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samedi, septembre 22, 2007

Mes romans du XXe siècle: #9 James Joyce

Mon 9e billet de ma série de mes 25 romans favoris du XXe siècle qui relate ma relation avec 25 romans du XXe siècle portera cette fois-ci sur un roman qui a marqué la littérature par sa rupture avec ce qui s'écrivait depuis la nuit des temps soit Ulysse de James Joyce (1882-1941).

Il fait suite aux huit premiers textes que j'ai écrit dans le cadre de cette série, toujours par ordre alphabétique et de parution:

1) Les Robots d'Isaac Asimov
2) Entre la sainteté et le terrorisme de Victor-Lévy Beaulieu
3) Si par une nuit d’hiver un voyageur d'Italo Calvino
4) L'Étranger d'Albert Camus
5) Les dix petits nègres d'Agatha Christie.
6) Belle du Seigneur, Albert Cohen
7) Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir
8) Le meilleur des mondes d'Adhous Huxley

#9 L'Ulysse de James Joyce ou l'histoire d'un échec...

Je vous le dit bien fort: je suis tenace. Il m'en faut beaucoup pour lâcher prise. Et bien ici à propos de la lecture annoncée du roman Ulysse de James Joyce, je dois bien vous faire part d'un échec total et sans compromission. Ma mère me disait quand j'étais petit, propos aujourd'hui hirsute, que l'important est l'effort et non le résultat...Maman serait bien la seule a être fière de moi aujourd'hui...

Mal m'en pris d'annoncer un commentaire sur une oeuvre célèbre que je n'avais pas encore lue...C'est un peu de ma faute tout cela. J'ai voulu comprendre le "personnage James Joyce" avant même son oeuvre. Et j'en lu des livres sur Joyce...deux biographies dont celle saisissante d'Edna O'Brien sans compter l'Ulysse originale (d'Homère) et le magnifique essai de Victor-Lévy Beaulieu: James Joyce, L'Irlande, Le Québec et les mots , grosse brique de plus de 1000 pages que j'ai terminée il y a quelques semaines. Je peux vous en dire long sur la personnalité torturée, ambitieuse et égocentriste de mon ami James.

Mes lectures m'ont appris que l'Ulysse de James Joyce relate les événements d'un jour, ceux du 16 juin 1904, tels qu'ils sont vécus par trois dublinois différents (Leopold Bloom, Dedalus et Marion). Chaque chapitre correspond à une partie de l'Odyssée, et les personnages correspondent à trois figures de l'épopée d'Homère: Ulysse, Télémaque et Pénélope.


James Joyce était bien de son temps pour une chose: il vouait une admiration sans borne pour le monde grec antique et surtout Homère. Mais la trame d'Ulysse n'est qu'un prétexte magnifique pour en arriver à ses deux grands objectifs pour son roman: déconstruire la trame romanesque classique (et avec Proust être l'initiateur du "nouveau roman") et montrer l'humanité telle qu'il la sent et la voit.

Et Joyce, sur ce point, ne se gêne pas: son Ulysse, pendant près de 1200 pages, démasque, expose, démolit et dégrade l'humanité avec une hargne qui, dans la pensée moderne, n'ont pas d'équivalent.

Le résultat? Il m'est bien difficile de dire ce que j'ai compris de ma lecture partielle. Après m'être accroché pendant 600 pages, j'ai abandonné. C'est trop obscur et décousu pour moi. Une grande oeuvre certes mais hors d'atteinte de L'Ancien et du moderne.

Si j'étais de droite (ce que je ne suis pas), je m'ajouterais aux voix nombreuses qui ont prétendues que l'œuvre de Joyce avait eu un effet désastreux sur la fiction moderne et post-moderne, créant des générations d'écrivains qui abandonnaient la grammaire, la cohérence et la trame de leur histoire en faveur de divagations nombrilistes illisibles. Cela est bien-sûr excessif, Joyce a tenté tout simplement de changer le monde...

Cela étant écrit, vivement mon prochain billet de cette série: "Le Procès" de Franz Kafka.

vendredi, septembre 21, 2007

L'Iliade d'Homère à Montréal

Je viens de passer une semaine L'Iliade à Montréal. Homère m'a donc accompagné lundi soir dernier lors d'une conférence savante sur le sujet dans le cadre des Belles Soirées de l'Université de Montréal et mercredi soir au TMN pour voir la pièce "L'Iliade" mise-en-scène par Alexis Martin. L'Iliade, roman grec du VIIIe s. av JC., que j'ai lu plusieurs fois tellement cette oeuvre me touche, m'affecte même.

Parce que comme Alexis Martin, je crois que l'Iliade c'est aussi aujourd'hui à Montréal, sur avenue du Parc et dans ses cafés helléniques à l'abri des murailles du Mont-Royal. Je peux même imaginer Achille vivant retranché dans le quartier montréalais du Mile End, boudant Agamemnon parce qu'il lui a ravi la belle Briséis.

Mais de toute façon, peu importe le décor, la déconfiture s'ensuivra. Et quand Zeus dormira, séduit par Héra avec la complicité involontaire d'Aphrodite, Hector sera évincé du combat. Déesses d'hier, émules modernes des tromperies et des ridicules réunis.

Montréal et le TNM m'offrent ce retour aux sources et nous fait une offrande divine. Voyez Zeus, attablé, sirotant son ouzo et grignotant ses olives. Habillé comme un mafioso avec ses lunettes fumées, il joue et déjoue avec les hommes. Agamemnon, pompeux et caricatural, se sert de Mélénas impudemment pour assouvir sa soif de pouvoir.

Achille (servi par un François Papineau extraordinaire) qui s'émeut sur le corps de son cousin Patrocle mort au combat à sa place demeure le plus fort moment de la pièce, car la douleur traverse la salle et atteint nos coeurs malgré nos étourderies puérils et nos débiles rancunes.

La narratrice nous sortira-t-elle de ce bourbier? N'y comptez pas. Les héros resteront seuls à répéter les mêmes erreurs à la manière d'Achille répondant à la supplique d'Hector de rendre son corps aux Troyens: «Pas de prière de toi à moi, chien. » Pour ensuite se morfondre quand Priam tendra la main au meurtrier de son fils et lui implorera son corps.

Tel est le destin scellé d'un ménage à Troie...

L'Iliade à lire (et maintenant à voir au théâtre) pour mieux se connaître soi-même.

Dépouillé et pourtant riche; magnifique et pourtant subtile; lyrique et pourtant étouffé. À portée de main nue. Ne craignez pas le TNM et ce cadeau expérimental malgré une fin déconcertante.

dimanche, mai 06, 2007

La poésie d'Hélène Dorion

Je suis entremêlé dans mes lectures du romancier irlandais James Joyce. Par Homère, par Victor-Lévy Beaulieu et par James Joyce lui-même.

Perdue dans la filiation: Homère et son magnifique monde d'errance et de vengeance, James Joyce métaphorant l'Ulysse d'Homère en intégrant son monde à lui qu'il percevait en complète déconstruction et mon ami Victor-Lévy Beaulieu écrivant sur James Joyce en brassant tout cela dans le Québec d'aujourd'hui . Des milliers de magnifiques pages autour de moi commençant à Troie il y a 3000 ans et qui se poursuivent jusqu'à Trois-Pistoles au début de ce 3e millénaire. Trois livres de fureur et d'ambition (le Joyce et le VLB font tout de même 1100 pages chacun) qui s'appellent entre eux et qui me suivent partout.

Et ma foi, au-delà de la beauté des mots, je ne vois pas encore où tout cela va me mener puisque j'y retrouve, au premier niveau en tout cas, que des mondes en profond désarroi et que, de plus, dans le cas de mes deux auteurs contemporains, aucun dieu pour venir réparer les pots cassés et consoler les héros.

Pour me libérer de la fureur je choisi souvent la poésie. Je laisse alors mes gros livres et je lis une série de courts poèmes surtout contemporains.

Mais vous savez la poésie est un sujet délicat sur lequel je n'aime ni parler ni écrire. Parce qu'en général un poème est écrit pour une seule personne et, la plupart du temps, touche peu le reste de la planète. J'ai l'impression que c'est pour cela que les livres de poésie se vendent si peu. Bien-sûr il y a de magnifiques exceptions qui ont su rejoindre les générations dans la beauté des mots (Hugo, Pablo Neruda, Pessoa , Louis Aragon, etc) mais cela reste l'exception.

Les poèmes de la montréalaise Hélène Dorion sont un de mes refuges apaisants. J'aime ses mots parce que sa poésie, tout en étant éloignée de tout rapport anecdotique avec le monde quotidien, parle bel et bien de nous et "des fragiles fondations de ce que nous sommes".
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Les murs de la grotte

Voici la Terre, de vide et de beauté
voyageuse sans voyage qui nous emporte
depuis des millénaires, nous retient
en son intime bercement.

Le monde tourne
et tournant ainsi, le monde
se franchit et advient.

Ainsi sommes-nous
passeurs de lumière et de temps
parmi les cercles de l'univers.(...)

Fragile particule d'air et d'eau
le long de la pente, qui remontes
et redescends, tu étends ton corps épuisé
aux confins de la lumière. Qui suis-je
demandes-tu, mais nul ne peut répondre
avant que se retourne le sablier.

Hélène Dorion (1997)

vendredi, février 16, 2007

Homère pour sauver le monde

J'imagine cette scène devant mon écran d'ordinateur en ce petit matin: Il est 11 h 30, jeudi, dans un des quartiers les plus pauvres de la banlieue de Paris.

Dans un lycée (école secondaire), à Meaux (Seine-et-Marne), le cours de grec ancien commence. Choisi en option par 50 (sur 350) élèves de seconde de ce lycée qui accueille les plus défavorisés de France. Il serait fier mon Homère!!

Mais la question se pose; Comment et pourquoi un cours de grec ancien, dans un établissement aussi défavorisé? Le principe est simple: viser haut.

Le journal Le Monde décrit bien la scène "Augustin d'Humières reste debout, tournoyant la tête, pointant le bras de part et d'autre, tel un agent de la circulation."

Dans le brouhaha, les réponses fusent, étonnantes. Etymologie de "archevêque" ? "Archè, deux sens : vieux et pouvoir !" Des dérivés ? "Architecte, hiérarchie, monarchie !" Le sens du mot lithographie ? "De lithos, la pierre, et graphein, écrire : graver sur la pierre !" Dérivés de graphein ? "Biographie ! Géographie !"

Les copies les mots les plus compliqués, tels "polythéisme", écrits avec le "th" et le "y" là où il faut. On passe à la mythologie. Comment est née Athena ? demande le professeur. "Dans des conditions atroces, M'sieur !" Hurlements de rire. "Elle est sortie de la tête à Zeus, en armure !", lance un autre qui, caché derrière les pitreries, montre qu'il n'a rien oublié de l'histoire de la déesse.

Ces élèves défavorisés ont choisi le grec . Un miracle ? Plutôt une volonté. Celle de ce jeune professeur hors normes, Augustin d'Humières. Un agrégé de lettres classiques qui a décidé de croire que la banlieue n'est pas une fatalité. Que les élèves en difficulté doivent voir les choses en grand. Ils apprendront la langue d'Homère .

La méthode ? Un prosélytisme acharné. En 2003, le jeune professeur a créé l'association Mêtis qui compte une centaine de ses anciens élèves. Ceux-ci font du soutien scolaire, participent à des forums d'orientation pour les terminales du lycée... et tentent de convaincre les plus jeunes de se mettre aux langues anciennes.

Ce sont les anciens élèves de Jean-Vilar qui leur parlent. Comme Lauren Sigler, Dounya Salhi, Madly Bodin ou Mouna El Mokhtari, devenues respectivement avocate, étudiante en médecine, ou diplômé de sciences de l'information. Comme aussi Julien Martin, aujourd'hui professeur de lettres classiques au collège de Trilport, près de Meaux. Ou comme Nam-Tran Nguyen Cuu, de parents réfugiés politiques vietnamiens, interne de l'hôpital Georges-Pompidou.

Ils leur disent : "Nous sommes comme vous, et grâce aux langues anciennes, nous avons réussi à nous en sortir et vivre mieux que nos parents." Lauren : "En commençant le droit, j'avais compris grâce au grec les principes de la démocratie athénienne." Dounya : "En médecine, le grec m'a permis de mémoriser les mots compliqués." Madly : "En prépa, j'étais la seule à connaître la date de la mort de Socrate, grâce au grec. Tous les Parisiens étaient épatés, j'avais gagné !" Mouna : "Le latin et le grec m'ont apporté le goût de la culture, et donc de la conversation. Quand vous débarquez à Paris, c'est un plus énorme."

Augustin d'Humières, de son côté, ruse pour les prendre par les sentiments. Quand Zidane a créé une association contre la leucodystrophie, il a analysé le mot par le grec ("blanc" + "mauvais" + "nourrir" = mauvaise alimentation du sang en globules blancs). Succès assuré. Autre argument auquel sont sensibles les nombreux élèves d'origine maghrébine : le modèle que fut le monde gréco-romain pour les sociétés occidentales. "En latin et en grec, note le professeur, nous évoluons dans un monde méditerranéen, entre Alexandrie et Athènes, Rome et Carthage. Il ne déplaît pas aux élèves de constater qu'au-dessus, c'étaient des analphabètes, des barbares..."

Quand il est arrivé au lycée , en 1995, les cours de grec comptaient six élèves en seconde (aujourd'hui 50). D'année en année, les classes périclitaient et menaçaient de fermer. Les interventions dans les collèges ont amené de nouveaux publics. "Un résultat exceptionnel pour la population que nous accueillons", se félicite la directrice, Marie-Claude Couraut-Thémans.

Homère pour (encore et toujours) sauver le monde? Et pourquoi pas...

Source: Le Monde, 15 février 2007

vendredi, septembre 01, 2006

Retrouver mes récits de l'Occident...

Depuis trois (3) ans et de façon beaucoup moins rigoureuse que je le voudrais, je poursuis ma quête des grands textes occidentaux en me guidant des deux livres exceptionnels de Thierry Hentsch (décédé malheureusement l'an passée suite à une fulgurante maladie) de l'UQAM:

I- ''Raconter et mourir. Aux sources narratives de l'imaginaire occidental'' (analysant les oeuvres d'Homère à Shakespeare) 2002. Les Presses de l'Université de Montréal

II- "Le temps aboli. L'Occident et ses grands récits" (de Molière à Proust) 2005.
Les Presses de l'Université de Montréal

En fait, Hentsch est un peu mon guide des grands textes. Ses deux essais foudroyants qui ont gagné de multiples prix s'attachent aux thèmes et aux moments clés de notre littérature: des voyages d'Ulysse aux aventures de Don Quichotte en passant par la Bible et la Divine Comédie de Dante. Je le conseille fortement à tout ceux qui s'intéressent aux grands classiques littéraires de l'Occident. Mais c'est peut-être très masculin comme démarche...C'est Hentsch qui m'a donné le goût d'entreprendre Dante que j'ai lu en grande partie.

Mais quelle idée, écrire au XIIIe siècle une descente au Enfer en se servant de Virgile et d'Énée. Dante était un grand fan de Virgile...en fait ce n'est que depuis le XVIIIe siècle que Homère a volé la vedette à Virgile...et effectivement Virgile est une pâle copie d'Homère mais la trame est intéressante...Pour revenir à la Divine Comédie, c'est d'une beauté rare....c'est certain que connaître ses classiques aident pas mal (la rencontre avec Achille est édifiante) mais le texte est très beau.

Quand j'ai vu cet été à Paris "La porte de l'enfer" de Rodin, reprenant la Comédie divine, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une pensée pour Thierry Hentsch qui a fait de cette idée de la transmission des grands textes la passion de sa vie.

La chambre à coucher de ma nouvelle demeure n'est plus habitée par les grands classiques; mon buste d'Homère est rendu dans mon salon. Les 4 gros tomes des Mémoires d'Outre-tombe de René de Chateaubriand (celui qui a voulu moderniser le catholicisme et la littérature au XVIIIe) sont dans des quelconques boîtes... L'âme de ma chambre est disparue à trop vouloir le bon goût et le design. Je vous quitte pour aller les retrouver et rendre à César ce qui appartient à César...et ainsi retrouver mes récits de l'Occident...

lundi, mars 20, 2006

Je déménage Homère...

Comme je le disais dans un billet précédent, je viens de quitter l'appartement qui m'abritait depuis plusieurs années...je change de quartier...Adieu Ahuntsic, à moi le Plateau.

Ma chambre à coucher était habitée par la figure centrale d'Homère. J'avais acheté un buste d'Homère en 2001 au Musée national archéologique d'Athènes. Nous étions un groupe de 20 personnes (tous des français sauf moi) en ''learning travel'' sur l'antiquité...l'autobus était immense et je plaçais le buste d'Homère sur le siège à côté de moi...c'était le ''running gag''...tout le monde saluait chaque matin, Homère le canadien...

Je suis devenu attaché à mon buste d'Homère comme souvenir de voyage mais aussi comme représentation de la culture occidentale; en plus L'Iliade (écrit 9 siècle av JC!), c'est tellement beau et fort! J'en ai pris le plus grand soin lors du déménagement!!

Pendant que je réfléchis à tout cela, j'apprends aujourd'hui dans les journaux montréalais que des archéologues chypriotes ont découvert récemment un cercueil en pierre vieux de 2 500 ans, ornés de fresques colorées illustrant des poèmes grecs antiques, dans l'ouest de Chypre.

Les fresques du cercueil dépeignent devinez quoi? : Ulysse dans des scènes de l'Iliade et l'Odyssée, deux poèmes épiques d'Homère extrêmement populaires dans le monde grecque. Cette nouvelle me touche; il en a vu du pays, ce chère Homère... et sur plus de 2500 ans...

Vous pouvez être sûr qu'il aura une place de choix, sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal!

lundi, mars 07, 2005

C'est pas à Montréal que l'on verrait cela....

Jack Lang (ancien Ministre français) récite les vers d'Homère

Surprise le 6 mars 2005 à la lecture marathon de l'Iliade que la compagnie Démodocos présente trois jours durant à la Sorbonne ; Jack Lang venu en auditeur s'est improvisé poète rejoignant l'estrade pour réciter quelques vers de l'Iliade dans la toute nouvelle traduction de Philippe Brunet. Une traduction qui en attendant sa publication prochainement aux éditions Gallimard, se donne jusqu'à encore ce soir, en lecture publique dans le cadre du Printemps des Poètes.

Il était 11 heures dimanche matin quand on annonce le passage de Jack Lang salle Louis Liard à la Sorbonne où les comédiens de Dimodocos entamaient la deuxième journée de lecture intégrale de l'Iliade. A l'invitation du directeur de la troupe et traducteur du texte d'Homère, Philippe Brunet, l'ancien ministre de la Culture n'hésite pas un instant, il chausse ses lunettes et monte dans l'estrade partager la lecture une demi-heure avec les aèdes de Démodocos.


Suivait un autre moment intense de ce marathon poétique, la lecture en Grec ancien par le quartet formé des amis grecs de Démodocos, certains venus spécialement d'Athènes. L'écrivain Babis Plaïtakis, la journaliste Rea Katsanevaki et les enseignants Tassos Koutsoukos (vice-président de Demodokos) et Athanassios Evanghelou (iNFO-GRECE) étaient rejoints par Emmanuel Lascoux et Philippe Brunet qui allaient, eux, composer dans la prononciation reconstituée du Grec ancien.

Des lectures joyeuses, festives, que les comédiens de Dimodocos, une troupe spécialisée dans la présentations de textes grecs anciens, prenaient plaisir à improviser à plusieurs voix et à partager la scène avec des nombreux invités amants des Lettres grecques tels Paul Demont, de l'UFR de Lettres, Université de la Sorbonne Paris IV, Annie Bastide du Festival de Vaison la Romaine, Armando Uribe et Elisabeth de Balanda (Ars Latina), l'éditrice Diane de Selliers, ou encore André Markowicz, le traducteur en français de l'ouvre de Dostoïevski.

La lecture se poursuit jusqu'au 7 mars et se terminera avec la Mort d'Hector, Les funérailles de Patrocle et la rançon d'Hector. Le cœur de la classe de 5e du collège Montaigne dirigé par Anne et Claire Lafond, ouvrira chaque chant. Le conteur Bruno de la Salle lira enfin les derniers vers de cette nouvelle traduction de l'Iliade par Philippe Brunet, aboutissement de 20 ans de travail !
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Ah mon Dieu, que Montréal est loin de Paris!!