Aucun message portant le libellé Voyage. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Voyage. Afficher tous les messages

dimanche, octobre 14, 2007

Mexico, une ville insensée

J'aime les grandes villes plus que tout! La campagne bucolique, les montagnes enneigées, les plages ensoleillées ou les vastes paysages forestiers ont peu de grâce à mes yeux à côté de l'énergie des grandes villes. Le bonheur de la vie m'a permis d'en visiter plusieurs.

Je constate avec le temps que j'ai un faible aussi pour les villes insensées. Celles dont le rêve n'est pas celui de la grâce des villes canons que sont NY-Paris-Londres. En général j'aime ces villes occidentales ou influencées par l'Occident mais où l'on y sent le souffle de la folie urbaine; une façon d'être unique. Jusqu'ici je n'avais rencontré (et par la suite continué un rapport fantasmé) que trois villes insensées : Rome (pour l'anarchie toute romaine), Istanbul (pour son rapport occident-orient) et Las Vegas (pour sa démesure kitsch). Bien-sûr pour des raisons fort différentes, mais n'empêche que je ressens le même état de bien-être quand je me retrouve dans ces trois lieux de folie urbaine.

Et maintenant, je rajoute une autre grande ville à ma propre short list intime de villes insensées: Mexico (je viens d'y passer la semaine).

Tout y est incroyable et démesuré. Aujourd'hui, Mexico serait la ville la plus peuplée du monde avec 25 millions d'habitants. La croissance de la ville a littéralement explosé depuis les années 1970, déplaçant son aéroport en plein centre-ville. D'ailleurs le premier choc est dans l'avion à l'atterrissage, on descend pendant 15 minutes en survolant une ville qui semble infinie. La ville s'étend au rythme du flux des nouveaux arrivants (30 000 par mois). Les services de l'urbanisme, qui doivent bien fournir des plans de la ville, en sont réduits à affréter chaque année un avion pour photographier les nouveaux quartiers qui sortent de terre, parfois en quelques jours. Imaginez la gestion urbaine et la pollution!




Mais vamos pour les côtés incontrôlables de Mexico. 25 millions d'habitants avec une grande concentration de jeunes... ça déplace une ville. Dans la même soirée à Mexico:

1) J'ai assisté à une quasi-émeute à Mutek-Mexico parce que l'on ne pouvait admettre tout le lign up qui voulait regarder l'installation sonore des montréalais Skoltz Kolgen. La police à du intervenir...les mexicains voulaient rentrer!

2) Je suis allé par la suite à un vernissage d'artistes argentins qui présentaient dans une galerie "In" du quartier chic de Roma, leur travail dans la mouvance "PictoPlasma"-- elle-même inspirée des personnages de dessins animés japonais. Foule incroyable de jeunes branchés. Impossible de rentrer si je n'avais pas connu des amis des artistes. D'ailleurs pas mal le fun comme expo., un autre univers culturel complètement.

3) Avant de retourner aux derniers artistes de Mutek-Mexico (pas mal tard...), je me suis retrouvé dans un bar dansing-électro-mexicain avec plein de monde, c'était fou. Supers DJs en plus.

Énergie latine mêlée avec un bouillonnement culturel urbain unique...Oui! Mexico...MexiiiIIIcccoooo...

mercredi, juin 20, 2007

Mon Top 10 de Las Vegas

“Welcome to fabulous Las Vegas”, l’enseigne lumineuse dessinée en 1959 par Betty Willis est aujourd’hui encore, et plus que jamais, le symbole de la ville! J'arrive de cette métropole bouillonnante qui depuis 1911, date à laquelle elle a décidé de légaliser le jeu, a bâti son succès sur le kitsh, la démesure et l'artificiel... on n'aime ou on n'aime pas...moi ça me fascine et j'aime beaucoup...!

Mais encore??...

Pour compléter ce point de vue, voilà donc le Top 10 de mes attraits favoris de ce dernier séjour (juin 2007) à Las Vegas, Nevada.

1) La strip la nuit, pour l'ensemble de son oeuvre...

La Strip est une portion de 6,7 km du Las Vegas Boulevard. C'est là que se situent les hôtels-casinos les plus grands, les plus récents et souvent les plus excentriques. Leur architecture, souvent à thème, est parfois surprenante. De nombreux hôtels du Strip comprennent aussi des salles de spectacles utilisées pour des concerts (Céline Dion travaille ainsi sous contrat au Caesar's Palace), et autres numéros comme les 5 productions en cours du Cirque du Soleil. On ne peut qu'être saisi par cet amas de lumières et d'énergies.

2- LOVE du Cirque du Soleil

Imaginez les amis...en premier le décor: Une salle haute définition de 2000 places, dotée d'une scène circulaire, de nombreux écrans et de 6000 haut-parleurs. Tout cela spécialement construit au coût de 130 millions de dollars.

Mise en scène par le montréalais Dominic Champagne, la trame sonore de LOVE a été travaillée par le producteur des Beatles, sir George Martin, et son fils, Giles Martin. Le Québécois François Pérusse a conçu les capsules humoristiques.

Entièrement créé et peaufiné à Montréal, le 5e spectacle permanent du Cirque du Soleil à Vegas(présenté au Mirage) est sidérant d'émotions et, oses-je le dire?, est le meilleur spectacle que j'ai vue de ma vie... Je n'en reviens pas encore...

3- Les piscines du Caesar's Palace

Il fait chaud à Vegas à la mi-juin. Toujours autour de 40 degré en plein jour. Alors les piscines d'hôtels sont les bienvenues. Et quoi de mieux pour un antiquiste comme L'Ancien et le moderne que les magnifiques piscines du Caesar's Palace entourées de magnifiques faux temples romains... Ici, une photo d'une des trois piscines de cet hôtel: La piscine Neptune et le Neptune Bar...je vous l'avais dit; c'est concept à Vegas...

4- Le jeu...

Bien-sûr, Las Vegas c'est le royaume du jeu. Le fondement même de la ville. Alors la visite à Vegas n'est pas la même si on aime ou non le Black Jack, la Roulette ou autres formes de jeu que l'on retrouve dans un casino. Et, malgré ce que l'on pourrait penser, l'expérience du jeu varie beaucoup d'un casino à un autre.


5- Le spectacle Kà du Cirque du Soleil

Encore là, une production théâtrale hors de l'ordinaire, dont la conception a été confiée à Robert Lepage, et qui a coûté une fortune (165 millions de dollars). Un spectacle formidable quoiqu'un peu plus noir que LOVE. À voir aussi la salle de spectacle ultramoderne de près de 2000 sièges réalisée pour accueillir cette mégaproduction montréalaise.

6- Wynn Las Vegas

Le Wynn est l'archétype de la nouvelle génération d'hôtels de Las Vegas...Ouvert en 2005 au coût de 2,4 milliards de dollars...il est relativement "petit" avec ses 2700 chambres mais une extension de 1300 chambres est d'ores et déjà en construction. Nouvelle génération parce qu'il est d'un luxe et d'une élégance inouie. Il faut voir les mosaiques sur le plancher, la réception et le gigantesque mur d'eau extérieur, prétexte à des représentations surprenantes.


7- Le spectacle "O" du Cirque du Soleil

Eh oui, j'ai vu trois shows du Cirque du Soleil et ils se retrouvent tous les 3 dans mon TOP 10... comme quoi les gestionnaires montréalais du Cirque ont des qualités de créativité tout-à-fait surprenantes. Un spectacle magnifique qui durent à Vegas depuis près de 10 ans. Certains seront surpris que le spectacle "O" arrive "seulement" en 7e place de mon palmarès... ça vous dit tout de la haute considération que j'ai pour les expériences à Las Vegas.

8- Le design

Surprenant Las Vegas. Il faut voir aujourd'hui la qualité du design des bars, des restaurants d'hôtels et des salles de spectracles surtout ceux construits ou rénovés depuis 5 ans. J'ai été très surpris de la beauté des lieux. Mes coups de coeur de Vegas pour le design? En plus du Wynn, je donnerai une mention d'honneur pour le Tangerine Lounge & Nightclub et le Canter's Delicatessen au Casino du Treasure Island...Magnifique!

9- Les boutiques de luxe

Je ne suis pas un grand fan des boutiques de luxe, mais mon amie Danielle, qui s'y connaît en la matière, me confirme que toutes les grandes boutiques de luxe (vêtements, bijoux,et autres) de toutes provenances (Italie, France et autres) se retrouvent maintenant à Las Vegas. Rarement avons-nous vu une telle vitrine pour le monde des gens riches et célèbres...

10- L'enseigne du Casino Frontier

L'enseigne à l'ancienne du Casino Frontier sur la strip détonne vraiment des autres qui ont des écrans plasmas et qui crachent sons et lumières...En l'examinant pour la première fois, j'ai eu des flashs de vieux films d'Elvis et de Dean Martin. Même l'intérieur du casino rappelle les vieux films western un peu cheap...-- un vote pour la nostalgie
----------------------------------------------------------------------
Et ce n'est pas tout...Je ne vous ai pas parlé du désert tout proche (je n'y suis pas allé...c'est contre mes principes d'aller dans une ville pour mieux y ressortir), le golf (pas un grand joueur et il faisait beaucoup trop chaud) et du Night life (le groupe avec qui j'étais n'était pas Night life, donc difficile d'en faire une évaluation même si je soupçonne un grand potentiel...).

Cela étant écrit, je n'aime pas tout de Las Vegas...je trouve que la génération des hôtels des années 90 de Vegas avec leurs reproductions de villes existantes (NY, Paris, Venise) est absurde et complètement ratée. Aussi, partout à Vegas je ressentais un vague sentiment de futilité indolente...mais pas assez pour m'enlever le profond plaisir que j'ai eu à y passer 4 jours. En conclusion et à tout considérer...Viva Las Vegas!!

dimanche, juin 17, 2007

Viva Las Vegas

Je suis présentement à Las Vegas que j'adore....tellement kitsch que l'on pourrait dire que je trouve cela beau!!

Je vous en reparlerai dans d'autres billets, mais pour l'instant quoi de mieux, dites moi, que de déposer sur le site de L'Ancien et moderne, le vidéo d'une de mes tounes favorites: la reprise de "Viva Las Vegas" d'Elvis presley par les ZZ Top.



A&M

vendredi, mars 16, 2007

Autre coup de coeur berlinois: Karl-Marx Allee

Se promener dans la Karl-Marx Allee à Berlin équivaut à faire un voyage en arrière pour sentir ce qui fut autrefois le monde socialiste. La Karl-Marx Allee (KMA, anciennement Stalin Allee) constitue la plus grande artère d'Allemagne, se prolongeant dans la Frankfurter Allee sur plus de sept kilomètres. L'avenue se compose de huit files et d'un important terre-plein central.

Certes, les vitrines sont aujourd'hui plus fournies et les publicités indiquent sans équivoque que le monde a changé. Mais les noms des rues qui croisent l'avenue (ex. rue de la Commune-de-Paris) en passant par le style vestimentaire de ses (souvent âgés) habitants, tout rappelle un monde officiellement perdu mais qui, dans certains quartiers de Berlin-est demeure bien présent. Rénovée, la Karl-Marx Allee a été classée monument historique après la réunification.


La photo que j'ai intégrée dans ce billet reflète bien mal l'architecture monumentale soviétique de la Karl-Marx Allee, mais faites confiance à L'Ancien et le moderne, c'est très impressionnant.

samedi, mars 10, 2007

Mon secret berlinois: Kaffee Burger

Je n'ai pas beaucoup commenté dans ce blogue mon séjour de l'an passé à Berlin. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé Berlin, au contraire.

Cette fois-ci, pour mon séjour 2007 dans la capitale allemande, je me permets un billet sur un des mes coups de coeur de mes deux dernières visites soit le Kaffee Burger.

Le Kaffee Burger est un lieu incontournable des nuits berlinoises. Situé dans Mitte (Berlin-est), c'est un lieu sympa sans prétention. Quand vous entrez, vous avez un bar sur la gauche, puis à droite une salle avec un estrade, une quinzaine de tables, une piste de danse et une alcôve au fond plus intime.

Tout le charme de l'endroit vient de l'atmosphère créée par la déco d'époque. Aux murs, de superbes tapisseries vieillies par le temps, avec des fleurs sur fond jauni, un mobilier en bois très simple... L'éclairage est tamisé.

Le Kaffee Burger est un café de l'époque communiste gardé tel quel. Évidemment, il y a un charme lié à ce décor soviétique que les murs ont gardé. Mais il y a plus: l'ambiance est cool, la faune détendue et on y retrouve de la bonne musique alterno-pop.

On y est bien mais on y sent aussi le poids du passé, comme un fragment de l'histoire des habitants de la ville. Cet endroit dégage vraiment quelque chose de très humain, de très chaleureux...Allez-y!

mardi, mars 06, 2007

Mon secret parisien

Je suis à Paris pour quelques jours pour visiter mes expositions chéries et je demeure dans la Maison des étudiants canadiens qui est dirigée par mon ancien professeur d'université, Marcel. Cette résidence est située dans la magnifique Cité universitaire de Paris (14e arr.) face au Parc Montsouris et d'une station de Métro.

Grâce à un investissement de 9 millions $, l'ensemble des installations (dont toutes les 125 chambres et 25 studios) viennent d'être rénovées.

Et vous savez quoi? On peut louer un des 25 studios (incluant cuisine aménagée et salle de séjour) dans ce cadre magnifique pour un prix incroyable: soit 400 euros pour une semaine ou 900 euros pour un mois...à Paris, incroyable! Ce service n'est pas publicisé, l'info ne circule uniquement que par le bouche à oreille.

Bon, je vais rapidement mettre d'autres billets sur mon blogue pour que ce message disparaisse dans mes archives et, ainsi, peut-être restera-t-il encore de la place lorsque je planifierai mon prochain séjour à Paris...

vendredi, décembre 22, 2006

Retour à Paris bientôt!

Paris est ma 2e ville après Montréal (ma 3e étant Vegas); celle où je m'y sens le mieux. Bien et émerveillé en même temps malgré ma dizaine de visites depuis une décennie. J'adore quoi!

Je dois y aller avant le 16 mars 2007; Impérativement! Je veux (j'insiste) aller voir deux expositions qui me semblent magnifiques:

1) Trésors engloutis d'Égypte

La Nef du Grand Palais accueille, du 9 décembre 2006 au 16 mars 2007, une exposition de près de 500 objets exceptionnels découverts au cours de fouilles sous-marines menées par une équipe d’archéologues dirigée depuis plus de dix ans par Franck Goddio, grâce au soutien de la Fondation Hilti, retraçant l'histoire de l'Égypte, des derniers pharaons à Alexandre le Grand, des conquêtes helléniques à l'empire romain et de l'ère chrétienne à la montée de l'Islam.

Ces objets (statues monumentales, pièces de monnaies, bijoux ou objets de culte…) témoignent de l'importance des trois cités légendaires que sont le port antique d'Alexandrie et ses quartiers royaux, la cité perdue d’Héracléion et Canope Est qui, dans l'Antiquité, comptaient parmi les plus réputés des centres de commerce, de science, de culture et de religion.

2) Afghanistan, les trésors retrouvés

L’exposition Afghanistan, les trésors retrouvés, collections du musée national de Kaboul se propose de faire découvrir au public le patrimoine de quatre sites archéologiques majeurs : Fulol, Aï-Khanoum, Tillia-Tepe et Begram. C'est aussi une occasion unique de comprendre l’aventure unique de ces trésors retrouvés, depuis leurs découvertes par des archéologues essentiellement français depuis 100 ans et les efforts pour les préserver de l'anarchie afghane des deux dernières décennies. Au Musée des arts asiatiques Guimet, jusqu'au 30 avril 2007.

Je ne sais pas comment je m'y prendrai mais foi de L'Ancien et le Moderne, j'y serai! J'en profiterai pour revoir mon cher Delacroix


Vase, Tête de personnage féminin Afghanistan

vendredi, octobre 13, 2006

Je rêve d'Istanbul et de littérature turque!

Je m'ennuie d'Istanbul et tout cela à cause de la Suède....

Hier matin, en écoutant Christiane Charest à Radio-Canada, j'ai appris que L'académie suédoise a décerné le prix Nobel de littérature au romancier turc Orhan Pamuk « qui, à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale, a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures ».

Et j'ai repensé à mon voyage de 2005 à Istanbul, ville charmante qui passe du cahot automobile incroyable au bar trendy en passant par les endroits tout à fait charmants...comme le quartier français ou encore mieux le quartier "Ortaköy".Le quartier Ortaköy se trouve au pied de l'imposant pont du Bosphore...sans parler de l'émotion de Sainte-Sophie et de la splendide mosaïque de la Déisis (11e s. ap JC) montrant le Christ Pantocrator (tout-puissant) en compagnie de la Vierge et de Saint-Jean-Baptiste.

Mais revenons à notre écrivain turc (Orhan Pamuk). Il mène une vie dangereuse. Il a affiché son soutien à Salman Rushdie quand celui-ci a été menacé de mort après l'écriture des Versets sataniques. Il combat pour la reconnaissance du génocide arménien. Et en Turquie, cela veut dire: gros problèmes...Il a d'ailleurs reçu des menaces de mort et de poursuites judiciaires .

Jacques Chirac a bien résumé la portée de ce prix : « Je me réjouis particulièrement » de l'attribution du prix à Orhan Pamuk, « dont la réflexion sur la société turque est particulièrement intelligente, forte et libérale », le chef de l'état a salué « le premier Prix Nobel turc de littérature et l'écrivain qui fait revivre la magie, les tragédies et les bonheurs de son beau et immense pays (…) En distinguant votre oeuvre, le prix Nobel récompense aussi la grande tradition de culture de la Turquie, une civilisation qui rayonne en Europe et en Asie tout autant. »

Orhan Pamuk, né à Istanbul en 1952, a fait des études d'architecture et de journalisme avant de se consacrer à la littérature. Il est l'auteur notamment du « Livre noir » (1995), qui fut un grand succès international. « Mon nom est rouge » (2001) lui a valu le prix du Meilleur Livre Étranger en France, en plus de nombreuses distinctions reçues dans d'autres pays, comme le « Independant Foreign Fiction Award » ou le « prix Impac ». « Neige », son dernier roman, a été récompensé par le prix Médicis Étranger en 2005. il avait aussi obtenu, entre autres, le grand prix de la paix des libraires allemands.

L'œuvre du romancier, traduite en de nombreuses langues, a paru en français dans la collection « Du Monde entier » de Gallimard.

Anecdote touchante sur notre écrivain turc et la traduction française:

"La Vie nouvelle"(c'est le quatrième roman de Pamuk) a été le dernier traduit par Münevver Andaç : cette dame d'origine polonaise est morte en 1998, tout suite après avoir écrite la dernière phrase du roman : « Je compris qu'il s'agissait de la fin de ma vie. Et pourtant, je voulais rentrer à la maison, je ne voulais pas, mais alors pas du tout, passer à une vie nouvelle, je ne voulais pas mourir, moi... » Incroyable non?

Orhan Pamuk la pleure : « Je ne lis pas bien le français, mais j'ai pu comprendre à la finesse des questions qu'elle me posait sur mon texte turc qu'elle en était la traductrice idéale, passionnée, c'est elle qui a convaincu Gallimard de me publier. »

Je lirai bientôt un roman de Pamuk parce que je m'ennuie d'Istanbul et qu'on en dit le plus grand bien mais avec une pensée pour une vieille dame d'origine polonaise qui est morte en traduisant un roman turc en français...

lundi, juillet 10, 2006

Lire les sports avec L'Équipe...

Les revoilà, les jours magiques et les nuits sans sommeil, à veiller un France-Brésil comme un trésor, dans la fièvre du souvenir et l'espoir d'une conquête.

J'étais à Paris ; fin juin, début juillet 2006...en pleine frénésie de la Coupe du monde de Football. Je suis un grand fan de sports professionnels, surtout le hockey mais aussi le baseball, le football (américain) et de plus en plus le football (que l'on appelle malheureusement encore soccer en Amérique)...Enfin, presque tous les sports professionnels qui amènent chez un groupe ou chez un peuple le côté fédérateur de l'enthousiasme de la victoire de son club ou (dans le cas de la Coupe du monde) de son pays.

Étant montréalais, je suis habitué aux chroniqueurs de sports du Journal La Presse ou du Journal de Montréal...À Paris, j'ai suivi les performances de l'équipe de France à travers le Journal français (un quotidien) l'Équipe.

Quelle découverte! Quel choc! Quelle prose! Quelle écriture!

Et Raymond Domenech ouvrit les bras à Zinédine Zidane. Ses deux mains tournées vers le ciel, pudiquement acceptées par celle de son capitaine.

Un peu de poésie, une écriture littéraire même quand on parle de sports, un effort senti dans l'écriture, un peu de talent quoi! Après le Journal l'Équipe et ses phrases pleines de métaphores; comment revenir aux journalistes de La Presse? Dites-moi!

Le Journal L'Équipe -- Édition du 02 Juillet 2006


Ribéry l'a prouvé en égalisant juste avant la mi-temps. Il ne fut plus alors qu'un cri, tel un nouveau-né découvrant son nouveau monde. Cette naissance provoqua une renaissance, celle d'un sentiment collectif, dans une course folle terminée dans les bras de Diarra et Givet. Agressé par la démonstration de cette amitié, le banc des remplaçants explosa, jouant enfin son rôle de soutien commun à toutes les grandes équipes.

Quand on a connu le sommet, le retour à la réalité sportive montréalaise devient consternant par moment...mais le Journal L'Équipe a maintenant un lecteur assidu de plus à Montréal!

NB Vous l'aurez devinez, les textes en gras sont des citations du Journal L'Équipe (des éditions de la fin juin et début juillet 2006)

jeudi, juin 29, 2006

Le Quartier rouge

Amsterdam

La ruelle étroite était d'asphalte cuite et odorante, douce et humide après la pluie. Elle était bordée sur toute sa longueur de loges colorées par des prostituées dont les corps au marbre émouvant se tenaient devant des petites fenêtres de poupée, comme sur le seuil d'un sanctuaire. Elles étaient assises sur des tabourets à trois pieds, telles des pythies, les pieds dans des sandales de couleurs vives, en pleine rue pour ainsi dire. L'originalité de l'éclairage donnait à toute la scène les teintes d'une fable éternelle: toutes les fenêtres étaient éclairées par une série de néons orangés, accrochés sur le sommet des fenêtres; ce qui jetaient d'irréelles ombres dans les coins de ces maisons de poupées, dans les yeux de leurs occupantes, dans la douleur docile de ces ténèbres de fourrures.

Je marchais lentement parmi ces extraordinaires figures humaines en songeant tout d'un coup qu'une ville, tout comme un être humain, rassemble en son sein ses faiblesses, ses peurs et ses appétits.

Les jeunes habitantes du Quartier rouge d'Amsterdam étaient assises là, telles des cariatides soutenant les ténèbres, les souffrances de l'avenir peintes à même leurs paupières; veillant, attendant l'immortalité, tout au long du temps fatidique.

Je ralentissais encore le rythme et je vis une loge dont le sol était entièrement décoré de fleurs de lys sur un fond de bleu royal. Sur le pas de la porte était assise une femme noire aux yeux bleus, une géante qui ne pouvait pas avoir vingt ans, vêtue d'une chemise de nuit de soie qui la faisait vaguement ressembler à une élève d'une école de soeurs. À côté, une femme fragile comme une feuille, et plus loin une autre comme une formule chimique rincée dans l'anémie et la fumée de cigarette. J'étais salué sur mon chemin non par des cris vénaux mais par de douces propositions de colombes, et leurs voix paisibles remplissaient la rue d'une paix de cloître.

Plus loin, les groupes d'hommes, eux, étaient en rut. Par grappes difformes de 10,12 ou 15 gars, on les entendaient crier, s'exciter, s'encourager entre eux. Je fus surpris et troublé devant tant d'animalité brute de ma moitié de l'humanité.

Je continuais de marcher lentement.

À la frontière du Quartier rouge d'Amsterdam, j'ai remarqué une dernière loge où brûlait une chandelle. Trois filles étaient assises sur des tabourets, enveloppées dans des kimonos déchirés, parlant à voix basses en se tenant par la main. Elles semblaient ainsi absorbées, aussi loin que si elles avaient été autour d'un feu de camp dans les steppes.

Je quittais le Quartier rouge en tentant de dénouer dans ma vie ce qui était noué...

mercredi, juin 28, 2006

Lumières d'Europe

Je retiens une chose de cette première étape de mon voyage actuel en Europe; ce sont les lumières.

Dans un premier temps, lumière du ciel constamment en changement de Dublin. La pluie suivie d'un soleil maritime venait trop souvent brouiller les pistes. Mais sinon, à part les pubs à tous les coins de rues et la visite intéressante de l'usine Guinness, pas grand'chose à raconter de cette ville grise, à l'architecture ouvrière d'inspiration anglaise que l'on dit en pleine expansion....Peut-être rajouter que les gens de Dublin ont le sens de la fête et ça les distinguent drôlement des anglais...

Plus intéressant sont les rapports à la lumière de Rembrandt et Van Gogh que j'ai pu observer dans les musées d'Amsterdam. Assez frappant et surprenant comment les deux peintres utilisent la lumière avec force mais dans des directions opposées. Rembrandt (XVIIe s.) use un style pictural dramatique où les forts contrastes lui valent rapidement une grande réputation de son vivant en faisant évoluer le style classique de son époque.

Auto-portrait de Rembrandt (1629)


Cet auto-portrait de Rembrandt (peint lorsqu'il avait 22 ans!) que j'ai vu au RijksMuseum d'Amsterdam m'a frappé par (bien-sûr) son jeu de lumière mais surtout sa modernité. Hors de son contexte, on pourrait croire à une oeuvre du milieu du XIXe s et non du début du XVIIe, il me semble. C'est un portrait plein d'audace, car la lumière provient de l'arrière et la majeure partie du visage de l'artiste se trouve dans l'ombre. Seuls sont éclairés le cou et le bas du visage. Pour ses cheveux, il a réussi a suggérer le jeu des boucles en inventant une nouvelle technique: gratter dans la peinture encore humide...

Le tourmenté Van Gogh (1853-1890) vit pour la première fois des impressionnistes et des post-impressionnistes en début 1886 lors de son arrivé à Paris. La palette de couleur sombre qu'il utilisait en Hollande s'avéra désespérément démodée. Son génie fût de transformer radicalement et rapidement son jeu de couleur.

Son séjour en Provence confirma son style lumineux.

Paysage de Provence de Van Gogh (1889)



Mais les peintures de Van Gogh, toutes lumineuses quelles soient, rendent tristes. Il admirait le sombre Remblandt qui est mort agé et heureux semble-t-il. Il n'a cependant jamais trouvé sa sérénité; son oeuvre étant indissociable de sa vie tragique et de son mal de vivre.

Je n'aime pas la période impressionniste, peut-être parce que trop banalisée par les posters de cuisine...Mais voir de près les toiles de Van Gogh, constater l'épaisseur de la toile crée par les petits coups de spatules..ça redonne la foi! C'est à Amsterdam, en regardant un paysage de Van Gogh que j'ai pris conscience de l'importance de voir les oeuvres réelles de proche.

Aucune image numérique ou papier, aucune reproduction sur un blogue ne peut transmettre l'émotion comme de les voir pour le vrai.

La révolution numérique ne remplacera pas (heureusement) la nécessité d'aller régulièrement dans les grands musées du monde...

jeudi, mars 09, 2006

Première impression de Berlin

Je suis arrivé hier à l'aéroport international de Berlin, situé dans l'ancien Berlin-est...ca commence mal un voyage d'affaires...l'aéroport est plus laid que celui de Dorval-Montréal avant les rénovations (ce n'est pas peu dire!) et il est bordélique comme c'est pas possible dans un pays occidental d'aujourd'hui...

Après on traverse un décor d'une tristesse infinie avant d'atteindre Berlin-la-Belle...les allemands ont encore beaucoup de boulot devant eux...

mercredi, janvier 11, 2006

Mes souvenirs de la Sicile grecque

Mai 1999

Nous prenons le traversier pour Messine. Petite traversée d’à peine vingt minutes où nous apercevons enfin le cœur du voyage : la Sicile. Cette Sicile qui m’apparaît entourée de paysages escarpés et où l’on retrouve les restes de cette Grande Grèce. L’Etna, à l’horizon, faisait des merveilles.

Aussi blasé que l’on soit, aussi préparé à toutes les splendeurs, la fraîcheur de la Sicile m’apparaît éternelle. Elle me charme déjà, elle enjôle l’œil avec les nuages, l’Etna et les autres montagnes ainsi que la ligne bleue du littoral. J’aimerais rester des heures assis dans une chaise longue à contempler et à méditer sur l’instinct et l’art des Grecs. Pourquoi cette fin et surtout cet oubli ?

Je pense à Lawrence Durrell, né en 1912, et qui fut probablement de la dernière génération de cette grande culture classique, de ceux qui connaissaient parfaitement l’histoire, la culture et les langues latines et grecques et qui a tenté une réponse à ma question suite à son dernier voyage en Sicile (au début des années 80).

" Parce que c’est le lot de toute chose, je suppose. Et me voilà enfin ici, après tant d’années, avec mes adieux éblouis, moi, le produit d’une autre culture chancelante, condamnée au même déclin ou à la même mort, plus vite encore peut-être [...] "

Cela fait à peine quelques heures que je suis en Sicile et je me sens déjà nostalgique de quelques choses que je n’ai jamais connu... soit l'idée ancienne de l'humanisme, inspirée par les grecs. Pendant des centaines d’années et jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale peut-être, plusieurs générations d'intellectuels pensaient pouvoir bien amorcer la compréhension du monde en maîtrisant les œuvres et l’histoire classiques...une culture générale commune, une lignée qui représentaient un idéal.

La citation suivante d'Albert Camus illustrait bien ce sentiment:

"L’ignorance reconnue, le refus du fatalisme, les bornes du monde et de l’homme, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs"

C’était la base de tout bon Occidental. Maintenant, tout cela est disparu en même temps que Lawrence Durrell. On ne peut qu’aspirer, au mieux, à devenir un bon spécialiste maîtrisant un créneau bien particulier.

De façon inéluctable, la société se fragmente et est déjà rendue ailleurs ; s’éloignant de moi de plus en plus. Je veux rester farouchement moderne et comprendre les différents courants qui m’entourent mais j’aime beaucoup cette idée de marcher sur une piste que bien d’autres ont suivi avant, même s’il doit s’agir d’une promenade solitaire.

Ce sentier néo-classique est d’autant plus stimulant qu’on y côtoie les " Anciens " humanistes mais aussi ceux qui, plus tard, ont voulu les débusquer : de Montaigne à Voltaire, de Dante à Stendhal ; sans oublier tous les peintres et sculpteurs de la Renaissance à Picasso.

Je me reconcentre sur mes premières heures en sol sicilien. Quel plaisir de marcher le long des rues étroites de Toarmina. C’est un endroit où aller avec sa blonde, c’est très romantique. Le théâtre grec de Toarmina est par ailleurs splendide. Pour illustrer l’effet que peut avoir ce lieu, je citerai Guy de Maupassant (1886) :

" Un homme n’aurait à passer qu’un jour en Sicile et demanderait : Que faut-il voir ? Je lui répondrais sans hésiter : Toarmina. Ce n’est qu’un paysage mais un paysage où l’on trouve tout ce qui semble fait sur la terre pour séduire les yeux, l’esprit et l’imagination. Le village est accroché sur une grande montagne, comme s’il eut coulé du sommet [...] "

Nous avons passé notre première nuit sicilienne à Naxus (le site d’une ancienne ville grecque détruite durant l’Antiquité). De mon balcon, je peux voir l’Etna. À cet endroit, nous avons eu une conférence d’une universitaire italienne, (Daniella de Toarmina... un nom incroyable et prédestiné), sur l’influence de l’Etna dans la littérature de l’Antiquité. Elle parla beaucoup du philosophe Empédocle qui se serait suicidé en se jetant dans l’Etna en laissant ses sandales sur le bord du cratère….

J’écris ces lignes avant de me coucher, après avoir pris plusieurs verres à la santé de la modernité...
--------------------------------------------------
Extrait de mon Journal de voyage en Italie (1999)

mardi, novembre 29, 2005

Dakar selon Le Figaro....

De retour au pays, mes perceptions sont ambigues de ce riche voyage, à la fois professionnel et personnel...

Je demeurais dans la partie la plus riche de L'Afrique de l'Ouest soit la pointe des Almadies et l'inégalité y était criante.

Un pays pauvre qui fait ce qu'il peut, des gens sympathiques, un horizon où les solutions ne sont pas évidentes...etc. Un chauffeur de taxi (en me décrivant la route que nous traversions pour nous rendre au Théâtre National) m'affirmait que Dieu était bon pour Dakar et le Sénégal et que tout allait pour le mieux...je n'en suis pas si certain mais Le Figaro lui le pense...voir extrait qui suit tiré d'un cahier promotionnel:

"Dakar: phare de l'Afrique occidentale

La pointe des Almadies est le point le plus à l'ouest du continent africain et Dakar la dernière escale de l'Afrique noire. En proie au rayonnement du Maghreb et de l'Occident, la capitale du Sénégal indique le chemin de la civilisation. L'activité de son port témoigne de cet angle d'ouverture. Ainsi l'Union européenne comme nombre de puissances étrangères se sont longtemps offertes comme terrain de pêche ces eaux territoriales poissonneuses. Aujourd'hui, Dakar tire profit de sa francophonie, laissée par 60 ans de colonisation française. Postée sur la voie de câbles téléphoniques intercontinentaux, elle sous-traite à des tarifs compétitifs, les téléservices de nombreuses compagnies françaises. L'ex-capitale d'Afrique occidentale, qui émerge de plusieurs années d'ajustement structurel, compte sur " le changement " pour désenrayer les blocages traditionnels. Des questions d'illettrisme - comme la très faible scolarisation des femmes, l'inertie de l'édition littéraire- aux conditions sanitaires désastreuses des habitants de la décharge de Mbeubeuss, des associations tentent de débrouiller fil par fil les nœuds d'un problème.

Le Figaro (2003)

Impressions africaines--Cicéron

Je suis à Dakar (Sénégal) pour une conférence internationale. Je demeure loin du centre de la Ville dans la partie "resort" (Pointe des Almadies) soit assez loin de la congestion et de la vraie vie. J'ai quand même eu le temps de me promener un peu, d'observer et d'écouter.

Il s'agit de mon premier séjour en Afrique noir. Comme tout le monde, j'avais une image négative de l'Afrique malgré les discussions et le blogue de "Stéphanie en Afrique" (voir mes blogues favoris). Et pour cause, on entend parlé sans arrêt depuis plus de 10 ans (dans nos médias) que rien de va plus en Afrique (on peut penser aux problèmes de la corruption ou aux luttes tribales épouvantables du Rwanda, de la Somalie, du Libéria ou encore plus récemment de la Côte-D'Ivoire). Le Sénégal est un état très pauvre mais stable politiquement parce qu'entre autres moins divisé; une ethnie (les wolofs...tout le monde parle Wolofs ici) représente 80% de la population.

Je m'attendais donc au pire et ca été ...mieux...bien-sûr pauvreté, pollution, urbanisme anarchique et inégalité criante.


Photo du centre-ville de Dakar


Mais en même on sent à Dakar, une certaine bonhommie, un rythme lent et pas mal de sourire et de bonne humeur. Toujours In sha Allah! On s'habitue très rapidement aux rythmes urbains et à notre place dans l'espace. Ca se complique lorsque nous devenons pour eux, le blanc, le riche, la personne a qui quêter de l'argent...ça c'est moins drôle et un peu pas mal frustant. L'interraction réelle devient très difficile mais, heuresement pour mon boulot, j'ai pu rencontrer des gens vraiment intéressants et charmants.

Actuellement, durant mon séjour à Dakar, je lis deux livres soit le très négatif Négrologie de Stephen Smith et la biographie de Cicéron de Pierre Grimal. M. Smith semble envoyé l'Afrique tout simplement en enfer si rien de change d'ici 25 ans: L'Afrique se meurt et amènera hommes, femmes et enfants au tombeau...selon le journaliste du Monde (j'en reparlerai dans mes autres chroniques).

Pour être fidèle au titre de mon blogue et par soucis d'originalité (avouez, y faut le faire!), je terminerai ce premier regard de l'Afrique à travers l'enseignement de Cicéron...Cicéron, un philosophe et homme politique romain qui tenta maladroitement d'influer un souffle de grandeur philosophique dans la gestion des 2 dernières décennies de la République romaine (106-43 av JC).

La leçon (universelle) que je retire de l'échec de Cicéron malgré qu'il fût un des grands génies de son époque est la difficulté qu'il eût a composer avec 4 forces contradictoires qui demeure au coeur des défis de nos sociétés actuelles:

1) Sa volonté réelle comme intellectuel (et même comme politicien) d'élévation sociale (société plus juste et équitable);
2) Un incroyable égoisme individuel de la majorité des gens de sa société (romaine) lors de graves crises;
3) La difficulté qu'a eût Cicéron a gèrer ses monstres intérieurs et ses propres fragilités qu'il l'a amené à contredire par ses gestes, les valeurs d'élévation liées aux enseignements qu'ils avaient reçus de plusieurs philosophes grecs
4) Sa propre résistance aux changements

Cicéron est mort asassiné à 63 ans pour avoir mal évalué les enjeux politiques du moment. Alors, si Cicéron n'a pas réussi malgré qu'il ce qu'il fût...Imaginez l'Afrique!!
------------------------------------------------------------------------------
« C’est un vase sonore qui contient tout, depuis les larmes privées de l’homme, du mari, de l’ami, jusqu’aux catastrophes de l’homme du monde, jusqu’aux pressentiments tragiques de sa propre destinée. Cicéron est comme un filtre où toutes ces eaux se déposent et se clarifient sur un fond de philosophie et de sérénité presque divines, et qui laisse ensuite s’épancher sa grande âme en flots d’éloquence, de sagesse, de piété pour les dieux, et d’harmonie. On le croit maigre parce qu’il est magnifiquement drapé, mais enlevez cette pourpre, il reste une grande âme qui a tout senti, tout compris et tout dit de ce qu’il y avait à comprendre, à sentir et à dire de son temps à Rome » (Lamartine, Les Confidences).

lundi, juin 06, 2005

Photos d'Istanbul

Merci à mon ami Paul, 2 photos de moi à Istanbul



Dans le Grand Bazaar d'Istanbul


Devant l'obélisque de l'Hippodrome antique d'Istanbul...eh oui! Un obélisque égyptien (exécuté vers 1500 av JC)...l'Empereur Théodose l'avait fait venir du temple de Karnak (Égypte) à la fin du 4e s. ap JC

samedi, juin 04, 2005

Je suis maintenant un stambouliote...

Pardon pour mon titre mais il fallait bien que je puisse ploguer le nom français des habitants d'istanbul...c'est trop beau!

Quelques petits mots encore sur cette ville charmante qui passe du cahot automobile incroyable (c'est pas Le Caire que j'ai visité en novembre dernier--voir mon blogue--mais ca ne serait tarder...) au bar trendy en passant par les endroits tout à fait charmants...comme le quartier français que j'ai vu hier soir (un peu trop touristique à mon goût) ou encore mieux le quartier "Ortaköy".

Le quartier Ortaköy se trouve au pied de l'imposant pont du Bosphore...Ortaköy a su attirer les bars "trendy" tout en gardant son atmosphère de village d'antan.

En ce qui concene le night-life, nous avons en vu plusieurs (bien-sûr!) dont le bar "Reina"...vaste bar en plein-air pouvant recevoir plus de 4 000 personnes...sur le bord du Bosphore...assez impressionnant de pouvoir danser sur des airs arobo-techno avec vue sur ce fleuve chargé d'histoire...


Le bar Reina avant que les milliers de personnes envahissent le lieu...

Près du Reina, il y a un front de mer plein de terrasses et boutiques d'artisanat..pas mal agréable...

Bon c'est mon dernier message d'Istanbul...j'aurai pu vous parler du Palais Topkapi (magnifique trésor des sultants, reliques de Mahommet, etc) et autres, mais ca suffit de mon côté...on rentre à Monrtéal!

mercredi, juin 01, 2005

Sainte Sophie et Istanbul

Il y a des rencontres qui marque et ma visite de sainte-Sophie en est une, pour sûr!

Sainte-Sophie témoigne depuis plus de 14 siècle de la grandeur et du raffinement de l'Empire bizantin. L'empereur Constantin (d'où provient l'ancien nom de la ville "Constantinople") construisit une première église qui brûla après quelques décennies. L'empereur Justinien inaugura le vaste édifice en 537 ap JC...après 5 ans de travaux à peine...un prodige pour l'époque (10 000 travailleurs et un investissement qui représentait l'ensemble des revenus de l'empire de plusieurs années...). On a rajouté les minarets après la prise de Constantinople en 1453.





J'ai eu l'impression que Sainte-Sophie a été conçu comme un réel miroir terrestre des cieux, son intérieur réussit à donner un véritable sentiment d'élévation en attirant le regard vers le sommet...incroyable avec sa haute coupole centrale. Les mosaiques byzantines qui ont été conservées sont renversantes.

Malheureusement, je ne puis ici intégrer une photo de qualité de la mosaique de la Déisis (11e s. ap JC) montrant le Christ Pantocrator (tout-puissant) en compagnie de la Vierge et de Saint-Jean-Baptiste (à droite)...J'ai pu m'approcher à quelques pieds du Jean-Baptiste d'une tristesse infinie. Cette émotion ressentie après mille ans et tout cela à partir de milliers de minsucules céramiques multicolores..Wow!




Mes amis! Allez vite à Istanbul si ce n'est que pour allez voir ce regard byzantin de St-Jean Baptiste pactisant avec douleur avec la destinée...à l'intérieur de l'église la plus belle au monde...

mardi, mai 31, 2005

Istanbul...première impression

Jamais le titre de mon blogue "L'ancien et le moderne" ne sera aussi approprié que pour ce billet. Mon Istanbul de ma première journée (et soirée) a consisté à me retrouver dans une grande ville européenne, un peu plus anarchique, un peu plus pauvre mais européenne. Arrivé dans un aéroport moderne et taxi jusqu'au Hilton on ne peut plus occidental...Par la suite, mon premier drink fût dans un bar "trendy" d'Istanbul (le Vogue) où j'avais l'impression d'être sur St-Laurent avec les mêmes décors et musiques (pour donner une idée au niveau de la musique j'ai reconnu St-Germain, Allegria, Charles Aznavour et autres succès planétaires).

Mais hier (lundi) on a beaucoup marché et entre autres visité le bazaar égyptien et le Grand Bazaar...on a marché longtemps et là je me sentais bien, dépaysé mais pas trop, entre l'Europe et une partie d'Asie...j'ai beaucoup aimé.


L'entrée du Bazaar égyptien

Mais mêlé à la foule entre les tapis, les épices, l'artisanat turc, les mosqués (dont la magnifique Mosquée bleue que nous avons visité) et cette ville grouillante (on parle de 15 millions d'habitants...)....je me rends compte que je conserve malheurement les mêmes faiblesses peu importe où je me trouve...

Eh oui! Devinez qu'est-ce que m'a le plus touché et le plus ému! :

- La colonne de Constantin...même si elle était caché par les rénos, même si on l'appelle "colonne brûlé" tellement elle fût marqué au fils des siècles par les intempéries et le feu, cette colonne (terminée en 330 ap JC) me ramena à mes souvenirs de Rome..

- Les vestiges de l'Hippodrome romain dont il ne reste peu de choses sinon l'Obélisque de Théodose (très impressionnant) et la colonne de Constatin Porphyrogénète.

- la Citerne Basilique...visite presque surréaliste d'un superbe ouvrage romain puis byzantin...c'est-à-dire commencé par Constantin et terminé par Justinien (alors que Rome était tombé au mains des envahisseurs depuis près d'un siècle) en 532 ap JC. Très bien mises en valeur par l'éclairage, la Citerne consiste en 336 colonnes antiques d'une hauteur de 8 mètres qui supportent de magnifique voûtes romaines. Les 2 colonnes aux bases de Méduses sont spectaculaires ( et me rapella la Sicile où la méduse est partout)....cette immense Citerne alimentait en eau le Grand palais impérial.

lundi, mars 07, 2005

El Greco à Madrid

Le Musée du Prado (à Madrid) est le grand musée national espagnol et à ce titre un peu décevant…en comparaison de ce que l’on trouve à Paris, Rome, Berlin, Vienne et Athènes. Ce musée ne me semble pas avoir les moyens de ses ambitions et peu représentatif à part bien sûr la peinture espagnole. D’ailleurs la collection du musée est centrée sur les 3 vedettes de l’histoire de l’art espagnol (non contemporain) : Goya, Vélasquez et El Greco. Je devrai dire Goya et Vélasquez puisqu’El Greco me semblait un peu en retrait lors de ma visite du mois de janvier dernier.

J’ai l’impression qu’El Greco est moins populaire aujourd’hui parce que sa peinture est essentiellement religieuse contrairement à Vélasquez par exemple (j’adore mon blogue, il me permet d’affirmer plein de théories avec l’aplomb du spécialiste!)

El Greco ne m’était pas complètement inconnu. Probablement un vieux fond de culture général occidental, le nom me disait quelques choses, je savais que c’était un peintre mais a part de ça…En fait, ma rencontre avec El Greco m’a beaucoup émue.

El Greco (1541-1614) était un artiste grec dont le style chargé d’émotion exprime la passion de l’Espagne de la Contre-Réforme.

L’intensité obsédante des peintures d’El Greco est due à l’élongation exagérée des figures et aux puissants contrastes de couleur et de lumière.

Né en Crète, Domenikos Theotokopoulos reçut le nom d’El Greco—le Grec—en Italie et en Espagne. Après avoir travaillé comme peintre d’icônes, il quitta la Crète en 1568 pour étudier la peinture occidentale à Venise. Là il subit l’influence des artistes vénitiens Titien et Tintoret, dont il adopta les couleurs riches et la technique libre et spontanée. Deux ans plus tard environ, il partit pour Rome où des artistes tels que Michel-Ange venaient d’élaborer un style nouveau, maniériste, qui substituait à la représentation réaliste du monde physique une vision plus subjective, fondée non pas sur l’observation de la nature, mais sur le monde de l’esprit. Dans les oeuvres maniéristes l’espace était ressérré, les couleurs bizarres, et les figures aux corps allongés étaient groupées en des poses complexes.

N’ayant pas réussi à s’attirer des commandes importantes en Italie, El Greco se rendit en Espagne. En 1577, il était à Tolède où il resta jusqu’à la fin de sa vie et où il peignit ses oeuvres les plus importantes. Dans l’isolement relatif de l’Espagne de l’époque il continua à explorer et à développer les possibilités du maniérisme alors qu’en Italie ses contemporains revenaient à des styles plus naturalistes.

C’est ce cheminement particulier qui a fait le style El Greco.

J’ai été émerveillé entre autres par " la Sainte Trinité " (1577) que j’ai ajouté à la suite. Est-ce cela aussi le bonheur, l’émerveillement d’une rencontre lumineuse avec un artiste d’un autre temps?



Pour les curieux, voici un texte expliquant la Sainte Trinité du point de vue de l’église catholique:

La façon la plus simple d'expliquer la Trinité est de considérer qu'elle s'est développée à partir d'une question fondamentale : Qui est Jésus Christ? Juste un homme… Plus qu'un homme, moins qu'un dieu… Dieu lui-même…? C'est cette dernière réponse qui a prévalu, mais elle a pris beaucoup de temps à se formuler. Et à partir du moment où l'on conçoit que Jésus est Dieu, alors comment penser sa relation au Père? Comment interpréter l'expérience de foi toujours renouvelée des communautés chrétiennes et la fulgurante expansion de cette expérience aux premiers siècles de notre ère, sinon que l'Esprit de Jésus était toujours vivant et que, même s'il est vrai que pendant sa vie terrestre, il n'a jamais fondé de religion, il conduisait ce qu'on appellera l'Église. La Trinité est donc la relation d'amour qui subsiste entre le Père, le Fils et l'Esprit. Comme cet Esprit est celui de Jésus Christ, c'est Lui qui nous fait entrer dans cet espace de communion des trois personnes divines.