idrissa Seck appelant notamment les Sénégalais à voter pour le «véritable changement».
En effet, le mécontentement est grand au Sénégal où la moitié de la population active est au chômage et où des vagues de clandestins de plus en plus nombreux risquent leur vie en mer pour gagner l'Europe, ses rivaux promettent des emplois que Wade n'a pas su leur apporter.
Selon le livre de Mamoudou Gazido, le Sénégal est un des rares pays africains à connaître une démocratie consolidée (p. 219) Le Sénégal est un des plus paisibles, stables et démocratiques pays du continent. Il n'a jamais connu de coup d'état, même s'il a cependant essuyé les foudres des organisations de défense des droits de l'Homme pour la répression d'opposants et de journalistes sous Wade.
Mais cette campagne électorale a été marquée par des violences. La police a tiré des grenades lacrymogènes dans la foule participant à une manifestation interdite de l'opposition. Moustapha Niasse, un des principaux chefs de l'opposition également candidat, a été traîné à terre par les forces de l'ordre. Et cette semaine, le cortège de Seck a été attaqué par une foule pro-Wade à coups de pierre, qui ont blessé un de ses assistants.
Est-ce que l'Afrique se sortira un jour des ses démons? Tout cela me semble bien fragile et il faut espérer une victoire démocratique sans bavure...
Les résultats officiels pourraient être connus dans quelques jours seulement, je vous en reparlerai.
Source: Le Monde et sites web sénégalais
Les élections présidentielles ont lieu aujourd'hui (dimanche le 25 février) au Sénégal. Quelques cinq millions d'électeurs sénégalais sont appelés aux urnes, pour un scrutin qui voit le président sortant Abdoulaye Wade (le "Gorgui" ou Vieux en wolof) opposé à 14 autres candidats, dont son principal rival, son ancien Premier ministre Idrissa Seck. Agé de 80 ans, le président sortant s'est dit persuadé d'être réélu dès le premier tour pour un mandat de cinq ans.
Dans le cadre d'une réunion internationale à laquelle je participais l'an passé à Dakar, le hasard a voulu que je rencontre pendant quelques minutes, le président Abdoulaye Wade. Sa venue à notre hôtel avait été un véritable cirque précédé de milliers de partisans pro-Wade, de Hummer et Jeep blindés tous gyrophares dehors et d'une présence militaire omniprésente. Bienvenue en Afrique! Stéphanie en Afrique m'avait bien parlé de Dakar avec passions et nuances mais la réalité nous rattrape toujours un peu.
Ce lien, cette histoire personnelle explique peut-être pourquoi cette élection m'intéresse et que j'en observe les rebondissements Ici et Ici sur le web sénégalais depuis quelques semaines.
Si Wade est considéré comme favori, le nombre élevé de candidats et l'éparpillement des voix semblent pourtant rendre peu probable sa réélection dès le premier tour d'aujourd'hui. Charismatique et caractériel, Wade est aussi surnommé Njomboor (il en a des surnoms ce Wade!), ce qui, en wolof, signifie «lièvre», un animal auquel le folklore africain associe la ruse comme principal trait de caractère.
En 2000, porté par le vent du sopi («changement»), Wade, éternel opposant depuis 30 ans, quatre fois candidat malheureux à la présidence, avait été élu dans un raz-de-marée, déboulonnant le Parti socialiste aux commandes depuis 40 ans en mobilisant notamment cette jeunesse laissée pour compte dans un pays où 40% de la population a moins de 14 ans. Depuis, le slogan du sopi s'est retourné contre lui, Idrissa Seck appelant notamment les Sénégalais à voter pour le «véritable changement».En effet, le mécontentement est grand au Sénégal où la moitié de la population active est au chômage et où des vagues de clandestins de plus en plus nombreux risquent leur vie en mer pour gagner l'Europe, ses rivaux promettent des emplois que Wade n'a pas su leur apporter.
Selon le livre de Mamoudou Gazido, le Sénégal est un des rares pays africains à connaître une démocratie consolidée (p. 219) Le Sénégal est un des plus paisibles, stables et démocratiques pays du continent. Il n'a jamais connu de coup d'état, même s'il a cependant essuyé les foudres des organisations de défense des droits de l'Homme pour la répression d'opposants et de journalistes sous Wade.
Mais cette campagne électorale a été marquée par des violences. La police a tiré des grenades lacrymogènes dans la foule participant à une manifestation interdite de l'opposition. Moustapha Niasse, un des principaux chefs de l'opposition également candidat, a été traîné à terre par les forces de l'ordre. Et cette semaine, le cortège de Seck a été attaqué par une foule pro-Wade à coups de pierre, qui ont blessé un de ses assistants.
Est-ce que l'Afrique se sortira un jour des ses démons? Tout cela me semble bien fragile et il faut espérer une victoire démocratique sans bavure...
Les résultats officiels pourraient être connus dans quelques jours seulement, je vous en reparlerai.
Source: Le Monde et sites web sénégalais
jeudi, février 15, 2007
La politique africaine
J'ai parfois l'impression que les dieux ont laissé tombé l'Afrique. Quand on lit les journaux, surtout ceux d'Amérique, ont perçoit beaucoup de désespérance et peu d'espoir. Les moments présents sont souvent beaux en Afrique comme je l'ai vu à Dakar mais l'avenir est navrant me semblait-il.
Et puis j'ai rencontré Mamoudou Gazibo par hasard chez des amis. Un intellectuel Nigérien enseignant et chercheur à l'Université de Montréal qui travaille sur la(les) politique(s) africaine(s). Il m'a parlé de son cheminement universitaire, de l'Afrique et de ses derniers livres. Mamoudou Gazidou est trentenaire et a publié 3 livres au cours des 3 dernières années, faut le faire! dont Introduction à la politique africaine en 2006 et Les paradoxes de la démocratisation en Afrique en 2005.
Dans Introduction à la politique africaine , Mamoudou Gazido offre un panorama assez impressionnant des enjeux de l'Afrique depuis les années de l'indépendance. L'histoire, les enjeux et les causes de l'instabilité africaine sont expliqués avec une fluidité et une accessibilité surprenante. En fait, je comprends mieux le pourquoi.
Expliquer un naufrage (celui de l'Afrique noire) de façon neutre, transversale et détachée; cela tient presque du prodige. Mais je ne suis certain que Mamoudou aimerait que j'utilise le mot naufrage parce que son analyse politique, après une longue lecture lucide des défis colossaux de l'Afrique, ouvre une porte à l'espoir. Je le cite: "Néanmoins, il faut aussi souligner les immenses avancées réalisées en moins de deux décennies. (...). Certains de ces pays comme l'Afrique du Sud- mais aussi le Ghana, le Mali ou le Bénin- symbolisent une vraie renaissance du continent et peuvent être les moteurs d'un renouveau politique, à l'échelle continentale, s'ils parviennent à diffuser le valeurs et les normes de gouvernance qui sont à présent les leurs." (p.229).
Si l'Afrique vous intéresse le moindre du monde, si vous voulez comprendre un peu mieux les ressorts de ce qui vous sera présenté inévitablement sur ce sujet dans nos médias; lisez Mamoudou Gazido et je vous assure que vous nuancerai fortement vos opinions sur ce continent. Et puis, des gens comme Mamoudou Gazido, ce n'est pas ça aussi un peu l'espoir de l'Afrique?
Et puis j'ai rencontré Mamoudou Gazibo par hasard chez des amis. Un intellectuel Nigérien enseignant et chercheur à l'Université de Montréal qui travaille sur la(les) politique(s) africaine(s). Il m'a parlé de son cheminement universitaire, de l'Afrique et de ses derniers livres. Mamoudou Gazidou est trentenaire et a publié 3 livres au cours des 3 dernières années, faut le faire! dont Introduction à la politique africaine en 2006 et Les paradoxes de la démocratisation en Afrique en 2005.
Dans Introduction à la politique africaine , Mamoudou Gazido offre un panorama assez impressionnant des enjeux de l'Afrique depuis les années de l'indépendance. L'histoire, les enjeux et les causes de l'instabilité africaine sont expliqués avec une fluidité et une accessibilité surprenante. En fait, je comprends mieux le pourquoi.Expliquer un naufrage (celui de l'Afrique noire) de façon neutre, transversale et détachée; cela tient presque du prodige. Mais je ne suis certain que Mamoudou aimerait que j'utilise le mot naufrage parce que son analyse politique, après une longue lecture lucide des défis colossaux de l'Afrique, ouvre une porte à l'espoir. Je le cite: "Néanmoins, il faut aussi souligner les immenses avancées réalisées en moins de deux décennies. (...). Certains de ces pays comme l'Afrique du Sud- mais aussi le Ghana, le Mali ou le Bénin- symbolisent une vraie renaissance du continent et peuvent être les moteurs d'un renouveau politique, à l'échelle continentale, s'ils parviennent à diffuser le valeurs et les normes de gouvernance qui sont à présent les leurs." (p.229).
Si l'Afrique vous intéresse le moindre du monde, si vous voulez comprendre un peu mieux les ressorts de ce qui vous sera présenté inévitablement sur ce sujet dans nos médias; lisez Mamoudou Gazido et je vous assure que vous nuancerai fortement vos opinions sur ce continent. Et puis, des gens comme Mamoudou Gazido, ce n'est pas ça aussi un peu l'espoir de l'Afrique?
samedi, janvier 27, 2007
L'Égypte n'est vraiment pas contente...
En 200 avant J.C., le géographe grec Philon avait désigné les 7 merveilles du monde de l'antiquité. Pour mémoire, il s’agit du temple d’Artémis à Éphèse, des pyramides d’Égypte, des jardins suspendus de Babylone, du Mausolée d’Halicarnasse, du phare d’Alexandrie, du colosse de Rhodes et de la statue de Zeus à Olympie. Depuis l’an 2005, les internautes sont invités à élire les sept merveilles du monde... moderne.
Ce projet a été lancé en l’an 2000 à l’Opéra de Sydney, à l’initiative des fondations The new open world et The new 7 wonders, du cinéaste suisse Bernard Weber. Il est soutenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Parmi les 77 monuments choisis en 2005, une liste de 21 monuments présélectionnés, par une équipe d’experts internationaux, présidée par l’ancien secrétaire de l’Unesco, Federico Mayor, a été établie. Les internautes peuvent voter jusqu'au 7 juillet 2007 sur le site news7wonders pour les monuments qu’ils considèrent comme les plus prestigieux. Jusqu'ici 25 millions de votes (dont le mien!) ont été comptabilisés.
Mais l'Égypte est outrée!! En effet, le concours ose mettre au vote les pyramides de Gizeh, seuls vestiges des 7 merveilles de l'antiquité encore existantes.
« C’est un complot ourdi contre l’Égypte et sa civilisation » a tonné, vendredi (hier), l’éditorialiste du journal gouvernemental Al Akhbar, Al-Sayed al-Naggar. Le patron des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, blessé, a déclaré : « C’est la seule des sept merveilles de l’Antiquité encore existante, et elles n’ont pas besoin de cela, c’est grotesque ! ».
Et ça va assez loin. Lors de son récent séjour en Égypte, Bernard Weber, ancien assistant du cinéaste italien Federico Fellini, a été censuré par les médias locaux, et toutes les portes officielles lui sont restées fermées. Pour le ministre égyptien de la culture, la compétition organisée par Weber est insensée et a été mise en place pour arranger « son auto promotion ». Quant au journal El-Ahram, il l’a qualifiée de farfelue.
Pour Bernard Weber, les Égyptiens aurait dû profiter de sa venue pour l’interroger sur la présence des pyramides de Gizeh dans la compétition. « J’avais bien pensé les mettre hors concours, mais les internautes les auraient de toutes manières remises d’eux-mêmes en lice », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a expliqué que son objectif premier n’était pas de porter préjudice au mythe des 7 merveilles du monde mais de l’actualiser. « Je crois qu’après plus de 2000 ans, il est temps de redéfinir les merveilles du monde », a-t-il déclaré.
Dans ces sites sélectionnés, figurent, notamment : le Taj Mahal (Inde), la statue de la Liberté (États-Unis), la Grande muraille de Chine (Asie), le Machu Picchu (Amérique Latine), la ville de Tombouctou (Afrique), l’Opéra de Sydney (Australie), La tour Eiffel (France), le Colisée de Rome et tant d’autres. Sans oublier, le seul site de l’Antiquité qui a survécu, jusqu’à nos jours : le complexe pyramidal de Gizeh, symbole de la suprématie et de la grandeur de l’Égypte antique.
Allez voter sur le site news7wonders ; mais si possible donnez un petit coup de main aux sites antiques, je ne crois pas qu'ils soient les plus populaires dans ce type de sondage...
A&M
NB Mes 7 choix? Bien sûr les 5 sites (parmi les 21) du monde de l'antiquité gréco-romaine (La Basilique Ste-Sophie d'Istanbul, l'Acropole d'Athènes, le Colisée de Rome, les Pyramides de Gizeh, ainsi que Pétra en Jordanie); l'Alhambra de Grenade pour finir avec la Tour Eiffel de Paris.
Source: http://www.afrik.com/
Ce projet a été lancé en l’an 2000 à l’Opéra de Sydney, à l’initiative des fondations The new open world et The new 7 wonders, du cinéaste suisse Bernard Weber. Il est soutenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Parmi les 77 monuments choisis en 2005, une liste de 21 monuments présélectionnés, par une équipe d’experts internationaux, présidée par l’ancien secrétaire de l’Unesco, Federico Mayor, a été établie. Les internautes peuvent voter jusqu'au 7 juillet 2007 sur le site news7wonders pour les monuments qu’ils considèrent comme les plus prestigieux. Jusqu'ici 25 millions de votes (dont le mien!) ont été comptabilisés.
Mais l'Égypte est outrée!! En effet, le concours ose mettre au vote les pyramides de Gizeh, seuls vestiges des 7 merveilles de l'antiquité encore existantes.
« C’est un complot ourdi contre l’Égypte et sa civilisation » a tonné, vendredi (hier), l’éditorialiste du journal gouvernemental Al Akhbar, Al-Sayed al-Naggar. Le patron des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, blessé, a déclaré : « C’est la seule des sept merveilles de l’Antiquité encore existante, et elles n’ont pas besoin de cela, c’est grotesque ! ».
Et ça va assez loin. Lors de son récent séjour en Égypte, Bernard Weber, ancien assistant du cinéaste italien Federico Fellini, a été censuré par les médias locaux, et toutes les portes officielles lui sont restées fermées. Pour le ministre égyptien de la culture, la compétition organisée par Weber est insensée et a été mise en place pour arranger « son auto promotion ». Quant au journal El-Ahram, il l’a qualifiée de farfelue.Pour Bernard Weber, les Égyptiens aurait dû profiter de sa venue pour l’interroger sur la présence des pyramides de Gizeh dans la compétition. « J’avais bien pensé les mettre hors concours, mais les internautes les auraient de toutes manières remises d’eux-mêmes en lice », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a expliqué que son objectif premier n’était pas de porter préjudice au mythe des 7 merveilles du monde mais de l’actualiser. « Je crois qu’après plus de 2000 ans, il est temps de redéfinir les merveilles du monde », a-t-il déclaré.
Dans ces sites sélectionnés, figurent, notamment : le Taj Mahal (Inde), la statue de la Liberté (États-Unis), la Grande muraille de Chine (Asie), le Machu Picchu (Amérique Latine), la ville de Tombouctou (Afrique), l’Opéra de Sydney (Australie), La tour Eiffel (France), le Colisée de Rome et tant d’autres. Sans oublier, le seul site de l’Antiquité qui a survécu, jusqu’à nos jours : le complexe pyramidal de Gizeh, symbole de la suprématie et de la grandeur de l’Égypte antique.
Allez voter sur le site news7wonders ; mais si possible donnez un petit coup de main aux sites antiques, je ne crois pas qu'ils soient les plus populaires dans ce type de sondage...
A&M
NB Mes 7 choix? Bien sûr les 5 sites (parmi les 21) du monde de l'antiquité gréco-romaine (La Basilique Ste-Sophie d'Istanbul, l'Acropole d'Athènes, le Colisée de Rome, les Pyramides de Gizeh, ainsi que Pétra en Jordanie); l'Alhambra de Grenade pour finir avec la Tour Eiffel de Paris.
Source: http://www.afrik.com/
vendredi, janvier 26, 2007
Mon ami Ryszard est mort
Ryszard Kapuscinski, journaliste et écrivain polonais est mort cette semaine à l'âge de 74 ans. Je l'ai appris aujourd'hui (jeudi). J'écris mon ami parce que je l'appréciais beaucoup même si, lui, a toujours ignoré mon existence comme de raison. Ami parce que sa prose, son approche, sa sensibilité face aux tourments du monde me touchaient. J'ai déjà parlé dans ce blogue, ici et ici, de ses deux derniers livres remarquables sur l'Afrique.
Voyageur infatigable, il a captivé des millions de lecteurs avec ses chroniques sur les coups d'état, les révolutions et les guerres en Afrique (surtout). En effet, il a été le témoin privilégié de 27 révolutions et coups d'états, et condamné à mort quatre fois.
J'appréciais en fait de Kapuscinski surtout son romantisme; c'est-à-dire (dans cette définition toute personnelle du romantisme) cette volonté d'élévation au-delà du quotidien pour rapporter les événements et les drames africains avec une couleur personnelle. Mais surtout cette certitude un peu naïve (et romantique!) que l'on peut (modestement) changer les choses en faisant avec énergie et dévouement ce en quoi ont est bon. Kapuscinski rejoint en ce sens mes autres "amis romantiques" disparus eu aussi depuis peu et sur lesquels j'ai déjà écrit un billet soit Thierry Hentsch, Raymond Klibansky et Jean Irigoin.
Bon repos Ryszard!
Voyageur infatigable, il a captivé des millions de lecteurs avec ses chroniques sur les coups d'état, les révolutions et les guerres en Afrique (surtout). En effet, il a été le témoin privilégié de 27 révolutions et coups d'états, et condamné à mort quatre fois.
J'appréciais en fait de Kapuscinski surtout son romantisme; c'est-à-dire (dans cette définition toute personnelle du romantisme) cette volonté d'élévation au-delà du quotidien pour rapporter les événements et les drames africains avec une couleur personnelle. Mais surtout cette certitude un peu naïve (et romantique!) que l'on peut (modestement) changer les choses en faisant avec énergie et dévouement ce en quoi ont est bon. Kapuscinski rejoint en ce sens mes autres "amis romantiques" disparus eu aussi depuis peu et sur lesquels j'ai déjà écrit un billet soit Thierry Hentsch, Raymond Klibansky et Jean Irigoin.
Bon repos Ryszard!
dimanche, juillet 16, 2006
Je suis polonais...
Pour l'ensemble des francophones d'Amérique, la question de l'identité peut toujours venir hanter bien des discussions et certains esprits. Dans mon cas, j'ai réglé le problème depuis un bout: je me considère comme un Montréalais, francophone et occidental. Les discussions (très franco-québécoise) de nature Québec-Canada me touchent peu. À l'inverse, je suis très troublé par la démarche de d'autres occidentaux qui sont interpellé par le même paysage littéraire historique que moi.
Que Ryszard Kapuscinski, écrivain et journaliste polonais, infatigable voyageur au regard d'aigle, auteur de ce formidable concentré de voyages en terre africaine qu'est Ébène (Plon, 2000)--voir mon billet précédent--, que cet homme-là nous raconte aujourd'hui ses voyages en compagnie d'Hérodote ne doit pas relever du hasard.
Historien grec ayant vécu entre 490 et 425 av. J.-C., auteur plus que célèbre de L'Enquête (une oeuvre que l'on connaît aussi parfois sous le nom d'Histoires), Hérodote d'Halicarnasse est depuis longtemps considéré comme le père de l'ethnographie, de l'histoire, de la géographie, du reportage, et peut-être aussi un peu du roman -- Il est le premier à avoir tenté d'observer son monde avec un regard neutre; ce qui a fait émergé plus tard la réflexion critique qui demeure une des caractéristiques de l'Occident. L'Enquête est aussi la première grande oeuvre en prose de la littérature grecque et demeure signifiante pour tout lecteur occidental. Je conseille d'ailleurs sa lecture à tous mes blogueurs!
Hérodote est également le créateur du journalisme de reportage tel que le conçoit l'écrivain polonais : patient et généreux, attentif et tentaculaire. Dans Mes voyages avec Hérodote, le journaliste polonais rend ainsi hommage à son auteur fétiche et y croise sa découverte d'Hérodote avec les souvenirs de ses toutes premières assignations comme journaliste à l'étranger dans les années cinquante -- lui qui n'avait même jamais franchi les frontières de la Pologne.
L'Inde et sa «première rencontre avec l'altérité», la Chine de la Révolution culturelle, où il se heurte plus durement qu'ailleurs à la «grande muraille du langage», puis le Soudan, l'Éthiopie, l'Iran et le Congo suivront. Premier homme à avoir pris conscience de la diversité du monde, à travers sa monumentale investigation sur les guerres Médiques (qui ont opposé le monde grec et l'empire perse durant la première moitié du Ve siècle av. J.-C. ), Hérodote nous livre une foule d'informations sur les moeurs, les croyances, les institutions et la vie quotidienne, autant que des descriptions géographiques et d'innombrables anecdotes et de légendes des contrées qu'il visite. À ses yeux et à ceux de Ryszard Kapuscinski, l'histoire du monde ressemble à un immense chaudron en ébullition perpétuelle, où peuples et tribus s'entrechoquent constamment, se croisent, fusionnent, éclatent ou se transforment.
«J'éprouve plus de mal à me passer de lui que de son livre, nous explique encore Kapuscinski au sujet de sa longue relation avec Hérodote. Sentiment complexe que je ne saurais décrire avec précision. Car il s'agit d'une amitié pour un homme que je ne connais pas, mais qui m'envoûte et m'attire par sa relation aux autres, par sa manière d'être, sa faculté de faire naître, de créer, de souder une communauté humaine grâce à sa seule présence.» La culture de l'autre, nous disent-ils en substance tous les deux, est un miroir qui permet de mieux nous comprendre.
Une convaincante actualisation de l'oeuvre d'Hérodote, en somme, par l'un de ses fidèles héritiers, mêlée à quelques passionnants récits de voyages et une auto dérision constante.
Mon sentiment identitaire évolue: je suis maintenant Montréalais, francophone, occidental et...polonais.
VOYAGES AVEC HÉRODOTE
Description : Ryszard Kapuscinski, Traduit du polonais par Véronique Patte, Plon, coll. «Feux croisés», Paris, 2006, 284 pages
Que Ryszard Kapuscinski, écrivain et journaliste polonais, infatigable voyageur au regard d'aigle, auteur de ce formidable concentré de voyages en terre africaine qu'est Ébène (Plon, 2000)--voir mon billet précédent--, que cet homme-là nous raconte aujourd'hui ses voyages en compagnie d'Hérodote ne doit pas relever du hasard.
Historien grec ayant vécu entre 490 et 425 av. J.-C., auteur plus que célèbre de L'Enquête (une oeuvre que l'on connaît aussi parfois sous le nom d'Histoires), Hérodote d'Halicarnasse est depuis longtemps considéré comme le père de l'ethnographie, de l'histoire, de la géographie, du reportage, et peut-être aussi un peu du roman -- Il est le premier à avoir tenté d'observer son monde avec un regard neutre; ce qui a fait émergé plus tard la réflexion critique qui demeure une des caractéristiques de l'Occident. L'Enquête est aussi la première grande oeuvre en prose de la littérature grecque et demeure signifiante pour tout lecteur occidental. Je conseille d'ailleurs sa lecture à tous mes blogueurs!
Hérodote est également le créateur du journalisme de reportage tel que le conçoit l'écrivain polonais : patient et généreux, attentif et tentaculaire. Dans Mes voyages avec Hérodote, le journaliste polonais rend ainsi hommage à son auteur fétiche et y croise sa découverte d'Hérodote avec les souvenirs de ses toutes premières assignations comme journaliste à l'étranger dans les années cinquante -- lui qui n'avait même jamais franchi les frontières de la Pologne.
L'Inde et sa «première rencontre avec l'altérité», la Chine de la Révolution culturelle, où il se heurte plus durement qu'ailleurs à la «grande muraille du langage», puis le Soudan, l'Éthiopie, l'Iran et le Congo suivront. Premier homme à avoir pris conscience de la diversité du monde, à travers sa monumentale investigation sur les guerres Médiques (qui ont opposé le monde grec et l'empire perse durant la première moitié du Ve siècle av. J.-C. ), Hérodote nous livre une foule d'informations sur les moeurs, les croyances, les institutions et la vie quotidienne, autant que des descriptions géographiques et d'innombrables anecdotes et de légendes des contrées qu'il visite. À ses yeux et à ceux de Ryszard Kapuscinski, l'histoire du monde ressemble à un immense chaudron en ébullition perpétuelle, où peuples et tribus s'entrechoquent constamment, se croisent, fusionnent, éclatent ou se transforment.
«J'éprouve plus de mal à me passer de lui que de son livre, nous explique encore Kapuscinski au sujet de sa longue relation avec Hérodote. Sentiment complexe que je ne saurais décrire avec précision. Car il s'agit d'une amitié pour un homme que je ne connais pas, mais qui m'envoûte et m'attire par sa relation aux autres, par sa manière d'être, sa faculté de faire naître, de créer, de souder une communauté humaine grâce à sa seule présence.» La culture de l'autre, nous disent-ils en substance tous les deux, est un miroir qui permet de mieux nous comprendre.
Une convaincante actualisation de l'oeuvre d'Hérodote, en somme, par l'un de ses fidèles héritiers, mêlée à quelques passionnants récits de voyages et une auto dérision constante.
Mon sentiment identitaire évolue: je suis maintenant Montréalais, francophone, occidental et...polonais.
VOYAGES AVEC HÉRODOTE
Description : Ryszard Kapuscinski, Traduit du polonais par Véronique Patte, Plon, coll. «Feux croisés», Paris, 2006, 284 pages
jeudi, juin 08, 2006
L'Afrique de Ryszard Kapuscinski
Il n'y pas grand chose à l'épreuve de mon optimisme, sinon la situation actuelle de l'Afrique centrale. La réalité est peut-être pire que ce que l'on voit dans les journaux (corruption, économie dérisoire, pauvreté indescriptible, guerres civiles, etc).
Le seul espoir m'apparaît être dans les gens d'Afrique. J'ai lu que de trop peu de livres sur le sujet mais le meilleur et de loin m'apparaît être Ébène du polonais Ryszard Kapuscinski.
Ryszard Kapuscinski n'appartient pas à cette race d'auteurs qui écrivent un ouvrage définitif sur un pays au terme d'un séjour de trois semaines. Il aura fallu quarante-trois ans de fréquentation assidue de l'Afrique à ce journaliste polonais pour qu'il se risque enfin à en livrer un portrait magnifique et terrifiant, chaleureux et accablant. Ses courts chapitres s'échelonnent des débuts de la décolonisation à nos jours, et privilégient les pays les plus misérables ou ceux dont le passé est le plus tragique: Éthiopie, Soudan, Somalie, Liberia, Nigeria, Rwanda, Ouganda.
Kapuscinski a le don de raconter en dix ou vingt pages le règne ubuesque d'Idi Amin Dada ou la rivalité sanglante des Hutus et des Tutsis. Mais le peintre de fresques se fait aussi miniaturiste: il évoque un feu de camp, un logement qu'il occupa jadis à Lagos, une rencontre avec des nomades sahariens, des palabres avec des paysans de la savane, des cauchemars éveillés et de purs instants de bonheur. Dans des pages lumineuses, il nous aide à comprendre ce que signifie pour ces hommes à la peau d'ébène l'appartenance à une ethnie et à un clan, comment fonctionnent les solidarités et quels sont leurs effets pervers, et, par-dessus tout, quelle vision du monde peut avoir quelqu'un qui ignore de quoi sera fait son prochain repas!
Ebène. Aventures africaines
Ryszard Kapuscinski
PLON
traduit du polonais par Véronique Patte.
373 pages.
Le seul espoir m'apparaît être dans les gens d'Afrique. J'ai lu que de trop peu de livres sur le sujet mais le meilleur et de loin m'apparaît être Ébène du polonais Ryszard Kapuscinski.
Ryszard Kapuscinski n'appartient pas à cette race d'auteurs qui écrivent un ouvrage définitif sur un pays au terme d'un séjour de trois semaines. Il aura fallu quarante-trois ans de fréquentation assidue de l'Afrique à ce journaliste polonais pour qu'il se risque enfin à en livrer un portrait magnifique et terrifiant, chaleureux et accablant. Ses courts chapitres s'échelonnent des débuts de la décolonisation à nos jours, et privilégient les pays les plus misérables ou ceux dont le passé est le plus tragique: Éthiopie, Soudan, Somalie, Liberia, Nigeria, Rwanda, Ouganda.
Kapuscinski a le don de raconter en dix ou vingt pages le règne ubuesque d'Idi Amin Dada ou la rivalité sanglante des Hutus et des Tutsis. Mais le peintre de fresques se fait aussi miniaturiste: il évoque un feu de camp, un logement qu'il occupa jadis à Lagos, une rencontre avec des nomades sahariens, des palabres avec des paysans de la savane, des cauchemars éveillés et de purs instants de bonheur. Dans des pages lumineuses, il nous aide à comprendre ce que signifie pour ces hommes à la peau d'ébène l'appartenance à une ethnie et à un clan, comment fonctionnent les solidarités et quels sont leurs effets pervers, et, par-dessus tout, quelle vision du monde peut avoir quelqu'un qui ignore de quoi sera fait son prochain repas!
Ebène. Aventures africaines
Ryszard Kapuscinski
PLON
traduit du polonais par Véronique Patte.
373 pages.
mardi, novembre 29, 2005
Dakar selon Le Figaro....
De retour au pays, mes perceptions sont ambigues de ce riche voyage, à la fois professionnel et personnel...
Je demeurais dans la partie la plus riche de L'Afrique de l'Ouest soit la pointe des Almadies et l'inégalité y était criante.
Un pays pauvre qui fait ce qu'il peut, des gens sympathiques, un horizon où les solutions ne sont pas évidentes...etc. Un chauffeur de taxi (en me décrivant la route que nous traversions pour nous rendre au Théâtre National) m'affirmait que Dieu était bon pour Dakar et le Sénégal et que tout allait pour le mieux...je n'en suis pas si certain mais Le Figaro lui le pense...voir extrait qui suit tiré d'un cahier promotionnel:
"Dakar: phare de l'Afrique occidentale
La pointe des Almadies est le point le plus à l'ouest du continent africain et Dakar la dernière escale de l'Afrique noire. En proie au rayonnement du Maghreb et de l'Occident, la capitale du Sénégal indique le chemin de la civilisation. L'activité de son port témoigne de cet angle d'ouverture. Ainsi l'Union européenne comme nombre de puissances étrangères se sont longtemps offertes comme terrain de pêche ces eaux territoriales poissonneuses. Aujourd'hui, Dakar tire profit de sa francophonie, laissée par 60 ans de colonisation française. Postée sur la voie de câbles téléphoniques intercontinentaux, elle sous-traite à des tarifs compétitifs, les téléservices de nombreuses compagnies françaises. L'ex-capitale d'Afrique occidentale, qui émerge de plusieurs années d'ajustement structurel, compte sur " le changement " pour désenrayer les blocages traditionnels. Des questions d'illettrisme - comme la très faible scolarisation des femmes, l'inertie de l'édition littéraire- aux conditions sanitaires désastreuses des habitants de la décharge de Mbeubeuss, des associations tentent de débrouiller fil par fil les nœuds d'un problème.
Le Figaro (2003)
Je demeurais dans la partie la plus riche de L'Afrique de l'Ouest soit la pointe des Almadies et l'inégalité y était criante.
Un pays pauvre qui fait ce qu'il peut, des gens sympathiques, un horizon où les solutions ne sont pas évidentes...etc. Un chauffeur de taxi (en me décrivant la route que nous traversions pour nous rendre au Théâtre National) m'affirmait que Dieu était bon pour Dakar et le Sénégal et que tout allait pour le mieux...je n'en suis pas si certain mais Le Figaro lui le pense...voir extrait qui suit tiré d'un cahier promotionnel:
"Dakar: phare de l'Afrique occidentale
La pointe des Almadies est le point le plus à l'ouest du continent africain et Dakar la dernière escale de l'Afrique noire. En proie au rayonnement du Maghreb et de l'Occident, la capitale du Sénégal indique le chemin de la civilisation. L'activité de son port témoigne de cet angle d'ouverture. Ainsi l'Union européenne comme nombre de puissances étrangères se sont longtemps offertes comme terrain de pêche ces eaux territoriales poissonneuses. Aujourd'hui, Dakar tire profit de sa francophonie, laissée par 60 ans de colonisation française. Postée sur la voie de câbles téléphoniques intercontinentaux, elle sous-traite à des tarifs compétitifs, les téléservices de nombreuses compagnies françaises. L'ex-capitale d'Afrique occidentale, qui émerge de plusieurs années d'ajustement structurel, compte sur " le changement " pour désenrayer les blocages traditionnels. Des questions d'illettrisme - comme la très faible scolarisation des femmes, l'inertie de l'édition littéraire- aux conditions sanitaires désastreuses des habitants de la décharge de Mbeubeuss, des associations tentent de débrouiller fil par fil les nœuds d'un problème.
Le Figaro (2003)
Impressions africaines--Cicéron
Je suis à Dakar (Sénégal) pour une conférence internationale. Je demeure loin du centre de la Ville dans la partie "resort" (Pointe des Almadies) soit assez loin de la congestion et de la vraie vie. J'ai quand même eu le temps de me promener un peu, d'observer et d'écouter.
Il s'agit de mon premier séjour en Afrique noir. Comme tout le monde, j'avais une image négative de l'Afrique malgré les discussions et le blogue de "Stéphanie en Afrique" (voir mes blogues favoris). Et pour cause, on entend parlé sans arrêt depuis plus de 10 ans (dans nos médias) que rien de va plus en Afrique (on peut penser aux problèmes de la corruption ou aux luttes tribales épouvantables du Rwanda, de la Somalie, du Libéria ou encore plus récemment de la Côte-D'Ivoire). Le Sénégal est un état très pauvre mais stable politiquement parce qu'entre autres moins divisé; une ethnie (les wolofs...tout le monde parle Wolofs ici) représente 80% de la population.
Je m'attendais donc au pire et ca été ...mieux...bien-sûr pauvreté, pollution, urbanisme anarchique et inégalité criante.
Photo du centre-ville de Dakar
Mais en même on sent à Dakar, une certaine bonhommie, un rythme lent et pas mal de sourire et de bonne humeur. Toujours In sha Allah! On s'habitue très rapidement aux rythmes urbains et à notre place dans l'espace. Ca se complique lorsque nous devenons pour eux, le blanc, le riche, la personne a qui quêter de l'argent...ça c'est moins drôle et un peu pas mal frustant. L'interraction réelle devient très difficile mais, heuresement pour mon boulot, j'ai pu rencontrer des gens vraiment intéressants et charmants.
Actuellement, durant mon séjour à Dakar, je lis deux livres soit le très négatif Négrologie de Stephen Smith et la biographie de Cicéron de Pierre Grimal. M. Smith semble envoyé l'Afrique tout simplement en enfer si rien de change d'ici 25 ans: L'Afrique se meurt et amènera hommes, femmes et enfants au tombeau...selon le journaliste du Monde (j'en reparlerai dans mes autres chroniques).
Pour être fidèle au titre de mon blogue et par soucis d'originalité (avouez, y faut le faire!), je terminerai ce premier regard de l'Afrique à travers l'enseignement de Cicéron...Cicéron, un philosophe et homme politique romain qui tenta maladroitement d'influer un souffle de grandeur philosophique dans la gestion des 2 dernières décennies de la République romaine (106-43 av JC).
La leçon (universelle) que je retire de l'échec de Cicéron malgré qu'il fût un des grands génies de son époque est la difficulté qu'il eût a composer avec 4 forces contradictoires qui demeure au coeur des défis de nos sociétés actuelles:
1) Sa volonté réelle comme intellectuel (et même comme politicien) d'élévation sociale (société plus juste et équitable);
2) Un incroyable égoisme individuel de la majorité des gens de sa société (romaine) lors de graves crises;
3) La difficulté qu'a eût Cicéron a gèrer ses monstres intérieurs et ses propres fragilités qu'il l'a amené à contredire par ses gestes, les valeurs d'élévation liées aux enseignements qu'ils avaient reçus de plusieurs philosophes grecs
4) Sa propre résistance aux changements
Cicéron est mort asassiné à 63 ans pour avoir mal évalué les enjeux politiques du moment. Alors, si Cicéron n'a pas réussi malgré qu'il ce qu'il fût...Imaginez l'Afrique!!
------------------------------------------------------------------------------
« C’est un vase sonore qui contient tout, depuis les larmes privées de l’homme, du mari, de l’ami, jusqu’aux catastrophes de l’homme du monde, jusqu’aux pressentiments tragiques de sa propre destinée. Cicéron est comme un filtre où toutes ces eaux se déposent et se clarifient sur un fond de philosophie et de sérénité presque divines, et qui laisse ensuite s’épancher sa grande âme en flots d’éloquence, de sagesse, de piété pour les dieux, et d’harmonie. On le croit maigre parce qu’il est magnifiquement drapé, mais enlevez cette pourpre, il reste une grande âme qui a tout senti, tout compris et tout dit de ce qu’il y avait à comprendre, à sentir et à dire de son temps à Rome » (Lamartine, Les Confidences).
Il s'agit de mon premier séjour en Afrique noir. Comme tout le monde, j'avais une image négative de l'Afrique malgré les discussions et le blogue de "Stéphanie en Afrique" (voir mes blogues favoris). Et pour cause, on entend parlé sans arrêt depuis plus de 10 ans (dans nos médias) que rien de va plus en Afrique (on peut penser aux problèmes de la corruption ou aux luttes tribales épouvantables du Rwanda, de la Somalie, du Libéria ou encore plus récemment de la Côte-D'Ivoire). Le Sénégal est un état très pauvre mais stable politiquement parce qu'entre autres moins divisé; une ethnie (les wolofs...tout le monde parle Wolofs ici) représente 80% de la population.
Je m'attendais donc au pire et ca été ...mieux...bien-sûr pauvreté, pollution, urbanisme anarchique et inégalité criante.
Photo du centre-ville de DakarMais en même on sent à Dakar, une certaine bonhommie, un rythme lent et pas mal de sourire et de bonne humeur. Toujours In sha Allah! On s'habitue très rapidement aux rythmes urbains et à notre place dans l'espace. Ca se complique lorsque nous devenons pour eux, le blanc, le riche, la personne a qui quêter de l'argent...ça c'est moins drôle et un peu pas mal frustant. L'interraction réelle devient très difficile mais, heuresement pour mon boulot, j'ai pu rencontrer des gens vraiment intéressants et charmants.
Actuellement, durant mon séjour à Dakar, je lis deux livres soit le très négatif Négrologie de Stephen Smith et la biographie de Cicéron de Pierre Grimal. M. Smith semble envoyé l'Afrique tout simplement en enfer si rien de change d'ici 25 ans: L'Afrique se meurt et amènera hommes, femmes et enfants au tombeau...selon le journaliste du Monde (j'en reparlerai dans mes autres chroniques).
Pour être fidèle au titre de mon blogue et par soucis d'originalité (avouez, y faut le faire!), je terminerai ce premier regard de l'Afrique à travers l'enseignement de Cicéron...Cicéron, un philosophe et homme politique romain qui tenta maladroitement d'influer un souffle de grandeur philosophique dans la gestion des 2 dernières décennies de la République romaine (106-43 av JC).
La leçon (universelle) que je retire de l'échec de Cicéron malgré qu'il fût un des grands génies de son époque est la difficulté qu'il eût a composer avec 4 forces contradictoires qui demeure au coeur des défis de nos sociétés actuelles:
1) Sa volonté réelle comme intellectuel (et même comme politicien) d'élévation sociale (société plus juste et équitable);
2) Un incroyable égoisme individuel de la majorité des gens de sa société (romaine) lors de graves crises;
3) La difficulté qu'a eût Cicéron a gèrer ses monstres intérieurs et ses propres fragilités qu'il l'a amené à contredire par ses gestes, les valeurs d'élévation liées aux enseignements qu'ils avaient reçus de plusieurs philosophes grecs
4) Sa propre résistance aux changements
Cicéron est mort asassiné à 63 ans pour avoir mal évalué les enjeux politiques du moment. Alors, si Cicéron n'a pas réussi malgré qu'il ce qu'il fût...Imaginez l'Afrique!!
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« C’est un vase sonore qui contient tout, depuis les larmes privées de l’homme, du mari, de l’ami, jusqu’aux catastrophes de l’homme du monde, jusqu’aux pressentiments tragiques de sa propre destinée. Cicéron est comme un filtre où toutes ces eaux se déposent et se clarifient sur un fond de philosophie et de sérénité presque divines, et qui laisse ensuite s’épancher sa grande âme en flots d’éloquence, de sagesse, de piété pour les dieux, et d’harmonie. On le croit maigre parce qu’il est magnifiquement drapé, mais enlevez cette pourpre, il reste une grande âme qui a tout senti, tout compris et tout dit de ce qu’il y avait à comprendre, à sentir et à dire de son temps à Rome » (Lamartine, Les Confidences).
samedi, janvier 22, 2005
L'égypte ancienne et le Musée du Caire...
Je quitte dans quelques heures pour Londres et Madrid mais je n'ai pas encore rien écrit sur mon mémorable voyage d'apprentissage de l'automne dernier en Égypte avec la firme française Clio. Mon itinéraire exact est au lien suivant Trésors d'Egypte en croisière.
Donc après le vol Paris-Louxor, merveilleuse croisière sur le Nil dans la première partie du voyage avec Louxor, Thèbes, Assouan, Abydos, Edfou, Philae, Abou Simbel (wow!) etc. Accompagné de notre égyptologue française, que de découvertes, conférences et contenus anciens... dans une chaleur souvent torride (nous avons connu un 51 degré celcius) malgré que le voyage ait eu lieu fin sept./déb octobre.
Le fait de faire un "learning" avec des Français m'a permis de découvrir aussi la riche histoire de l'égyptologie française (Jean-François Champollion, l'expédition de Napoléon, Auguste Mariette ,etc)...un 2e voyage dans le premier...
Vous savez que je peux maintenant lire la " cartouche" de plusieurs pharaons...je comprends mieux surtout le contexte historique de cette période fascinante ainsi que les luttes de pouvoir entre le clergé égyptien et les dynasties pharaoniques...
La 2e partie du voyage se concentra sur Le Caire et les pyramides bien-sûr (celle de Kheops-appellée la Grande pyramide-dont nous avons visité l'intérieure, Khephren, Mykerinos et un peu plus loin Saqqarah) ainsi que le Sphinx.
Mais quel choc que le Musée Égyptien du Caire...Un doux capharnaum
Le gouvernement égyptien mettra en place le Service des Antiquités égyptiennes en 1835, afin de mettre un terme au pillage des sites archéologiques et exposer les oeuvres qui appartenaient à l'État. Le musée créé à Boulaq, en 1858, sera dirigé par l'archéologue français Auguste Mariette. Son contenu sera transféré dans une annexe du palais d'Ismaïl Pacha, souverain d'Égypte, à Giza en 1880. Le musée, construit en 1900 dans le style néo-classique par l'architecte français Marcel Dourgnon, expose aujourd'hui plus de 140 000 objets .
Ses collections comprennent notamment :
- Les momies de certains pharaons de la XVIIIème à la XXème dynastie, découvertes à Thèbes. - La première série de momies, découvertes dans à Deir el-Bahari, comprenant celles de Seqenenre, d'Ahmosis Ier, d'Aménophis Ier, de Touthmôsis Ier, de Touthmôsis II, de Touthmôsis III, de Séthi Ier, de Ramsès II et de Ramsès III.
- La deuxième série, découverte dans la tombe d'Aménophis II, comprend les momies d'Aménophis II, de Touthmôsis IV, d'Aménophis III, de Meren Ptah, de Séthi II, de Siptah, de Ramsès IV, de Ramsès V, de Ramsès VI, de trois femmes et d'un enfant.
- Les objets provenant de la tombe de Toutankhamon, comptant plus de 3 500 pièces, dont 1 700 sont exposées dans le musée.
-Et bien d'autres
Il ya tellement d'objets présentés en vrac qu'une plaisanterie veut que des archéologues y entreprennent des fouilles...sans un bon guide, le Musée est d'un romantisme fou mais peu utile pour la compréhension de l'égypte ancienne...
J'ai adoré entre autre les portraits funéraires gréco-romains du Fayoum (http://portraits.fayoum.free.fr/). Magnifique et troublant!
J'ai hâte à l'expo du Musée des beaux-arts de Montréal Égypte éternelle.
Donc après le vol Paris-Louxor, merveilleuse croisière sur le Nil dans la première partie du voyage avec Louxor, Thèbes, Assouan, Abydos, Edfou, Philae, Abou Simbel (wow!) etc. Accompagné de notre égyptologue française, que de découvertes, conférences et contenus anciens... dans une chaleur souvent torride (nous avons connu un 51 degré celcius) malgré que le voyage ait eu lieu fin sept./déb octobre.
Le fait de faire un "learning" avec des Français m'a permis de découvrir aussi la riche histoire de l'égyptologie française (Jean-François Champollion, l'expédition de Napoléon, Auguste Mariette ,etc)...un 2e voyage dans le premier...
Vous savez que je peux maintenant lire la " cartouche" de plusieurs pharaons...je comprends mieux surtout le contexte historique de cette période fascinante ainsi que les luttes de pouvoir entre le clergé égyptien et les dynasties pharaoniques...
La 2e partie du voyage se concentra sur Le Caire et les pyramides bien-sûr (celle de Kheops-appellée la Grande pyramide-dont nous avons visité l'intérieure, Khephren, Mykerinos et un peu plus loin Saqqarah) ainsi que le Sphinx.
Mais quel choc que le Musée Égyptien du Caire...Un doux capharnaum
Le gouvernement égyptien mettra en place le Service des Antiquités égyptiennes en 1835, afin de mettre un terme au pillage des sites archéologiques et exposer les oeuvres qui appartenaient à l'État. Le musée créé à Boulaq, en 1858, sera dirigé par l'archéologue français Auguste Mariette. Son contenu sera transféré dans une annexe du palais d'Ismaïl Pacha, souverain d'Égypte, à Giza en 1880. Le musée, construit en 1900 dans le style néo-classique par l'architecte français Marcel Dourgnon, expose aujourd'hui plus de 140 000 objets .
Ses collections comprennent notamment :
- Les momies de certains pharaons de la XVIIIème à la XXème dynastie, découvertes à Thèbes. - La première série de momies, découvertes dans à Deir el-Bahari, comprenant celles de Seqenenre, d'Ahmosis Ier, d'Aménophis Ier, de Touthmôsis Ier, de Touthmôsis II, de Touthmôsis III, de Séthi Ier, de Ramsès II et de Ramsès III.
- La deuxième série, découverte dans la tombe d'Aménophis II, comprend les momies d'Aménophis II, de Touthmôsis IV, d'Aménophis III, de Meren Ptah, de Séthi II, de Siptah, de Ramsès IV, de Ramsès V, de Ramsès VI, de trois femmes et d'un enfant.
- Les objets provenant de la tombe de Toutankhamon, comptant plus de 3 500 pièces, dont 1 700 sont exposées dans le musée.
-Et bien d'autres
Il ya tellement d'objets présentés en vrac qu'une plaisanterie veut que des archéologues y entreprennent des fouilles...sans un bon guide, le Musée est d'un romantisme fou mais peu utile pour la compréhension de l'égypte ancienne...
J'ai adoré entre autre les portraits funéraires gréco-romains du Fayoum (http://portraits.fayoum.free.fr/). Magnifique et troublant!
J'ai hâte à l'expo du Musée des beaux-arts de Montréal Égypte éternelle.
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