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mercredi, novembre 21, 2007

Bien-sûr que Jésus a existé...

La Bible, Dieu, Jésus de Nazareth, le christianisme, le catholicisme...enfin l'histoire des religions (plutôt de MA religion) m'intéresse et m'interpelle depuis plus d'une décennie. Je dirais plus dans un cadre historique, sociale, artistique que de démarche personnelle de spiritualité.

Il y a des gens qui ne comprennent pas comment on peut être athée et croire en la réalité historique de Jésus de Nazareth. J'ai déjà écrit sur ce pseudo-paradoxe dans ce blogue

Mais là, les recherches archéologiques récentes viennent confirmer de façon encore plus certaines la réalité historique de Jésus.

J'ai terminé il y environ un mois, un fascinant ouvrage intitulé "Jésus, compléments d'enquête" et rédigé par dix spécialistes -- historiens, biblistes et exégètes -- de réputation internationale.

Avec les connaissances que nous avons en 2007, le constat est assez clair comme l'écrit le théologien Daniel Marguerat . «Nous n'en sommes plus aujourd'hui, précise-t-il, à nous demander si Jésus a existé ou non. La multiplicité des sources documentaires le concernant et leur précocité font de lui le personnage historique le mieux attesté de toute l'Antiquité. Aussi, ajoute-t-il, mettre en doute son existence relève de la sottise.» Cela réglé, une question, néanmoins, demeure: «Fut-il ce que les évangiles disent de lui?» Pour y répondre, les chercheurs doivent donc faire la part de ce qui relève de la foi et de ce qui relève des faits dans les témoignages disponibles et scruter «l'obscurité pour deviner qui il fut et comment il apparut à ses contemporains».

On redécouvre, aujourd'hui, sa pleine judaïté et son inscription dans la société et les débats de son époque. Marguerat, par exemple, affirme que Jésus n'a jamais rompu avec le judaïsme, mais que la radicalité de son message (l'amour d'autrui avant la Loi), sa revendication d'une autorité non dérivée («il parle au nom de Dieu») et le sentiment d'urgence de l'expérience de Dieu qu'il professe ont suscité de violentes résistances. «L'action de Jésus, explique Marguerat, visait à réformer la foi d'Israël, entreprise à laquelle les autorités religieuses de l'époque se sont opposées. C'est à l'échec de cette réforme que le christianisme doit sa naissance.»

Certains croyants craignent parfois que la recherche historique de type scientifique concernant le Jésus historique n'ébranle les fondements de la foi. Marguerat leur donne tort. «Le travail historien, explique-t-il avec raison, n'asphyxie pas la croyance; il participe à son intelligence et à sa structuration, et ce n'est pas un mince service qu'il lui rend.» Le credo de l'incarnation, c'est la grandeur du christianisme, «nous assigne à composer une image de l'homme Jésus». La foi, bien sûr, permet l'interprétation des faits, «mais elle se déconsidère si elle se réfugie dans l'infantilisme de l'ignorance en refusant de prendre en compte les résultats du labeur des historiens».


Jésus a fort probablement existé. Était-il le fils de Dieu? Ça, c'est une toute autre question...


*** Jésus, compléments d'enquête Préface de Daniel Marguerat Bayard/ Le Monde de la Bible, 160 pages

dimanche, novembre 11, 2007

Ma vie Cicéron

Je ne fais pas grand'chose dans la vie depuis 1 mois sinon lire Cicéron ou sur Cicéron. Adieu littérature, jeux, musique électronique et alcool...Cicéron prend toute la place.

D'abord à travers la magnifique et volumineuse biographie de Pierre Grimal pour qui l'orateur romain est celui qui nous transmit une partie de la philosophie grecque en l'adaptant à un monde moins éthéré que les philosophes grecs.

Aussi par le roman historique "Imperium" de Robert Harris. C'est le premier volume d'une trilogie sur la vie de Cicéron dont l'histoire est absolument passionnante, non seulement à cause du talent narrateur de Robert Harris, mais parce que Cicéron a vécu à une époque déterminante de Rome, en a façonné l'histoire et a laissé une quantité d'écrits attestant autant de sa participation à ces évènements qui ont marqué le cours de l'histoire, que de ses attachements affectifs, de son humour et de sa propension aux potins. J'attends impatiemment le prochain volume.

Sa vie est fascinante indeed; un vrai roman...avec ses alliances et mésententes avec Marc Antoine, Jules César, Pompée, Auguste (Octave), Crassus, Brutus, etc. Mort assasiné parce qu'il était Pompéen et qu'il n'a pas pu se rallier les pro-césariens. Je suis convaincu que nous aurons un film sur Cicéron un jour.

Ses oeuvres sont nombreuses, en grande partie à cause de son esclave grec Tiron qui lui a longuement survécu et qui a permis la publication de tous ses discours et dissertation. Plus de 40 volumes de Cicéron sont aujourd'hui traduits aux Belles Lettres.

En fait, mes lecteurs perspicaces auront compris depuis un bout toute l'affection que j'ai pour ce philosophe et orateur romain du 1er s. av JC. (par deux billets sur ce sujet ici et surtout ici).

Mais actuellement ma vie est subjuguée surtout par le projet philosophique de Cicéron, en faisant la part (bien-sûr) de l’héritage qu’il assume et transforme, mais en retenant surtout les deux aspects suivants:

Tout d’abord, Cicéron veut écrire la philosophie en latin, non en grec. Pour cela il est amené non seulement à traduire, mais surtout à élaborer une langue philosophique qui n’existait pas encore. Cicéron, pense à partir de découpages propres à la langue latine car il est convaincu que toute réflexion ne peut s’opérer que dans un milieu linguistique commun, où les catégories et les notions se constituent au fil d’une histoire partagée. En découpant, déplaçant, remontant des modules et des expressions du grec et du latin, Cicéron invente ainsi les notions et les domaines propres à la philosophie occidentale.

Le second aspect est l’usage particulier que Cicéron fait de l’histoire de la philosophie. Il fût le premier à n'être pas mû par une inspiration doctrinales, mais par la conscience que les questions majeures de l’enquête philosophique doivent être discutées dans un espace polémique, où le débat contradictoire fixe les doctrines comme des modèles de pensée qui se constituent dans la confrontation. Ainsi la réflexion sur la connaissance est-elle structurée pour Cicéron par le conflit entre le stoïciens, épicuriens et académiciens; par exemple le choix de la conduite morale se trouve circonscrit par les conceptions rivales proposées par les stoïciens et les épicuriens .

C’est pourquoi Cicéron utilise dans son œuvre le dialogue. Le débat contradictoire entre deux positions, qui se caractérise par l’examen équitable des arguments de l’une et de l’autre part , est ce qui permet à Cicéron de se définir « académicien » .

Cicéron a tout sondé, tout étudié; c’est l’antiquité vivante, l’homme verbe, comme l’appelle Lamartine, et après Platon le plus grand style de toutes les langues.

« C’est un vase sonore qui contient tout, depuis les larmes privées de l’homme, du mari, de l’ami, jusqu’aux catastrophes de l’homme du monde, jusqu’aux pressentiments tragiques de sa propre destinée. Cicéron est comme un filtre où toutes ces eaux se déposent et se clarifient sur un fond de philosophie et de sérénité presque divines, et qui laisse ensuite s’épancher sa grande âme en flots d’éloquence, de sagesse, de piété pour les dieux, et d’harmonie. On le croit maigre parce qu’il est magnifiquement drapé, mais enlevez cette pourpre, il reste une grande âme qui a tout senti, tout compris et tout dit de ce qu’il y avait à comprendre, à sentir et à dire de son temps à Rome » (Lamartine, Les Confidences).

mercredi, septembre 26, 2007

La redécouverte de l'antiquité greco-romain

Jamais dans l'histoire des deux derniers siècles, n'avons-nous autant fouillé le sol pour y trouver des vestiges grecs ou romains. Ou encore pour trouver la réponse à de vieux mystères greco-romains. Pas un île grecque ou un coin de l'ancien empire hellénistique ou romains qu'on ne fouille pas si le climat politique le permet. On me dit que cette accélération des fouilles archéologiques s'explique pour des raisons touristiques : le vieux temple grec retapé attire partout des clientèles riches et respectueuses.


Toutes ces fouilles, qui se rajoutent à celles effectuées depuis 100 ans, permettent maintenant d'ajouter deux nouvelles couches de compréhension à l'histoire de l'antiquité: celle de la péripérie de l'empire et celle sur la vie au quotidien. On commence à comprendre un peu mieux l'influence grecque et romaine en dehors de la Grèce et de l'Italie, par exemple en Bulgarie, en Albanie, en France, en Syrie, etc. De plus, il faut écouter l'excellente (et fidèle jusqu'à un certain point) série américo-britannique "Rome" pour comprendre comment on peut mieux aujourd'hui reproduire le quotidien (pas toujours facile) de cette période.

De plus, saviez-vous que l'on découvre environ 1000 inscriptions grecques par an?

Pour la démonstration de cette effervescence archéologique, je me suis inspiré du site Web Philalithia et je vous résume les quarante plus importantes découvertes archéologiques de juin à sept. l'été 2007 (et cela s'est sans compter l'Égypte ancienne et Israël où les découvertes sont aussi fort nombreuses) du monde greco-romain :

1) Archéologie France : Troyes à l'époque romaine
Septembre 2007 - Les fouilles de ces dernières années ont permis des découvertes exceptionnelles.
http://cultureetloisirs.france2.fr/archeologie/33944236-fr.php


2) Archéologie Grèce : un culte d'Héraclès
Septembre 2007 - Des travaux de restauration d'objets découverts en 1999 ont fait apparaître une dédicace à Héraclès, et donc un culte de celui-ci à Spartia en Thessalie (ancienne Phères).
www.ekathimerini.com/4dcgi/news/content.asp?aid=87669


3) Archéologie Albanie : un navire grec du IVe av.
Septembre 2007 - Une mission de'exploration a repéré plusieurs épaves, dont celle d'un navire grec du IVe av. au large du port de Saranda au sud de l'Albanie.
www.iht.com/articles/ap/2007/09/12/europe/EU-GEN-Albania-Ancient-Shipwreck.php



4) Archéologie Chypre : une épave sous-marine
Septembre 2007 - Découverte d'une épave du début de l'époque romaine au large des côtes orientale de Chypre.
http://news.antenna.gr/articleDetail/0


5) Archéologie Espagne : une épave romaine
Septembre 2007 - Un navire romain de la fin du Ie av, en bon état de conservation, a été découvert dans la baie de Carthagène. www.thinkspain.com/news-spain/13694


6) Archéologie Grèce : un système hydraulique minoen
Septembre 2007 - Un système de canalisations permettant la bonification des terres a été découvert à Zakro, en Crète. Déjà connu pour la Grèce mycénienne, ce genre d'installation n'avait pas encore été découvert dans le monde minoen. http://www.enet.gr/online/online_text/c=113


7) Archéologie France : la capitale de Vercingétorix
Août 2007 - le point sur les fouilles de Corent (Auvergne) : http://www.lemonde.fr/


8) Archéologie Grande-Bretagne : "la cité perdue d'Apollon" ?
Août 2007 - Selon l'archéologue Dennis Price, le sanctuaire d'Apollon mentionné par le voyageur Pythéas de Marseille se trouverait à proximité de Stonehenge : http://in.news.yahoo.com/070827/139/6jyi4.html


9) Archéologie Roumanie : le Capitole de Sarmizegetusa
Août 2007 - Identification d'un des plus grands temples de la province romaine de Dacie, consacré à la triade capitoline au milieu du IIe ap. http://english.people.com.cn/90001/90781/6246870.html


10) Archéologie Chypre : un temple hellénistique à Paphos
Août 2007 - La saison de fouilles à Chypre est particulièrement riche ; parmi d'autres découvertes, celle d'un temple d'époque hellénistique dans la ville basse de Paphos. Des habitations de l'âge du bronze ont par ailleurs été découvertes à Politiko-Troullia. www.enet.gr/online/online_text/c=113


11) Archéologie Grèce : un tunnel mycénien à Midéa
Août 2007 - Un tunnel du XIIIe av. en appareil cyclopéen est en cours de dégagement sur le site de Midéa, en Argolide ; on pense qu'il conduit, sous le rempart, à une source souterraine, comme c'est le cas pour d'autres forteresses mycéniennes, à Tirynthe par exemple.
http://news.antenna.gr/articleDetail/0,3091,164332,00.html


12) Archéologie Espagne : identification du site d'Hibera
Août 2007 - Hibera, à l'embouchure de l'Ebre, est une des villes disputées entre Romains et Carthaginois lors de la deuxième guerre punique. Le site n'avait pas été identifié avec certitude, mais la découverte d'imposantes fortifications remontant au VIIe av à Tortosa permet d'identifier la ville actuelle avec l'ancien site ibère.
www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=76599

13) Archéologie Albanie : un refuge de la fin de l'âge du Bronze
Août 2007 - A Grunas, dans les montagnes du nord de l'Albanie, on a découvert des fortifications et bâtiments de la période 1000-800 av. (soit la fin de l'âge du bronze dans cette région). Le site a pu servir de refuge contre les pirates de l'époque. www.usatoday.com/tech/science/columnist/vergano/2007-08-19-albania_N.htm

14) Archéologie Italie : une tombe étrusque intacte
Août 2007 - Une tombe étrusque intacte, datée entre le IIIe et le Ier siècles av., a été dégagée par des archéologues amateurs. La tombe, au contenu modeste, ne comporte pas de peinture. Elle a été trouvée à Civitella Paganico.
http://news.yahoo.com/s/nm/20070813/sc_nm/italy_etruscans_dc;_ylt=Ai8sHqWxqdaH8GvdVLtNmLKs0NUE


15) Archéologie Turquie : une statue colossale d'Hadrien
Août 2007 - Une statue colossale de l'empereur Hadrien, d'une remarquable qualité, a été découverte sur le site gréco-romain de Sagalassos. www.archaeology.org/online/features/hadrian/


16) Archéologie Italie : une tannerie antique
Juillet 2007 - une tannerie des IIe-IIIe ap a été trouvée à Rome lors de travaux.
www.iht.com/articles/ap/2007/07/31/europe/EU-GEN-Italy-Ancient-Tannery.php

17) Archéologie Chypre : nouvelles recherches sur l'ancienne Paphos
Juillet 2007 - Les fouilles de l'année écoulée fournissent de nouvelles informations sur l'ancien royaume de Paphos.
Archéologie Italie : un nouveau style pictural à Pompéi


18) Juillet 2007 - La découverte d'un nouveau style de peinture, ou plutôt d'un plus ancien (faut-il l'appeler "style zéro" ?) bouleverse la typologie de la peinture antique. Plus d'informations.


19) Archéologie Italie : des thermes à Rome
Juillet 2007 - Les thermes luxueux de la villa du richissime Quintus Servilius Pudens, un ami de l'empereur Hadrien, sont en cours de dégagement à Rome. Plus d'informations.

20) Archéologie Grèce : des tombes romaines à Véria
Juillet 2007 - Lors de travaux à Véria (Macédoine) 4 tombes du IIIe ap ont été trouvée, appartenant à la nécropole de la ville antique.
www.yppo.gr/2/g22.jsp?obj_id=10110

21) Archéologie Chypre : présence humaine dès 12000 av. ?
Juillet 2007 - les fouilles d'Aspros indiquent une sédentarisation qui pourrait être vieille de 14000 ans. Plus d'informations.

22) Archéologie Grèce : une tombe mycénienne en Acarnanie
Juillet 2007 - Une tombe à chambre datée vers 1200 av. a été découverte lors de travaux à Kouvara (sur la commune de Fities, à 10 km au nord-ouest du site classique de Stratos d'Acarnanie). Cette sépulture d'un chef guerrier local contenait une coupe en or à pied haut, une épée en bronze avec poignée incrustée d'or de type Naue II, un poignard en bronze de type Sandars D, une pointe de lance en bronze, un trépied en bronze et un objet encore mal identifié, peut-être des cnémides. www.yppo.gr/2/g22.jsp?obj_id=10030

23)Archéologie Bulgarie : un nouveau masque en or dans la "Vallée des rois"
Juillet 2007 - La tombe d'un roi thrace du IVe siècle av. à Topolchene (à 280 km à l'est de Sofia) a permis la découverte d'un masque en or représentant un homme barbu, probablement la décoration d'un bouclier ; il y avait aussi un rhyton en argent, un casque, une armure, une bague en or portant l'inscription grecque "sauveur de l'Asie".
www.novinite.com/view_news.php?id=83046 - www.novinite.com/view_news.php?id=83027
La tombe pourrait être celle de Térès II
Perperikon
Sur ce site occupé depuis 5000 av., lieu d'un grand sanctuaire thrace, on cherche un troisième palais, on trouve de l'or et un trône...

24) Archéologie Grèce : édifices souterrains d'époque romaine à Thessalonique
Juillet 2007 - Plusieurs pièces souterraines voûtées appartenant à des bâtiments du IVe ap ont été trouvées à Thessalonique. Certaines ont servi de cachette à des époques plus récentes (pour des objets sacrés hébraïques notamment). http://www.enet.gr/online/online_text/c=113,id=71863556


25) Archéologie F.Y.R.O.M. : le forum de Stobi
Juin 2007 - Des arcades monumentales décorant le forum de Stobi sont la découverte la plus importante des fouilles en cours à Stobi, site romain le plus important de l'ex-Macédoine Yougoslave. Informations.

26) Archéologie France : le plus ancien chai gallo-romain connu
Juin 2007 - A Aspiran, près de Béziers, l'équipe de Stéphane Mauné (CNRS) fouille un chai gallo-romain de 10 ap. JC. L'exploitation agricole produisait du vin blanc exporté dans tout l'empire romain.
www.lefigaro.fr/sciences/20070629.

27) Géographie Sierra Leone : l'Atlantide ?
Juin 2007 - Une nouvelle localisation de l'Atlantide est proposée par Marcello Cosci (Université de Sienne), spécialiste en interprétation d'imagerie par satellite. Pour lui l'Atlantide n'est pas du tout engloutie, et c'est l'île de Sherbro, au large du Sierra Leone. Plus de détails.
Archéologie Grèce : vestiges mycéniens à Alimos

28) Juin 2007 - Les travaux d'extension du métro athénien ont permis la découverte de vestiges remontant à l'époque mycénienne à la station Alimos, au sud-est d'Athènes. La découverte semble concerner une installation pour une activité artisanale nécessitant l'utilisation de l'eau (un système hydraulique et des bassins ont été dégagés.)
http://www.enet.gr/online/online_text/c=113,id=92439268


29) Archéologie France : des mosaïques romaines à Nîmes
Juin 2007 - Deux mosaïques romaines de grande taille ont été découvertes à Nîmes lors de fouilles menées par l'INRAP. L'une des mosaïques représente une gigantomachie, l'autre Achille à Skyros.
www.inrap.fr/site/fr/page.php?id=60&p=communiques-de-presse&id_communique=149

30) Sciences USA : réédition des mesures d'Eratosthène
Juin 2007 - Des enseignants en physique se sont amusés à rééditer le calcul de la circonférence de la terre, réalisé par Eratosthène en 240 av, avec les mêmes méthodes : en mesurant en différents endroits l'angle de l'ombre projetée à midi (heure du soleil) au moment du solstice. www.semissourian.com/story/1218909.html

31) Archéologie Grèce : l'ancienne Hélikè
Juin 2007 - Un temple d'époque géométrique découvert à Nikoleïka en Achaïe pourrait être le temple de Poséidon de la cité d'Hélikè, engloutie en 473 av. JC. En savoir plus.

32) Archéologie Grèce : le mécanisme d'Anticythère
Juin 2007 - Le déchiffrement des textes gravés sur le mécanisme se poursuit lentement ; découverte du mot "Hispania". En savoir plus.


33) Archéologie Bulgarie : une épée mycénienne, un labyrinthe, une double-hache...
Juin 2007 - Des découvertes récentes montreraient les échanges entre la civilisation thrace et les mondes minoen et mycénien. En savoir plus



34) Archéologie Grèce : importantes découvertes dans la région d'Olympie
Juin 2007 – À Skaphidia (à 11km au nord-ouest de Pyrgos) on a dégagé de luxueux bains romains en usage du Ier au IVe siècle ap. JC.
À Tripes tou Kladeou, dans une nécropole mycénienne déjà connue, 4 nouvelles tombes à chambre inviolées ont été dégagées en 2006 ; l'une contient la sépulture d'un enfant avec ses jouets ; les tombes ont livré de nombreux objets et vases de production locale ; à signaler particulièrement : un fragment d'amphore où est représentée une scène de funérailles. www.enet.gr/online/online_text/c=113,id=9642572 ;
www.tanea.gr//Article.aspx?d=20070611&nid=4949896&sn=

35) Archéologie Bosnie : des bateaux illyriens
Juin 2007 - C'est la première fois que l'on trouve des vestiges de bateaux illyriens, vieux de 2200 ans. Plus d'informations.

36) Littérature Un manuscrit de l'Iliade en 3D
Le plus ancien manuscrit connu de l'Iliade, le Venetus A, va être numérisé en 3D, avec tous les détails et défauts de ses 645 pages et publié sur Internet. www.wired.com/gadgets/miscellaneous/news/2007/06/iliad_scan

37) Archéologie Découvertes romaines en Croatie
Juin 2007 – une centaine d'amphores romaines ont été découvertes dans le centre de Pula.
www.javno.com/en/croatia/clanak.php?id=49918
A Solin (antique Salona) des sarcophages du IIIe et du IVe siècles, fabriqués en Grèce spécialement pour la côte dalmate, ont été découverts. www.javno.com/en/croatia/clanak.php?id=50689


38) Archéologie Rome : un temple sous le palais présidentiel
Juin 2007 - Le Palazzo del Quirinale, où loge le Président de la République Italienne, serait construit au-dessus du temple antique de Quirinus (construit au IVe av et rénové sous César et Auguste), selon l'archéologue Andrea Carandini.
www.upi.com/NewsTrack/Science/2007/06/01/roman_temple_found_under_presidents_house/6657/
39) Archéologie Rome : les jardins de Lucullus
Mai 2007 – Des mosaïques appartenant aux célèbres jardins de Lucullus ont été découvertes lors de travaux.
www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article1800843.ece

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A&M



vendredi, septembre 21, 2007

L'Iliade d'Homère à Montréal

Je viens de passer une semaine L'Iliade à Montréal. Homère m'a donc accompagné lundi soir dernier lors d'une conférence savante sur le sujet dans le cadre des Belles Soirées de l'Université de Montréal et mercredi soir au TMN pour voir la pièce "L'Iliade" mise-en-scène par Alexis Martin. L'Iliade, roman grec du VIIIe s. av JC., que j'ai lu plusieurs fois tellement cette oeuvre me touche, m'affecte même.

Parce que comme Alexis Martin, je crois que l'Iliade c'est aussi aujourd'hui à Montréal, sur avenue du Parc et dans ses cafés helléniques à l'abri des murailles du Mont-Royal. Je peux même imaginer Achille vivant retranché dans le quartier montréalais du Mile End, boudant Agamemnon parce qu'il lui a ravi la belle Briséis.

Mais de toute façon, peu importe le décor, la déconfiture s'ensuivra. Et quand Zeus dormira, séduit par Héra avec la complicité involontaire d'Aphrodite, Hector sera évincé du combat. Déesses d'hier, émules modernes des tromperies et des ridicules réunis.

Montréal et le TNM m'offrent ce retour aux sources et nous fait une offrande divine. Voyez Zeus, attablé, sirotant son ouzo et grignotant ses olives. Habillé comme un mafioso avec ses lunettes fumées, il joue et déjoue avec les hommes. Agamemnon, pompeux et caricatural, se sert de Mélénas impudemment pour assouvir sa soif de pouvoir.

Achille (servi par un François Papineau extraordinaire) qui s'émeut sur le corps de son cousin Patrocle mort au combat à sa place demeure le plus fort moment de la pièce, car la douleur traverse la salle et atteint nos coeurs malgré nos étourderies puérils et nos débiles rancunes.

La narratrice nous sortira-t-elle de ce bourbier? N'y comptez pas. Les héros resteront seuls à répéter les mêmes erreurs à la manière d'Achille répondant à la supplique d'Hector de rendre son corps aux Troyens: «Pas de prière de toi à moi, chien. » Pour ensuite se morfondre quand Priam tendra la main au meurtrier de son fils et lui implorera son corps.

Tel est le destin scellé d'un ménage à Troie...

L'Iliade à lire (et maintenant à voir au théâtre) pour mieux se connaître soi-même.

Dépouillé et pourtant riche; magnifique et pourtant subtile; lyrique et pourtant étouffé. À portée de main nue. Ne craignez pas le TNM et ce cadeau expérimental malgré une fin déconcertante.

lundi, septembre 10, 2007

On a retrouvé le centre du monde!!

Longtemps, pendant peut-être 1000 ans, le centre du monde était connu et reconnu par tous: il se situait à Delphes au coeur de la Grèce continentale. On y retrouvait le sanctuaire grec le plus vénéré de toute la méditerranée. La colonne des danseuses de Delphes était considérée alors comme le point précis du centre de l'univers.

Érigée sur le site du sanctuaire d’Apollon à Delphes, la colonne des danseuses fut découverte en 1894, par des chercheurs de l’École française d’Athènes, sous la forme de plus de 260 fragments. Composée d’une colonne corinthienne et d’un groupe sculpté de trois figures féminines, il s’agit là de la plus haute colonne votive de la Grèce antique -14 mètres- et la première à présenter un chapiteau à feuilles d’acanthe. Conservée au musée de Delphes, elle continue de présenter des difficultés d’interprétation du fait de son morcellement.


Depuis 1993, Jean-Luc Martinez, ancien membre de l’Ecole française d’Athènes et conservateur au musée du Louvre, travaille sur la colonne des danseuses. Il étudie l’hypothèse émise par Pierre Amandry, selon laquelle la colonne était surmontée d’un omphalos, pierre blanche qui selon les Anciens marquait le centre du monde. Cette pierre en marbre taillé en forme de demi-oeuf a été retrouvée sur le site du sanctuaire. À sa demande, les équipes de recherche d’Électricité de France (EDF) ont travaillé à la mise au point d’une méthode de traitement en trois dimensions, avec pour objectif le remontage du monument destiné à vérifier les hypothèses des archéologues.




Ce travail a ensuite été complété par sa restitution à l’état originel afin de l’inscrire dans le paysage delphique.

La reconstitution virtuelle : Les 34 fragments de la colonne qui n’avaient pas encore été raccordés furent remontés virtuellement après plus de 600 heures de travail dans les laboratoires d’EDF Recherche et Développement, grâce à un logiciel de traitement de mesures laser destiné à l’origine à préparer les opérations de maintenance dans les centrales nucléaires. La grande nouveauté de cet outil, utilisé par les ingénieurs d’EDF, est sa capacité à traiter des centaines de millions de points en 3D. Il autorise ainsi toutes les vues et manipulations des fragments et de leur remontage.

La seconde étape fut le calcul des maillages issus des points, grâce à une collaboration exemplaire entre entre plusieurs institutions françaises. Les maillages furent alors habillés d’un ombrage faisant ressortir tous les détails. Les images destinées à la publication scientifique pouvaient alors être produites.

La troisième étape fut la restitution de la colonne au plus proche de son état originel. Des étudiants ont travaillé sur la modélisation des parties de l’édifice partiellement ou entièrement détruites, à partir des points 3D d’EDF Recherche et Développement, sous la direction de l’archéologue pour exploiter des similitudes avec des statues du Louvre. Ces illustrations permettent au public de prendre conscience de la colonne intégrale.

Formidable aventure humaine et scientifique, ce projet constitue une première technologique et une prouesse technique qui inscrit le projet à la pointe de la recherche scientifique mondiale. Il jette les bases d’une toute nouvelle méthodologie mise au service de la prospection archéologique. On pourra donc bientôt à nouveau contempler le centre du monde...

samedi, juillet 07, 2007

De rares bronzes antiques exposés à Montréal!!

L'Ancien et le modenre ne peut qu'être heureux et, par le fait même, souligner ici le passage au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) (jusqu'au 2 décembre) des célèbres bronzes dorés de Cartoceto di Pergola, exposés pour la première fois hors d'Italie. Nous serons donc les premiers à pouvoir admirer les rares bronzes de cette ampleur qui nous soient parvenus de la Rome antique.

Ce grand groupe de sculptures d'une facture exceptionnelle, constitué de deux cavaliers et de deux femmes nobles, a été découvert par hasard en 1946 par deux agriculteurs dans la petite localité de Cartoceto di Pergola, dans la région des Marches. Enfouis dans une fosse pour une raison inconnue, ils ont ainsi échappé aux fonderies, où la plupart des bronzes romains ont abouti au fil des siècles, ce qui explique leur si grande rareté.

«Ce sont les seuls bronzes dorés qui subsistent de l'époque romaine. Des fragments sont parfois retrouvés, mais la plupart de ces statues ont été fondues au fil des ans pour faire des canons ou des cloches d'église», a expliqué au Devoir le Dr Paolo Quiri, archéologue pour la Suprintendenza archeologica pour les Marches à Ancona.

Uniques dans le monde entier, les "Bronzes Dorés de Cartoceto di Pergola" sont le seul groupe de statues en bronze doré qui provient de la Rome antique dont on peut encore admirer la beauté. Il s'agit d'œuvres de très haute qualité artistique, composées, à l'origine, de deux figures féminines voilées et de deux chevaliers en uniforme d'officier haut gradé sur des chevaux richement décorés. Selon une théorie récente, les "Bronzes Dorés" pourraient représenter les membres d'une importante et noble famille vivant dans les environs du territoire de la Région des Marches.

Les bronzes de Cartoceto ont malgré tout subi les avaries du temps et de l'homme, car ils ont été retrouvés en milliers de pièces sous terre, après avoir été fracassés à coup de masse par ceux qui les ont enterrés.

Le style de vêtements des chevaliers et surtout leurs coiffures typiques du premier siècle avant J.-C. ont permis de dater les statues de 50 à 20 ans avant notre ère, entre le règne de César et
celui d'Auguste.

Source: Le Devoir

dimanche, avril 29, 2007

Que reste-t-il de Rome?

J'ai le goût d'écrire et de lire sur Paul Veyne, le plus grand historien vivant de l'antiquité (je l'affirme...rien de moins!) . Ça me détend que voulez-vous.

J'ai lu l'an dernier son éblouissant "L'empire gréco-romain" (Le Seuil) et on me dit le plus grand bien de son tout dernier: Quand notre monde est devenu chrétien (Éditions Albin Michel) que je veux me procurer.

Pour ceux qui ne prendrons pas le temps de lire ces deux magnifiques livres, je vous propose un interview avec Paul Veyne que j'ai copié pour vous sur Internet. Il aide à comprendre le rôle de l'historien ancien et comment on modèle l'histoire...

L'INTERVIEW

Pourquoi l'histoire et pourquoi l'histoire romaine ?

Simple accident individuel. Il arrive aux enfants des passions qui relèvent du pur hasard. Le conservateur du Musée archéologique de Nîmes a commencé à m'instruire au cours de mes visites assidues, car j'avais eu une émotion toute spéciale le jour où, petit écolier, j'avais trouvé un tesson d'amphore. Cétait la fascination d'une planète lointaine. Or, dans le milieu populaire où je suis né, Rome était la seule planète lointaine connue. J'ignorais l'existence des Mayas ou du Japon. J'appartiens à une génération qui s'est auto-éduquée puisqu'elle n'attendait plus rien de ses «vieux maîtres» en Sorbonne. Notre goût pour l'histoire était une résultante heureuse du marxisme car, chez un intellectuel communiste, elle devait prouver la justesse de la théorie. Accablé par l'injustice sociale autant que par le comportement peu reluisant de mes proches sous Vichy, j'ai été au PCF entre vingt et vingt-cinq ans, de 1951 à 1955.

Avant le Pain et le cirque, vous avez publié Comment on écrit l'histoire, un retentissant coup méthodologique. Pourquoi ?

Je l'ai écrit d'abord en réaction contre la superstition des sciences humaines qui avaient essaimé avec mai 1968, bien que j'avais été soixante-huitard moi-même, comme tous les professeurs non titularisés à la faculté d'Aix. Ayant étudié l'économie, je me suis vite aperçu que ses lois sont vaines face à la puissance des variables historiques En second lieu, j'étais fort préoccupé par ce que j'appelais l'intrigue, cette gymnastique de l'imagination nous permettant de revivre les faits historiques selon les possibilités humaines des choses. Sans quoi, on aboutit à des résultats absurdes : par exemple, que les Romains mettaient de la nourriture sur les tombes de leurs morts parce qu'ils croyaient qu'ils continuaient à vivre, alors qu'il suffit de songer que nous-mêmes mettons des fleurs sans pour autant penser que nos morts iront les renifler.


Qu'est-ce que vous frappe le plus dans la civilisation gréco-romaine ?

L'acceptation d'une culture étrangère. De tout temps, les civilisations se sont mélangées et je pense que c'est ce qu'elles ont fait de mieux. Nous devrions méditer le courage et l'audace des Romains qui se sont emparés, sans la moindre humiliation, des valeurs d'autrui, celles de la Grèce, de même que le Japon moderne s'est emparé des valeurs occidentales. Certes, les Romains sont persuadés qu'ils sont nés pour commander, au point que les Grecs se sont résignés à «collaborer». Mais en continuant à estimer qu'ils étaient supérieurs à ces rustres qui les commandaient. Il y a des peuples (les Grecs, nous et les Américains) qui se considèrent ainsi comme supérieurs aux autres.

Que reste-il de Rome ?

Il reste qu'il existe chez nous cette chose qu'on appelle la politique, qui est différente de la religion, qu'il y a des règles du jeu politique et que tout le monde doit s'y plier. Il aura fallu deux mille ans d'habituation à des règles, quelles qu'elles fussent, pour finir par admettre un jour que quand un parti gagne les élections, on ne le descend pas à coup de kalachnikov, mais on se soumet aux résultats du vote. Cela dit, nous n'avons pas une démocratie idéale, car la démocratie, telle que nous l'entendons, présuppose une large classe moyenne, chose du reste inconnue des sociétés pauvres de l'Antiquité.

Comment le christianisme s'est-il imposé ?

Cela s'est passé en deux temps au milieu de cette religion sans livre, sans tabous et modérée qu'était le paganisme, où les dieux sont de ce monde et quand quelqu'un avait déplu on en caillassait le temple. Voilà que les disciples du Christ inventent un best-seller d'un pathétique inégalé avec un dieu qui a des rapports personnels avec les hommes, qui leur en veut, les aime, leur pardonne, les châtie. C'est une religion qui prenait aux tripes, alors que les gens ne croyaient plus guère à Jupiter et à ses frasques. Puis, au début du IVe siècle, l'empereur Constantin se convertit en toute sincérité, et fait du christianisme non pas la religion de l'Etat, mais la religion personnelle de l'empereur, la religion du trône parce que seule une religion si moderne est digne du chef de l'Empire. On ne persécute pas encore les païens mais les hérétiques. Il y a un petit détail : seul au monde le christianisme est une religion qui est aussi une Eglise, c'est-à-dire une sorte de parti totalitaire, comme montrera la suite.

Pourquoi l'Empire chute-t-il ?

C'est comme dans un accident d'avion : beaucoup de petites causes et un hasard malheureux. L'Empire s'était rétabli avec Constantin, tout fonctionnait. Il n'y avait pas de décadence. Par malheur, cet empire immense a un trou énorme au milieu, la Méditerranée. Peu de pays ont eu, pour une telle surface (contenant une trentaine d'Etats actuels), une longueur de frontières si grande. Si bien qu'on pouvait défendre soit l'Italie, c'est-à-dire la frontière danubienne, soit la Gaule, c'est-à-dire la frontière rhénane, mais pas les deux à la fois. Une pure coïncidence a voulu qu'en 403 les Germains pénètrent en Gaule et les Goths d'Alaric en Italie. Les uns et les autres ne cherchaient d'ailleurs pas à renverser l'Empire, pour lequel ils avaient une admiration éperdue. De plus, l'empereur s'intéresse moins à défendre ses territoires qu'à conserver son trône. En ce jeu d'échecs, il faut avant tout sauver le roi. Aussi, la grande armée impériale est restée autour de la capitale.

L'histoirien rend-t-il non seulement plus intelligibles mais plus intelligentes les sociétés du passé ?

A partir des années 1920, on s'est aperçu qu'un primitif a une pensée différente mais aussi complexe que la nôtre. On croit qu'un primitif, un roi mérovingien, un Romain, c'est un objet simple, mais quand on commence à enlever les couches de l'oignon, notre regard perçoit une société qui était sophistiquée mais ne le savait pas. Enfin il y a, comme je l'appelle, l'allongement du questionnaire, faisant que plus la science historique avance, plus elle se pose des nouvelles questions et voit des subtilités qu'elle ne repérait pas avant.

lundi, mars 26, 2007

Les leçons du philosophe Alain

Bon, j'ai reçu encore des courriels pro-Alain depuis mon billet récent "Le bonheur selon Alain". C'est quand même étonnant qu'un philosophe oublié me rappelle au bonheur et aux passions.

Mais tout cela me permet de vous parler d'une jolie histoire. Au premier chapitre de son ouvrage ("Propos sur le bonheur"), Alain nous raconte la première rencontre, il y a 23 siècles, entre le jeune Alexandre (qui n’était pas encore appelé " Le Grand ") et son cheval illustre, Bucéphale.

Or, aucun écuyer ne pouvait se tenir sur ce cheval redoutable. On aurait dit que c’était un cheval indomptable, un cheval fou. Alexandre était attiré par l’allure de Bucéphale, comme le raconte Alain: " Moi, au contraire, je vais essayer de découvrir de quoi il a peur. "

Voilà la suite tel que racontée par le philososphe Alain et je cite:

Alexandre cherchait l'épingle et la trouva bientôt, remarquant que Bucéphale avait terriblement peur de sa propre ombre; et comme la peur faisait sauter l’ombre aussi – parce que lorsque le cheval avait peur, il sursautait et son ombre avec lui – cela n’avait point de fin. Mais il tourna le nez de Bucéphale vers le soleil."

Alexandre réussit donc à le dompter en le plaçant face au soleil. Après cela, Bucéphale n'accepte d'être monté que par Alexandre devenu plus tard le Grand.


"Ainsi, poursuit Alain, l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes."

Pas pire comme méthaphore historique, Non?
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NB Pour les curieux d'histoire: Selon Plutarque, le cheval Bucéphale meurt de ses blessures après la Bataille de l'Hydaspe en 326 av JC.. Alexandre en fit alors un dieu, et fonda sur son tombeau la ville de Bucéphalie (Alexandria Boukephalous, aujourd'hui Jhelum au Pakistan). On voit sur certaines monnaies des successeurs d'Alexandre le dieu Bucéphale comme un cheval cornu, les cornes étant un symbole de divinité dans l'Orient ancien.

Comme quoi, vaincre son ombre peut nous mener loin...

dimanche, mars 18, 2007

Léonidas et les 300

Le film "300" que j'ai vu hier avec fiston remet à l'avant scène un des moments les plus forts de l'histoire de l'antiquité.

Le film raconte, de façon très vivante et rythmée un peu à la Sin City, la bataille des Thermopyles (480 av. J-C.) qui oppose une alliance des cités grecques à l'empire perse. Voyant la bataille perdue, le roi Léonidas de Sparte et ses 300 soldats grecs se sacrifient pour ralentir l'ennemi, malgré une infériorité numérique de près de 300 pour 1.

Pour les historiens grecs qui ont suivis, leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.

Assez bizarrement, Léonidas est venu régulièrement me visiter dans ma vie.

Adolescent, j'avais été impressionné par le courage et l'histoire des Thermopyles et de Léonidas. Puis à l'été 2001, à quelques semaines d'intervalles, fiston et moi avons lu le même roman d'aventure Les Murailles de Feu de Steven Pressfield sur cette bataille grecque. Nous avons été tous deux très impressionnés par ce livre. Les passages d'anthologie s'y succèdent: la douleur physique, la terreur, l'apaisement, la fraternité sont évoqués avec une rare force littéraire, digne des plus grands récits de guerre. Une réflexion profonde sur le sens du sacrifice et une réponse étonnante à cette question : qu'est-ce que le contraire de la peur ?

Quelques mois plus tard, à l'automne 2001, dans le cadre d'un "learning travel" en Grèce, j'ai eu la chance de passer sur le site de l'ancien défilé des Thermopyles (qui a changé complètement de configuration). Grand moment d'émotion et de visualisation pour moi.

Et maintenant, en 2007, un film impressionnant...

Plus tard, les Grecs érigèrent un mausolée à l’emplacement où tant de soldats étaient tombés. Une inscription du poète Simonide de Céos, rappelle à chacun le terme de cette lutte héroïque : «Étranger, va dire à Sparte qu’ici nous gisons dociles à ses ordres».

Voilà Léonidas, c'est fait!
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La bande annonce du film "300"

samedi, mars 03, 2007

Encore Jésus

Suivant un peu les fouilles archéologiques actuelles dans le monde greco-romain, je peux vous dire qu'il y a des trouvailles exceptionnelles à tous les mois. Mais dès qu'il est question de Jérusalem ou d'un aspects de la vie de Jésus, on rentre dans un monde irrationnel qui prend une tournure médiatique démesurée.

Maintenant c'est à un documentaire canadien et les allégations faites par ses artisans de faire le tour de tous les journaux , sites internet et blogues du monde. On aurait découvert le tombeau de Jésus...

Cette histoire débute dans les années 80, avec la découverte d'une tombe à Talpiot, un quartier de Jérusalem.

Dans cette tombe, on a retrouvé dix boîtes funéraires et, dans ces boîtes, trois crânes humains. Sur six des boîtes, des inscriptions en hébreu, en latin et en grec, soit:

Yeshua bar Yosef (Jésus, fils de Joseph);
Maria (Marie);
Matia (Mathieu);
Yose (José, frère de Jésus, dont parle l'Évangile de Marc)
Yehuda bar Yeshua (Judas, fils de Jésus);
Mariamne e mara (en grec signifiant: Marie-Madeleine, connue comme la maîtresse).


Le réalisateur torontois Simcha Jacobovici et le producteur James Cameron (du film Titanic) ont fait appel à des spécialistes qui ont mené une batterie de tests pour analyser les restes contenus dans ces boîtes. Les conclusions médico-légales et même mathématiques suggèrent que:

- Ce sont les membres de la famille de Jésus-Christ;
- Jésus a été marié à Marie-Madeleine;
- Jésus a eu un fils.

La chaîne américaine Discovery Channel diffusera demain soir (dimanche le 4 mars) le documentaire qui exposera de nouvelles données scientifiques, notamment des analyses ADN, laissant suggérer que les tombeaux ont pu, à un moment donné, contenir les ossements de Jésus et de sa famille. Simcha Jacobovici reconnaît qu'il n'est pas archéologue, expert légiste ou statisticien, mais il affirme que son rôle en tant que documentariste est de soulever des questions, et non pas de leur répondre. Ce qui est quand même assez déconcertant, c'est que, à la base, il y a un consensus certain chez les chercheurs autour de la découverte de ces dix ossuaires. Le New-York Times, à l'époque, affirmait même qu'il était très répandu de graver les prénoms des défunts sur leurs tombeaux, et ces noms étaient très usuels.

Donc pour la communauté archéologique "sérieuse", le débat est quasi inexistant. Ainsi en est-il du premier archéologue à s'être prononcé il y a 20 ans sur l'authenticité des boîtes, Amos Kloner. Il n'hésite pas à ridiculiser la « découverte » de la « tombe perdue ». « Je suis un universitaire, je travaille de façon scientifique, ce qui n'a rien à voir avec le travail d'un cinéaste », dit-il en insistant sur les différences de méthode entre son métier et celles des réalisateurs du documentaire. « Il est impossible de prendre un épisode religieux et de le transformer en quelque chose de scientifique. Ou alors il faut faire des tests ADN et vérifier que l'ADN des ossements appartenant prétendument au fils de Dieu est le même que celui de Dieu ! », plaisante-t-il.

Selon moi, les meilleurs analystes de la planète sur les questions liées à la Bible et à l'archéologie gravitent autour de l'excellente revue française Le Monde de la Bible. Je vous conseille donc d'y lire un article tout récent (et critique) de Sophie Laurent sur le sujet.

J'ai déjà expliqué dans ce blogue mon rapport à la foi, à la religion catholique et à Jésus de Nazareth. Le tout est complexe comme j'imagine pour la vaste majorité des êtres humains dans le monde d'aujourd'hui. Il me semble que c'est un débat beaucoup trop sensible et délicat pour en faire du sensationnalisme. Laissons donc un peu notre pauvre Jésus en paix...

samedi, février 24, 2007

L'invention de l'écriture

J'ai toujours pensé que l'écriture était née en Égypte vers 3 200 avant JC, grâce à l'invention des hiéroglyphes.

Et bien! Je viens d'apprendre que j'avais erré pendant toutes ces années...

En effet, la première écriture est née en basse Mésopotamie. À Suse plus précisément (sud de l'Iran actuel, près de la frontière de l'Irak) qui fut l'une des plus anciennes civilisations sédentaires de l'histoire.

Vers 3 500 avant JC (eh oui, il y a 5 500 ans!), la comptabilité se développe à Suse avec la réalisation de bulles d'argile contenant des calculi (voir image à votre gauche). Ces bulles sont les assurances des marchands pour ne pas perdre ou se faire voler de la marchandise. Au départ, les calculi, petits jetons d'argile, dont la forme représente un nombre, sont placés dans des bulles d'argile fermées et séchées. Elles sont brisées à l'arrivée des marchandises pour s'assurer de la quantité de celles-ci.

Par la suite, la quantité des marchandises, indiquée par les calculi, est également inscrite sur la bulle. Cette bulle s'aplatit par la suite pour donner naissance à la tablette. Sur cette tablette seront alors inscrits les marchandises et leur quantité, ainsi que l'empreinte du sceau des marchands. Puis, il s'agira de véritables contrats avec les noms des protagonistes. L'écriture était née...trois cents ans avant les hiéroglyphes égyptiens.

Fascinant, non?

vendredi, février 16, 2007

Homère pour sauver le monde

J'imagine cette scène devant mon écran d'ordinateur en ce petit matin: Il est 11 h 30, jeudi, dans un des quartiers les plus pauvres de la banlieue de Paris.

Dans un lycée (école secondaire), à Meaux (Seine-et-Marne), le cours de grec ancien commence. Choisi en option par 50 (sur 350) élèves de seconde de ce lycée qui accueille les plus défavorisés de France. Il serait fier mon Homère!!

Mais la question se pose; Comment et pourquoi un cours de grec ancien, dans un établissement aussi défavorisé? Le principe est simple: viser haut.

Le journal Le Monde décrit bien la scène "Augustin d'Humières reste debout, tournoyant la tête, pointant le bras de part et d'autre, tel un agent de la circulation."

Dans le brouhaha, les réponses fusent, étonnantes. Etymologie de "archevêque" ? "Archè, deux sens : vieux et pouvoir !" Des dérivés ? "Architecte, hiérarchie, monarchie !" Le sens du mot lithographie ? "De lithos, la pierre, et graphein, écrire : graver sur la pierre !" Dérivés de graphein ? "Biographie ! Géographie !"

Les copies les mots les plus compliqués, tels "polythéisme", écrits avec le "th" et le "y" là où il faut. On passe à la mythologie. Comment est née Athena ? demande le professeur. "Dans des conditions atroces, M'sieur !" Hurlements de rire. "Elle est sortie de la tête à Zeus, en armure !", lance un autre qui, caché derrière les pitreries, montre qu'il n'a rien oublié de l'histoire de la déesse.

Ces élèves défavorisés ont choisi le grec . Un miracle ? Plutôt une volonté. Celle de ce jeune professeur hors normes, Augustin d'Humières. Un agrégé de lettres classiques qui a décidé de croire que la banlieue n'est pas une fatalité. Que les élèves en difficulté doivent voir les choses en grand. Ils apprendront la langue d'Homère .

La méthode ? Un prosélytisme acharné. En 2003, le jeune professeur a créé l'association Mêtis qui compte une centaine de ses anciens élèves. Ceux-ci font du soutien scolaire, participent à des forums d'orientation pour les terminales du lycée... et tentent de convaincre les plus jeunes de se mettre aux langues anciennes.

Ce sont les anciens élèves de Jean-Vilar qui leur parlent. Comme Lauren Sigler, Dounya Salhi, Madly Bodin ou Mouna El Mokhtari, devenues respectivement avocate, étudiante en médecine, ou diplômé de sciences de l'information. Comme aussi Julien Martin, aujourd'hui professeur de lettres classiques au collège de Trilport, près de Meaux. Ou comme Nam-Tran Nguyen Cuu, de parents réfugiés politiques vietnamiens, interne de l'hôpital Georges-Pompidou.

Ils leur disent : "Nous sommes comme vous, et grâce aux langues anciennes, nous avons réussi à nous en sortir et vivre mieux que nos parents." Lauren : "En commençant le droit, j'avais compris grâce au grec les principes de la démocratie athénienne." Dounya : "En médecine, le grec m'a permis de mémoriser les mots compliqués." Madly : "En prépa, j'étais la seule à connaître la date de la mort de Socrate, grâce au grec. Tous les Parisiens étaient épatés, j'avais gagné !" Mouna : "Le latin et le grec m'ont apporté le goût de la culture, et donc de la conversation. Quand vous débarquez à Paris, c'est un plus énorme."

Augustin d'Humières, de son côté, ruse pour les prendre par les sentiments. Quand Zidane a créé une association contre la leucodystrophie, il a analysé le mot par le grec ("blanc" + "mauvais" + "nourrir" = mauvaise alimentation du sang en globules blancs). Succès assuré. Autre argument auquel sont sensibles les nombreux élèves d'origine maghrébine : le modèle que fut le monde gréco-romain pour les sociétés occidentales. "En latin et en grec, note le professeur, nous évoluons dans un monde méditerranéen, entre Alexandrie et Athènes, Rome et Carthage. Il ne déplaît pas aux élèves de constater qu'au-dessus, c'étaient des analphabètes, des barbares..."

Quand il est arrivé au lycée , en 1995, les cours de grec comptaient six élèves en seconde (aujourd'hui 50). D'année en année, les classes périclitaient et menaçaient de fermer. Les interventions dans les collèges ont amené de nouveaux publics. "Un résultat exceptionnel pour la population que nous accueillons", se félicite la directrice, Marie-Claude Couraut-Thémans.

Homère pour (encore et toujours) sauver le monde? Et pourquoi pas...

Source: Le Monde, 15 février 2007

samedi, février 10, 2007

Le lyrisme antique de Nicolas Sarkozy

Je suis de loin, un peu comme la politique américaine, les débats actuels entre les deux candidats principaux à l'élection présidentielle française de 2007 soit Nicolas Sarkozy, à droite et Ségolène Royal à gauche. Je trouvais sympathique Ségolène Royal mais elle semble faire erreur sur erreur et Nicolas Sarkozy est maintenant le grand favori. Mais objectivement, je ne pourrais pas vous faire ici une grande analyse de l'élection française. Toutefois j'entends parlé des grands talents tribuns de Sarkozy qui frappe l'imagination des français et des européens. À Toulon, mercredi, le 7 février dernier, Nicolas Sarkozy a fait une envolée sur l'Europe et nos origines communes qui m'a touché profondément en tant que Montréalais et occidental. Voici un extrait de son discours:

« La Méditerranée est pour nous tous, même quand nous n’y avons jamais vécu, un souvenir d’enfance où se mélangent des dieux de l’Égypte et de la Grèce, des chevaliers des Croisades, de vieux temples en ruines, des sensations de chaleur sèche, de lumière éblouissante, de senteurs entêtantes, de joie de vivre, et sur fond de mer et de ciel bleu des tragédies terribles, pleines de sang et de fureur, de haines inexpiables, d’une violence archaïque que le long travail des civilisations n’a pas réussi à éteindre. Quand on évoque tout ce qui constitue notre conception de la personne humaine dans sa dimension intellectuelle comme dans sa dimension morale et spirituelle, tous nos regards se tournent vers la Méditerranée qui nous a tout enseigné. Nous sommes les enfants de l’Égypte, de la Grèce, d’Israël, de Rome, de Venise, de Florence, de Séville. Nous sommes tous les enfants de Socrate condamné à mort pour avoir perverti la jeunesse athénienne, d’Alexandre éternellement jeune et de son rêve grandiose d’un empire universel unissant l’Orient et l’Occident, d’Auguste faisant tous les soirs sa prière à tous les dieux de l’empire, d’un humble Juif crucifié pour avoir enseigné aux hommes à s’aimer les uns les autres. Quand je pense à la Méditerranée, je pense à l’homme européen qu’elle a fait naître. Je pense à cette part de moi-même, à cette part de chaque Français, de chaque Européen, qui donne le sentiment, face à la Méditerranée, d’un retour à la source, à l’origine de sa propre pensée, de sa propre identité. Je pense aussi à cette part de moi-même qui me fait me sentir chez moi quel que soit le pays, quel que soit le rivage qu’elle baigne. Nous sommes aussi les enfants de Cordoue et de Grenade, les enfants des savants arabes qui nous ont transmis l’héritage des anciens Grecs et qui l’ont enrichi. »

Vous ne trouvez pas que cela résume magnifiquement et en quelques lignes ce que j'essaie d'écrire maladroitement depuis 2 ans? Est-ce que vous pensez qu'un politicien québécois pourrait faire un tel avancé d'élévation historique comme cela? Je ne suis ni à droite, ni à gauche mais L'Ancien et le moderne, lui, ne pourra être qu'un pro-Sarkozy maintenant...

vendredi, février 09, 2007

J'erre avec Max Gallo

Dans quel état j'erre...

Je reviens d'un souper bien arrosé avec des amis et je n'arrive pas à m'y retrouver. Je cherche sur les rayons de ma bibliothèque, LE livre dont, tout éveillé au milieu d'une nuit brumeuse, pleine d'alcool et sans lune, je ressentirais l'impérieux besoin de feuilleter les pages habitées par la passion de la lecture. Je cherche chez moi ce livre plein de désirs puérils. Où est-il dites-moi?

Se serait-il glissé entre deux tomes des Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse? Ou entre le dernier Michael Crichton et le vif commentaire de Jean Irigoin sur la transmission des textes grecs? Ou bien derrière mon édition du journal de Jean-Pierre Guay (écrivain québécois frustré mais à la prose magnifique) en 7 volumes? À moins qu'il ne se dissimule sous cette merveille de typographie, les oeuvres complètes d'Honoré de Balzac que je peux admirer dans mon salon soit 20 000 pages de textes en 15 volumes à la jaquette de cuir noir, publiées en 1964, et prouvant que l'on travaillait plus joliment avec des caractères en plomb qu'avec Word...

Je cherchais trop loin, les livres de Max Gallo étaient juste à côté.

Max Gallo est un écrivain et politicien français d'une culture indicible. On parle d'un phénomène Max Gallo, auteur de 100 livres, soit plus de 50 000 pages imprimées avec des ventes incroyables. Aucun écrivain occidental n'a jamais produit une telle œuvre (à part Alexandre Dumas et Victor Hugo). Rigueur, voilà un mot qui défini bien cet homme qui est debout chaque jour que Dieu fait à 4h du matin, tel un moine - non pas pour communier dans la prière du jour qui se lève - mais pour s’astreindre à écrire, encore et toujours.

Il a inventé un genre littéraire, vivant et rigoureux, historique mais plongé dans les réalités contemporaines. Et cette influence dépasse les frontières francophones: le journal italien Il Giorno a traduit et distribué le seul Cesar Imperator à 1 million d'exemplaires!

Mais moi je m'en fiche du succès de Max Gallo; cette nuit je serai bien, seul avec lui et son dernier tome (le 5e) de son cycle "Les Romains" Constantin le Grand, L'Empire du Christ. Grâce à Max Gallo, j'ai enfin fini d'errer.

samedi, janvier 27, 2007

L'Égypte n'est vraiment pas contente...

En 200 avant J.C., le géographe grec Philon avait désigné les 7 merveilles du monde de l'antiquité. Pour mémoire, il s’agit du temple d’Artémis à Éphèse, des pyramides d’Égypte, des jardins suspendus de Babylone, du Mausolée d’Halicarnasse, du phare d’Alexandrie, du colosse de Rhodes et de la statue de Zeus à Olympie. Depuis l’an 2005, les internautes sont invités à élire les sept merveilles du monde... moderne.

Ce projet a été lancé en l’an 2000 à l’Opéra de Sydney, à l’initiative des fondations The new open world et The new 7 wonders, du cinéaste suisse Bernard Weber. Il est soutenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Parmi les 77 monuments choisis en 2005, une liste de 21 monuments présélectionnés, par une équipe d’experts internationaux, présidée par l’ancien secrétaire de l’Unesco, Federico Mayor, a été établie. Les internautes peuvent voter jusqu'au 7 juillet 2007 sur le site news7wonders pour les monuments qu’ils considèrent comme les plus prestigieux. Jusqu'ici 25 millions de votes (dont le mien!) ont été comptabilisés.

Mais l'Égypte est outrée!! En effet, le concours ose mettre au vote les pyramides de Gizeh, seuls vestiges des 7 merveilles de l'antiquité encore existantes.

« C’est un complot ourdi contre l’Égypte et sa civilisation » a tonné, vendredi (hier), l’éditorialiste du journal gouvernemental Al Akhbar, Al-Sayed al-Naggar. Le patron des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, blessé, a déclaré : « C’est la seule des sept merveilles de l’Antiquité encore existante, et elles n’ont pas besoin de cela, c’est grotesque ! ».

Et ça va assez loin. Lors de son récent séjour en Égypte, Bernard Weber, ancien assistant du cinéaste italien Federico Fellini, a été censuré par les médias locaux, et toutes les portes officielles lui sont restées fermées. Pour le ministre égyptien de la culture, la compétition organisée par Weber est insensée et a été mise en place pour arranger « son auto promotion ». Quant au journal El-Ahram, il l’a qualifiée de farfelue.

Pour Bernard Weber, les Égyptiens aurait dû profiter de sa venue pour l’interroger sur la présence des pyramides de Gizeh dans la compétition. « J’avais bien pensé les mettre hors concours, mais les internautes les auraient de toutes manières remises d’eux-mêmes en lice », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a expliqué que son objectif premier n’était pas de porter préjudice au mythe des 7 merveilles du monde mais de l’actualiser. « Je crois qu’après plus de 2000 ans, il est temps de redéfinir les merveilles du monde », a-t-il déclaré.

Dans ces sites sélectionnés, figurent, notamment : le Taj Mahal (Inde), la statue de la Liberté (États-Unis), la Grande muraille de Chine (Asie), le Machu Picchu (Amérique Latine), la ville de Tombouctou (Afrique), l’Opéra de Sydney (Australie), La tour Eiffel (France), le Colisée de Rome et tant d’autres. Sans oublier, le seul site de l’Antiquité qui a survécu, jusqu’à nos jours : le complexe pyramidal de Gizeh, symbole de la suprématie et de la grandeur de l’Égypte antique.

Allez voter sur le site news7wonders ; mais si possible donnez un petit coup de main aux sites antiques, je ne crois pas qu'ils soient les plus populaires dans ce type de sondage...

A&M

NB Mes 7 choix? Bien sûr les 5 sites (parmi les 21) du monde de l'antiquité gréco-romaine (La Basilique Ste-Sophie d'Istanbul, l'Acropole d'Athènes, le Colisée de Rome, les Pyramides de Gizeh, ainsi que Pétra en Jordanie); l'Alhambra de Grenade pour finir avec la Tour Eiffel de Paris.

Source: http://www.afrik.com/

vendredi, décembre 22, 2006

Retour à Paris bientôt!

Paris est ma 2e ville après Montréal (ma 3e étant Vegas); celle où je m'y sens le mieux. Bien et émerveillé en même temps malgré ma dizaine de visites depuis une décennie. J'adore quoi!

Je dois y aller avant le 16 mars 2007; Impérativement! Je veux (j'insiste) aller voir deux expositions qui me semblent magnifiques:

1) Trésors engloutis d'Égypte

La Nef du Grand Palais accueille, du 9 décembre 2006 au 16 mars 2007, une exposition de près de 500 objets exceptionnels découverts au cours de fouilles sous-marines menées par une équipe d’archéologues dirigée depuis plus de dix ans par Franck Goddio, grâce au soutien de la Fondation Hilti, retraçant l'histoire de l'Égypte, des derniers pharaons à Alexandre le Grand, des conquêtes helléniques à l'empire romain et de l'ère chrétienne à la montée de l'Islam.

Ces objets (statues monumentales, pièces de monnaies, bijoux ou objets de culte…) témoignent de l'importance des trois cités légendaires que sont le port antique d'Alexandrie et ses quartiers royaux, la cité perdue d’Héracléion et Canope Est qui, dans l'Antiquité, comptaient parmi les plus réputés des centres de commerce, de science, de culture et de religion.

2) Afghanistan, les trésors retrouvés

L’exposition Afghanistan, les trésors retrouvés, collections du musée national de Kaboul se propose de faire découvrir au public le patrimoine de quatre sites archéologiques majeurs : Fulol, Aï-Khanoum, Tillia-Tepe et Begram. C'est aussi une occasion unique de comprendre l’aventure unique de ces trésors retrouvés, depuis leurs découvertes par des archéologues essentiellement français depuis 100 ans et les efforts pour les préserver de l'anarchie afghane des deux dernières décennies. Au Musée des arts asiatiques Guimet, jusqu'au 30 avril 2007.

Je ne sais pas comment je m'y prendrai mais foi de L'Ancien et le Moderne, j'y serai! J'en profiterai pour revoir mon cher Delacroix


Vase, Tête de personnage féminin Afghanistan

samedi, novembre 25, 2006

20 000 trésors antiques sous les mers!

Toujours impressionné je le reste. Comme un enfant qui reçoit un cadeau merveilleux. D'apprendre que l'on redécouvre encore aujourd'hui des trésors de l'antiquité. J'ai parlé quelques fois dans ce blogue des nouvelles trouvailles archéologiques grâce aux avancées technologies: en ce qui concerne les textes d'Archimède et des vertiges romains en Italie entre autres. Et sans parler du travail colossal pour permettre la lecture de certains payprus carbonisés d'Herculanum ou encore les découvertes allemandes (et toutes récentes) à Troie (en Turquie). Et là, c'est au tour de l'archéologie sous-marine de faire ressortir des pans de l'histoire d'Alexandre le Grand et de l'Égypte ancienne.

«Trésors engloutis d'Egypte» est justement le titre de l'exposition qui ouvrira ses portes à Paris dans quelques jours, le 9 décembre prochain. Elle montrera plus de 500 objets exceptionnels qui n'ont encore jamais été vus du grand public et qui proviennent de fouilles sous-marines menées depuis plus de dix ans sur trois sites archéologiques : le Portus Magnus d'Alexandrie, Canope et Héracléion. Des villes mentionnées dans les textes antiques, mais dont on avait perdu la trace et qui resurgissent brusquement des flots au travers des ruines de leurs temples et de leurs palais. Ici, la réalité dépasse de beaucoup les espoirs les plus fous.

En parfait état de conservation, ces sites pourraient recéler des informations sur les modes de vie des populations au temps des Pharaons. En effet, Héracléon, riche ville douanière, représentait une porte maritime pour l’Egypte ancienne et Canope était considérée comme une cité sacrée vouée à la déesse Isis.

Menées par l’Institut européen d’archéologie sous-marine de Franck Goddio , ces recherches ont pu bénéficier de moyens logistiques et techniques extrêmement puissants mis à disposition par le Commissariat à l’énergie atomique français (CEA) : leurs appareils à résonance nucléaire étaient mille fois plus sensibles que les instruments classiques.

En effet, soutenu par la Fondation Hilti, Franck Goddio propose aux autorités égyptiennes d'engager une campagne de prospection sur site, en s'aidant des méthodes scientifiques les plus pointues : sur des écrans d'ordinateurs, en croisant les différences de densité et les lignes de failles sismiques repérées, Goddio et son équipe finissent par situer un emplacement d'à peine un kilomètre carré, à 6,5 kilomètres de la côte égyptienne. Pour ce faire, son équipe a descendu sous l'eau une sorte d'aspirateur qui soulève la boue pour la rejeter le plus loin possible, à plus de 100 mètres. Une manoeuvre lourde : quatre bateaux sont en permanence sur zone, équipés de sonars pour capter les fantômes d'éventuels reliefs antiques, et de magnétomètres pour déceler la présence d'objets magnétiques. Mais jamais une étude archéologique de sites submergés n'avait encore été menée à une telle échelle.




Après plus d’un millénaire passé au fond des eaux, à environ six mètres de profondeur, des sphinx, des têtes de pharaons, une extraordinaire statue d’Isis, des céramiques et des monnaies, des stèles gravées de hiéroglyphes, des temples et des habitations, ont ainsi été tirés de l’oubli pour livrer leurs secrets sur des villes, dont l’existence n’était attestée que par des textes anciens.

Désormais, ces rivages engloutis sont, comme Moïse, sauvés des eaux...

Source: Le Figaro

mardi, novembre 14, 2006

Le 9 août 378

Est-ce le jour le plus important de l'histoire? Certains le croient!

Lorsqu'au soir du 9 août 378, l'armée romaine affronte à Andrinople (en Thrace) les guerriers Goths, elle court au désastre: plus 40 000 morts, 35 tribuns tués, tous le généraux, et l'empereur (Valens pour les curieux) lui-même qui disparaît!

Mais cette défaite immense provoqua surtout un choc incroyable parmi la population romaine de l'époque: prendre conscience désormais que l'Empire romain est mortel. Et depuis le 9 août 378, personne ne peut plus vraiment croire à l'immortalité d'un système ou d'un empire politique aussi puissant soit-il.

Pour que ceux que cette petite introduction intrigue, je ne serais trop vous suggérer Le Jour des barbares de Alessandro Barbero qui relate cette bataille oubliée.

jeudi, octobre 26, 2006

Revoir mes musées de Berlin...rénovés (un jour!)

Comme je le mentionnais dans mon billet précédent sur l'antiquité orientale, les allemands avec les anglais et les français fûrent les premiers à partir à la chasse aux vestiges antiques et cela dès 1840. On a donc amassé à Berlin, comme à Paris (Le Louvre) et à Londres (British Museum) des trésors historiques inestimables.

Toutefois, les collections muséales de Berlin ont connu une histoire rocambolesque. La seconde guerre mondiale et la division est-ouest de Berlin qui s'ensuivit a contribué à éparpiller dans la ville les collections de ce qu'on appelait avant le Musée Frédéric-III, éphémère roi de Prusse en 1888.

Par exemple, à partir de 1950, il y avait le Musée antique de Berlin-est et le Musée Antique de Berlin-Ouest...

Après la réunification du pays, en 1990, le gouvernement allemand, conscient du caractère unique du site, décida de rénover les 5 musées de l'île, dont la construction s'était étalée sur un siècle, jusqu'en 1930. Berlin retrouvait son rang de capitale fédérale et se devait de présenter dignement le meilleur de ses collections, allant de l'art sumérien à Claude Monet. L'Unesco encouragea l'initiative en classant cet espace au Patrimoine mondial, en 1999.

Ainsi débuta un projet de longue haleine, qui devrait durer encore au moins 20 ans, avec pour objectif d'attirer jusqu'à quatre millions de visiteurs par an. La Alte Nationalgalerie (ancienne Galerie nationale) bénéficia la première de ce ravalement en profondeur. Rouverte au public en 2001, cent vingt-cinq ans après son inauguration, elle propose les tableaux du XIXe siècle, du romantisme allemand (dont Caspar David Friedrich) au début du modernisme en passant par l'impressionnisme français.

Après six ans de travaux de rénovation et une phase d’aménagement qui a duré plusieurs mois, le musée Bode a réouvert le 17 octobre 2006 et brille à nouveau dans tout son éclat. Il abrite non seulement la Collection de sculptures et le Musée d’art byzantin, mais aussi le Cabinet des monnaies et des œuvres de la Galerie de peinture.

Le Bode-Museum, du nom d'un ancien directeur des musées prussiens, Wilhelm von Bode, est le deuxième de la liste à avoir fait peau neuve, pour la somme de 230 millions de $ can.

UN PROJET TOTAL DE $2 MILLIARDS (can)

Les travaux continuent et sont maintenant en cours au Neues Museum (Nouveau Musée) dévolu à l'art égyptien et à d'autres pièces archéologiques. Sa réouverture est prévue en 2009 par les plus optimistes.

La rénovation et l'agrandissement de mon cher Musée Pergamon qui abrite l'Autel de Pergame (Pergamon Altar) dédié à Zeus et Athéna ainsi que la Porte d'Ishtar de Babylone commencera en 2011 pour se terminer en 2026!!! L'Autel de Pergame fût découvert entre 1878 et 1886 à Pergame, située à 110 km de l'ancienne Smyrne, aujourd'hui Izmir en Turquie. La reconstruction de l'autel dura jusqu'en 1902. J'ai eu la chance de le voir à deux reprises; la dernière fois en mars 2006 avec mon ami Paul. Magnifique malgré les nombreuses salles en rénovations! J'ai peine à croire qu'il me faudra attendre 2027 pour voir le Musée renové.

Entre-temps, un bâtiment de verre en forme de cube, conçu par l'architecte britannique David Chipperfield, devrait sortir de terre face au Neues Museum. Il servira de point d'accueil central pour les visiteurs des cinq établissements. Pour faciliter le transit, un tunnel nommé "promenade" devrait être creusé entre quatre des musées - l'Alte Nationalgalerie est exclue.



Cette idée, destinée à faire du lieu "le plus grand univers de musées pour l'art mondial", déplaît fortement à des personnalités culturelles de Berlin. Elles redoutent que cette voie souterraine n'attire des groupes de touristes pressés qui, au pas de charge, passeraient en revue quelque six mille ans d'histoire sans en retenir grand-chose. Et dérangeraient les "véritables" amateurs d'art. Certains choix architecturaux sont également dénoncés par une association de citoyens, la Société Berlin historique, qui a réuni plus de 15 000 signatures. Tout cela me rappelle le débat de la rénovation du Louvre et de sa pyramide.

La rénovation de l'ensemble (quen l'on appelle l'Ile aux musées) est critiquée en outre à cause de son coût, estimé aujourd'hui à $ 2 milliards (can). La Cour des comptes allemande a déjà mis en garde contre un dépassement. Pour convaincre les sceptiques du bien-fondé du projet en cette période de restrictions budgétaires, Angela Merkel, la chancelière, a enregistré un message vidéo téléchargeable sur baladeur numérique. Selon elle, "il est important pour nous tous, en cette période de mondialisation, de savoir d'où nous venons et quelles sont les racines de nos valeurs". Tout à fait d'accord!


Source: MasterPlan des musées berlinois et le journal Le Monde

L'antiquité orientale et l'Occident aujourd'hui

Je suis fasciné depuis des années par l'histoire ancienne (surtout) d'une zone que l'on appelle le Proche-Orient cad l'Égypte, Israël, la Syrie, la Jordanie et l'Iraq. L'Occident a toujours gardé mémoire, à travers la tradition biblique, de ses racines et surtout que l'histoire humaine, avec Adam suivi d'Abraham, avait dû commencé au Proche-Orient.

L'Europe chrétienne et humaniste de la Renaissance puis du XVIIe et XVIIIe s. a été la première et longtemps la seule à s'intéresser aux racines orientales de sa civilisation, en même temps qu'à l'Antiquité grecque et romaine C'est dans l'indifférence totale (et dans certains cas, dans l'hostilité) des populations de ses pays que des archéologues européens ont commencé (dès 1830) a y chercher les témoins des lointaines origines de notre propre civilisation. Les fouilles en Iraq surtout (l'ancienne Babylone) et en Égypte ont démontrées un fait majeur pour l'histoire de l'humanité: l'antiquité orientale a précédée et largement préparée l'antiquité classique (Grèce et Rome) et donc notre propre culture.

Les recherches passées ont fait ressortir de nombreux et multiples exemples. Il serait fastidieux de vous en faire une nomenclature ici. Mais un chiffre suivant parle par lui-même: on estime que 300 000 livres ont été écrits sur l'histoire de la Mésopotamie (Uruk, Sumer et Babylone), des hittites, des Assyriens, de la Phénicie, des pharaons et des peuples de la Bible au cours des 50 dernières années en français, anglais ou allemand seulement.

Mais le plus étonnant encore est de voir que l'intérêt ne s'estompent pas. Actuellement, environ 500 chantiers archéologiques sont dirigés par des européens ou des nord-américains dans les différents pays que l'on regroupent sous le vocable du Proche-Orient. Jamais depuis 150 ans n'avons-nous observé une telle activité archéologique dans ses pays malgré les soubresauts politiques (et les guerres) nombreux!

Alors pourquoi un tel intérêt et tant d'énergie des occidentaux pour de telles fouilles?

À cause de l'héritage bien-sûr et de la volonté de vouloir en savoir plus.

C'est par l'écriture (inventée par le s Phéniciens) que s'est développée au Proche-Orient une culture dont le monde occidental moderne est doublement l'héritier : à travers la tradition de la Bible, d'une part, et par la transmission au monde gréco-romain, d'autre part. L'Exil des Juifs et des divers pays du Levant vers Babylone, au 6e siècle avant notre ère, a tout de même un aspect positif : il a permis l'assimilation par les peuples de Terre Sainte de tout un passé intellectuel mésopotamien remontant au 3e millénaire.

Puis, à la suite de l'épopée d'Alexandre le Grand, l'Orient tout entier, de la Méditerranée à l'Inde, devint grec à la fin du 4e siècle av JC tout en conservant l'héritage de sa pensée qu'il légua aux intellectuels grecs. Les écrivains hébreux et grecs mais aussi les théologiens, philosophes, mathématiciens, ont ainsi conservé jusqu'à nos jours une tradition millénaire malgré la disparition complète des peuples qui lui avaient donné forme. De plus, au Proche-Orient, cette transmission du savoir antique s'est opérée à travers les écrits des savants arabes, turcs ou persans, qui se sont efforcés également de conserver les textes antiques, venus de Babylonie ou du monde grec.

Cette histoire de la transmission de la pensée et des idées à travers les siècles me fascinent.

Source: Plusieurs écrits de Pierre Amiet dont son "Que sais-je" sur L'Antiquité orientale