Aucun message portant le libellé Musée. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Musée. Afficher tous les messages

samedi, juillet 07, 2007

De rares bronzes antiques exposés à Montréal!!

L'Ancien et le modenre ne peut qu'être heureux et, par le fait même, souligner ici le passage au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) (jusqu'au 2 décembre) des célèbres bronzes dorés de Cartoceto di Pergola, exposés pour la première fois hors d'Italie. Nous serons donc les premiers à pouvoir admirer les rares bronzes de cette ampleur qui nous soient parvenus de la Rome antique.

Ce grand groupe de sculptures d'une facture exceptionnelle, constitué de deux cavaliers et de deux femmes nobles, a été découvert par hasard en 1946 par deux agriculteurs dans la petite localité de Cartoceto di Pergola, dans la région des Marches. Enfouis dans une fosse pour une raison inconnue, ils ont ainsi échappé aux fonderies, où la plupart des bronzes romains ont abouti au fil des siècles, ce qui explique leur si grande rareté.

«Ce sont les seuls bronzes dorés qui subsistent de l'époque romaine. Des fragments sont parfois retrouvés, mais la plupart de ces statues ont été fondues au fil des ans pour faire des canons ou des cloches d'église», a expliqué au Devoir le Dr Paolo Quiri, archéologue pour la Suprintendenza archeologica pour les Marches à Ancona.

Uniques dans le monde entier, les "Bronzes Dorés de Cartoceto di Pergola" sont le seul groupe de statues en bronze doré qui provient de la Rome antique dont on peut encore admirer la beauté. Il s'agit d'œuvres de très haute qualité artistique, composées, à l'origine, de deux figures féminines voilées et de deux chevaliers en uniforme d'officier haut gradé sur des chevaux richement décorés. Selon une théorie récente, les "Bronzes Dorés" pourraient représenter les membres d'une importante et noble famille vivant dans les environs du territoire de la Région des Marches.

Les bronzes de Cartoceto ont malgré tout subi les avaries du temps et de l'homme, car ils ont été retrouvés en milliers de pièces sous terre, après avoir été fracassés à coup de masse par ceux qui les ont enterrés.

Le style de vêtements des chevaliers et surtout leurs coiffures typiques du premier siècle avant J.-C. ont permis de dater les statues de 50 à 20 ans avant notre ère, entre le règne de César et
celui d'Auguste.

Source: Le Devoir

mercredi, novembre 15, 2006

Le Louvre aux Émirats arabes unis...

Bon! Le journal parisien Libération révèlait samedi des négociations très avancées en vue de la création d'un musée Louvre à Abou Dhabi...et pourquoi pas?

C'est un projet que Chirac appuie semble-t-il et je ne vois pas pourquoi la France ne pourrait pas exporter (intelligemment bien-sûr) une de ses grandes richesses, malgré certaines réticenses toutes françaises. Malgré le titre négatif du quotidien français, ce projet ne consiste pas à la "vente" du Louvres mais plutôt à une vitrine dans un des endroits les plus riches du monde... A&M

Une délégation part poser les bases du projet de musée aux Emirats arabes unis. La France impatiente de vendre le Louvre à Abou Dhabi

Par Nathalie BENSAHE
Libération (samedi 11 novembre 2006)

Et si la France n'attendait pas Noël pour conclure le contrat le plus inédit et le plus controversé de l'histoire de la politique culturelle française, celui de la création d'un musée du Louvre à Abou Dhabi ? Cette affaire ultradiplomatique, qui relevait depuis plus d'un an de discussions d'Etat à Etat, prend depuis quelques semaines une tournure beaucoup plus concrète. La semaine prochaine, une délégation composée de représentants du Louvre, du centre Georges-Pompidou et du musée du Quai-Branly partira à Abou Dhabi afin d'engager les premiers travaux de réflexion sur la réalisation de ce gigantesque chantier de 30 000 à 40 000 m2 ( Libération du 5 octobre)

Accompagnée de la directrice des musées de France, Francine Mariani-Ducray, cette équipée doit entreprendre une négociation précise sur les termes de la commande émirienne : la conception, la construction et l'organisation muséographique d'un Louvre sur les sables du richissime petit émirat de 700 000 habitants. Un musée généraliste labellisé par le premier des musées français, qui réunira aussi l'expertise des quatre autres grands établissements nationaux, Beaubourg, les Arts premiers, Orsay et le château de Versailles. «Nous entrons enfin dans une discussion sur le fond», dit-on au ministère de la Culture. «Il s'agit d'aborder des questions aussi pointues que la surface exacte du musée, les conditions d'utilisation du label Louvre, la durée précise des engagements français en matière de conception scientifique et artistique. Il faut aussi définir les contours de la structure indépendante qui mènera le projet et sera financée par les émirats. Et encore déterminer les rythmes d'expositions internationales sur une période d'au moins dix ans.» Enfin, la délégation va devoir négocier âprement la durée du prêt des oeuvres : celles qui viendront du Louvre, mais aussi celles des autres grands musées. A priori, la France souhaiterait que la durée des prêts ne dépasse pas trois ans... Qu'en penseront les Emiriens ? Après tout, on n'exporte pas un musée comme on vend des Airbus.

Paris-IV - Abou Dhabi. «Nous connaîtrons très vite les exigences émiriennes, parce que le calendrier s'accélère», explique un négociateur. Après le tour de piste de la délégation française, c'est le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, qui se rendra dans l'émirat du 16 au 18 novembre, pour l'inauguration de la Sorbonne-Abou Dhabi... vendue à l'émirat l'an dernier. Il en profitera pour faire avancer la cause du Louvre. «Paris-IV -Abou Dhabi, qui délivre des enseignements en français, pourrait bien servir d'aiguillon à des formations spécifiques aux métiers de l'art», dit-on au ministère de la Culture. Enfin, dans la foulée, le ministre de la Culture compte bien faire le voyage jusque dans les Emirats arabes unis pour boucler ce mégacontrat évalué entre 750 millions et 1 milliard d'euros.

Que s'est-il passé depuis le début de l'automne pour que ce projet a priori très improbable entre dans le champ des possibles ? Un échange de lettres entre Renaud Donnedieu de Vabres et le cheikh Tahnoon al-Nayan, frère du prince héritier de l'émirat et responsable de l'Autorité touristique d'Abou Dhabi, donne maintenant aux Français toutes les raisons d'espérer. «La réponse du cheikh Tahnoon au ministre est bien plus qu'un signal, c'est une déclaration d'intention», dit un diplomate français. Voilà pourquoi la partie française met désormais les bouchées doubles pour que ce projet pharaonique ne lui échappe pas. «Les autorités d'Abou Dhabi veulent une conclusion rapide et c'est un paramètre qu'il ne faut pas négliger», expliquait-on récemment à l'Elysée. «Dans ces affaires, il ne faut pas traîner», s'agace un diplomate : «En un an, la Fondation Guggenheim a vendu un musée Guggenheim d'art contemporain à Abou Dhabi pour 400 millions de dollars. Si nous ne réalisons pas rapidement ce Louvre dans l'émirat, d'autres grands musées ­ notamment l'Ermitage de Saint-Pétersbourg ­ sont prêts à le faire.»

Résultat : au cours de ces dernières semaines, la direction des Musées de France et le ministère de la Culture ont concentré leurs efforts pour mobiliser tous les acteurs de ce dossier. A commencer par le Louvre, à qui le gouvernement demande tout simplement de fournir un mégamusée hors les murs. Pourtant, depuis le début de cette affaire, Henri Loyrette, le président du musée national, répugne à céder la marque Louvre aux Emiriens, mais aussi à se retrouver chef de file d'un projet dont il a le sentiment qu'il ne contrôlera pas grand-chose... Et, pourtant, s'il a beaucoup résisté, l'homme a, semble-t-il, modifié sa position. Face à l'exigence de l'Etat français, le patron du Louvre a-t-il le choix ? Mieux vaut peut-être négocier un certain nombre de garanties. «Le Louvre s'est montré plus souple, parce que nous avons pris en compte leurs inquiétudes et leurs craintes», raconte une source proche du ministère de la Culture.

La délégation française a compris qu'elle avait sans aucun doute une obligation de résultat : revenir de son voyage avec un avant-projet de réalisation du Louvre-Abou Dhabi et faire de «ce partenaire économique privilégié très cher à Jacques Chirac» ­ comme on le dit à l'Elysée ­ le centre culturel des monarchies du golfe Persique. Question : le Français Jean Nouvel sera-t-il l'architecte de ce nouvel établissement ? La délégation devra ramener la réponse.

Source: Libération

jeudi, novembre 09, 2006

Le Bode Museum (Berlin) et l'art byzantin

Le journal français Libération écrivait récemment un article sur la réouverture du Bode Museum qui est dédié en grande partie à l'art byzantin. Cette réouverture me touche particulièrement du fait que j'ai visité Berlin en mars dernier mais surtout parce que je lis en ce moment l'immense biographie de Georges Tate sur l'empereur Justinien (527-565) qui a permis le renouveau de l'empire romain d'Orient et l'installation du premier art byzantin. Les fonds d'art de l'Empire romain d'Orient égalent ceux du magnifique Musée d'archéologie d'Istanbul que j'ai aussi visité en juin 2005 . Les sculptures allant du IIIe au VIe siècles proviennent de Rome, d'Asie mineure, Syrie, Grèce, et d'Egypte. Elles préfigurent les créations artistiques ultérieures du Moyen-Âge et de l'Empire byzantin.

L'article que je copie à la suite réfère surtout aux aspects architecturaux du Bode Museum, ce qui est déjà pas mal...
------------------------------------------------------
Par Nathalie VERSIEUX
Libération mardi 7 novembre 2006

Le Bode Museum fait peau neuve à Berlin

Berlin s'est un peu plus rapproché de sa grande ambition culturelle : pouvoir rivaliser un jour avec Paris, Madrid ou Londres en termes de musées. Le Bode Museum, dédié à l'art byzantin et à la sculpture, vient de rouvrir en grande pompe sur l'île aux Musées, au coeur de la capitale allemande, après six ans de travaux.

La qualité des collections (150 tableaux et 1 700 sculptures de l'antiquité au début du XIXe siècle) et de leur présentation, l'envergure du projet et des restaurations menées, tout contribue à faire de la réouverture du Bode, comme on l'appelle à Berlin, l'événement culturel de l'année. Berlin la protestante y présente un exceptionnel assortiment d'art religieux catholique, en provenance des églises du sud de l'Allemagne, d'Italie, d'Espagne ou de France. «Une preuve du libéralisme religieux de la Prusse», souligne Bodo Buczynski, qui a présidé aux restaurations.

«Je connaissais les collections de l'époque de la RDA, explique une visiteuse, professeure d'art, qui a tenu à se mêler à la foule venue nombreuse pour les deux journées portes ouvertes au lendemain de la réouverture. Ça n'avait rien à voir ! Les collections sont présentées avec tant de soin ! Chaque pièce est mise en valeur. A lui seul, le bâtiment mérite le déplacement ! C'est tout simplement merveilleux.»

D'autant que le musée revient de loin. Situé à la pointe nord-ouest de l'île aux Musées, sur la Spree, il avait été inauguré en octobre 1904 pour abriter les fabuleuses collections que gérait alors Wilhelm von Bode pour l'empereur Frédéric III. Partiellement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et sauvé de la démolition par une initiative citoyenne dans les années 50, le bâtiment, de style Renaissance, n'avait été qu'à moitié restauré par le régime Est-allemand. A la chute du mur, les fondations prennent l'eau et l'édifice menace de s'écrouler. Fermé en 1999, il subit alors six ans d'une cure de beauté qui coûtera 162 millions d'euros au budget fédéral.

Mais les ambitions de Berlin ne s'arrêtent pas là. La réouverture du Bode Museum n'est en effet que la seconde étape vers la restauration totale de l'île aux Musées, classée au patrimoine de l'Unesco en 1999. Cet ensemble de cinq musées, concentrés sur une surface équivalente à celle de l'île de la Cité, à Paris, est unique en Europe.

En 2001 avait rouvert la Galerie nationale de peinture, consacrée à la peinture et à la sculpture du XIXe siècle. La prochaine étape sera, en 2009, la fin des travaux de reconstruction du nouveau musée, qui abritera l'art égyptien, notamment le célèbre buste de Néfertiti.
Cauchemar. L'île aux Musées connaîtra son parachèvement vers 2015. A cette date, une galerie souterraine permettra au visiteur de déambuler d'un musée à l'autre. Surtout, Berlin aura achevé la rénovation de son musée phare, le musée Pergame (qui abrite la porte d'Ishtar, l'une des cinq portes de Babylone). Au bord de la faillite, la ville aura alors englouti près de 1,5 milliard d'euros dans l'île.

Mais le site aura peut-être déjà étouffé sous l'afflux des visiteurs. «Chaque nouvelle inauguration attire davantage de monde, se désespère presque Klaus-Dieter Lehmann, le président de la fondation qui gère l'ensemble des 17 musées berlinois. Et rien n'est là pour gérer le flot des amateurs d'art.» Une fois rénovée, l'île devrait attirer 16 000 visiteurs par jour. Un million de personnes sont entrées l'an passé au musée Pergame, 600 000 ont vu les collections égyptiennes , 420 000 les collections de peinture. Sans sas d'entrée équivalent à la Pyramide du Louvre (prévu pour 2015) ni parking pour les bus de tourisme, l'île aux Musées est sur le point de devenir un cauchemar pour ses habitants. Parmi lesquels Angela Merkel, dont les fenêtres donnent sur le musée Pergame.

jeudi, octobre 26, 2006

Revoir mes musées de Berlin...rénovés (un jour!)

Comme je le mentionnais dans mon billet précédent sur l'antiquité orientale, les allemands avec les anglais et les français fûrent les premiers à partir à la chasse aux vestiges antiques et cela dès 1840. On a donc amassé à Berlin, comme à Paris (Le Louvre) et à Londres (British Museum) des trésors historiques inestimables.

Toutefois, les collections muséales de Berlin ont connu une histoire rocambolesque. La seconde guerre mondiale et la division est-ouest de Berlin qui s'ensuivit a contribué à éparpiller dans la ville les collections de ce qu'on appelait avant le Musée Frédéric-III, éphémère roi de Prusse en 1888.

Par exemple, à partir de 1950, il y avait le Musée antique de Berlin-est et le Musée Antique de Berlin-Ouest...

Après la réunification du pays, en 1990, le gouvernement allemand, conscient du caractère unique du site, décida de rénover les 5 musées de l'île, dont la construction s'était étalée sur un siècle, jusqu'en 1930. Berlin retrouvait son rang de capitale fédérale et se devait de présenter dignement le meilleur de ses collections, allant de l'art sumérien à Claude Monet. L'Unesco encouragea l'initiative en classant cet espace au Patrimoine mondial, en 1999.

Ainsi débuta un projet de longue haleine, qui devrait durer encore au moins 20 ans, avec pour objectif d'attirer jusqu'à quatre millions de visiteurs par an. La Alte Nationalgalerie (ancienne Galerie nationale) bénéficia la première de ce ravalement en profondeur. Rouverte au public en 2001, cent vingt-cinq ans après son inauguration, elle propose les tableaux du XIXe siècle, du romantisme allemand (dont Caspar David Friedrich) au début du modernisme en passant par l'impressionnisme français.

Après six ans de travaux de rénovation et une phase d’aménagement qui a duré plusieurs mois, le musée Bode a réouvert le 17 octobre 2006 et brille à nouveau dans tout son éclat. Il abrite non seulement la Collection de sculptures et le Musée d’art byzantin, mais aussi le Cabinet des monnaies et des œuvres de la Galerie de peinture.

Le Bode-Museum, du nom d'un ancien directeur des musées prussiens, Wilhelm von Bode, est le deuxième de la liste à avoir fait peau neuve, pour la somme de 230 millions de $ can.

UN PROJET TOTAL DE $2 MILLIARDS (can)

Les travaux continuent et sont maintenant en cours au Neues Museum (Nouveau Musée) dévolu à l'art égyptien et à d'autres pièces archéologiques. Sa réouverture est prévue en 2009 par les plus optimistes.

La rénovation et l'agrandissement de mon cher Musée Pergamon qui abrite l'Autel de Pergame (Pergamon Altar) dédié à Zeus et Athéna ainsi que la Porte d'Ishtar de Babylone commencera en 2011 pour se terminer en 2026!!! L'Autel de Pergame fût découvert entre 1878 et 1886 à Pergame, située à 110 km de l'ancienne Smyrne, aujourd'hui Izmir en Turquie. La reconstruction de l'autel dura jusqu'en 1902. J'ai eu la chance de le voir à deux reprises; la dernière fois en mars 2006 avec mon ami Paul. Magnifique malgré les nombreuses salles en rénovations! J'ai peine à croire qu'il me faudra attendre 2027 pour voir le Musée renové.

Entre-temps, un bâtiment de verre en forme de cube, conçu par l'architecte britannique David Chipperfield, devrait sortir de terre face au Neues Museum. Il servira de point d'accueil central pour les visiteurs des cinq établissements. Pour faciliter le transit, un tunnel nommé "promenade" devrait être creusé entre quatre des musées - l'Alte Nationalgalerie est exclue.



Cette idée, destinée à faire du lieu "le plus grand univers de musées pour l'art mondial", déplaît fortement à des personnalités culturelles de Berlin. Elles redoutent que cette voie souterraine n'attire des groupes de touristes pressés qui, au pas de charge, passeraient en revue quelque six mille ans d'histoire sans en retenir grand-chose. Et dérangeraient les "véritables" amateurs d'art. Certains choix architecturaux sont également dénoncés par une association de citoyens, la Société Berlin historique, qui a réuni plus de 15 000 signatures. Tout cela me rappelle le débat de la rénovation du Louvre et de sa pyramide.

La rénovation de l'ensemble (quen l'on appelle l'Ile aux musées) est critiquée en outre à cause de son coût, estimé aujourd'hui à $ 2 milliards (can). La Cour des comptes allemande a déjà mis en garde contre un dépassement. Pour convaincre les sceptiques du bien-fondé du projet en cette période de restrictions budgétaires, Angela Merkel, la chancelière, a enregistré un message vidéo téléchargeable sur baladeur numérique. Selon elle, "il est important pour nous tous, en cette période de mondialisation, de savoir d'où nous venons et quelles sont les racines de nos valeurs". Tout à fait d'accord!


Source: MasterPlan des musées berlinois et le journal Le Monde

samedi, août 05, 2006

Le Louvre, fiston et Napoléon

J'ai eu la chance de visiter Le Louvre à plusieurs reprises dans ma vie (6 ou 7 fois) et cela au cours d'une longue période--plus de 20 ans. Lors de ma première visite (j'avais 21 ans), j'ai eu un immense choc...j'y ai passé 3 jours consécutifs.

J'aime cette idée du savoir encyclopédique; un lieu, un musée où l'on pourrait toucher à toute l'histoire de l'art...ou presque. De toute façon, en culture, je suis attiré par le grand, la saga, l'ambition, la fresque.

Lors de ma dernière visite de Paris d'il y a un mois, j'ai été le guide pour la première visite de fiston au Louvre. Quoi lui montrer? Comment aborder en fait l'histoire de l'art occidental que l'on retrouve à travers ce musée?

Le Louvre est immense: 15 kms de galeries à visiter. En bon pédagogue (!), j'avais prévu une visite de 4 heures maximum. Il ne faut pas abuser des bonnes dispositions d'un ado de 16 ans...

J'ai donc opté pour une visite déambulatoire avec des arrêts un peu plus prolongés dans mes salles favorites du Louvre: la salle des antiquités grecques (bien sûr!), la salle des l'Égypte pharaonique (bien sûr), la salle des grands formats français et les 2 magnifiques cours intérieures de sculptures françaises. On a dû marché pas loin de 10 kms (sur les 15!) ce qui veut dire qu'on a pas réussi à traverser toutes les salles...Mais l'impression (je crois) est resté.

Mon grand choc (j'oserai dire "notre grand choc") cette fois-ci fût le "Sacre de Napoléon" de Jacques-Louis David (1748-1825)que l'on retrouve à l'intérieur de la magnifique salle rouge des grands formats français du Louvre.

Composition ambitieuse représentant le couronnement de Napoléon du 2 décembre 1804 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, cette toile a nécessité trois années d'un travail minutieux. Il s'agit d'une des plus grandes peintures au monde (la 2e plus grande du Louvre)--10 mètres de large par 6 m de haut. C'est aussi la 2e oeuvre la plus visitée du musée après la Joconde.

Ma photo sur ce blogue est évidemment navrante...on ne peut pas imaginer par ce petit carré, l'effet que cette oeuvre peu produire sur un visiteur. La plupart des gens que j'ai vu était silencieux devant "Le Sacre", le cou tendu vers le haut et la bouche ouverte....




Avant de voir le titre du tableau, Fiston n'a pas reconnu Napoléon...Je peux bien comprendre qu'il ne reconnaisse pas le Pape assis à côté de l'Empereur (soit Pie VII)...mais ne pas reconnaître Napoléon!! Comme quoi la tâche d'un père n'est jamais terminé...

mercredi, juin 28, 2006

Lumières d'Europe

Je retiens une chose de cette première étape de mon voyage actuel en Europe; ce sont les lumières.

Dans un premier temps, lumière du ciel constamment en changement de Dublin. La pluie suivie d'un soleil maritime venait trop souvent brouiller les pistes. Mais sinon, à part les pubs à tous les coins de rues et la visite intéressante de l'usine Guinness, pas grand'chose à raconter de cette ville grise, à l'architecture ouvrière d'inspiration anglaise que l'on dit en pleine expansion....Peut-être rajouter que les gens de Dublin ont le sens de la fête et ça les distinguent drôlement des anglais...

Plus intéressant sont les rapports à la lumière de Rembrandt et Van Gogh que j'ai pu observer dans les musées d'Amsterdam. Assez frappant et surprenant comment les deux peintres utilisent la lumière avec force mais dans des directions opposées. Rembrandt (XVIIe s.) use un style pictural dramatique où les forts contrastes lui valent rapidement une grande réputation de son vivant en faisant évoluer le style classique de son époque.

Auto-portrait de Rembrandt (1629)


Cet auto-portrait de Rembrandt (peint lorsqu'il avait 22 ans!) que j'ai vu au RijksMuseum d'Amsterdam m'a frappé par (bien-sûr) son jeu de lumière mais surtout sa modernité. Hors de son contexte, on pourrait croire à une oeuvre du milieu du XIXe s et non du début du XVIIe, il me semble. C'est un portrait plein d'audace, car la lumière provient de l'arrière et la majeure partie du visage de l'artiste se trouve dans l'ombre. Seuls sont éclairés le cou et le bas du visage. Pour ses cheveux, il a réussi a suggérer le jeu des boucles en inventant une nouvelle technique: gratter dans la peinture encore humide...

Le tourmenté Van Gogh (1853-1890) vit pour la première fois des impressionnistes et des post-impressionnistes en début 1886 lors de son arrivé à Paris. La palette de couleur sombre qu'il utilisait en Hollande s'avéra désespérément démodée. Son génie fût de transformer radicalement et rapidement son jeu de couleur.

Son séjour en Provence confirma son style lumineux.

Paysage de Provence de Van Gogh (1889)



Mais les peintures de Van Gogh, toutes lumineuses quelles soient, rendent tristes. Il admirait le sombre Remblandt qui est mort agé et heureux semble-t-il. Il n'a cependant jamais trouvé sa sérénité; son oeuvre étant indissociable de sa vie tragique et de son mal de vivre.

Je n'aime pas la période impressionniste, peut-être parce que trop banalisée par les posters de cuisine...Mais voir de près les toiles de Van Gogh, constater l'épaisseur de la toile crée par les petits coups de spatules..ça redonne la foi! C'est à Amsterdam, en regardant un paysage de Van Gogh que j'ai pris conscience de l'importance de voir les oeuvres réelles de proche.

Aucune image numérique ou papier, aucune reproduction sur un blogue ne peut transmettre l'émotion comme de les voir pour le vrai.

La révolution numérique ne remplacera pas (heureusement) la nécessité d'aller régulièrement dans les grands musées du monde...

lundi, mars 07, 2005

El Greco à Madrid

Le Musée du Prado (à Madrid) est le grand musée national espagnol et à ce titre un peu décevant…en comparaison de ce que l’on trouve à Paris, Rome, Berlin, Vienne et Athènes. Ce musée ne me semble pas avoir les moyens de ses ambitions et peu représentatif à part bien sûr la peinture espagnole. D’ailleurs la collection du musée est centrée sur les 3 vedettes de l’histoire de l’art espagnol (non contemporain) : Goya, Vélasquez et El Greco. Je devrai dire Goya et Vélasquez puisqu’El Greco me semblait un peu en retrait lors de ma visite du mois de janvier dernier.

J’ai l’impression qu’El Greco est moins populaire aujourd’hui parce que sa peinture est essentiellement religieuse contrairement à Vélasquez par exemple (j’adore mon blogue, il me permet d’affirmer plein de théories avec l’aplomb du spécialiste!)

El Greco ne m’était pas complètement inconnu. Probablement un vieux fond de culture général occidental, le nom me disait quelques choses, je savais que c’était un peintre mais a part de ça…En fait, ma rencontre avec El Greco m’a beaucoup émue.

El Greco (1541-1614) était un artiste grec dont le style chargé d’émotion exprime la passion de l’Espagne de la Contre-Réforme.

L’intensité obsédante des peintures d’El Greco est due à l’élongation exagérée des figures et aux puissants contrastes de couleur et de lumière.

Né en Crète, Domenikos Theotokopoulos reçut le nom d’El Greco—le Grec—en Italie et en Espagne. Après avoir travaillé comme peintre d’icônes, il quitta la Crète en 1568 pour étudier la peinture occidentale à Venise. Là il subit l’influence des artistes vénitiens Titien et Tintoret, dont il adopta les couleurs riches et la technique libre et spontanée. Deux ans plus tard environ, il partit pour Rome où des artistes tels que Michel-Ange venaient d’élaborer un style nouveau, maniériste, qui substituait à la représentation réaliste du monde physique une vision plus subjective, fondée non pas sur l’observation de la nature, mais sur le monde de l’esprit. Dans les oeuvres maniéristes l’espace était ressérré, les couleurs bizarres, et les figures aux corps allongés étaient groupées en des poses complexes.

N’ayant pas réussi à s’attirer des commandes importantes en Italie, El Greco se rendit en Espagne. En 1577, il était à Tolède où il resta jusqu’à la fin de sa vie et où il peignit ses oeuvres les plus importantes. Dans l’isolement relatif de l’Espagne de l’époque il continua à explorer et à développer les possibilités du maniérisme alors qu’en Italie ses contemporains revenaient à des styles plus naturalistes.

C’est ce cheminement particulier qui a fait le style El Greco.

J’ai été émerveillé entre autres par " la Sainte Trinité " (1577) que j’ai ajouté à la suite. Est-ce cela aussi le bonheur, l’émerveillement d’une rencontre lumineuse avec un artiste d’un autre temps?



Pour les curieux, voici un texte expliquant la Sainte Trinité du point de vue de l’église catholique:

La façon la plus simple d'expliquer la Trinité est de considérer qu'elle s'est développée à partir d'une question fondamentale : Qui est Jésus Christ? Juste un homme… Plus qu'un homme, moins qu'un dieu… Dieu lui-même…? C'est cette dernière réponse qui a prévalu, mais elle a pris beaucoup de temps à se formuler. Et à partir du moment où l'on conçoit que Jésus est Dieu, alors comment penser sa relation au Père? Comment interpréter l'expérience de foi toujours renouvelée des communautés chrétiennes et la fulgurante expansion de cette expérience aux premiers siècles de notre ère, sinon que l'Esprit de Jésus était toujours vivant et que, même s'il est vrai que pendant sa vie terrestre, il n'a jamais fondé de religion, il conduisait ce qu'on appellera l'Église. La Trinité est donc la relation d'amour qui subsiste entre le Père, le Fils et l'Esprit. Comme cet Esprit est celui de Jésus Christ, c'est Lui qui nous fait entrer dans cet espace de communion des trois personnes divines.

jeudi, janvier 27, 2005

Mon passage remarqué au British Museum...

Hier (mercredi le 26 janv. 2005) mon programme de ma dernière journée à Londres consistait en deux visites de musées: le "British Museum" et le "Tate Modern". Ambition démesurée puisque j'ai passé finalement toute la journée au British...

6 heures à faire un tour rapide de l'ensemble du musée et à me concentrer sur la section "antiquité greco-romaine".

Un mot (avant d'aller plus loin) sur l'entrée principale qui est couverte depuis les rénovations de 2000 d'une immense verrière. Bien, lumineux mais moins impressionnant que la pyramide du Louvres. La "Reading Room" est toutefois magnifique. Louis, à rajouter à notre liste des belles bibliothèques publiques...

Revenons maintenant à l'objet de ma visite soit la section "greco-romaine". J'ai retenu 3 éléments:

1) Les sculptures du Parthenon d'Athènes ***

Les très contreversées "marbres d'Elgin" sont magnifiques. J'ai eu droit a une visite commentée de plus d'une heure pour mieux comprendre la virtuosité des sculpteurs grecs (sous la direction du grand Philias) qui ont façonné la frise, les frontons et les métopes.

La frise est particulièrement spectaculaire. Dans un marbre d'une épaisseur de moins d'un pied, ils ont réussi à décrire les détails de quatres cheveaux et cavaliers de large (entre autres).

2) Les vestiges du Mausolée d'Halicarnasse et du temple d'Artémis d'Ephèse.

Dois-je rappeller (je crois que oui...) qu'il s'agit de deux des sept merveilles du monde tel que determinées par les géographes de la suite d'Alexandre Le Grand.

Un peu, pas mal moins bien préservés mais très évocateurs.

3) La superbe collection de pièces de l'Italie grecque (8e s. au 2e s. av J.-C.). Pas beaucoup de monde au musée à cette fin de janvier, pas un chat dans cette section. Seul avec ces vases fantastiques, je suis bien resté seul (par ex.) au moins 10 min. devant un vase de Syracuse illustrant le premier travail d'Hercule: sa bataille avec le lion de Némée.

Ainsi s'achève pas mal mon périple "grec"...après des "learning" en Italie et en Grèce ainsi que des visites des plus belles collections greco-romaine au monde (Le Louvres, le Pergamon Museum de Berlin, le Vatican et maintenant le British Museum)...je pense (!!) que je suis rassasié...

Toutefois ma visite s'est terminé d'une façon innatendue...

Quand je suis allé en fin de journée vers la sortie principale "Great Russell Street", la porte était fermé. En fait, toutes les issues étaient fermées. Après 20 minutes d'attentes, on indiquait aux quelques centaines de personnes qui restaient que la Police arrivaient...On avait découvert la disparition d'un vase de Syracuse. Personne ne sait comment cela est possible...

L'édition d'aujourd'hui du Times (27 janv.2005, p.33) relate l'événement.

Un gardien m'indiqua que ce vase avait une valeur de plus de 20 000 Livres (50 000 can $)...

Je m'en allais fourbu mais heureux de ma visite au British Museum.

samedi, janvier 22, 2005

L'égypte ancienne et le Musée du Caire...

Je quitte dans quelques heures pour Londres et Madrid mais je n'ai pas encore rien écrit sur mon mémorable voyage d'apprentissage de l'automne dernier en Égypte avec la firme française Clio. Mon itinéraire exact est au lien suivant Trésors d'Egypte en croisière.

Donc après le vol Paris-Louxor, merveilleuse croisière sur le Nil dans la première partie du voyage avec Louxor, Thèbes, Assouan, Abydos, Edfou, Philae, Abou Simbel (wow!) etc. Accompagné de notre égyptologue française, que de découvertes, conférences et contenus anciens... dans une chaleur souvent torride (nous avons connu un 51 degré celcius) malgré que le voyage ait eu lieu fin sept./déb octobre.

Le fait de faire un "learning" avec des Français m'a permis de découvrir aussi la riche histoire de l'égyptologie française (Jean-François Champollion, l'expédition de Napoléon, Auguste Mariette ,etc)...un 2e voyage dans le premier...

Vous savez que je peux maintenant lire la " cartouche" de plusieurs pharaons...je comprends mieux surtout le contexte historique de cette période fascinante ainsi que les luttes de pouvoir entre le clergé égyptien et les dynasties pharaoniques...

La 2e partie du voyage se concentra sur Le Caire et les pyramides bien-sûr (celle de Kheops-appellée la Grande pyramide-dont nous avons visité l'intérieure, Khephren, Mykerinos et un peu plus loin Saqqarah) ainsi que le Sphinx.

Mais quel choc que le Musée Égyptien du Caire...Un doux capharnaum

Le gouvernement égyptien mettra en place le Service des Antiquités égyptiennes en 1835, afin de mettre un terme au pillage des sites archéologiques et exposer les oeuvres qui appartenaient à l'État. Le musée créé à Boulaq, en 1858, sera dirigé par l'archéologue français Auguste Mariette. Son contenu sera transféré dans une annexe du palais d'Ismaïl Pacha, souverain d'Égypte, à Giza en 1880. Le musée, construit en 1900 dans le style néo-classique par l'architecte français Marcel Dourgnon, expose aujourd'hui plus de 140 000 objets .

Ses collections comprennent notamment :
- Les momies de certains pharaons de la XVIIIème à la XXème dynastie, découvertes à Thèbes. - La première série de momies, découvertes dans à Deir el-Bahari, comprenant celles de Seqenenre, d'Ahmosis Ier, d'Aménophis Ier, de Touthmôsis Ier, de Touthmôsis II, de Touthmôsis III, de Séthi Ier, de Ramsès II et de Ramsès III.
- La deuxième série, découverte dans la tombe d'Aménophis II, comprend les momies d'Aménophis II, de Touthmôsis IV, d'Aménophis III, de Meren Ptah, de Séthi II, de Siptah, de Ramsès IV, de Ramsès V, de Ramsès VI, de trois femmes et d'un enfant.
- Les objets provenant de la tombe de Toutankhamon, comptant plus de 3 500 pièces, dont 1 700 sont exposées dans le musée.
-Et bien d'autres

Il ya tellement d'objets présentés en vrac qu'une plaisanterie veut que des archéologues y entreprennent des fouilles...sans un bon guide, le Musée est d'un romantisme fou mais peu utile pour la compréhension de l'égypte ancienne...

J'ai adoré entre autre les portraits funéraires gréco-romains du Fayoum (http://portraits.fayoum.free.fr/). Magnifique et troublant!

J'ai hâte à l'expo du Musée des beaux-arts de Montréal Égypte éternelle.