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mercredi, décembre 19, 2007

Comprendre les personnages de ma crèche de Noël

Noël: Ce que l'on sait aujourd'hui de la Vierge Marie, de Jésus et des mages

J'ai lu l'an dernier les "Écrits apocryphes chrétiens" (Édition La Pléade). Ce sont des écrits du début de la chrétienté qui n'ont pas été admis par l'Église (du IVe s.) dans le canon de ses Écritures. Je l'ai quelques fois écrit; les racines de la culture occidentale peut se résumer dans la Bible d'un côté et auprès des auteurs grecs de l'autre. Comprendre les contenus mais surtout les mécanismes d'exclusion de ses textes "apocryphes" du début de notre ère est très instructif sur notre propre culture. Et rien de mieux que de lire soi-même les textes fondateurs.

L'important aussi est que les textes apocryphes n'apportent pas de révélations fulgurantes sur Jésus, la Vierge Marie ou Marie-Madeleine mais plutôt une tendance ésotérique (La Pléade, Introduction p. XXII). Oublier les révélations de l'écrivain français Marek Halter et de Dan Brown, ils appuient leurs présomptions sur bien peu de mots.

Personnellement, j'aime mieux le constat des experts. Alors que le film hollywoodien «La Nativité», actuellement sur les écrans, donne une vision plutôt convenue de la naissance du Sauveur, en mêlant les récits évangéliques de Matthieu et Luc; le franciscain Frédéric Manns a écrit un petit ouvrage vulgarisé très pertinent. Le directeur émérite du Studium Biblicum Franciscanum, à Jérusalem, longtemps professeur d'exégèse du Nouveau Testament et de littérature juive ancienne, relit les textes dans le contexte du monde juif du Ier siècle de notre ère, à la lumière des connaissances actuelles des évangiles canoniques et apocryphes, de l'archéologie et de l'histoire de l'Église.

Voici ce que l'on retient de la connaissance actuelle des textes apocryphes sur les personnages bibliques que je retrouve ce matin dans la crèche de mon salon:

1) Joseph

L'évangéliste Matthieu définit Joseph comme un descendant de David. Au Ier siècle, il existait encore des membres de la lignée du roi David. Une inscription gravée sur un ossuaire l'atteste. Et Hérode le Grand avait confisqué la fortune des familles de la maison de David. Pour Matthieu, Joseph est le père de Jésus du point de vue légal, même s'il évite le terme «père». Si la personne de Joseph reste très discrète dans les Évangiles, elle s'impose grâce à un écrit apocryphe intitulé «L'histoire de Joseph le charpentier». L'homme y est décrit comme un veuf à qui les prêtres du Temple confient la garde de Marie âgée de douze ans. Lorsque la fiancée se retrouve enceinte, c'est le choc. Une répudiation s'impose, mais Joseph, rassuré en songe par un ange, adopte finalement l'enfant. Joseph apparaît comme le témoin irrécusable de la virginité de Marie et de la divinité de son Fils. A noter que les deux évangélistes Matthieu et Luc présentent la généalogie de Jésus par Joseph: on n'établissait alors la descendance que par les hommes.

2) Marie

La Torah n'imposait pas de grandes obligations aux filles juives. Le service le plus élevé qu'on attendait d'elles consistait à mettre des enfants au monde. L'âge normal des fiançailles se situait entre douze ans et douze ans et demi. Le mariage suivait un an après. Marie appartient à la classe sociale des «anawim», c'est-à-dire des pauvres qui mettent tout leur espoir en Dieu. Selon les écrits apocryphes, elle aurait été élevée au Temple de Jérusalem jusqu'à douze ans et aurait eu le privilège, avec d'autres jeunes filles pures, de tisser le voile du Temple. La littérature rabbinique précise que des jeunes filles confectionnaient chaque année deux rideaux pour le Temple. Ils étaient remplacés à la veille de Kippour, jour de l'expiation des péchés. Si les jeunes filles n'avaient pas droit à une éducation, Marie a eu tout loisir d'écouter la parole de Dieu à la synagogue qui, au Ier siècle, était ouverte aux femmes. Source: écrit apocryphe intitulé "Protévangile de Jacques" ou Le récit de la nativité de Marie (autre nom du même apocryphe).

3) Vierge?

Dans l'ancien Testament, les hommes au destin exceptionnel naissent volontiers d'une femme jusque-là stérile. Mais des antécédents de naissance virginale existent aussi, par exemple dans le récit de la venue au monde d'Isaac, chez Philon d'Alexandrie. L'absence de père terrestre souligne l'initiative de Dieu: c'est Dieu qui donne le Messie aux hommes par l'opération du Saint-Esprit. Certains passages de l'Evangile sèment le doute sur la virginité de Marie, en particulier l'évocation de «frères de Jésus». Marie a- t-elle eu des enfants de Joseph? Pour Frédéric Manns, il y a confusion avec une autre Marie, mère de Jacques. L'exégète estime aussi que Jésus n'aurait pas confié Marie à Jean au pied de la croix s'il avait eu des frères de sang. La virginité «perpétuelle» de la «mère de Dieu» a finalement été définie en 431, lors du concile d'Éphèse.

4) Les Mages

L'apparition d'une étoile est déjà annoncée dans un oracle messianique au livre des Nombres. Les Psaumes précisent que les rois de Tarsis, Saba et Seba porteront des offrandes. Traditionnellement, les mages étaient des prêtres du culte zoroastrien des Perses. Ils étaient, selon Hérodote, interprètes de songes et détenteurs de connaissances occultes. Chez Matthieu, leur observation d'une étoile en fait des astrologues. Rien n'exclut que des Nabatéens, qui contrôlaient le commerce de l'encens, soient venus de l'Orient à Jérusalem. Les mages représentent les païens: leur accès à Jésus dès sa naissance s'inscrit dans la doctrine universaliste. Dans des textes apocryphes postérieurs, les mages sont mentionnés comme Rois. L'écrit apocryphe "L'Évangile arménien de l'enfance" leur donne les noms de Gaspar, Melkior et Balthasar.
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Belle période de Noël à tous et à bientôt!

A&M

Source: Frédéric Manns, Que sait-on de Marie et de la Nativité. Éditions Bayard
"Écrits apocryphes chrétiens" Édition La Pléade. 1997.

vendredi, novembre 30, 2007

Le Portrait

La littérature est réellement un univers fabuleux. On prend ce petit objet, en général une surface plane de 10cm par 20 cm rempli de papiers et, quelques fois comme par magie, on se retrouve dans des mondes insoupçonnables. Avec la contemplation d'une oeuvre d'art, je dirai que lire un roman inspirant est un des grands plaisirs de l'Ancien et le moderne.

Alors quand, trop rarement, je rencontre un roman ou un essai consacré à une seule oeuvre d'art, c'est le bonheur total...Avouez, un livre pour une seule oeuvre : quel projet fou et merveilleux. Dès le début de ce blogue, j'avais écrit un billet sur le livre de Jean-Paul Kaufmann qui présentait pendant 300 pages l'histoire de "La Lutte avec l'ange" du peintre Delacroix que l'on retrouve aujourd'hui accrochée à St-Sulpice (Paris). J'avais adoré.

Pierre Assouline récidive à sa façon en s'appropriant une oeuvre du peintre français Dominique Ingres .

L'écrivain français, dans son récent livre "Le Portrait" donne vie au portrait, peint par Ingres en 1848, de Betty de Rothschild, somptueuse représentation du romantisme français du XIXe siècle par l'un de ses principaux artisans. Pierre Assouline utilise cette idée géniale de faire parler notre portrait, prétexte pour naviguer habilement dans cent cinquante ans d'histoire du vieux continent en traçant, en pointillé, la biographie d'une de ses plus illustres dynasties. "Vue de mon mur, la comédie humaine est d'une saveur inédite".

J'ai particulièrement apprécié dans ce livre, outre l’érudition toute fluide de l’auteur, l’évident plaisir de raconter dont témoigne l'auteur, ainsi que l’extraordinaire chaleur humaine qui émane de chacun des protagonistes de cette « biographie fantastique » en chair et en peinture.

La Baronne James de Rothschild (1805-1886) est certainement l'un des plus beaux portraits exécutés par Dominique Ingres. Ce portrait nous raconte la France, les Rothschild, l'aristocratie et leur monde depuis deux siècles. Il dit ce qu'il a vécu, ce qu'il a perçu des conversations là où il fut accroché, dans les hôtels particuliers parisiens des enfants de Betty, au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein (Allemagne) où Hitler entreposa les tableaux pillés en France (dont le portrait de Betty de Rothschild) pour son futur musée. Mme de Rothschild commente aussi ses sorties plus récentes à New York, Londres et Paris.

Le Portrait s'ouvre sur une phrase d'une déchirante mélancolie : "Rien ne console parce que rien ne remplace".

Après sa mort en 1886, la baronne Betty de Rothschild connait une seconde existence, accrochée au mur. Elle revient alors sur sa vie, raconte l'histoire de sa famille, et chronique l'évolution du monde vue de son angle spécifique. Pierre Assouline nous fait voyager dans le temps et dans l'espace au gré des pérégrinations du tableau et des pensées de celle qu'il représente. Betty de Rothschild est une jolie Juive généreuse et déterminée, fortement imprégnée de la valeur de son rang - et des devoirs y afférant.

Elle observe avec humour et acuité les mondanités, relate ses rencontres avec Chopin ou Balzac par exemple.

Empreinte d'une douce mélancolie, la plume de Pierre Assouline est d'une élégance et d'une poésie rares. Les mots coulent avec une infinie délicatesse, l'ambiance est mélodieuse et vaporeuse. Le Portrait est en effet un roman de la mémoire ("Notre mémoire est pleine de petites Atlantides englouties, libre à nous de les ressusciter dans les larmes ou la douce évocation des bonheurs à jamais enfuis") et du spleen. Mais une mémoire diffuse, égarée et très sensorielle.

Si le bonheur est dans les mots et les arts, je vous le dis, il est actuellement tout proche de Pierre Assouline et de Mme de Rothschild...

mercredi, novembre 21, 2007

Bien-sûr que Jésus a existé...

La Bible, Dieu, Jésus de Nazareth, le christianisme, le catholicisme...enfin l'histoire des religions (plutôt de MA religion) m'intéresse et m'interpelle depuis plus d'une décennie. Je dirais plus dans un cadre historique, sociale, artistique que de démarche personnelle de spiritualité.

Il y a des gens qui ne comprennent pas comment on peut être athée et croire en la réalité historique de Jésus de Nazareth. J'ai déjà écrit sur ce pseudo-paradoxe dans ce blogue

Mais là, les recherches archéologiques récentes viennent confirmer de façon encore plus certaines la réalité historique de Jésus.

J'ai terminé il y environ un mois, un fascinant ouvrage intitulé "Jésus, compléments d'enquête" et rédigé par dix spécialistes -- historiens, biblistes et exégètes -- de réputation internationale.

Avec les connaissances que nous avons en 2007, le constat est assez clair comme l'écrit le théologien Daniel Marguerat . «Nous n'en sommes plus aujourd'hui, précise-t-il, à nous demander si Jésus a existé ou non. La multiplicité des sources documentaires le concernant et leur précocité font de lui le personnage historique le mieux attesté de toute l'Antiquité. Aussi, ajoute-t-il, mettre en doute son existence relève de la sottise.» Cela réglé, une question, néanmoins, demeure: «Fut-il ce que les évangiles disent de lui?» Pour y répondre, les chercheurs doivent donc faire la part de ce qui relève de la foi et de ce qui relève des faits dans les témoignages disponibles et scruter «l'obscurité pour deviner qui il fut et comment il apparut à ses contemporains».

On redécouvre, aujourd'hui, sa pleine judaïté et son inscription dans la société et les débats de son époque. Marguerat, par exemple, affirme que Jésus n'a jamais rompu avec le judaïsme, mais que la radicalité de son message (l'amour d'autrui avant la Loi), sa revendication d'une autorité non dérivée («il parle au nom de Dieu») et le sentiment d'urgence de l'expérience de Dieu qu'il professe ont suscité de violentes résistances. «L'action de Jésus, explique Marguerat, visait à réformer la foi d'Israël, entreprise à laquelle les autorités religieuses de l'époque se sont opposées. C'est à l'échec de cette réforme que le christianisme doit sa naissance.»

Certains croyants craignent parfois que la recherche historique de type scientifique concernant le Jésus historique n'ébranle les fondements de la foi. Marguerat leur donne tort. «Le travail historien, explique-t-il avec raison, n'asphyxie pas la croyance; il participe à son intelligence et à sa structuration, et ce n'est pas un mince service qu'il lui rend.» Le credo de l'incarnation, c'est la grandeur du christianisme, «nous assigne à composer une image de l'homme Jésus». La foi, bien sûr, permet l'interprétation des faits, «mais elle se déconsidère si elle se réfugie dans l'infantilisme de l'ignorance en refusant de prendre en compte les résultats du labeur des historiens».


Jésus a fort probablement existé. Était-il le fils de Dieu? Ça, c'est une toute autre question...


*** Jésus, compléments d'enquête Préface de Daniel Marguerat Bayard/ Le Monde de la Bible, 160 pages

mercredi, septembre 26, 2007

La redécouverte de l'antiquité greco-romain

Jamais dans l'histoire des deux derniers siècles, n'avons-nous autant fouillé le sol pour y trouver des vestiges grecs ou romains. Ou encore pour trouver la réponse à de vieux mystères greco-romains. Pas un île grecque ou un coin de l'ancien empire hellénistique ou romains qu'on ne fouille pas si le climat politique le permet. On me dit que cette accélération des fouilles archéologiques s'explique pour des raisons touristiques : le vieux temple grec retapé attire partout des clientèles riches et respectueuses.


Toutes ces fouilles, qui se rajoutent à celles effectuées depuis 100 ans, permettent maintenant d'ajouter deux nouvelles couches de compréhension à l'histoire de l'antiquité: celle de la péripérie de l'empire et celle sur la vie au quotidien. On commence à comprendre un peu mieux l'influence grecque et romaine en dehors de la Grèce et de l'Italie, par exemple en Bulgarie, en Albanie, en France, en Syrie, etc. De plus, il faut écouter l'excellente (et fidèle jusqu'à un certain point) série américo-britannique "Rome" pour comprendre comment on peut mieux aujourd'hui reproduire le quotidien (pas toujours facile) de cette période.

De plus, saviez-vous que l'on découvre environ 1000 inscriptions grecques par an?

Pour la démonstration de cette effervescence archéologique, je me suis inspiré du site Web Philalithia et je vous résume les quarante plus importantes découvertes archéologiques de juin à sept. l'été 2007 (et cela s'est sans compter l'Égypte ancienne et Israël où les découvertes sont aussi fort nombreuses) du monde greco-romain :

1) Archéologie France : Troyes à l'époque romaine
Septembre 2007 - Les fouilles de ces dernières années ont permis des découvertes exceptionnelles.
http://cultureetloisirs.france2.fr/archeologie/33944236-fr.php


2) Archéologie Grèce : un culte d'Héraclès
Septembre 2007 - Des travaux de restauration d'objets découverts en 1999 ont fait apparaître une dédicace à Héraclès, et donc un culte de celui-ci à Spartia en Thessalie (ancienne Phères).
www.ekathimerini.com/4dcgi/news/content.asp?aid=87669


3) Archéologie Albanie : un navire grec du IVe av.
Septembre 2007 - Une mission de'exploration a repéré plusieurs épaves, dont celle d'un navire grec du IVe av. au large du port de Saranda au sud de l'Albanie.
www.iht.com/articles/ap/2007/09/12/europe/EU-GEN-Albania-Ancient-Shipwreck.php



4) Archéologie Chypre : une épave sous-marine
Septembre 2007 - Découverte d'une épave du début de l'époque romaine au large des côtes orientale de Chypre.
http://news.antenna.gr/articleDetail/0


5) Archéologie Espagne : une épave romaine
Septembre 2007 - Un navire romain de la fin du Ie av, en bon état de conservation, a été découvert dans la baie de Carthagène. www.thinkspain.com/news-spain/13694


6) Archéologie Grèce : un système hydraulique minoen
Septembre 2007 - Un système de canalisations permettant la bonification des terres a été découvert à Zakro, en Crète. Déjà connu pour la Grèce mycénienne, ce genre d'installation n'avait pas encore été découvert dans le monde minoen. http://www.enet.gr/online/online_text/c=113


7) Archéologie France : la capitale de Vercingétorix
Août 2007 - le point sur les fouilles de Corent (Auvergne) : http://www.lemonde.fr/


8) Archéologie Grande-Bretagne : "la cité perdue d'Apollon" ?
Août 2007 - Selon l'archéologue Dennis Price, le sanctuaire d'Apollon mentionné par le voyageur Pythéas de Marseille se trouverait à proximité de Stonehenge : http://in.news.yahoo.com/070827/139/6jyi4.html


9) Archéologie Roumanie : le Capitole de Sarmizegetusa
Août 2007 - Identification d'un des plus grands temples de la province romaine de Dacie, consacré à la triade capitoline au milieu du IIe ap. http://english.people.com.cn/90001/90781/6246870.html


10) Archéologie Chypre : un temple hellénistique à Paphos
Août 2007 - La saison de fouilles à Chypre est particulièrement riche ; parmi d'autres découvertes, celle d'un temple d'époque hellénistique dans la ville basse de Paphos. Des habitations de l'âge du bronze ont par ailleurs été découvertes à Politiko-Troullia. www.enet.gr/online/online_text/c=113


11) Archéologie Grèce : un tunnel mycénien à Midéa
Août 2007 - Un tunnel du XIIIe av. en appareil cyclopéen est en cours de dégagement sur le site de Midéa, en Argolide ; on pense qu'il conduit, sous le rempart, à une source souterraine, comme c'est le cas pour d'autres forteresses mycéniennes, à Tirynthe par exemple.
http://news.antenna.gr/articleDetail/0,3091,164332,00.html


12) Archéologie Espagne : identification du site d'Hibera
Août 2007 - Hibera, à l'embouchure de l'Ebre, est une des villes disputées entre Romains et Carthaginois lors de la deuxième guerre punique. Le site n'avait pas été identifié avec certitude, mais la découverte d'imposantes fortifications remontant au VIIe av à Tortosa permet d'identifier la ville actuelle avec l'ancien site ibère.
www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=76599

13) Archéologie Albanie : un refuge de la fin de l'âge du Bronze
Août 2007 - A Grunas, dans les montagnes du nord de l'Albanie, on a découvert des fortifications et bâtiments de la période 1000-800 av. (soit la fin de l'âge du bronze dans cette région). Le site a pu servir de refuge contre les pirates de l'époque. www.usatoday.com/tech/science/columnist/vergano/2007-08-19-albania_N.htm

14) Archéologie Italie : une tombe étrusque intacte
Août 2007 - Une tombe étrusque intacte, datée entre le IIIe et le Ier siècles av., a été dégagée par des archéologues amateurs. La tombe, au contenu modeste, ne comporte pas de peinture. Elle a été trouvée à Civitella Paganico.
http://news.yahoo.com/s/nm/20070813/sc_nm/italy_etruscans_dc;_ylt=Ai8sHqWxqdaH8GvdVLtNmLKs0NUE


15) Archéologie Turquie : une statue colossale d'Hadrien
Août 2007 - Une statue colossale de l'empereur Hadrien, d'une remarquable qualité, a été découverte sur le site gréco-romain de Sagalassos. www.archaeology.org/online/features/hadrian/


16) Archéologie Italie : une tannerie antique
Juillet 2007 - une tannerie des IIe-IIIe ap a été trouvée à Rome lors de travaux.
www.iht.com/articles/ap/2007/07/31/europe/EU-GEN-Italy-Ancient-Tannery.php

17) Archéologie Chypre : nouvelles recherches sur l'ancienne Paphos
Juillet 2007 - Les fouilles de l'année écoulée fournissent de nouvelles informations sur l'ancien royaume de Paphos.
Archéologie Italie : un nouveau style pictural à Pompéi


18) Juillet 2007 - La découverte d'un nouveau style de peinture, ou plutôt d'un plus ancien (faut-il l'appeler "style zéro" ?) bouleverse la typologie de la peinture antique. Plus d'informations.


19) Archéologie Italie : des thermes à Rome
Juillet 2007 - Les thermes luxueux de la villa du richissime Quintus Servilius Pudens, un ami de l'empereur Hadrien, sont en cours de dégagement à Rome. Plus d'informations.

20) Archéologie Grèce : des tombes romaines à Véria
Juillet 2007 - Lors de travaux à Véria (Macédoine) 4 tombes du IIIe ap ont été trouvée, appartenant à la nécropole de la ville antique.
www.yppo.gr/2/g22.jsp?obj_id=10110

21) Archéologie Chypre : présence humaine dès 12000 av. ?
Juillet 2007 - les fouilles d'Aspros indiquent une sédentarisation qui pourrait être vieille de 14000 ans. Plus d'informations.

22) Archéologie Grèce : une tombe mycénienne en Acarnanie
Juillet 2007 - Une tombe à chambre datée vers 1200 av. a été découverte lors de travaux à Kouvara (sur la commune de Fities, à 10 km au nord-ouest du site classique de Stratos d'Acarnanie). Cette sépulture d'un chef guerrier local contenait une coupe en or à pied haut, une épée en bronze avec poignée incrustée d'or de type Naue II, un poignard en bronze de type Sandars D, une pointe de lance en bronze, un trépied en bronze et un objet encore mal identifié, peut-être des cnémides. www.yppo.gr/2/g22.jsp?obj_id=10030

23)Archéologie Bulgarie : un nouveau masque en or dans la "Vallée des rois"
Juillet 2007 - La tombe d'un roi thrace du IVe siècle av. à Topolchene (à 280 km à l'est de Sofia) a permis la découverte d'un masque en or représentant un homme barbu, probablement la décoration d'un bouclier ; il y avait aussi un rhyton en argent, un casque, une armure, une bague en or portant l'inscription grecque "sauveur de l'Asie".
www.novinite.com/view_news.php?id=83046 - www.novinite.com/view_news.php?id=83027
La tombe pourrait être celle de Térès II
Perperikon
Sur ce site occupé depuis 5000 av., lieu d'un grand sanctuaire thrace, on cherche un troisième palais, on trouve de l'or et un trône...

24) Archéologie Grèce : édifices souterrains d'époque romaine à Thessalonique
Juillet 2007 - Plusieurs pièces souterraines voûtées appartenant à des bâtiments du IVe ap ont été trouvées à Thessalonique. Certaines ont servi de cachette à des époques plus récentes (pour des objets sacrés hébraïques notamment). http://www.enet.gr/online/online_text/c=113,id=71863556


25) Archéologie F.Y.R.O.M. : le forum de Stobi
Juin 2007 - Des arcades monumentales décorant le forum de Stobi sont la découverte la plus importante des fouilles en cours à Stobi, site romain le plus important de l'ex-Macédoine Yougoslave. Informations.

26) Archéologie France : le plus ancien chai gallo-romain connu
Juin 2007 - A Aspiran, près de Béziers, l'équipe de Stéphane Mauné (CNRS) fouille un chai gallo-romain de 10 ap. JC. L'exploitation agricole produisait du vin blanc exporté dans tout l'empire romain.
www.lefigaro.fr/sciences/20070629.

27) Géographie Sierra Leone : l'Atlantide ?
Juin 2007 - Une nouvelle localisation de l'Atlantide est proposée par Marcello Cosci (Université de Sienne), spécialiste en interprétation d'imagerie par satellite. Pour lui l'Atlantide n'est pas du tout engloutie, et c'est l'île de Sherbro, au large du Sierra Leone. Plus de détails.
Archéologie Grèce : vestiges mycéniens à Alimos

28) Juin 2007 - Les travaux d'extension du métro athénien ont permis la découverte de vestiges remontant à l'époque mycénienne à la station Alimos, au sud-est d'Athènes. La découverte semble concerner une installation pour une activité artisanale nécessitant l'utilisation de l'eau (un système hydraulique et des bassins ont été dégagés.)
http://www.enet.gr/online/online_text/c=113,id=92439268


29) Archéologie France : des mosaïques romaines à Nîmes
Juin 2007 - Deux mosaïques romaines de grande taille ont été découvertes à Nîmes lors de fouilles menées par l'INRAP. L'une des mosaïques représente une gigantomachie, l'autre Achille à Skyros.
www.inrap.fr/site/fr/page.php?id=60&p=communiques-de-presse&id_communique=149

30) Sciences USA : réédition des mesures d'Eratosthène
Juin 2007 - Des enseignants en physique se sont amusés à rééditer le calcul de la circonférence de la terre, réalisé par Eratosthène en 240 av, avec les mêmes méthodes : en mesurant en différents endroits l'angle de l'ombre projetée à midi (heure du soleil) au moment du solstice. www.semissourian.com/story/1218909.html

31) Archéologie Grèce : l'ancienne Hélikè
Juin 2007 - Un temple d'époque géométrique découvert à Nikoleïka en Achaïe pourrait être le temple de Poséidon de la cité d'Hélikè, engloutie en 473 av. JC. En savoir plus.

32) Archéologie Grèce : le mécanisme d'Anticythère
Juin 2007 - Le déchiffrement des textes gravés sur le mécanisme se poursuit lentement ; découverte du mot "Hispania". En savoir plus.


33) Archéologie Bulgarie : une épée mycénienne, un labyrinthe, une double-hache...
Juin 2007 - Des découvertes récentes montreraient les échanges entre la civilisation thrace et les mondes minoen et mycénien. En savoir plus



34) Archéologie Grèce : importantes découvertes dans la région d'Olympie
Juin 2007 – À Skaphidia (à 11km au nord-ouest de Pyrgos) on a dégagé de luxueux bains romains en usage du Ier au IVe siècle ap. JC.
À Tripes tou Kladeou, dans une nécropole mycénienne déjà connue, 4 nouvelles tombes à chambre inviolées ont été dégagées en 2006 ; l'une contient la sépulture d'un enfant avec ses jouets ; les tombes ont livré de nombreux objets et vases de production locale ; à signaler particulièrement : un fragment d'amphore où est représentée une scène de funérailles. www.enet.gr/online/online_text/c=113,id=9642572 ;
www.tanea.gr//Article.aspx?d=20070611&nid=4949896&sn=

35) Archéologie Bosnie : des bateaux illyriens
Juin 2007 - C'est la première fois que l'on trouve des vestiges de bateaux illyriens, vieux de 2200 ans. Plus d'informations.

36) Littérature Un manuscrit de l'Iliade en 3D
Le plus ancien manuscrit connu de l'Iliade, le Venetus A, va être numérisé en 3D, avec tous les détails et défauts de ses 645 pages et publié sur Internet. www.wired.com/gadgets/miscellaneous/news/2007/06/iliad_scan

37) Archéologie Découvertes romaines en Croatie
Juin 2007 – une centaine d'amphores romaines ont été découvertes dans le centre de Pula.
www.javno.com/en/croatia/clanak.php?id=49918
A Solin (antique Salona) des sarcophages du IIIe et du IVe siècles, fabriqués en Grèce spécialement pour la côte dalmate, ont été découverts. www.javno.com/en/croatia/clanak.php?id=50689


38) Archéologie Rome : un temple sous le palais présidentiel
Juin 2007 - Le Palazzo del Quirinale, où loge le Président de la République Italienne, serait construit au-dessus du temple antique de Quirinus (construit au IVe av et rénové sous César et Auguste), selon l'archéologue Andrea Carandini.
www.upi.com/NewsTrack/Science/2007/06/01/roman_temple_found_under_presidents_house/6657/
39) Archéologie Rome : les jardins de Lucullus
Mai 2007 – Des mosaïques appartenant aux célèbres jardins de Lucullus ont été découvertes lors de travaux.
www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article1800843.ece

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A&M



vendredi, septembre 21, 2007

L'Iliade d'Homère à Montréal

Je viens de passer une semaine L'Iliade à Montréal. Homère m'a donc accompagné lundi soir dernier lors d'une conférence savante sur le sujet dans le cadre des Belles Soirées de l'Université de Montréal et mercredi soir au TMN pour voir la pièce "L'Iliade" mise-en-scène par Alexis Martin. L'Iliade, roman grec du VIIIe s. av JC., que j'ai lu plusieurs fois tellement cette oeuvre me touche, m'affecte même.

Parce que comme Alexis Martin, je crois que l'Iliade c'est aussi aujourd'hui à Montréal, sur avenue du Parc et dans ses cafés helléniques à l'abri des murailles du Mont-Royal. Je peux même imaginer Achille vivant retranché dans le quartier montréalais du Mile End, boudant Agamemnon parce qu'il lui a ravi la belle Briséis.

Mais de toute façon, peu importe le décor, la déconfiture s'ensuivra. Et quand Zeus dormira, séduit par Héra avec la complicité involontaire d'Aphrodite, Hector sera évincé du combat. Déesses d'hier, émules modernes des tromperies et des ridicules réunis.

Montréal et le TNM m'offrent ce retour aux sources et nous fait une offrande divine. Voyez Zeus, attablé, sirotant son ouzo et grignotant ses olives. Habillé comme un mafioso avec ses lunettes fumées, il joue et déjoue avec les hommes. Agamemnon, pompeux et caricatural, se sert de Mélénas impudemment pour assouvir sa soif de pouvoir.

Achille (servi par un François Papineau extraordinaire) qui s'émeut sur le corps de son cousin Patrocle mort au combat à sa place demeure le plus fort moment de la pièce, car la douleur traverse la salle et atteint nos coeurs malgré nos étourderies puérils et nos débiles rancunes.

La narratrice nous sortira-t-elle de ce bourbier? N'y comptez pas. Les héros resteront seuls à répéter les mêmes erreurs à la manière d'Achille répondant à la supplique d'Hector de rendre son corps aux Troyens: «Pas de prière de toi à moi, chien. » Pour ensuite se morfondre quand Priam tendra la main au meurtrier de son fils et lui implorera son corps.

Tel est le destin scellé d'un ménage à Troie...

L'Iliade à lire (et maintenant à voir au théâtre) pour mieux se connaître soi-même.

Dépouillé et pourtant riche; magnifique et pourtant subtile; lyrique et pourtant étouffé. À portée de main nue. Ne craignez pas le TNM et ce cadeau expérimental malgré une fin déconcertante.

lundi, septembre 10, 2007

On a retrouvé le centre du monde!!

Longtemps, pendant peut-être 1000 ans, le centre du monde était connu et reconnu par tous: il se situait à Delphes au coeur de la Grèce continentale. On y retrouvait le sanctuaire grec le plus vénéré de toute la méditerranée. La colonne des danseuses de Delphes était considérée alors comme le point précis du centre de l'univers.

Érigée sur le site du sanctuaire d’Apollon à Delphes, la colonne des danseuses fut découverte en 1894, par des chercheurs de l’École française d’Athènes, sous la forme de plus de 260 fragments. Composée d’une colonne corinthienne et d’un groupe sculpté de trois figures féminines, il s’agit là de la plus haute colonne votive de la Grèce antique -14 mètres- et la première à présenter un chapiteau à feuilles d’acanthe. Conservée au musée de Delphes, elle continue de présenter des difficultés d’interprétation du fait de son morcellement.


Depuis 1993, Jean-Luc Martinez, ancien membre de l’Ecole française d’Athènes et conservateur au musée du Louvre, travaille sur la colonne des danseuses. Il étudie l’hypothèse émise par Pierre Amandry, selon laquelle la colonne était surmontée d’un omphalos, pierre blanche qui selon les Anciens marquait le centre du monde. Cette pierre en marbre taillé en forme de demi-oeuf a été retrouvée sur le site du sanctuaire. À sa demande, les équipes de recherche d’Électricité de France (EDF) ont travaillé à la mise au point d’une méthode de traitement en trois dimensions, avec pour objectif le remontage du monument destiné à vérifier les hypothèses des archéologues.




Ce travail a ensuite été complété par sa restitution à l’état originel afin de l’inscrire dans le paysage delphique.

La reconstitution virtuelle : Les 34 fragments de la colonne qui n’avaient pas encore été raccordés furent remontés virtuellement après plus de 600 heures de travail dans les laboratoires d’EDF Recherche et Développement, grâce à un logiciel de traitement de mesures laser destiné à l’origine à préparer les opérations de maintenance dans les centrales nucléaires. La grande nouveauté de cet outil, utilisé par les ingénieurs d’EDF, est sa capacité à traiter des centaines de millions de points en 3D. Il autorise ainsi toutes les vues et manipulations des fragments et de leur remontage.

La seconde étape fut le calcul des maillages issus des points, grâce à une collaboration exemplaire entre entre plusieurs institutions françaises. Les maillages furent alors habillés d’un ombrage faisant ressortir tous les détails. Les images destinées à la publication scientifique pouvaient alors être produites.

La troisième étape fut la restitution de la colonne au plus proche de son état originel. Des étudiants ont travaillé sur la modélisation des parties de l’édifice partiellement ou entièrement détruites, à partir des points 3D d’EDF Recherche et Développement, sous la direction de l’archéologue pour exploiter des similitudes avec des statues du Louvre. Ces illustrations permettent au public de prendre conscience de la colonne intégrale.

Formidable aventure humaine et scientifique, ce projet constitue une première technologique et une prouesse technique qui inscrit le projet à la pointe de la recherche scientifique mondiale. Il jette les bases d’une toute nouvelle méthodologie mise au service de la prospection archéologique. On pourra donc bientôt à nouveau contempler le centre du monde...

vendredi, août 17, 2007

De l'utilité de Napoléon 1er

J'ai la profonde conviction que seul deux individus ont profondément et durablement changés l'histoire par leurs seules personnalités: Alexandre Le Grand et Napoléon.

J'ai plusieurs fois discouru de mon admiration pour Alexandre Le Grand sur ce blogue. Inutile donc de rappeler en long et en large comment l'expédition d'Alexandre Le Grand de la Macédoine jusqu'aux rives de l'Indus à complètement changée la donne sociale et politique pour plus de 6 siècles.

Mais de Napoléon on en parle peu aujourd'hui, sinon pour rappeler son génie militaire ou sa malheureuse retraite à l'île Sainte-Hélène.

Toutefois, en ce vendredi de fin d'été, il m'apparaît important de souligner que Napoléon a été le lien entre l'Ancien régime et la modernité.

Parce qu'il ne mettait pas l'accent sur les dynasties et les traditions mais plutôt sur la notion de race et d'ethnicité, il transformé radicalement la façon d'aborder le monde.

Napoléon fût le premier à déclarer gouverner les peuples selon leurs souhaits:

" C'est en me faisant catholique que j'ai gagné la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Égypte, en me faisant ultramontain que j'ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple juif, je rétablirais le Temple de Salomon".

Cette nouvelle vision a eut des conséquences importantes sur la manière dont les Européens allaient se voir eux-même. Pour la première fois, on a développé une "politique d'état" adaptée au diverses cultures des peuples. On n'allait jamais plus revenir en arrière même si rien n'est jamais simple sur ces questions...

samedi, juillet 07, 2007

De rares bronzes antiques exposés à Montréal!!

L'Ancien et le modenre ne peut qu'être heureux et, par le fait même, souligner ici le passage au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) (jusqu'au 2 décembre) des célèbres bronzes dorés de Cartoceto di Pergola, exposés pour la première fois hors d'Italie. Nous serons donc les premiers à pouvoir admirer les rares bronzes de cette ampleur qui nous soient parvenus de la Rome antique.

Ce grand groupe de sculptures d'une facture exceptionnelle, constitué de deux cavaliers et de deux femmes nobles, a été découvert par hasard en 1946 par deux agriculteurs dans la petite localité de Cartoceto di Pergola, dans la région des Marches. Enfouis dans une fosse pour une raison inconnue, ils ont ainsi échappé aux fonderies, où la plupart des bronzes romains ont abouti au fil des siècles, ce qui explique leur si grande rareté.

«Ce sont les seuls bronzes dorés qui subsistent de l'époque romaine. Des fragments sont parfois retrouvés, mais la plupart de ces statues ont été fondues au fil des ans pour faire des canons ou des cloches d'église», a expliqué au Devoir le Dr Paolo Quiri, archéologue pour la Suprintendenza archeologica pour les Marches à Ancona.

Uniques dans le monde entier, les "Bronzes Dorés de Cartoceto di Pergola" sont le seul groupe de statues en bronze doré qui provient de la Rome antique dont on peut encore admirer la beauté. Il s'agit d'œuvres de très haute qualité artistique, composées, à l'origine, de deux figures féminines voilées et de deux chevaliers en uniforme d'officier haut gradé sur des chevaux richement décorés. Selon une théorie récente, les "Bronzes Dorés" pourraient représenter les membres d'une importante et noble famille vivant dans les environs du territoire de la Région des Marches.

Les bronzes de Cartoceto ont malgré tout subi les avaries du temps et de l'homme, car ils ont été retrouvés en milliers de pièces sous terre, après avoir été fracassés à coup de masse par ceux qui les ont enterrés.

Le style de vêtements des chevaliers et surtout leurs coiffures typiques du premier siècle avant J.-C. ont permis de dater les statues de 50 à 20 ans avant notre ère, entre le règne de César et
celui d'Auguste.

Source: Le Devoir

dimanche, avril 29, 2007

Que reste-t-il de Rome?

J'ai le goût d'écrire et de lire sur Paul Veyne, le plus grand historien vivant de l'antiquité (je l'affirme...rien de moins!) . Ça me détend que voulez-vous.

J'ai lu l'an dernier son éblouissant "L'empire gréco-romain" (Le Seuil) et on me dit le plus grand bien de son tout dernier: Quand notre monde est devenu chrétien (Éditions Albin Michel) que je veux me procurer.

Pour ceux qui ne prendrons pas le temps de lire ces deux magnifiques livres, je vous propose un interview avec Paul Veyne que j'ai copié pour vous sur Internet. Il aide à comprendre le rôle de l'historien ancien et comment on modèle l'histoire...

L'INTERVIEW

Pourquoi l'histoire et pourquoi l'histoire romaine ?

Simple accident individuel. Il arrive aux enfants des passions qui relèvent du pur hasard. Le conservateur du Musée archéologique de Nîmes a commencé à m'instruire au cours de mes visites assidues, car j'avais eu une émotion toute spéciale le jour où, petit écolier, j'avais trouvé un tesson d'amphore. Cétait la fascination d'une planète lointaine. Or, dans le milieu populaire où je suis né, Rome était la seule planète lointaine connue. J'ignorais l'existence des Mayas ou du Japon. J'appartiens à une génération qui s'est auto-éduquée puisqu'elle n'attendait plus rien de ses «vieux maîtres» en Sorbonne. Notre goût pour l'histoire était une résultante heureuse du marxisme car, chez un intellectuel communiste, elle devait prouver la justesse de la théorie. Accablé par l'injustice sociale autant que par le comportement peu reluisant de mes proches sous Vichy, j'ai été au PCF entre vingt et vingt-cinq ans, de 1951 à 1955.

Avant le Pain et le cirque, vous avez publié Comment on écrit l'histoire, un retentissant coup méthodologique. Pourquoi ?

Je l'ai écrit d'abord en réaction contre la superstition des sciences humaines qui avaient essaimé avec mai 1968, bien que j'avais été soixante-huitard moi-même, comme tous les professeurs non titularisés à la faculté d'Aix. Ayant étudié l'économie, je me suis vite aperçu que ses lois sont vaines face à la puissance des variables historiques En second lieu, j'étais fort préoccupé par ce que j'appelais l'intrigue, cette gymnastique de l'imagination nous permettant de revivre les faits historiques selon les possibilités humaines des choses. Sans quoi, on aboutit à des résultats absurdes : par exemple, que les Romains mettaient de la nourriture sur les tombes de leurs morts parce qu'ils croyaient qu'ils continuaient à vivre, alors qu'il suffit de songer que nous-mêmes mettons des fleurs sans pour autant penser que nos morts iront les renifler.


Qu'est-ce que vous frappe le plus dans la civilisation gréco-romaine ?

L'acceptation d'une culture étrangère. De tout temps, les civilisations se sont mélangées et je pense que c'est ce qu'elles ont fait de mieux. Nous devrions méditer le courage et l'audace des Romains qui se sont emparés, sans la moindre humiliation, des valeurs d'autrui, celles de la Grèce, de même que le Japon moderne s'est emparé des valeurs occidentales. Certes, les Romains sont persuadés qu'ils sont nés pour commander, au point que les Grecs se sont résignés à «collaborer». Mais en continuant à estimer qu'ils étaient supérieurs à ces rustres qui les commandaient. Il y a des peuples (les Grecs, nous et les Américains) qui se considèrent ainsi comme supérieurs aux autres.

Que reste-il de Rome ?

Il reste qu'il existe chez nous cette chose qu'on appelle la politique, qui est différente de la religion, qu'il y a des règles du jeu politique et que tout le monde doit s'y plier. Il aura fallu deux mille ans d'habituation à des règles, quelles qu'elles fussent, pour finir par admettre un jour que quand un parti gagne les élections, on ne le descend pas à coup de kalachnikov, mais on se soumet aux résultats du vote. Cela dit, nous n'avons pas une démocratie idéale, car la démocratie, telle que nous l'entendons, présuppose une large classe moyenne, chose du reste inconnue des sociétés pauvres de l'Antiquité.

Comment le christianisme s'est-il imposé ?

Cela s'est passé en deux temps au milieu de cette religion sans livre, sans tabous et modérée qu'était le paganisme, où les dieux sont de ce monde et quand quelqu'un avait déplu on en caillassait le temple. Voilà que les disciples du Christ inventent un best-seller d'un pathétique inégalé avec un dieu qui a des rapports personnels avec les hommes, qui leur en veut, les aime, leur pardonne, les châtie. C'est une religion qui prenait aux tripes, alors que les gens ne croyaient plus guère à Jupiter et à ses frasques. Puis, au début du IVe siècle, l'empereur Constantin se convertit en toute sincérité, et fait du christianisme non pas la religion de l'Etat, mais la religion personnelle de l'empereur, la religion du trône parce que seule une religion si moderne est digne du chef de l'Empire. On ne persécute pas encore les païens mais les hérétiques. Il y a un petit détail : seul au monde le christianisme est une religion qui est aussi une Eglise, c'est-à-dire une sorte de parti totalitaire, comme montrera la suite.

Pourquoi l'Empire chute-t-il ?

C'est comme dans un accident d'avion : beaucoup de petites causes et un hasard malheureux. L'Empire s'était rétabli avec Constantin, tout fonctionnait. Il n'y avait pas de décadence. Par malheur, cet empire immense a un trou énorme au milieu, la Méditerranée. Peu de pays ont eu, pour une telle surface (contenant une trentaine d'Etats actuels), une longueur de frontières si grande. Si bien qu'on pouvait défendre soit l'Italie, c'est-à-dire la frontière danubienne, soit la Gaule, c'est-à-dire la frontière rhénane, mais pas les deux à la fois. Une pure coïncidence a voulu qu'en 403 les Germains pénètrent en Gaule et les Goths d'Alaric en Italie. Les uns et les autres ne cherchaient d'ailleurs pas à renverser l'Empire, pour lequel ils avaient une admiration éperdue. De plus, l'empereur s'intéresse moins à défendre ses territoires qu'à conserver son trône. En ce jeu d'échecs, il faut avant tout sauver le roi. Aussi, la grande armée impériale est restée autour de la capitale.

L'histoirien rend-t-il non seulement plus intelligibles mais plus intelligentes les sociétés du passé ?

A partir des années 1920, on s'est aperçu qu'un primitif a une pensée différente mais aussi complexe que la nôtre. On croit qu'un primitif, un roi mérovingien, un Romain, c'est un objet simple, mais quand on commence à enlever les couches de l'oignon, notre regard perçoit une société qui était sophistiquée mais ne le savait pas. Enfin il y a, comme je l'appelle, l'allongement du questionnaire, faisant que plus la science historique avance, plus elle se pose des nouvelles questions et voit des subtilités qu'elle ne repérait pas avant.

samedi, mars 31, 2007

Chronique d'un samedi matin

Le temps est beau sur le Plateau Mont-Royal en ce dernier jour du mois de mars 2007. Ensoleillé et printanier Plateau.

J'arrive d'aller prendre une grande marche où j'étais entouré de plein de gens souriants qui font le charme de ce secteur de Montréal: des paumés, des artistes, des nouveaux arrivés, des étudiants et plein de familles avec des poussettes.

La lecture de mes journaux quotidiens m'a rappelée de façon surprenante à l'Ancien et le moderne. Comme si tous les journalistes de La Presse et du Devoir s'était donné le mot pour reprendre les thèmes de ce blogue. Des exemples??:

1- Dès la page A-2 du journal La Presse d'aujourd'hui (samedi 31 mars 07), je suis frappé par une immense photo de Victor-Lévy Beaulieu (VLB) au-dessus d'une chronique de Pierre Flogia débutant avec des extraits et propos du dernier livre de VLB sur James Joyce. Je suis justement en train de lire le James Joyce de Victor-Lévy Beaulieu pour préparer ma lecture du roman de James Joyce: Ulysse. Ceux qui suivent mon blogue, savent que je me suis lancé dans une série de commentaires sur 25 romans du XXe s. qui m'ont marqué. J'ai publié huit textes et mon prochain doit justement porter sur l'Ulysse de James Joyce.

2- Toujours dans le cahier A du Journal La Presse, on annonce que le réalisateur (S. Jacobovici) canadien du film controversé "Le tombeau de Jésus" sera à Montréal cette semaine pour faire la promotion de son film. Il sera même demain à l'émission dominicale de Radio-Canada, "Tout le monde en parle". Je disais bien du mal des théories qui supportent le documentaire dans un billet récent.

3- À la page suivante du même quotidien montréalais, on annonce la nouvelle théorie de l'architecte français Jean-Pierre Houdin qui explique la mystérieuse construction de la grande pyramide de Khéops par l'installation (il y a 4500 ans lors de la construction) d'une rampe intérieure en spirale jusqu'au sommet.

« Plus qu'intéressante, la théorie de Jean-Pierre Houdin est à la fois cohérente et révolutionnaire. L'une des grandes qualités de l'architecte, est de prendre les bâtisseurs de l'époque au sérieux. Il les considère comme de grands maîtres de la construction, de véritables ingénieurs », déclare Rainer Stadelmann, égyptologue spécialiste des pyramides, ancien directeur de l'Institut allemand d'Archéologie du Caire.

4- Même mon bon ami Paul, un des premiers lecteurs de ce blogue, est cité dans Le Devoir dans une phrase qui restera célèbre et digne du philosophe allemand Heidegger: "Dans notre tendance à l'égocentrisme, on tient facilement pour acquis que tout le monde aime ce qu'on aime".

5- Dans La Presse, un bon article sur l'année du Wi-Fi dans les grandes villes et la situation à Montréal. En fait, plusieurs villes se dotent de réseau sans fil pour les internautes. J'avais écrit en novembre passé un billet sur le projet Montréal sans fil dont on reparle dans cet article.

6- Finalement, je lis dans Le Devoir de ce matin une critique (fort positive) du dernier livre du français Emmanuel Carrère " Le roman russe", un livre du futur de L'Ancien et le moderne parce que je le lirai bientôt. Le thème en est formidable: comment arriver à assumer une vie qui se vit comme un roman russe c'est-à-dire déchirée entre les abîmes de la passion inconsidérée et un contexte sinon impossible à tout le moins difficile?

Bon! Je voulais vous parler de bien d'autres choses ce matin mais il fait trop beau soleil dehors...

lundi, mars 26, 2007

Les leçons du philosophe Alain

Bon, j'ai reçu encore des courriels pro-Alain depuis mon billet récent "Le bonheur selon Alain". C'est quand même étonnant qu'un philosophe oublié me rappelle au bonheur et aux passions.

Mais tout cela me permet de vous parler d'une jolie histoire. Au premier chapitre de son ouvrage ("Propos sur le bonheur"), Alain nous raconte la première rencontre, il y a 23 siècles, entre le jeune Alexandre (qui n’était pas encore appelé " Le Grand ") et son cheval illustre, Bucéphale.

Or, aucun écuyer ne pouvait se tenir sur ce cheval redoutable. On aurait dit que c’était un cheval indomptable, un cheval fou. Alexandre était attiré par l’allure de Bucéphale, comme le raconte Alain: " Moi, au contraire, je vais essayer de découvrir de quoi il a peur. "

Voilà la suite tel que racontée par le philososphe Alain et je cite:

Alexandre cherchait l'épingle et la trouva bientôt, remarquant que Bucéphale avait terriblement peur de sa propre ombre; et comme la peur faisait sauter l’ombre aussi – parce que lorsque le cheval avait peur, il sursautait et son ombre avec lui – cela n’avait point de fin. Mais il tourna le nez de Bucéphale vers le soleil."

Alexandre réussit donc à le dompter en le plaçant face au soleil. Après cela, Bucéphale n'accepte d'être monté que par Alexandre devenu plus tard le Grand.


"Ainsi, poursuit Alain, l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes."

Pas pire comme méthaphore historique, Non?
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NB Pour les curieux d'histoire: Selon Plutarque, le cheval Bucéphale meurt de ses blessures après la Bataille de l'Hydaspe en 326 av JC.. Alexandre en fit alors un dieu, et fonda sur son tombeau la ville de Bucéphalie (Alexandria Boukephalous, aujourd'hui Jhelum au Pakistan). On voit sur certaines monnaies des successeurs d'Alexandre le dieu Bucéphale comme un cheval cornu, les cornes étant un symbole de divinité dans l'Orient ancien.

Comme quoi, vaincre son ombre peut nous mener loin...

samedi, mars 24, 2007

Les plaisirs littéraires de l’abbé Mugnier

Un de mes livres favoris est le "Journal de l’abbé Mugnier" (1879-1939). Parce qu'il m'apporte évasion et réconfort. J'ai toujours aimé les belles histoires fascinantes de mondes disparus; surtout celles d'univers littéraires.

Pendant 60 ans (1879 à 1939), l’abbé Mugnier a tenu un journal de vie sacerdotale et mondaine de celui qu’on a pu appeler le «confesseur des duchesses». Dans les salons parisiens les plus huppés, l’abbé Mugnier offrait pourtant l’aspect déconcertant d’un curé de campagne. Il s’était imposé par les qualités les moins faites pour réussir dans un tel univers : la modestie, la sensibilité et la fraîcheur d’âme.

Cette traversée nostalgique et imprégnée de Chateaubriand me touche beaucoup. Ghislain de Diesbach signale à ce propos que «ceux parmi lesquels il se sent le plus à l’aise, ce sont les écrivains, et son Dieu, c’est Chateaubriand, dont les Mémoires sont devenus son bréviaire.»

Donc lecture plus qu'agréable où l'on découvre Maurice Barrès, J-K. Huysmans, Paul Claudel, François Mauriac et beaucoup d’intellectuels peu connus de la mouvance catholique de cette époque. Mais il se lie aussi avec Anatole France, Marcel Proust, Paul Valéry, Jean Cocteau, Pablo Picasso et autres.

Extrait du Journal de l'abbé Mugnier 22 mai 1885 : "Victor Hugo est mort. Hier l’archevêque de Paris avait écrit à Madame Lockroy, une lettre digne, que j’eusse voulue plus belle encore. J’ai appris cette fin du grand poète, en sortant de la rue Bouret où m’appelait mon oeuvre de Belleville. On criait dans les rues la mort de Victor Hugo, comme j’ai entendu crier la mort de Gambetta et du comte de Chambord. Ainsi va le monde. Maintenant Hugo sait qui a raison du prêtre ou du libre penseur. Les journaux ne retentissent plus que d’un nom celui du poète national. On prépare des funérailles triomphales. Le Panthéon est désaffecté. Hugo traversera Paris, de l’Arc de Triomphe au Panthéon. On n’aura rien vu de pareil, depuis le commencement du monde. 31 mai Ce soir, vers 6 h 20, j’étais dans l’Avenue des Champs-Élysées et je regardais le catafalque du poète qui se dressait, au centre de l’Arc de Triomphe. Il m’apparaissait de loin, avec des lignes confuses et poudreuses. Les foules allaient et venaient. Je me suis approché assez près, et j’ai pu considérer ce monument noir et argent. Des cavaliers maintenaient l’ordre. "

Extrait du Journal de l'abbé Mugnier 1931- "On a surtout parlé de Rilke que la princesse de Thurn-et-Taxisa connu pendant dix-sept ans. Elle fit sa connaissance en 1909. La princesse considère Rilke comme le plus grand poète allemand, après Goethe qu’elle a vivement aimé. Rilke n’était pas très beau mais avait de beaux yeux bleus. Il était né à Prague. Il déclara à la princesse dès le début de leurs relations qu’il n’aimait pas Goethe mais il changea d’avis quand il eut lu la correspondance du poète avec Mme de Stolberg. Les chefs d’œuvre de Rilke sont les Élégies de Duino et Les Sonnets à Orphée.

Liée de plus ne plus avec Rilke, la princesse le reçut à Duino où il écrivit sa première élégie. À Duino aussi, il voulait traduire avec la princesse, la Vita nova de Dante. (…)

Rilke aimait le jardin du Luxembourg. Il parlait français mais avec un accent. La princesse avait apporté ses souvenirs sur Rilke écrits sur des longs cahiers. Elle nous en a lu un très grand nombre de pages."
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L'abbé Mugnier meurt dans sa chambre à Paris le 1er mars 1944 à l'âge de 87 ans. Quelques jours auparavant, il avait confié à une amie sa plus belle phrase peut-être: « Si je devais revivre ma vie, je la revivrais avec plus d'enthousiasme encore.»

dimanche, mars 18, 2007

Léonidas et les 300

Le film "300" que j'ai vu hier avec fiston remet à l'avant scène un des moments les plus forts de l'histoire de l'antiquité.

Le film raconte, de façon très vivante et rythmée un peu à la Sin City, la bataille des Thermopyles (480 av. J-C.) qui oppose une alliance des cités grecques à l'empire perse. Voyant la bataille perdue, le roi Léonidas de Sparte et ses 300 soldats grecs se sacrifient pour ralentir l'ennemi, malgré une infériorité numérique de près de 300 pour 1.

Pour les historiens grecs qui ont suivis, leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.

Assez bizarrement, Léonidas est venu régulièrement me visiter dans ma vie.

Adolescent, j'avais été impressionné par le courage et l'histoire des Thermopyles et de Léonidas. Puis à l'été 2001, à quelques semaines d'intervalles, fiston et moi avons lu le même roman d'aventure Les Murailles de Feu de Steven Pressfield sur cette bataille grecque. Nous avons été tous deux très impressionnés par ce livre. Les passages d'anthologie s'y succèdent: la douleur physique, la terreur, l'apaisement, la fraternité sont évoqués avec une rare force littéraire, digne des plus grands récits de guerre. Une réflexion profonde sur le sens du sacrifice et une réponse étonnante à cette question : qu'est-ce que le contraire de la peur ?

Quelques mois plus tard, à l'automne 2001, dans le cadre d'un "learning travel" en Grèce, j'ai eu la chance de passer sur le site de l'ancien défilé des Thermopyles (qui a changé complètement de configuration). Grand moment d'émotion et de visualisation pour moi.

Et maintenant, en 2007, un film impressionnant...

Plus tard, les Grecs érigèrent un mausolée à l’emplacement où tant de soldats étaient tombés. Une inscription du poète Simonide de Céos, rappelle à chacun le terme de cette lutte héroïque : «Étranger, va dire à Sparte qu’ici nous gisons dociles à ses ordres».

Voilà Léonidas, c'est fait!
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La bande annonce du film "300"

samedi, mars 03, 2007

Encore Jésus

Suivant un peu les fouilles archéologiques actuelles dans le monde greco-romain, je peux vous dire qu'il y a des trouvailles exceptionnelles à tous les mois. Mais dès qu'il est question de Jérusalem ou d'un aspects de la vie de Jésus, on rentre dans un monde irrationnel qui prend une tournure médiatique démesurée.

Maintenant c'est à un documentaire canadien et les allégations faites par ses artisans de faire le tour de tous les journaux , sites internet et blogues du monde. On aurait découvert le tombeau de Jésus...

Cette histoire débute dans les années 80, avec la découverte d'une tombe à Talpiot, un quartier de Jérusalem.

Dans cette tombe, on a retrouvé dix boîtes funéraires et, dans ces boîtes, trois crânes humains. Sur six des boîtes, des inscriptions en hébreu, en latin et en grec, soit:

Yeshua bar Yosef (Jésus, fils de Joseph);
Maria (Marie);
Matia (Mathieu);
Yose (José, frère de Jésus, dont parle l'Évangile de Marc)
Yehuda bar Yeshua (Judas, fils de Jésus);
Mariamne e mara (en grec signifiant: Marie-Madeleine, connue comme la maîtresse).


Le réalisateur torontois Simcha Jacobovici et le producteur James Cameron (du film Titanic) ont fait appel à des spécialistes qui ont mené une batterie de tests pour analyser les restes contenus dans ces boîtes. Les conclusions médico-légales et même mathématiques suggèrent que:

- Ce sont les membres de la famille de Jésus-Christ;
- Jésus a été marié à Marie-Madeleine;
- Jésus a eu un fils.

La chaîne américaine Discovery Channel diffusera demain soir (dimanche le 4 mars) le documentaire qui exposera de nouvelles données scientifiques, notamment des analyses ADN, laissant suggérer que les tombeaux ont pu, à un moment donné, contenir les ossements de Jésus et de sa famille. Simcha Jacobovici reconnaît qu'il n'est pas archéologue, expert légiste ou statisticien, mais il affirme que son rôle en tant que documentariste est de soulever des questions, et non pas de leur répondre. Ce qui est quand même assez déconcertant, c'est que, à la base, il y a un consensus certain chez les chercheurs autour de la découverte de ces dix ossuaires. Le New-York Times, à l'époque, affirmait même qu'il était très répandu de graver les prénoms des défunts sur leurs tombeaux, et ces noms étaient très usuels.

Donc pour la communauté archéologique "sérieuse", le débat est quasi inexistant. Ainsi en est-il du premier archéologue à s'être prononcé il y a 20 ans sur l'authenticité des boîtes, Amos Kloner. Il n'hésite pas à ridiculiser la « découverte » de la « tombe perdue ». « Je suis un universitaire, je travaille de façon scientifique, ce qui n'a rien à voir avec le travail d'un cinéaste », dit-il en insistant sur les différences de méthode entre son métier et celles des réalisateurs du documentaire. « Il est impossible de prendre un épisode religieux et de le transformer en quelque chose de scientifique. Ou alors il faut faire des tests ADN et vérifier que l'ADN des ossements appartenant prétendument au fils de Dieu est le même que celui de Dieu ! », plaisante-t-il.

Selon moi, les meilleurs analystes de la planète sur les questions liées à la Bible et à l'archéologie gravitent autour de l'excellente revue française Le Monde de la Bible. Je vous conseille donc d'y lire un article tout récent (et critique) de Sophie Laurent sur le sujet.

J'ai déjà expliqué dans ce blogue mon rapport à la foi, à la religion catholique et à Jésus de Nazareth. Le tout est complexe comme j'imagine pour la vaste majorité des êtres humains dans le monde d'aujourd'hui. Il me semble que c'est un débat beaucoup trop sensible et délicat pour en faire du sensationnalisme. Laissons donc un peu notre pauvre Jésus en paix...

samedi, février 24, 2007

L'invention de l'écriture

J'ai toujours pensé que l'écriture était née en Égypte vers 3 200 avant JC, grâce à l'invention des hiéroglyphes.

Et bien! Je viens d'apprendre que j'avais erré pendant toutes ces années...

En effet, la première écriture est née en basse Mésopotamie. À Suse plus précisément (sud de l'Iran actuel, près de la frontière de l'Irak) qui fut l'une des plus anciennes civilisations sédentaires de l'histoire.

Vers 3 500 avant JC (eh oui, il y a 5 500 ans!), la comptabilité se développe à Suse avec la réalisation de bulles d'argile contenant des calculi (voir image à votre gauche). Ces bulles sont les assurances des marchands pour ne pas perdre ou se faire voler de la marchandise. Au départ, les calculi, petits jetons d'argile, dont la forme représente un nombre, sont placés dans des bulles d'argile fermées et séchées. Elles sont brisées à l'arrivée des marchandises pour s'assurer de la quantité de celles-ci.

Par la suite, la quantité des marchandises, indiquée par les calculi, est également inscrite sur la bulle. Cette bulle s'aplatit par la suite pour donner naissance à la tablette. Sur cette tablette seront alors inscrits les marchandises et leur quantité, ainsi que l'empreinte du sceau des marchands. Puis, il s'agira de véritables contrats avec les noms des protagonistes. L'écriture était née...trois cents ans avant les hiéroglyphes égyptiens.

Fascinant, non?

vendredi, février 16, 2007

Homère pour sauver le monde

J'imagine cette scène devant mon écran d'ordinateur en ce petit matin: Il est 11 h 30, jeudi, dans un des quartiers les plus pauvres de la banlieue de Paris.

Dans un lycée (école secondaire), à Meaux (Seine-et-Marne), le cours de grec ancien commence. Choisi en option par 50 (sur 350) élèves de seconde de ce lycée qui accueille les plus défavorisés de France. Il serait fier mon Homère!!

Mais la question se pose; Comment et pourquoi un cours de grec ancien, dans un établissement aussi défavorisé? Le principe est simple: viser haut.

Le journal Le Monde décrit bien la scène "Augustin d'Humières reste debout, tournoyant la tête, pointant le bras de part et d'autre, tel un agent de la circulation."

Dans le brouhaha, les réponses fusent, étonnantes. Etymologie de "archevêque" ? "Archè, deux sens : vieux et pouvoir !" Des dérivés ? "Architecte, hiérarchie, monarchie !" Le sens du mot lithographie ? "De lithos, la pierre, et graphein, écrire : graver sur la pierre !" Dérivés de graphein ? "Biographie ! Géographie !"

Les copies les mots les plus compliqués, tels "polythéisme", écrits avec le "th" et le "y" là où il faut. On passe à la mythologie. Comment est née Athena ? demande le professeur. "Dans des conditions atroces, M'sieur !" Hurlements de rire. "Elle est sortie de la tête à Zeus, en armure !", lance un autre qui, caché derrière les pitreries, montre qu'il n'a rien oublié de l'histoire de la déesse.

Ces élèves défavorisés ont choisi le grec . Un miracle ? Plutôt une volonté. Celle de ce jeune professeur hors normes, Augustin d'Humières. Un agrégé de lettres classiques qui a décidé de croire que la banlieue n'est pas une fatalité. Que les élèves en difficulté doivent voir les choses en grand. Ils apprendront la langue d'Homère .

La méthode ? Un prosélytisme acharné. En 2003, le jeune professeur a créé l'association Mêtis qui compte une centaine de ses anciens élèves. Ceux-ci font du soutien scolaire, participent à des forums d'orientation pour les terminales du lycée... et tentent de convaincre les plus jeunes de se mettre aux langues anciennes.

Ce sont les anciens élèves de Jean-Vilar qui leur parlent. Comme Lauren Sigler, Dounya Salhi, Madly Bodin ou Mouna El Mokhtari, devenues respectivement avocate, étudiante en médecine, ou diplômé de sciences de l'information. Comme aussi Julien Martin, aujourd'hui professeur de lettres classiques au collège de Trilport, près de Meaux. Ou comme Nam-Tran Nguyen Cuu, de parents réfugiés politiques vietnamiens, interne de l'hôpital Georges-Pompidou.

Ils leur disent : "Nous sommes comme vous, et grâce aux langues anciennes, nous avons réussi à nous en sortir et vivre mieux que nos parents." Lauren : "En commençant le droit, j'avais compris grâce au grec les principes de la démocratie athénienne." Dounya : "En médecine, le grec m'a permis de mémoriser les mots compliqués." Madly : "En prépa, j'étais la seule à connaître la date de la mort de Socrate, grâce au grec. Tous les Parisiens étaient épatés, j'avais gagné !" Mouna : "Le latin et le grec m'ont apporté le goût de la culture, et donc de la conversation. Quand vous débarquez à Paris, c'est un plus énorme."

Augustin d'Humières, de son côté, ruse pour les prendre par les sentiments. Quand Zidane a créé une association contre la leucodystrophie, il a analysé le mot par le grec ("blanc" + "mauvais" + "nourrir" = mauvaise alimentation du sang en globules blancs). Succès assuré. Autre argument auquel sont sensibles les nombreux élèves d'origine maghrébine : le modèle que fut le monde gréco-romain pour les sociétés occidentales. "En latin et en grec, note le professeur, nous évoluons dans un monde méditerranéen, entre Alexandrie et Athènes, Rome et Carthage. Il ne déplaît pas aux élèves de constater qu'au-dessus, c'étaient des analphabètes, des barbares..."

Quand il est arrivé au lycée , en 1995, les cours de grec comptaient six élèves en seconde (aujourd'hui 50). D'année en année, les classes périclitaient et menaçaient de fermer. Les interventions dans les collèges ont amené de nouveaux publics. "Un résultat exceptionnel pour la population que nous accueillons", se félicite la directrice, Marie-Claude Couraut-Thémans.

Homère pour (encore et toujours) sauver le monde? Et pourquoi pas...

Source: Le Monde, 15 février 2007

samedi, janvier 27, 2007

L'Égypte n'est vraiment pas contente...

En 200 avant J.C., le géographe grec Philon avait désigné les 7 merveilles du monde de l'antiquité. Pour mémoire, il s’agit du temple d’Artémis à Éphèse, des pyramides d’Égypte, des jardins suspendus de Babylone, du Mausolée d’Halicarnasse, du phare d’Alexandrie, du colosse de Rhodes et de la statue de Zeus à Olympie. Depuis l’an 2005, les internautes sont invités à élire les sept merveilles du monde... moderne.

Ce projet a été lancé en l’an 2000 à l’Opéra de Sydney, à l’initiative des fondations The new open world et The new 7 wonders, du cinéaste suisse Bernard Weber. Il est soutenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Parmi les 77 monuments choisis en 2005, une liste de 21 monuments présélectionnés, par une équipe d’experts internationaux, présidée par l’ancien secrétaire de l’Unesco, Federico Mayor, a été établie. Les internautes peuvent voter jusqu'au 7 juillet 2007 sur le site news7wonders pour les monuments qu’ils considèrent comme les plus prestigieux. Jusqu'ici 25 millions de votes (dont le mien!) ont été comptabilisés.

Mais l'Égypte est outrée!! En effet, le concours ose mettre au vote les pyramides de Gizeh, seuls vestiges des 7 merveilles de l'antiquité encore existantes.

« C’est un complot ourdi contre l’Égypte et sa civilisation » a tonné, vendredi (hier), l’éditorialiste du journal gouvernemental Al Akhbar, Al-Sayed al-Naggar. Le patron des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, blessé, a déclaré : « C’est la seule des sept merveilles de l’Antiquité encore existante, et elles n’ont pas besoin de cela, c’est grotesque ! ».

Et ça va assez loin. Lors de son récent séjour en Égypte, Bernard Weber, ancien assistant du cinéaste italien Federico Fellini, a été censuré par les médias locaux, et toutes les portes officielles lui sont restées fermées. Pour le ministre égyptien de la culture, la compétition organisée par Weber est insensée et a été mise en place pour arranger « son auto promotion ». Quant au journal El-Ahram, il l’a qualifiée de farfelue.

Pour Bernard Weber, les Égyptiens aurait dû profiter de sa venue pour l’interroger sur la présence des pyramides de Gizeh dans la compétition. « J’avais bien pensé les mettre hors concours, mais les internautes les auraient de toutes manières remises d’eux-mêmes en lice », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a expliqué que son objectif premier n’était pas de porter préjudice au mythe des 7 merveilles du monde mais de l’actualiser. « Je crois qu’après plus de 2000 ans, il est temps de redéfinir les merveilles du monde », a-t-il déclaré.

Dans ces sites sélectionnés, figurent, notamment : le Taj Mahal (Inde), la statue de la Liberté (États-Unis), la Grande muraille de Chine (Asie), le Machu Picchu (Amérique Latine), la ville de Tombouctou (Afrique), l’Opéra de Sydney (Australie), La tour Eiffel (France), le Colisée de Rome et tant d’autres. Sans oublier, le seul site de l’Antiquité qui a survécu, jusqu’à nos jours : le complexe pyramidal de Gizeh, symbole de la suprématie et de la grandeur de l’Égypte antique.

Allez voter sur le site news7wonders ; mais si possible donnez un petit coup de main aux sites antiques, je ne crois pas qu'ils soient les plus populaires dans ce type de sondage...

A&M

NB Mes 7 choix? Bien sûr les 5 sites (parmi les 21) du monde de l'antiquité gréco-romaine (La Basilique Ste-Sophie d'Istanbul, l'Acropole d'Athènes, le Colisée de Rome, les Pyramides de Gizeh, ainsi que Pétra en Jordanie); l'Alhambra de Grenade pour finir avec la Tour Eiffel de Paris.

Source: http://www.afrik.com/