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vendredi, février 22, 2008

Le travail : passion ou raison?

En 1962, Srully Blotnick, un psychologue industriel a entrepris une étude auprès de 1500 jeunes gradués. Parmi les 2 énoncés suivants, les participants devaient choisir celui qui était le plus significatif pour eux face à leur choix de carrière :

1- Choisir une carrière qui permettait de gagner beaucoup d’argent et ainsi, s’assurer une sécurité financière. ou

2- Suivre leur passion et choisir une carrière en fonction de ce qu’ils aimaient faire.

Sur les 1500 personnes interrogées, 1245 répondirent que le premier énoncé était plus important pour eux. Seulement 255 personnes choisirent le deuxième énoncé.

Vingt ans plus tard, lors d’un suivi sur cette étude, Blotnick découvrit que 101 participants étaient devenus millionnaires. Sur ce nombre, 100 appartenaient au groupe de 255 ayant choisi le deuxième énoncé.

Éloquent non?… Et vous? Aimez-vous votre travail?

Vivez-vous dans le bonheur et la prospérité avec le sentiment d’accomplissement ou vous avez hâte aux week-ends et à votre retraite pour commencer à vivre pleinement?

Qu’est-ce qui vous passionne? Que feriez-vous même si vous n’étiez pas payé pour le faire?

Source: Bulletin de Christine Michaud

dimanche, octobre 21, 2007

Jacques Grand'Maison : un maître à penser

Je suis curieux intellectuellement et j'ai lu pas mal d'affaires. J'en n'ai aucun mérite, j'aime ça. Sur de longues années: des bouttes de philosophes grecs (Socrate), de romans songés (Kundera, Ricard), des essais d'intellectuels de bien pensants d'aujourd'hui (Charles Taylor, Michel Foucault, Thierry Hentsch). Mais un des intellectuels auquel je m'identifie le plus, qui me touche le plus je dirais, est le théologien montréalais Jacques Grand'Maison.

Prêtre, théologien, sociologue et essayiste, Jacques Grand’Maison poursuit depuis 30 ans une réflexion unique sur l’évolution sociale et spirituelle du Québec moderne. Son œuvre, qui compte une quarantaine de titres jette, selon moi, un des regards les plus lucides sur les grands enjeux éthiques non seulement de la société québécoise mais de l'ensemble des occidentaux.

Je viens d'acheter ce qu'il annonce comme peut-être le dernier livre de sa vie : Pour un nouvel humanisme

Pour bien des gens l'humanisme est une affaire d'intellectuels. Or il n'en est rien. N'avons-nous pas un besoin fondamental de nous situer dans le monde et de mieux le comprendre pour y oeuvrer?

Faisant sienne cette conviction, Jacques Grand'Maison propose une réflexion stimulante qui risque de bousculer nombre d'idées reçues. Son projet est ambitieux: jeter les bases d'un nouvel humanisme capable de permettre un véritable «vivre ensemble» dans une société où se côtoient des gens d'origines et de cultures différentes, avec ou sans allégeance religieuse.

L'humanisme, affirme-t-il, est à renouveler à chaque époque pour raviver ses rôles libérateurs et civilisateurs. Mais ce serait dommage et même illusoire de penser qu'on peut y parvenir sans les riches patrimoines culturels et religieux de l'histoire.

Notre Révolution tranquille, explique-t-il, a été «marquée par une dynamique d'émancipation, de libération, de redéfinition identitaire, de nouveau projet de société» et elle «a donné un nouvel élan à la liberté, à la politique, à l'histoire à faire plutôt qu'à répéter». Grand'Maison se réjouit d'y avoir participé. Il constate à regret, toutefois, qu'elle se soit accompagnée d'une «rupture globale et abrupte de nos premières identités historiques».

Pour un nouvel humanisme part donc du constat que cette rupture insensée est la cause d'une «crise d'espérance» qui «mine notre tonus moral».


Son nouvel humanisme, il le trouve sur ce terrain dans les oeuvres d' Éric-Emmanuel Schmitt, qui évoquent, à leur manière, une transcendance nécessaire, c'est-à-dire la conviction que la bonté est plus profonde que le mal. Dans la foulée de Charles Taylor, Jacques Grand'Maison redit son attachement à une modernité fidèle à sa mémoire et, partant, soucieuse de l'avenir de l'homme. «Je suis de ceux, écrit Grand'Maison, qui souhaitent une nouvelle synergie du meilleur de la laïcité et du meilleur des sources historiques de la civilisation occidentale, dont le christianisme fait partie. Cela dit, dans le cadre de l'autonomie institutionnelle de ces deux sphères.»

Cette pensée est en complète symbiose avec la mienne...livre non pas à lire mais à chérir...

Pour un nouvel humanisme de Jacques Grand'Maison. Fides 2007 (208 p.)
Source: Le Devoir et Fides

vendredi, août 17, 2007

Créer sa propre cartographie sociale

Il faut lire l'entrevue de Mark Zuckerberg (23 ans!), jeune concepteur de Facebook, dans l'édition du 27 août 2007 du magazine américain Newsweeek (d'ailleurs le créateur de Facebook est sur la page frontispice du magazine--la vedette quoi!)

Phénomène que ce Mark qui a su développer un outil qui est en train de révolutionner , à tout le moins au sein d'un groupe important de la société nord-américaine, les rapports sociaux. Mark Zuckerberg croît que Facebook permet principalement à chacun de construire sa propre cartographie sociale (de connaissances, amis, collègues)

En fait, il est assez impressionnant de voir (comme le font 35 millions de personnes actuellement) se construire tranquillement sa propre cartographie sociale. Non seulement voir se constituer une liste "d'amis" mais aussi la toile entre tous les gens que l'on connaît.

On rentre de plein pied dans l'univers du Web 2.0 et croyez-moi mes amis; on a pas fini d'en entendre parler...

dimanche, août 05, 2007

Ode aux bars et aux terrasses montréalaises

Ma vie urbaine montréalaise est parsemée de bars et de terrasses depuis quelques années. Je juge que je fais un usage modéré de ce haut lieu de sociabilité. En ce sens que je ne m'y sens aucune dépendance et que j'y ai (en général) beaucoup de plaisirs. On a accordé aux bars (ou autres synonymes du même acabit: clubs, pubs, resto-bars, terrasses, etc) une aura de futilité. Si je comprends bien cette rumeur alimentée par ceux qui ont côtoyé les excès, les gens qui les fréquentent y perdent leur temps (en vaines recherches de sensations vides) et un peu de leur âme.

Je m'insurge contre cette pensée réductrice. J'affirme: Au contraire! J'aime bien ces lieux de théâtralité où l'on peut observer des inconnus (ou même des amis très proches) jouer leurs personnages (et quelques fois être surpris par le nôtre). De plus, on y retrouve un microcosme de la vitalité urbaine et une faune indescriptible. Si on sait observer et vivre en société, c'est un lieu d'enseignement sur nous, les autres, les rapports humains et la société.

Et en quoi rester chez soi à longueur de soirées et écouter des téléromans serait moins futiles??? Dites-moi!

Bien-sûr, comme diraient mes amis consultants qui sont payés très chers pour trouver des formules joyeuses, il faut quelques conditions gagnantes pour que notre rapport aux sorties nocturnes demeure positif et enrichissant:

1- Les bars ne doivent pas être aux centres de nos vies mais un clin d'oeil, un exutoire à la vie...

2- Ne jamais y rechercher (espérer) des nouvelles rencontres durables..on est au théâtre ne l'oublions pas. Quand on va au TNM, on ne veut/peut pas devenir ami avec Rémy Girard!!

3- Donc, en conséquence, avoir un bon réseau d'amis qui ont la même vision...c'est avec eux que l'on va passer la soirée après tout!

4- Savoir gérer (je n'aime pas ce mot mais je n'en trouve pas d'autres) nos soirées: être joyeux mais responsable!

Alors tous et chacun, de temps en temps, quittez votre chaumière tranquille et protectrice. Allez de par le vaste monde contempler les personnages de ceux qui vous entourent!! Combattez l'isolation provoquée par les technologies domestiques: sortez dans un bar!!

Et je vous garantis que vous y ferez des découvertes surprenantes. Prenez-moi par exemple, j'ai découvert avec le temps que, vodka-canneberges aidant, la musique de Michael Jackson (de sa grande période 1985-95 ) lorsqu'elle arrive au bon moment me fait un effet boeuf! Qui aurait crû que L'Ancien et le moderne serait devenu un fan de Michael Jackson...

lundi, juillet 16, 2007

Devenir soi-même un média?

J'aime le monde immobile. Mon monde Anna Karénine.

Mais quand j'en sors, j'aime comprendre le monde d'aujourd'hui.

Et aujourd'hui, c'est Facebook. Et oui encore Facebook. Je reviendrai bientôt sur l'art contemporain, Fiston et James Joyce.

Ça ne sera pas très long chers lecteurs littéraires et culturels.

Si vous êtes curieux, aller lire le billet du blogue de Stéphane Provencher, Robert Scoble is a media . Super billet sur une utilisation (et une vision) de Facebook qui nous ramène (potentiellement) à l'individu dans sa plus simple expression. Facebook: l'outil de la fragmentation ultime ou chaque individu devient UN, devient un média??

Peut-être...

Hello!! Y a-t-il un sociologue dans la salle? Je sens que l'on va en avoir tous besoin bientôt...

A&M

NB Ah oui, vous savez quoi? J'ai trouvé l'info du billet de Stéphane Provencher sur sa fiche Facebook et même pas sur son blogue...

samedi, juillet 07, 2007

Pas toujours facile la vie de blogueurs

Je continue mon petit bout de route de blogueurs sans trop m'intéresser à mes statistiques. On appelle ça l'extase par le détachement...J'essaie surtout de me remettre à l'écriture de mon blogue que je délaisse un peu depuis 2 mois.

Ceux qui me lisent savent bien que mon blogue se situe du bord de la candeur et du beau côté des choses...Mais voilà que j'ai un lecteur qui interprète bien mal mes textes....

Sur mes 210 billets en 2 ans et demi, j'ai commis 2 ou 3 observations sur la nature masculine ou si vous voulez la définition d'un "vrai gars" .

Ce matin, pour la première fois en plusieurs semaines, j'ai vérifié mes statistiques et les redirections vers mon site. J'ai remarqué que le site Gars content.com - un site masculin (anti-femme et de droite)- faisait un lien vers un de mes billets sur cette question.

Voilà mes deux billets sur la masculinité (de mars 2005!!) :

- Le vrai gars de la Revue urbania

- Alors qu'est-ce qu'un vrai gars

Il me semble que mes propos ne méritent pas de telles liaisons...je m'en dissocie complètement.

A&M

dimanche, mai 13, 2007

La "Clique" du Plateau Mont-Royal

À chaque jour, je me promène tranquillement sur le Plateau Mont-Royal.

J'observe les passants de mon quartier depuis un an et je n'y vois que des gens souriants, hétéroclites certes mais bien ordinaires soient: des mères avec des poussettes, des gens d'affaires, des étudiants, des nouveaux arrivés, des touristes avec leurs cartes, quelques pauvres bougres, de trop rares splendides femmes évanescentes, des banlieusards, des paumés et des artistes. Pas de quoi fouetter un chat...

Pourtant depuis un bout, une petite phrase tendancieuse fait son chemin, surtout dans certains médias des régions du Québec, soit l'expression "la Clique du Plateau". Un groupe dont j'ignorais l'existence et qui serait responsable de sombres projets que personne n'arrive à préciser.

Une des premières fois que j'ai entendu ce fameux titre fut par l’animateur radio controversé de Québec Jeff Filion lorsqu'il a accordé une entrevue à la non moins controversée émission Tout le monde en parle (dans sa version québécoise) en février 2006. En résumé, Jeff Filion n'était pas aimé à cause de la "Clique du Plateau"!!

Depuis ce temps-là, je l'ai ré-entendu quelques fois provenant de représentants des régions qui, manifestement, parlent avec préjugés de choses qu'ils ne connaissent pas. On ne vise pas les gens d'Outremont, de Westmount ou du West-Island...On attaque le Plateau. Pourquoi?

Qui sont donc les membres de cette clique, de ce clan? Qu'ont-ils (ou qu'ais-je) fait de si dangereux? Quelqu'un peut-il me l'expliquer? J'avoue ne pas comprendre. Il n'y a sur le Plateau aucun pouvoir politique (il est à Québec), ni d'affaires (voir du côté du centre-ville). Alors quoi donc!!

Ma seule réponse possible pour comprendre la source de cette petite phrase facile est de mieux appréhender la réalité du quartier du Plateau Mont-Royal.

Résumons le portrait de ces habitants si dangereux:

Selon les données de la Ville de Montréal, la population du Plateau est d'un peu plus de 101 000 résidants sur un territoire de 7,74 km carrés, soit une des plus hautes concentrations en Amérique du Nord. Cette population est en croissance d'environ 3% au cours des 5 dernières années.

Aussi, la population du Plateau est hyper francophone: 87 % de la population du Plateau est de langue maternelle française (en 2001), comparativement à 54 % sur l'Île de Montréal et 82% pour l’ensemble du Québec. Ces pourcentages, très élevés, témoignent du caractère homogène, québécois et francophone du quartier. Au cours de la dernière décennie, peu d'immigrants restent sur le Plateau et 40% d'entre eux sont originaires de France...On reste entre francophones quoi! Cette appréhension des leaders régionaux est d'autant plus incompréhensibles que l'on se chicane entre francophones.

En octobre 2005, le cabinet Hill Stratégies Recherche publiait son rapport sur les quartiers artistiques au Canada.

Or, concluait Hill Stratégies Recherche, "Le quartier le plus créatif au Canada est la zone liée au code postal H2W, situé au cœur du Plateau Mont-Royal, avec une concentration d’artistes de 8,0 %, (soit 605 artistes parmi une population active totale de 7 560), dix fois supérieure à la moyenne canadienne de 0,8 %."

Les zones voisines (toujours dans le Plateau) liées aux codes postaux H2J et H2T (C'est mon secteur!!!) sont considérées comme les 2e et 3e quartiers les plus créatifs du Canada avec plus de 5,5% de travailleurs et travailleuses artistiques parmi sa population active.

Donc la grande différence entre le Plateau et le reste du Québec, et c'est ce qui semble heurter les gens, c'est la concentration d'artistes et leurs discours divergents. En fait, le fond conservateur du Québec n'en veut pas au Plateau mais plutôt à cette concentration d'artistes qui permet une voie divergente qui a de la portée.

Malheureusement je ne suis pas un artiste mais avouez que comme portrait, on pourrait faire pire...Et, vous savez quoi? La rédaction de ce modeste billet m'a fait encore mieux apprécié mon Plateau et sa clique que j'affectionne encore plus...


Avenue du Mont-Royal Est, coin de Mentana en 2005

lundi, mars 05, 2007

Humeur écologique

Quelques fois par an, en cachette, je vais dans mon pays ancestral cad dans la région de Brandon au nord de Montréal; au coeur de nul part qui compte dans ce monde. Je me sens bien dans ce nul part où j'ai passé une partie de mon enfance. C'est le seul endroit que je connaisse qui est complètement en dehors de la mondialisation, où on ne recycle rien et où ton bonheur est pesé sur le nombre de moteurs que tu possèdes.

J'y vois souvent sur le flanc d'une colline paître un troupeau de vaches ; des chercheurs ont prouvé que les gaz que lâchent – comment dire cela élégamment ? – postérieurement ces aimables mammifères contribuent plus à l’effet de serre qu'une vieille usine chinoise de textiles alimentée au charbon, et donc qu'une ferme laitière de la région de Brandon émet (par son pot d'échappement situé à l'arrière) 1 000 fois plus de gaz carbonique qu'un ouvrier han et socialiste.

Et là je regrette de ne pas avoir de fusil : de quelques balles bien ajustées, j'aurais pu, sans grand effort, rétablir de la planète l’équilibre naturel.

Avec un peu de chance, j'aurais pu également massacrer les jolis chevreuils dont les incisives acérées détruisent les pousses nouvelles des conifères récemment plantés dans le sous-bois, et ainsi arrêter la déforestation qui menace la nature québécoise.

Mais, désarmé, je médite, et m'interroge sur le discours écologique que rabâchent, enseignants (dès l'école maternelle), politiciens de toutes sensibilités, animateurs de toutes sortes, certains industriels et financiers (les fonds éthiques –sic) occidentaux, et tous les médias montréalais et planétaires.

Mais je ne veux pas m'étendre (d'autres ont dû le faire...) sur cet étrange glissement qui fait que l'assise de la superstition ne repose plus sur les propos des prêtres (devins, mages, haruspices, sorciers, marabouts...) mais sur ceux des chercheurs (d'autant plus respectés qu'ils trouvent ce que leurs consciences politiques souhaitent qu'ils trouvent).

Moi je ne veux que me retrouver plus souvent, et avec encore plus d'allégresse, vers cette région de Brandon où l'on pense encore, douce naïveté, que le bonheur est dans le moteur....

mardi, janvier 16, 2007

De l'importance de la Beauté

Lors d'une rencontre récente avec des amis, j'écoutais les gens parler sur la beauté avec des considérations très humanistes mais un peu naïves du style seul l'intériorité prévaut et l'apparence extérieure est sans importance. Pensées nobles mais déconnectées de la réalité et du bon sens selon moi.

Retournons dans un premier temps (comme souvent!)à la période de l'antiqué. Les philosophes grecs ont dit deux choses:

1) que le volet extérieur de notre personne est important dans l'équilibre de la vie: un esprit sain dans un corps sain quoi!

2) mais surtout, ils ont défini les premiers une définition de la Beauté simple, sans appel et qui se vérifie encore après 25 siècles: La Beauté est la jonction de la symétrie et de l'harmonie.

Tout simplement. Dans l'antiquité, la beauté (donc la symétrie..) était un cadeau des dieux et plus précisément d'Athéna. Les philosophes, en commençant par Plotin qui y voyait l’harmonie de la forme et de la matière, ont longuement considéré la beauté. Comment le leur reprocher! Déjà, avec Saint-Augustin, on lui attribuait une connotation métaphysique. Aujourd’hui, on reconnaît qu’elle joue sur les émotions.

Depuis surtout la révolution française et son rationalisme, on a mis beaucoup d'importance sur l'intelligence dans nos rapports sociaux puisqu'elle nous apparaît seule porteuse de réussite... mais est-ce si vrai que cela??? Voici un bref résumé de quelques recherches et constats récents sur ce sujet:

A) C'est une lecture toute récente qui m'a mise sur la piste de ce billet et ramenée instantanément à mes amis grecs. En effet, selon une étude rapportée il y quelques mois par le journal montréalais La Presse, les femmes seraient attirées par les bons danseurs. Cela va de soi me direz-vous...mais des anthropologues ont analysés les causes de cette attirance. En fait, il semble que les femmes soient très sensibles à la symétrie des mouvements.

«La danse est une activité importante pour les choix sexuels, affirme William Brown, anthropologue à l'Université Rutgers (New Jersey). Mais personne n'a jamais réussi à découvrir pourquoi. La danse doit forcément révéler un avantage reproductif. Nous pensons qu'il s'agit de la symétrie du corps. La symétrie est un bon indicateur de la force et de la qualité des gènes, parce que les asymétries corporelles sont dues à des stress comme les maladies. Une personne symétrique a mieux résisté à ces stress

B) Plusieurs recherches françaises (voir entre autres deux livres synthèses sur le sujet: «le Corps et la beauté», Jean Maisonneuve et Marilou Bruchon-Schweitzer, PUF, «Que sais-je» n° 3433, 1999. «Le Poids des apparences», Jean-François Amadieu, Odile Jacob, 2002.) confirment que la beauté rime aussi avec la réussite.

Ce qui est beau nous paraît bon, telle est notre vision du monde! La plupart des tests compilés dans les deux documents mentionnés ci-haut le confirment. Par exemple, faites évaluer sur photos la beauté d’un groupe de gens par d’autres. Comparez ensuite avec le statut réel de chacun: à l’école, les beaux élèves auront des notes supérieures aux copains ingrats, alors que ce n’est pas le cas dans des tests anonymes. Les beaux sont globalement mieux jugés que les autres et moins souvent punis. Dans l’entreprise, à compétence et à diplôme égaux, les gens au physique asymétrique (eh oui!) sont moins souvent engagés, font de moins belles carrières et sont un peu plus souvent licenciés que des beaux.

Quant à l’amour et au mariage, les sociologues ont mis en évidence que la femme belle a un capital qui se monnaie sur le marché matrimonial. C’est toujours une belle bergère qui épouse un prince. Il y a non seulement une prime à la beauté, mais aussi une décote au manque de symétrie et d'harmonie. L’apparence est un capital qui se transmet d’une génération à l’autre.

C) Enfin, deux neurologues anglais rapportent une étude (neurologique) fort sérieuse qui établit, entre autres, une corrélation entre la beauté et la motivation :

Beauty is a powerful motivating and organizing factor for many creators and innovators, and when we look to see what is distinctive about the brain’s experience of beautiful things, we see that beauty activates a part of the brain associated with reward.
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En fait, toutes les études récentes et rigoureuses relèvent ce que le bon sens nous dicte: ceux (ou celles) qui ne sont pas harmonieux et symétriques (entre autres ceux qui sont mal proportionnés, qui bougent mal ou même dansent mal...etc) ont moins de chance de s'affirmer et de réussir tout simplement. Et, fait important, ce n'est pas l'effet d'une simple mode. Cela a toujours été parce que les êtres humains sont attirés par les individus génétiquement plus solides. Je le rappelle, une personne symétrique serait (en général) génétiquement plus forte.

Ce billet n'a (bien sûr!) pas pour objet de remettre en cause l'importance du rationnel dans notre société mais plutôt de mieux comprendre le comportement de nos semblables dans leurs quêtes souvent effrénées de jeunesse éternelle...Cette quête de la Beauté de nos contemporains ne seraient donc pas nouvelle et peut-être moins superficielle que l'on pourrait croire au premier abord....

samedi, novembre 25, 2006

Non, Maurice Richard n'est pas mort...

Je vous le dis, Maurice Richard n’est pas mort. À Montréal comme dans le reste du Canada, il est partout. Moi j'en entends parler depuis que je suis au berceau même s'il a accroché ses patins avant même ma naissance.

Celui qui ne fut d’abord qu’un joueur de hockey timide est aujourd’hui un mythe national. Quand on lit sur l'histoire du hockey ou même de Montréal, tous ont quelque chose à raconter sur lui. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ?

Le célèbre numéro 9 du Club de hockey Les Canadiens de Montréal a été l’objet de toutes sortes d’écrits : des textes savants, des biographies et des recueils de souvenirs, des romans et des livres pour la jeunesse, des poèmes et des pièces de théâtre. On a donné son nom à des lieux publics. On lui a consacré des chansons, des bandes dessinées, des sculptures, des peintures, des films et des émissions de radio et de télévision. Le numéro 9 a orné des vêtements, des jouets et des publicités de pain tranché....

Pour comprendre l’évolution des représentations de Maurice Richard (1921-2000) depuis le début de sa carrière, il fallait une histoire remise dans un contexte culturel et social.

Benoît Melançon vient de l'écrire. Il est professeur à l’Université de Montréal. Il a publié ou édité des livres sur la littérature française du XVIIIe siècle, la littérature québécoise, la politique culturelle canadienne, l’essai littéraire et la langue au Québec.



Benoît Melançon. Les yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle. Montréal, Fides, 2006, 279 p.
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« Maurice Richard :
Quand il lance, l'Amérique hurle.
Quand il compte, les sourds entendent.
Quand il est puni, les lignes téléphoniques sautent.
Quand il passe, les recrues rêvent.

C'est le vent qui patine.
C'est tout le Québec debout.
Qui fait peur et qui vit. »

Félix Leclerc

samedi, novembre 04, 2006

180 millions de francophones dans le monde...

Je me posais la question. Théoriquement, combien de personnes sur la planète pourraient lire ce blogue écrit en français? Combien y a-t-il de francophones sur notre petite planète?

Je fus surpris de la complexité de la réponse. Pas simple de définir un "francophone", la réponse n'est pas la même selon les sources. Mais si je m'en tiens à un chiffre conservateur soit le nombre de personnes aptes à lire un blogue fait par un francophone pour des francophones; la réponse serait 180 millions.

En effet, dans son rapport "La Francophonie dans le monde 2004-2005", le Haut Conseil de la Francophonie estime que 180 millions de francophones sont répartis comme suit dans le monde:

1) 115 millions de personnes qui ont du français (langue première, seconde ou d’adoption) une maîtrise courante et en font un usage habituel ; chiffre en augmentation de 7,7 % depuis 1990

2) 65 millions de locuteurs ayant une bonne compétence en français mais l'utilisant partiellement (leur pratique du français est limitée soit par une maîtrise rudimentaire ou spécialisée, soit par un usage circonstanciel); chiffre en augmentation de 12 % depuis 1990. Mais en général capable sans problème de lire un journal et d'avoir une bonne conversation en français.

3) Finalement entre 100 et 110 millions de francisants et d’apprenants de français, hors de l’espace francophone : ils ont appris ou apprennent le français pour communiquer avec les étrangers .

Mais je n'ai pas ajouté ce dernier chiffre à mon total, même si une partie de ces "francisants" pourrait sans doute lire mon blogue. Donc, selon ma courte enquête, 280 millions de personne sur la planète ont des connaissances variables du français dont 180 millions que l'on peut considérer comme francophones!

Le nombre de francophones est en augmentation d'une façon générale en Afrique subsaharienne et dans l'océan Indien, avec des situations sensiblement différentes suivant les pays.

L'enseignement du français progresse sur le continent africain et au Moyen-Orient, mais stagne dans les autres régions du monde.

Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones « réels » recensés plus 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. En moins de 20 ans, le nombre de francophones a augmenté d'environ 15% (21 millions de plus)

L’Algérie, non membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, comptabilise la seconde communauté francophone au monde (après la France), avec environ 16 millions de locuteurs, suivie par la Côte d’Ivoire avec près de 12 millions de locuteurs francophones, le Maroc (11 millions), le Québec avec 6 millions, la Tunisie (4 millions) et la Belgique avec également 4 millions de francophones. Rappelons qu’il y a environ 500 000 francophones en Israël et près de 2 millions aux Etats-Unis.
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Les principales langues parlées dans le monde (2004):
Là aussi, pas simple de faire ce décompte...

1- CHINOIS (mandarin) 1,220,000,000
2- ANGLAIS 500,000,000
3- ESPAGNOL 460,000,000
4-ARABE 296,000,000
5-HINDI 265,000,000
6-BENGALI 215,000,000
7-RUSSE 210,000,000
8-FRANÇAIS 180,000,000
9-PORTUGAIS 175,000,000
10-JAPONAIS 125,000,000
11-ALLEMAND 110,000,000
18-ITALIEN 70,000,000

Source : Organisation internationale de la Francophonie, la Documentation française et plusieurs autres sources sur le Web. Le décompte des langues parlées dans le monde est une compilation spéciale de L'Ancien et le moderne

lundi, octobre 16, 2006

Les rêves sexuels de la gauche...

La notion politique de gauche, par opposition à droite, est née en France au moment de la Révolution française (1789).

À l'Assemblée nationale, au moment des premières discussions constitutionnelles, les opposants au droit de veto royal se regroupaient à gauche du fauteuil du président d'assemblée, tandis que les partisans du pouvoir royal en formaient l'aile droite. En général, la gauche désigne maintenant les mouvements qualifiés de progressistes. La gauche comprend généralement la social-démocratie, le socialisme, le communisme ou l'anarchisme.

Les notions de gauche et droite allaient rapidement se répandre au cours des XIXe et XXe siècles en Europe, pour ensuite structurer la vie politique de la plupart des pays démocratiques de la planète.

Imaginez qu'une nouvelle étude scientifique californienne vient confirmer que l'orientation politique influence les rêves. Les gens de gauche rêvent davantage de situations fantaisistes, et ont plus de rêves sexuels avec des étrangers. Les femmes de gauche, en particulier, sont cinq fois plus susceptibles que les femmes de droite d'avoir des rêves lesbiens.

Les gens de droite rêvent peu et ont, semble-t-il, des rêves réalistes. La proportion de cauchemars est cependant semblable à gauche comme à droite.

Et moi qui est un gars de centre...

lundi, octobre 09, 2006

Que faire avec les technologies?...Dites-moi!

On est envahi dans les médias, il me semble, par la question des changements technologiques, surtout ceux liés à l'information. Pas une journée où on ne nous parle d'Internet, de Web 2.0 (ou 3.0!), de musique numérique et son Ipod, d'une nouveauté de Google, ou d'un nouveau gadget lié à la domotique.

Pourtant et je l'avoue avec un brin d'hésitation, je n'ai jamais été attiré fondamentalement par les technos. En gros, c'est le travail qui m'a initié assez tôt au courriel, web (1994) et autres nouveautés technologiques.

Cela reste un effort pour moi de rester branché sur les nouveautés de mon époque comme si je nageais contre un courant fort. Mais je maintiens le cap et me débrouille au même titre que la plupart des lecteurs de L'Ancien et du moderne j'imagine: j'ai 5 ou 6 courriels (à la maison, au bureau, 3 hotmails, un Gmail), je blogue depuis bientôt 2 ans, mes CDs sont numérisés sur Itunes (et j'ai un Ipod), j'ai un appareil photo numérique, je suis sur MSN Messenger et je t'chatte pas mal, je vais sur YouTube de temps en temps et consulte régulièrement Wikipédia, je suis inscrit à LinkedIn , j'ai ma page personnelle Myspace . Récemment, j'ai fréquenté les 5 à 7 du Yulbiz et du Yulblog. Toutes des choses qui n'existaient pas il y a dix ans et certaines il y a deux ans à peine...Rien d'extraordinaire pour un montréalais vivant en 2006 vous me direz et vous avez tout à fait raison. J'essaie de suivre le "courant technologique" du mieux que je le peux.

Pourtant pour être honnête, je suis quand même assez déconcerté de voir l'importance des technologies dans nos sociétés, avec un effet pervers important. En effet, je remarque dans certains milieux "trendy" que la maîtrise des contenants (appareillages technos de toute sortes) est beaucoup plus favorisée que la maîtrise des contenus. Le "tecki" est à la mode! Savoir mettre un vidéo personnel sur un blogue est beaucoup mieux perçu que de connaître la littérature, la sociologie, l'art contemporain ou autres savoirs fort utiles. En fait, je trouve beaucoup de blogues (sinon la plupart) superficiels. À quoi sert une fenêtre sur le monde (ex. blogue) si on ne parle que du nouveau gadget "Google" ou du contenu de notre petit-déjeuner!!Toutefois, quand une démarche arrive à faire les deux, alors c'est éblouissant (mais trop rare)!

Les technologies, propulsées par la soif des profits de grands groupes internationaux (IBM, Apple, Google et autres), changent tellement rapidement que peu de gens ont l'énergie de faire l'exercice ultime: rester brancher et continuer de comprendre le monde qui nous entoure.

Alors que faire? Mettre toute notre énergie à suivre les nouveautés du jour, être techno quoi! et ne faire qu'effleurer notre époque ou mettre son énergie à comprendre le pourquoi des choses et devenir de plus en plus ringard (dépassé, out, quétaine)?

A&M

mardi, septembre 19, 2006

La tragédie de Dawson et le Métro

J'ai calculé par simple curiosité que j'ai dû utiliser les transports en commun de Montréal plus de 10 000 fois depuis que je suis adolescent. Soit à peu près toutes les fois qu'il a fallu que je me déplace dans la région de Montréal. J'ai eu ma période "autobus" (13 à 19 ans), ma période "train de banlieue" (25-35 ans) et ma période "métro" (20-25 ans et au cours des dernières années). J'en connais bien les visages et les humeurs.

J'ai toujours aimé observer la foule anonyme des transports en commun d'une ville comme Montréal, on y retrouve de tout: des gens d'affaires, des étudiants, des immigrants, des mères de familles avec leurs bébés, des touristes avec leurs cartes, quelques pauvres bougres, de splendides femmes évanescentes, des banlieusards, etc.

Jeudi matin dernier (le 14 septembre 2006), le lendemain de la fusillade du Collège Dawson de Montréal, j'ai pris le métro pour me rendre au travail comme à chaque jour mais je n'avais pas le goût de lire mon journal quotidien et de me taper 15 pages d'horreur. J'ai donc observé les gens avec plus d'acuité et constaté la foule était un peu différente des autres matins: moins de journaux, moins d'Ipod, moins de romans que d'habitude en ce lendemain de tragédie.

Comme si tout le monde en même temps, pendant quelques minutes, entre les tâches quotidiennes de la maison et le boulot à venir, réfléchissaient sur le sens de la folie et le pourquoi de la destinée. Je sentais une émotion nouvelle, collective, difficile à cerner mais palpable. Ce ne fut pas une expérience mystique, loin de là. Juste le sentiment qu'un groupe d'inconnus vivants dans la même ville pensaient à la même chose, au même moment. Et vous savez quoi? Ça m'a fait du bien.

dimanche, juillet 23, 2006

Mon dimanche et le Liban

Je me suis à lire pleins d'info sur le Liban depuis 1 semaine...c'est comme une façon de me sentir moins passif face à ce drame. Aujourd'hui, j'ai consulté plusieurs blogues francophones qui traîtent de la question en France, au Liban et au Maroc. Les points de vue ne sont pas tous convergents! Je vous suggère celui du marocain Almeknassi...

Quoi faire pour le Liban? Au moins s'informer et peut-être écrire un mot aux blogeurs francophones touchés par ce désastre. Je vous copie quelques blogues du Proche-Orient et du Liban..

http://niouzes.blogspot.com/
http://abdoukamel.over-blog.com/article-3342883.html
http://nadche.blogspot.com/
http://libertetjs.spaces.msn.com/
http://www.libnanews.com/
http://libanlibre.skyblog.com/
http://www.windowinlebanon2.blogspot.com/
http://pourquelelibanvive.blogspot.com/

Mon portail web d'information favorisur le liban est: http://le-liban.com/
Je vous suggère aussi les nombreux reportages sur le sujet de Tf1 sur internet: www.tf1.fr

Il y a beaucoup d'autres blogueurs d'origine libanaise qui sont en France. Les blogues du Liban les plus actifs ne sont plus mis-à-jour depuis quelques jours...

Ancien et moderne

samedi, juillet 22, 2006

Pauvre Liban!

"Pauvre Liban". Quelle malédiction et pourquoi?

Qui n'est pas sensible à se qui arrive au Proche-Orient? À l’origine de cette crise, l’attaque de la milice du Hezbollah à la frontière, qui s’est soldée par la capture de soldats de Tsahal. La riposte israélienne ne s’est pas fait attendre, plaçant le Pays du cèdre dans le rôle délicat d’une victime collatérale, prise entre les feux nourris de deux ennemis jurés, faisant des victimes civiles et provoquant d’importantes destructions.

Un peu plus de quinze ans après la fin de la guerre, malgré l’espoir suscité par le retrait des troupes israéliennes puis syriennes, le pays hôte, avant Ouagadougou, du sommet de la Francophonie se retrouve une fois de plus sous les feux de l’actualité ; comme un mauvais rêve où, depuis une trentaine d’années, les puissances de la sous-région ont pris l’habitude de régler leurs comptes.

On se souvient en effet, que les hostilités avaient débuté en 1975 par une opposition entre l’armée libanaise et les Palestiniens. Le conflit, fratricide, qui s’est étalé sur de longues années a vu l’intervention de puissances régionales telles la Syrie et Israël, qui n’ont pas manqué, au passage, d’occuper chacune une bonne portion du territoire meurtri. C’est dans cette cohue qu’est né en 1982, année de l’invasion israélienne, le Hezbollah, « parti de Dieu », par qui les actuels déboires du Liban sont arrivés. Proche de l’Iran, le Hezbollah est un parti politique représenté au gouvernement libanais qui dispose une branche militaire, la Résistance islamique, à l’origine des assauts répétés contre Israël.

"Pauvre Liban"

L'expression a été reprise cette semaine par le journaliste Michel Hajji Georgiou du quotidien libanais francophone l'Orient le Jour et semble être sur toutes les lèvres. Alors que le pays commençait à se remettre des blessures de la guerre, les raids israéliens sont vécus comme une profonde injustice. Ceux qui le peuvent ont quitté Beyrouth pour le nord, d'autres ont déjà décidé de partir s'installer à l'étranger, en Europe, ou dans les pays du Golfe.

Il faut lire les blogues libanais.

«Pauvre Liban»: Incroyable même-- Beyrouth vivait encore, il y a dix jours, au rythme des festivals de l'été. La cantatrice Barbara Hendricks avait ravi les amateurs d'opéra à Balbeek. La danseuse étoile Sylvie Guillem devait se produire ce dimanche (demain). Les avenues-phares, comme Hamra, Weygand ou Allenby, connaissaient des embouteillages monstres. Le vacarme des missiles et leur cortège de destructions ont tout fait fuir.

Beyrouth est comme morte, tétanisée.

Au téléjournal de Radio-Canada, je vois des gens qui sortent dehors prêtant l'oreille aux sirènes des ambulances. La ville côtière transpire la peur et le gâchis économique.

Samedi 22 juillet 2006: Une nouvelle nuit de frappes s'annonce. Les roquettes du Hezbollah tirées contre Haïfa risquent de décupler les tirs des appareils de Tsahal. Les Libanais ont tous en tête les images des offensives israéliennes en 1982 et en 1996. Ils craignent que, cette fois encore, l'offensive soit longue et meurtrière.

"Pauvre Liban" ...et quoi espérer de la communauté internationale?? Elle se retrouve une fois de plus divisée entre dénonciation et soutien de la politique de légitime défense de l’Etat hébreux, qui, d’ailleurs, n’a jamais eu la réputation de faire dans la dentelle surtout lorsqu’il s’agit de ses ennemis.

Que de victimes, que de destructions et d’espoirs déçus pour un pays déjà meurtri et, une fois de plus, souffre-douleur des enjeux de puissances étrangères.

Que de malheurs et douleurs...et je rajouterais un grand sentiment d'impuissance!

Le provincialisme

L'origine du mot "provincialisme" est antique. Grec dans un premier temps, approprié par les romains dans un deuxième du temps; le terme existe maintenant dans la plupart des langues occidentales. Il implique en terme idéologique un décalage par rapport au centre (Il y a 2000 ans, distance entre les "provinces" romaines et la capitale Rome).

En fait, de tout temps, le provincial est une personne qui vit "en province" et qui est distant de la modernité urbaine où apparaîssent les dernières tendances. En fait, au sens plus large, le provincial a une pensée qui se réduit à un espace marginal mais auquel il attribue une importance excessive, universelle.

L'américain Thomas Stearns Eliot (1888-1965) nous met en garde contre un autre type de provincialisme, celui du temps. "À notre époque, écrit-il dans son essai sur Virgile en 1944, où les hommes sont plus que jamais enclins à confondre sagesse avec savoir, savoir avec information, où ils tentent de règler leurs problèmes avec la technologie, on voit apparaître une nouvelle sorte de provincialisme qui mériterait sans doute un autre nom. Il ne s'agit pas d'un provincialisme lié à l'espace et à l'éloignement du centre mais d'un provincialisme du temps. L'histoire n'est plus maintenant qu'une chronique d'inventions humaines qui ont fait leur temps et ont été mises au panier; le monde est devenu la propriété exclusive des vivants, de laquelle les morts sont rejetés. Le danger de croire que la modernité ne s'appuie pas sur des couches de savoir historique, est que nous tous, hommes de la planète, risquons de devenir des provinciaux, quand aux récalcitrants, il ne reste plus qu'à devenir des ermites."

jeudi, juin 29, 2006

Le Quartier rouge

Amsterdam

La ruelle étroite était d'asphalte cuite et odorante, douce et humide après la pluie. Elle était bordée sur toute sa longueur de loges colorées par des prostituées dont les corps au marbre émouvant se tenaient devant des petites fenêtres de poupée, comme sur le seuil d'un sanctuaire. Elles étaient assises sur des tabourets à trois pieds, telles des pythies, les pieds dans des sandales de couleurs vives, en pleine rue pour ainsi dire. L'originalité de l'éclairage donnait à toute la scène les teintes d'une fable éternelle: toutes les fenêtres étaient éclairées par une série de néons orangés, accrochés sur le sommet des fenêtres; ce qui jetaient d'irréelles ombres dans les coins de ces maisons de poupées, dans les yeux de leurs occupantes, dans la douleur docile de ces ténèbres de fourrures.

Je marchais lentement parmi ces extraordinaires figures humaines en songeant tout d'un coup qu'une ville, tout comme un être humain, rassemble en son sein ses faiblesses, ses peurs et ses appétits.

Les jeunes habitantes du Quartier rouge d'Amsterdam étaient assises là, telles des cariatides soutenant les ténèbres, les souffrances de l'avenir peintes à même leurs paupières; veillant, attendant l'immortalité, tout au long du temps fatidique.

Je ralentissais encore le rythme et je vis une loge dont le sol était entièrement décoré de fleurs de lys sur un fond de bleu royal. Sur le pas de la porte était assise une femme noire aux yeux bleus, une géante qui ne pouvait pas avoir vingt ans, vêtue d'une chemise de nuit de soie qui la faisait vaguement ressembler à une élève d'une école de soeurs. À côté, une femme fragile comme une feuille, et plus loin une autre comme une formule chimique rincée dans l'anémie et la fumée de cigarette. J'étais salué sur mon chemin non par des cris vénaux mais par de douces propositions de colombes, et leurs voix paisibles remplissaient la rue d'une paix de cloître.

Plus loin, les groupes d'hommes, eux, étaient en rut. Par grappes difformes de 10,12 ou 15 gars, on les entendaient crier, s'exciter, s'encourager entre eux. Je fus surpris et troublé devant tant d'animalité brute de ma moitié de l'humanité.

Je continuais de marcher lentement.

À la frontière du Quartier rouge d'Amsterdam, j'ai remarqué une dernière loge où brûlait une chandelle. Trois filles étaient assises sur des tabourets, enveloppées dans des kimonos déchirés, parlant à voix basses en se tenant par la main. Elles semblaient ainsi absorbées, aussi loin que si elles avaient été autour d'un feu de camp dans les steppes.

Je quittais le Quartier rouge en tentant de dénouer dans ma vie ce qui était noué...

dimanche, juin 04, 2006

Freud et Oedipe (ajout)

Un lecteur (Hans) m'envoit un commentaire sur Freud. Avec sa permission, je me permets de le publier ici.

" Merci pour ce billet sur Freud. C'est un sujet grave et vous le traîter avec légèreté. Vous avez manifestement beaucoup de plaisir à écrire votre blog. Je me permets un bref ajout sur Freud.

En effet, je suis un peu surpris que vous ne parliez pas du Complexe d'Oedipe. Surpris parce que Freud a emprunté "l'image" d'Oepide dans la mythologie grecque (et c'est un thème de votre blog) et aussi parce que c'est un élément central dans l'oeuvre de Freud.

Je rappelle que Freud a appellé "Complexe d'Oedipe", l'ensemble relié des deux désirs contradictoires (libido pour la mère et pulsion de mort pour le père chez le petit garçon, libido pour le père, pulsion de mort pour la mère chez la petite-fille), qui se met en place vers l'âge de 5 ans chez l'enfant.

Le cadavre d'Oedipe bouge encore

Normalement, le "Complexe d'Oedipe" est "détruit": en grandissant, l'enfant doit renoncer à ses premiers désirs. Pourtant, le complexe d'Oedipe continue, plus ou moins intensément, à marquer notre psychisme. Ainsi Freud explique-t-il l'homosexualité (théorie très controversée- l'attachement au père ou à la mère est si intense que tout affect vers une personne de même sexe que lui ou elle s'en trouve interdit) ou le choix amoureux (nous sommes inconsciemment attirés par des hommes ou des femmes qui présentent des traits analogues à ceux de notre père ou de notre mère.)

En fait selon Freud, pas plus que l'Oedipe de l'antiquité grecque, nous ne serions libres de décider de nos choix: nous croyons être libre car nous sommes conscients de ces choix, mais nous n'en connaissons pas la raison..."
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Hans

samedi, juin 03, 2006

La vie et Freud

La beauté de la chose quand on est simple (dans le sens noble du mot, je l'espère) d'esprit est de ne pas voir la vie avec complexité. En fait, je pourrais résumer ma conception de la vie en deux volets:

1) Une compréhension de l'individu qui est freudienne

2) Et celle de l'art et de la collectivité qui est grecque.

Je pourrais arrêter là mon blogue puisque tout est dit mais comme j'aime écrire...

Ayant pas mal parlé du monde grec, je me permets d'expliciter mon rapport à Freud qui est assez fécond. Quelques lectures plutôt intenses, des cours de psycho qui m'ont passionnés, me permettent de me qualifier de freudien même si je suis d'accord avec les critiques modernes qui reprochent à Freud de s'être cantonné à l'inconscient individuel, oubliant un peu trop le collectif, et accordant de ce fait peut-être trop d'importance à la sexualité.

Mais svp ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain...

Un petit rappel sur la vie de Freud

Freud naît le 6 mai 1856 à Freiberg en Moravie. Ses parents s'installent à Vienne où il résidera jusqu'en 1938, avant d'émigrer à Londres. Il fait de brillantes études médicales et biologiques mais doit renoncer à la carrière universitaire en raison de ses revenus modestes et de son origine juive. Il ouvre un cabinet médical et s'intéresse de plus en plus aux troubles psychiques. Il découvre l'hypnose avec Charcot à Paris. A partir de 1895, il élabore la théorie psychanalytique en travaillant sur les rêves et l'importance de la sexualité dans la formation des névroses.

Ses théories

C'est en psychanalysant des malades adultes que Freud a découvert des événements traumatisants ou des difficultés relationnelles lors des premières années de la vie. Selon Freud, toute la genèse de la personnalité s'explique en fonction du développement de la pulsion sexuelle, ou libido. Il fit scandale en son temps lorsqu'il parla de "sexualité infantile" et décrivit les stades libidinaux : le stade oral (de la naissance à 12-18 mois), le stade anal (de 18 mois à 4 ans), le stade phallique (génital) et le complexe d'Œdipe (de 4 à 6 ou 7 ans).

Le terme de "sexualité infantile" utilisé par Freud n'a pas été toujours compris par le grand public qui le résume trop souvent à la "sexualité génitale". En réalité, pour Freud, la sexualité infantile n'est pas la réalisation directe d'une activité sexuelle comme l'entendent les adultes. Il s'agit plutôt de la recherche du "plaisir". Tout individu, quel que soit son âge, est à la recherche du plaisir et cherche à satisfaire ce besoin en utilisant son environnement. Freud définissait la sexualité infantile par "tout ce qui concerne les activités de la première enfance en quête de jouissance locale, cad de plaisirs".

Ce que j'en retiens ou comment faire de la psycho-pop...

En fait, cher ami lecteur de ce blogue; où je rejoins Freud est dans ce rapport au plaisir et à l'enfance. Rajoutons donc un jalon à la littérature "psycho-pop" en y allant des théories de l'Ancien et du moderne, se basant sur les grands principes de la littérature freudienne:

- En général, si un individu a eu (dans son enfance) une relation saine et sereine (donc de plaisirs!) avec le parent du même sexe, il aura une relation avec soi plus facile.

- De la même façon, si un individu a eu (dans son enfance) une relation saine et sereine (donc de plaisirs!) avec le parent de l'autre sexe, il aura une relation avec les individus de l'autre sexe plus facile.

Une fois cela compris et intégré, chacun doit y aller de son propre cheminement. Bien-sûr en n'oubliant pas la prémisse freudienne c.a.d. qu'il s'agit d'un rapport complexe avec l'inconscient! Et en n'oubliant pas non plus la fameuse maxime de Yogi Berra (célèbre receveur des Yankees de NY) : "Y'en aura pas de facile!"

Mais au-delà de ma vision toute personnelle, il m'apparaît important de faire le postulat suivant: L'enseignement freudien se veut aussi un emblème de la modernité.

La découverte de la signification de l'inconscient a ébranlé la croyance en la toute-puissance de la raison et a détruit à jamais l'illusion de l'unité de l'individu. Ce faisant, la psychanalyse a perturbé "le sommeil du monde"...