Aucun message portant le libellé Religion. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Religion. Afficher tous les messages

mercredi, décembre 19, 2007

Comprendre les personnages de ma crèche de Noël

Noël: Ce que l'on sait aujourd'hui de la Vierge Marie, de Jésus et des mages

J'ai lu l'an dernier les "Écrits apocryphes chrétiens" (Édition La Pléade). Ce sont des écrits du début de la chrétienté qui n'ont pas été admis par l'Église (du IVe s.) dans le canon de ses Écritures. Je l'ai quelques fois écrit; les racines de la culture occidentale peut se résumer dans la Bible d'un côté et auprès des auteurs grecs de l'autre. Comprendre les contenus mais surtout les mécanismes d'exclusion de ses textes "apocryphes" du début de notre ère est très instructif sur notre propre culture. Et rien de mieux que de lire soi-même les textes fondateurs.

L'important aussi est que les textes apocryphes n'apportent pas de révélations fulgurantes sur Jésus, la Vierge Marie ou Marie-Madeleine mais plutôt une tendance ésotérique (La Pléade, Introduction p. XXII). Oublier les révélations de l'écrivain français Marek Halter et de Dan Brown, ils appuient leurs présomptions sur bien peu de mots.

Personnellement, j'aime mieux le constat des experts. Alors que le film hollywoodien «La Nativité», actuellement sur les écrans, donne une vision plutôt convenue de la naissance du Sauveur, en mêlant les récits évangéliques de Matthieu et Luc; le franciscain Frédéric Manns a écrit un petit ouvrage vulgarisé très pertinent. Le directeur émérite du Studium Biblicum Franciscanum, à Jérusalem, longtemps professeur d'exégèse du Nouveau Testament et de littérature juive ancienne, relit les textes dans le contexte du monde juif du Ier siècle de notre ère, à la lumière des connaissances actuelles des évangiles canoniques et apocryphes, de l'archéologie et de l'histoire de l'Église.

Voici ce que l'on retient de la connaissance actuelle des textes apocryphes sur les personnages bibliques que je retrouve ce matin dans la crèche de mon salon:

1) Joseph

L'évangéliste Matthieu définit Joseph comme un descendant de David. Au Ier siècle, il existait encore des membres de la lignée du roi David. Une inscription gravée sur un ossuaire l'atteste. Et Hérode le Grand avait confisqué la fortune des familles de la maison de David. Pour Matthieu, Joseph est le père de Jésus du point de vue légal, même s'il évite le terme «père». Si la personne de Joseph reste très discrète dans les Évangiles, elle s'impose grâce à un écrit apocryphe intitulé «L'histoire de Joseph le charpentier». L'homme y est décrit comme un veuf à qui les prêtres du Temple confient la garde de Marie âgée de douze ans. Lorsque la fiancée se retrouve enceinte, c'est le choc. Une répudiation s'impose, mais Joseph, rassuré en songe par un ange, adopte finalement l'enfant. Joseph apparaît comme le témoin irrécusable de la virginité de Marie et de la divinité de son Fils. A noter que les deux évangélistes Matthieu et Luc présentent la généalogie de Jésus par Joseph: on n'établissait alors la descendance que par les hommes.

2) Marie

La Torah n'imposait pas de grandes obligations aux filles juives. Le service le plus élevé qu'on attendait d'elles consistait à mettre des enfants au monde. L'âge normal des fiançailles se situait entre douze ans et douze ans et demi. Le mariage suivait un an après. Marie appartient à la classe sociale des «anawim», c'est-à-dire des pauvres qui mettent tout leur espoir en Dieu. Selon les écrits apocryphes, elle aurait été élevée au Temple de Jérusalem jusqu'à douze ans et aurait eu le privilège, avec d'autres jeunes filles pures, de tisser le voile du Temple. La littérature rabbinique précise que des jeunes filles confectionnaient chaque année deux rideaux pour le Temple. Ils étaient remplacés à la veille de Kippour, jour de l'expiation des péchés. Si les jeunes filles n'avaient pas droit à une éducation, Marie a eu tout loisir d'écouter la parole de Dieu à la synagogue qui, au Ier siècle, était ouverte aux femmes. Source: écrit apocryphe intitulé "Protévangile de Jacques" ou Le récit de la nativité de Marie (autre nom du même apocryphe).

3) Vierge?

Dans l'ancien Testament, les hommes au destin exceptionnel naissent volontiers d'une femme jusque-là stérile. Mais des antécédents de naissance virginale existent aussi, par exemple dans le récit de la venue au monde d'Isaac, chez Philon d'Alexandrie. L'absence de père terrestre souligne l'initiative de Dieu: c'est Dieu qui donne le Messie aux hommes par l'opération du Saint-Esprit. Certains passages de l'Evangile sèment le doute sur la virginité de Marie, en particulier l'évocation de «frères de Jésus». Marie a- t-elle eu des enfants de Joseph? Pour Frédéric Manns, il y a confusion avec une autre Marie, mère de Jacques. L'exégète estime aussi que Jésus n'aurait pas confié Marie à Jean au pied de la croix s'il avait eu des frères de sang. La virginité «perpétuelle» de la «mère de Dieu» a finalement été définie en 431, lors du concile d'Éphèse.

4) Les Mages

L'apparition d'une étoile est déjà annoncée dans un oracle messianique au livre des Nombres. Les Psaumes précisent que les rois de Tarsis, Saba et Seba porteront des offrandes. Traditionnellement, les mages étaient des prêtres du culte zoroastrien des Perses. Ils étaient, selon Hérodote, interprètes de songes et détenteurs de connaissances occultes. Chez Matthieu, leur observation d'une étoile en fait des astrologues. Rien n'exclut que des Nabatéens, qui contrôlaient le commerce de l'encens, soient venus de l'Orient à Jérusalem. Les mages représentent les païens: leur accès à Jésus dès sa naissance s'inscrit dans la doctrine universaliste. Dans des textes apocryphes postérieurs, les mages sont mentionnés comme Rois. L'écrit apocryphe "L'Évangile arménien de l'enfance" leur donne les noms de Gaspar, Melkior et Balthasar.
----------------------------------------------------------------------------------------
Belle période de Noël à tous et à bientôt!

A&M

Source: Frédéric Manns, Que sait-on de Marie et de la Nativité. Éditions Bayard
"Écrits apocryphes chrétiens" Édition La Pléade. 1997.

mercredi, novembre 21, 2007

Bien-sûr que Jésus a existé...

La Bible, Dieu, Jésus de Nazareth, le christianisme, le catholicisme...enfin l'histoire des religions (plutôt de MA religion) m'intéresse et m'interpelle depuis plus d'une décennie. Je dirais plus dans un cadre historique, sociale, artistique que de démarche personnelle de spiritualité.

Il y a des gens qui ne comprennent pas comment on peut être athée et croire en la réalité historique de Jésus de Nazareth. J'ai déjà écrit sur ce pseudo-paradoxe dans ce blogue

Mais là, les recherches archéologiques récentes viennent confirmer de façon encore plus certaines la réalité historique de Jésus.

J'ai terminé il y environ un mois, un fascinant ouvrage intitulé "Jésus, compléments d'enquête" et rédigé par dix spécialistes -- historiens, biblistes et exégètes -- de réputation internationale.

Avec les connaissances que nous avons en 2007, le constat est assez clair comme l'écrit le théologien Daniel Marguerat . «Nous n'en sommes plus aujourd'hui, précise-t-il, à nous demander si Jésus a existé ou non. La multiplicité des sources documentaires le concernant et leur précocité font de lui le personnage historique le mieux attesté de toute l'Antiquité. Aussi, ajoute-t-il, mettre en doute son existence relève de la sottise.» Cela réglé, une question, néanmoins, demeure: «Fut-il ce que les évangiles disent de lui?» Pour y répondre, les chercheurs doivent donc faire la part de ce qui relève de la foi et de ce qui relève des faits dans les témoignages disponibles et scruter «l'obscurité pour deviner qui il fut et comment il apparut à ses contemporains».

On redécouvre, aujourd'hui, sa pleine judaïté et son inscription dans la société et les débats de son époque. Marguerat, par exemple, affirme que Jésus n'a jamais rompu avec le judaïsme, mais que la radicalité de son message (l'amour d'autrui avant la Loi), sa revendication d'une autorité non dérivée («il parle au nom de Dieu») et le sentiment d'urgence de l'expérience de Dieu qu'il professe ont suscité de violentes résistances. «L'action de Jésus, explique Marguerat, visait à réformer la foi d'Israël, entreprise à laquelle les autorités religieuses de l'époque se sont opposées. C'est à l'échec de cette réforme que le christianisme doit sa naissance.»

Certains croyants craignent parfois que la recherche historique de type scientifique concernant le Jésus historique n'ébranle les fondements de la foi. Marguerat leur donne tort. «Le travail historien, explique-t-il avec raison, n'asphyxie pas la croyance; il participe à son intelligence et à sa structuration, et ce n'est pas un mince service qu'il lui rend.» Le credo de l'incarnation, c'est la grandeur du christianisme, «nous assigne à composer une image de l'homme Jésus». La foi, bien sûr, permet l'interprétation des faits, «mais elle se déconsidère si elle se réfugie dans l'infantilisme de l'ignorance en refusant de prendre en compte les résultats du labeur des historiens».


Jésus a fort probablement existé. Était-il le fils de Dieu? Ça, c'est une toute autre question...


*** Jésus, compléments d'enquête Préface de Daniel Marguerat Bayard/ Le Monde de la Bible, 160 pages

dimanche, octobre 28, 2007

J'appelle une décennie glorieuse!

Bonjour à tous,

L'été 2007 est derrière nous. Les jours sont frais, le temps passe inexorablement et la vie est bonne pour moi.

Par moment, je crains de perdre ma bonne étoile, que tout cela arrête et que je descende comme d'autres vers les bas coteaux où personne ne veut aller. Alors pour conjurer le (futur!) mauvais sort, pour mettre toutes les chances de mon côté; j'ose un geste insensé.

J'appelle les dieux dans mon blogue pour obtenir un souhait formidable: une autre décennie glorieuse.

Alors aujourd'hui et par devant les lecteurs de ce modeste blogue, je m'en remets officiellement à:

Jésus de Nazareth, Yahvé, Héra, Mahomet, Krishna, Shivas, Allah, Gilgamesh, Osiris, Isis, Mithra, Manitou, Zeus, Poséidon, Arès, Hermès, Bouddha, Héphaïstos, Aphrodite, Athéna, Apollon, Artémis, Horus, Baal, Bouddha, Amon-Ré, Mout, Hapi, et Seth.

Je sais, chers Dieux, que l'inconscience infinie des hommes, l'Afrique et les autres calamités du monde habitent bien vos pensées mais je ne vous détournerai de vos devoirs nécessaires qu'un petit instant.

Voilà, j'en appelle à vous pour obtenir une décennie glorieuse. En fait un modeste 3652 jours (je n'oublie le deux années bissextiles, 2 jours c'est précieux) d'élévation et de bonheur pour moi et les miens qui me permettront:

- De vivre au service de l'intensité à chaque moment;

- De continuer de rencontrer des passions et des hommes;

- D'être utile du mieux que je le peux pour les personnes que la destinée aura placée sur ma route;

- De jeter un premier regard sur Jérusalem et autres villes insensées;

- De rencontrer encore une fois (sinon deux!) le syndrome de Stendhal ;

- Comprendre enfin le fin du fin des choses et peut-être accepter l'inexorable;

- De revivre l'émotion de découvrir un autre roman du type "Belle du Seigneur";

- La santé pour Fiston, amis, amour, famille et un peu pour moi. Comment être glorieux si ceux que l'on aime sont dans la détresse?

Alors Jésus de Nazareth, Yahvé, Héra, Mahomet, Krishna, Shivas, Allah, Gilgamesh, Osiris, Isis, Mithra, Manitou, Zeus, Poséidon, Arès, Hermès, Bouddha, Héphaïstos, Aphrodite, Athéna, Apollon, Artémis, Horus, Baal, Bouddha, Amon-Ré, Mout, Hapi et Seth; entendez cette prière pour une décennie glorieuse et vous pouvez être assuré que je prendrai bien soin de ses 3652 jours.

Après puisqu'il le faut depuis la nuit des temps et pour augmenter votre sens de l'écoute, je vous offrirai quelques offrandes comme il se doit (au seuil de la 11e année). Alors si mes voeux sont exaucés :

- J'irai distribuer à des gens qui en ont plus besoin que moi, toutes les pauvres économies que ma vie intense aura préservées. Démuni je serai.
- Plus difficile, j'assisterai sans broncher durant tout l'été 2018, et cela à tous les mardi midis, aux concerts d'orgues de l'église unie St-James de Montréal.


Merci Jésus de Nazareth, Yahvé, Héra, Mahomet, Krishna, Shivas, Allah, Gilgamesh, Osiris, Isis, Mithra, Manitou, Zeus, Poséidon, Arès, Hermès, Bouddha, Héphaïstos, Aphrodite, Athéna, Apollon, Artémis, Horus, Baal, Bouddha, Amon-Ré, Mout, Hapi, Seth...retourner maintenant à vos tâches urgentes.

Moi, je commence demain ma décennie glorieuse!

A&M

dimanche, octobre 21, 2007

Jacques Grand'Maison : un maître à penser

Je suis curieux intellectuellement et j'ai lu pas mal d'affaires. J'en n'ai aucun mérite, j'aime ça. Sur de longues années: des bouttes de philosophes grecs (Socrate), de romans songés (Kundera, Ricard), des essais d'intellectuels de bien pensants d'aujourd'hui (Charles Taylor, Michel Foucault, Thierry Hentsch). Mais un des intellectuels auquel je m'identifie le plus, qui me touche le plus je dirais, est le théologien montréalais Jacques Grand'Maison.

Prêtre, théologien, sociologue et essayiste, Jacques Grand’Maison poursuit depuis 30 ans une réflexion unique sur l’évolution sociale et spirituelle du Québec moderne. Son œuvre, qui compte une quarantaine de titres jette, selon moi, un des regards les plus lucides sur les grands enjeux éthiques non seulement de la société québécoise mais de l'ensemble des occidentaux.

Je viens d'acheter ce qu'il annonce comme peut-être le dernier livre de sa vie : Pour un nouvel humanisme

Pour bien des gens l'humanisme est une affaire d'intellectuels. Or il n'en est rien. N'avons-nous pas un besoin fondamental de nous situer dans le monde et de mieux le comprendre pour y oeuvrer?

Faisant sienne cette conviction, Jacques Grand'Maison propose une réflexion stimulante qui risque de bousculer nombre d'idées reçues. Son projet est ambitieux: jeter les bases d'un nouvel humanisme capable de permettre un véritable «vivre ensemble» dans une société où se côtoient des gens d'origines et de cultures différentes, avec ou sans allégeance religieuse.

L'humanisme, affirme-t-il, est à renouveler à chaque époque pour raviver ses rôles libérateurs et civilisateurs. Mais ce serait dommage et même illusoire de penser qu'on peut y parvenir sans les riches patrimoines culturels et religieux de l'histoire.

Notre Révolution tranquille, explique-t-il, a été «marquée par une dynamique d'émancipation, de libération, de redéfinition identitaire, de nouveau projet de société» et elle «a donné un nouvel élan à la liberté, à la politique, à l'histoire à faire plutôt qu'à répéter». Grand'Maison se réjouit d'y avoir participé. Il constate à regret, toutefois, qu'elle se soit accompagnée d'une «rupture globale et abrupte de nos premières identités historiques».

Pour un nouvel humanisme part donc du constat que cette rupture insensée est la cause d'une «crise d'espérance» qui «mine notre tonus moral».


Son nouvel humanisme, il le trouve sur ce terrain dans les oeuvres d' Éric-Emmanuel Schmitt, qui évoquent, à leur manière, une transcendance nécessaire, c'est-à-dire la conviction que la bonté est plus profonde que le mal. Dans la foulée de Charles Taylor, Jacques Grand'Maison redit son attachement à une modernité fidèle à sa mémoire et, partant, soucieuse de l'avenir de l'homme. «Je suis de ceux, écrit Grand'Maison, qui souhaitent une nouvelle synergie du meilleur de la laïcité et du meilleur des sources historiques de la civilisation occidentale, dont le christianisme fait partie. Cela dit, dans le cadre de l'autonomie institutionnelle de ces deux sphères.»

Cette pensée est en complète symbiose avec la mienne...livre non pas à lire mais à chérir...

Pour un nouvel humanisme de Jacques Grand'Maison. Fides 2007 (208 p.)
Source: Le Devoir et Fides

samedi, avril 21, 2007

Les petits bébés iront enfin au Paradis...

Les théologiens du Vatican ont convenus après des mois de travaux que les limbes n'existent pas et que les petits enfants morts sans baptême vont directement au paradis, mettant fin à une tradition multiséculaire qui a tourmenté des générations de mères.

L'idée des limbes s'est ébauchée au Vème siècle, quand Saint-Augustin avait tenté de répondre à la quadrature du cercle: puisque l'âme des petits enfants décédés sans baptême n'a pas été lavée du péché originel, ils ne peuvent accéder au paradis. Mais comme ils n'ont encore rien fait de mal, ils n'ont pas leur place en enfer. D'où l'affreuse idée des limbes, ni en enfer mais pas encore au Paradis...un entre deux éternel...

Dans un document adopté avec l'accord du pape Benoît XVI, la commission théologique internationale du Vatican a conclu qu'il existe "des bases théologiques et liturgiques sérieuses pour espérer que lorsqu'ils meurent, les bébés non baptisés sont sauvés".

L'idée des limbes reflète "une vision trop restrictive du salut", ont-ils tranché. Ces avis autorisé prend le contre-pied de plusieurs siècles de croyance sur l'existence des limbes ("bordure" en latin), un lieu situé entre l'enfer et le paradis où avaient été relégués les bébés morts non baptisés.

Les limbes sont définies au XIIIème siècle, sans emporter l'adhésion de tous, et particulièrement des mères désespérées de perdre un enfant en bas âge sans avoir le réconfort de le savoir au paradis. L'existence des limbes a torturé pendant des siècles les mères chrétiennes qui perdaient un enfant à la naissance et qui auraient voulu pour ce "petit ange" un accès direct au paradis.

Quelle folie théologique!

vendredi, avril 06, 2007

Un vendredi saint à Montréal

Ma lecture du "James Joyce" de Victor-Lévy Beaulieu est fastidieuse en ce vendredi saint. VLB a écrit un grand livre sur un grand écrivain, sans l'ombre d'un doute, avec des phrases magnifiques comme je les aime pleine d'ambitions et de perplexité.

Mais les livres de VLB (comme ceux de J. Joyce) sont aussi remplis de religion catholique, d'images religieuses, de Christ crucifié, de Jésus de plâtre, d'encens et de lampions. Tordus entre leurs démons et la vertu. Cela me rappelle un peu trop mes grand-mères et ma toute petite enfance.

J'ai besoin de prendre l'air. Je quitte VLB à la 327e page (sur 1100!!) pour aller me promener sur le Plateau. C'est un après-midi gris et venteux à Montréal. L'avenue Mont-Royal est pleine de monde en ce jour de pseudo congé pascal.

Tous les magasins sont ouverts comme si de rien n'était et effectivement je ne sens aucune spiritualité nulle part. Certaines personnes traînent en se promenant ou en faisant leurs emplettes alors que d'autres se pressent.

Je me rends compte que je cherche le recueillement, mais dans cette masse incongrue, je me trouve plutôt à Babel. J'essaie d'accélérer le pas.

Je m'arrête au coin de Berri et Mont-Royal pour regarder passer une longue procession de catholiques dans le cadre de la marche du pardon. Foule vraiment bigarrée de pauvres bougres qui passent devant moi, croix à la main.

Avec mon VLB dans la tête, je suis aux antipodes de tout état de grâce. Je ne sais pas trop pourquoi, j'arrête au Sanctuaire du Saint-Sacrement tout juste à côté, sur l'avenue Mont-Royal. Je rentre pendant la prière silencieuse.

Je ne vais jamais à la messe donc je ne connais pas cette formule: pas de messe ni cérémonie, juste des passants qui rentrent 10-15-20 minutes pour se recueillir et ressortent. Je m'assois et observe cette grande église avec sa centaine de personnes solitaires qui y prient (ou se reposent) pendant un court moment. Je suis intrigué par cette congrégation monastique de Jérusalem installée en plein coeur de Montréal.

Je regarde sans regarder en tentant de m'enlever les démons de mes auteurs fétiches. Ne penser à rien. J'arrive en une quinzaine de minutes à extraire toutes images de ma tête.

En sortant, je suis abordé par la Soeur hospitalière (je crois) qui me demande si je vais bien avec un grand sourire religieux comme dans les films de Fernandel. Je lui ai dit que ma petite pause au Sanctuaire m'avait fait du bien mais que l'esprit du Vendredi saint à Montréal avait laissé place à l'indifférence et au commerce. Nullement étonnée, elle me dit ceci: «C'était probablement comme ça au temps de Jésus. Le temps devait être aussi gris et la foule devait être aussi désordonnée et affairée à Jérusalem. Personne ne chantait de chants religieux avec recueillement dans la rue...Votre expérience est proche de la réalité que Jésus a lui-même vécue. Le saviez-vous?»

Non je ne le savais pas... Je la remercie et je laisse derrière moi, j'en suis certain, la bonté incarnée. Je retourne dans mon monde en ne comprenant toujours pas ce que cette gentille Soeur voulait bien me dire et surtout pourquoi.

samedi, mars 03, 2007

Encore Jésus

Suivant un peu les fouilles archéologiques actuelles dans le monde greco-romain, je peux vous dire qu'il y a des trouvailles exceptionnelles à tous les mois. Mais dès qu'il est question de Jérusalem ou d'un aspects de la vie de Jésus, on rentre dans un monde irrationnel qui prend une tournure médiatique démesurée.

Maintenant c'est à un documentaire canadien et les allégations faites par ses artisans de faire le tour de tous les journaux , sites internet et blogues du monde. On aurait découvert le tombeau de Jésus...

Cette histoire débute dans les années 80, avec la découverte d'une tombe à Talpiot, un quartier de Jérusalem.

Dans cette tombe, on a retrouvé dix boîtes funéraires et, dans ces boîtes, trois crânes humains. Sur six des boîtes, des inscriptions en hébreu, en latin et en grec, soit:

Yeshua bar Yosef (Jésus, fils de Joseph);
Maria (Marie);
Matia (Mathieu);
Yose (José, frère de Jésus, dont parle l'Évangile de Marc)
Yehuda bar Yeshua (Judas, fils de Jésus);
Mariamne e mara (en grec signifiant: Marie-Madeleine, connue comme la maîtresse).


Le réalisateur torontois Simcha Jacobovici et le producteur James Cameron (du film Titanic) ont fait appel à des spécialistes qui ont mené une batterie de tests pour analyser les restes contenus dans ces boîtes. Les conclusions médico-légales et même mathématiques suggèrent que:

- Ce sont les membres de la famille de Jésus-Christ;
- Jésus a été marié à Marie-Madeleine;
- Jésus a eu un fils.

La chaîne américaine Discovery Channel diffusera demain soir (dimanche le 4 mars) le documentaire qui exposera de nouvelles données scientifiques, notamment des analyses ADN, laissant suggérer que les tombeaux ont pu, à un moment donné, contenir les ossements de Jésus et de sa famille. Simcha Jacobovici reconnaît qu'il n'est pas archéologue, expert légiste ou statisticien, mais il affirme que son rôle en tant que documentariste est de soulever des questions, et non pas de leur répondre. Ce qui est quand même assez déconcertant, c'est que, à la base, il y a un consensus certain chez les chercheurs autour de la découverte de ces dix ossuaires. Le New-York Times, à l'époque, affirmait même qu'il était très répandu de graver les prénoms des défunts sur leurs tombeaux, et ces noms étaient très usuels.

Donc pour la communauté archéologique "sérieuse", le débat est quasi inexistant. Ainsi en est-il du premier archéologue à s'être prononcé il y a 20 ans sur l'authenticité des boîtes, Amos Kloner. Il n'hésite pas à ridiculiser la « découverte » de la « tombe perdue ». « Je suis un universitaire, je travaille de façon scientifique, ce qui n'a rien à voir avec le travail d'un cinéaste », dit-il en insistant sur les différences de méthode entre son métier et celles des réalisateurs du documentaire. « Il est impossible de prendre un épisode religieux et de le transformer en quelque chose de scientifique. Ou alors il faut faire des tests ADN et vérifier que l'ADN des ossements appartenant prétendument au fils de Dieu est le même que celui de Dieu ! », plaisante-t-il.

Selon moi, les meilleurs analystes de la planète sur les questions liées à la Bible et à l'archéologie gravitent autour de l'excellente revue française Le Monde de la Bible. Je vous conseille donc d'y lire un article tout récent (et critique) de Sophie Laurent sur le sujet.

J'ai déjà expliqué dans ce blogue mon rapport à la foi, à la religion catholique et à Jésus de Nazareth. Le tout est complexe comme j'imagine pour la vaste majorité des êtres humains dans le monde d'aujourd'hui. Il me semble que c'est un débat beaucoup trop sensible et délicat pour en faire du sensationnalisme. Laissons donc un peu notre pauvre Jésus en paix...

lundi, décembre 11, 2006

On a découvert St-Paul ce matin!

ROME, Lundi 11 décembre 2006 (ZENIT.org) – Découverte d’un sarcophage attribué à l’apôtre Paul sous l’autel de la basilique romaine

Le sarcophage protégeant les reliques de l’apôtre Paul aurait été découvert sous l’autel de la basilique romaine. Le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, a en effet présenté les résultats des fouilles archéologiques menées depuis 2002, lors d’une conférence de presse ce matin au Vatican, en présence de M. Giorgio Filipppi, archéologue, et M. Pier Carlo Visconti, délégué administratif de la basilique.

M. Giorgio Filippi a précisé qu’il est « incontestable aux yeux de l'archéologie que la basilique a été érigée sur la tombe de l'Apôtre ».

« La chronique du monastère parle d'un grand sarcophage de marbre entrevu lors de la reconstruction de la basilique après l'incendie de 1823, situé dans la zone de la Confession sous les deux dalles comportant l'inscription PAVLO APOSTOLO MART(YRI). Mais il n'y a aucun rapport de fouilles à ce propos, contrairement aux autres sarcophages découverts en cette occasion », ajoutait l’archéologue.

Ce sarcophage mesure 1, 20 m de haut et 2, 55 de long. Il s’appuie sur un socle dont le fond remonte au pavement de la basilique des Trois empereurs, de 390. C’est pourquoi il se situe à 1,30 m au-dessous du niveau de la basilique actuelle.

Il poursuivait : « Les recherches archéologiques effectuées entre 2000 et 2006 dans le périmètre traditionnellement considéré comme le lieu de sépulture de l'Apôtre ont permis de découvrir un important contexte stratifié formé par l'abside constantinienne englobée dans le transept de l'édifice des Trois Empereurs: sur le sol de ce dernier, sous l'autel papal, a été retrouvé le grand sarcophage dont on avait perdu la trace et qui était considéré depuis l'époque théodosienne comme la Tombe de Saint Paul ».

Sur l’authenticité de la tombe et du sarcophage, le cardinal a précisé : « La tombe de Paul n’a jamais été touchée. On avait procédé à des remblais » si bien qu’on « ne pouvait pas voir le sarcophage ». Et sur ce sarcophage, à 40-45 centimètres, se trouve une plaque de marbre, hélas en morceaux, sur laquelle est écrit : « Paul Apôtre martyr », qui donne la certitude que c’est sa tombe. « Il y a une concordance, et aucune discordance, ajoutait le cardinal, pendant 20 siècles, que c’est là sa tombe (…) .

On l’a découverte à cause de différents indices, mais le fait que la tombe soit là et que ce soit celle-là, je dirais que personne, aujourd’hui ne le met en doute. Il faudrait maintenant passer à une exploration interne. On va voir si le pape l’autorise et comment il faudra faire ».

dimanche, septembre 17, 2006

La mort et la fin de Zeus

Nourri depuis sa plus tendre enfance par la mythologie grecque, fiston m'a demandé un jour (il y a 5 ou 6 ans ) si Zeus avait déjà existé. Je lui ai répondu qu'un Dieu existe pourvu que quelqu'un y croit réellement.

Dans le cadre de cette définition, je lui ai dis aussi que Zeus était mort probablement à la fin du 4e siècle de notre ère. En effet, au début de ce siècle, le christianisme prenait de l'ascendant en milieu urbain mais les cultes païens (dont ceux de Zeus et d'Athena) était toujours suivis dans les campagnes isolées. Après la conversion et le baptême de l'empereur romain Constantin en 312, l'Église de l'époque fût d'une hostilité féroce, traquant et éliminant systématiquement toute trace de son passé païen et de la religion grecque... Elle ferma les écoles philosophiques néo platoniciennes d'Alexandrie et d'Athènes, brûla des centaines de milliers de livres et accusa d'hérésie quiconque remettait eu question l'orthodoxie (suite au Concile de Nicée de 325 présidé par...Constantin). Beaucoup furent mis à mort en même temps que l'on cessa le culte de Zeus à jamais.

L'Église a fait (selon entre autres Gérald Messadié et plusieurs autres "nouveaux" spécialistes de l'histoire des religions) une grave erreur en "tuant" Zeus...On a renié l'idéal grec en faisant la promotion de l'ignorance et de la foi aveugle, en faisant passer des mensonges pour des vérités sacrées et en transformant toute dissidence en hérésie.

Ce n'est qu'en revenant (entre autre St-Thomas d'Aquin au XIIIe s.), beaucoup plus tard, à de prétendus païens comme Platon et Aristote qu'on a injecté suffisamment de rationalité et de philosophie dans la théologie chrétienne pour la garder vivante.

Il ne fait aucun doute que l'Église du 4e siècle a triomphalement réussi à rallier les masses ignorantes. Mais en rendant exotérique et banale la sagesse grecque (entre autres), l'Église a transformé ce triomphe en une victoire à la Pyrrhus...Parce que l'on a construit le mythe chrétien en partie sur le mensonge...plusieurs penseurs avertis estiment que l'Église chrétienne pourraient disparaître d'ici une génération.

Est-ce qu'un jour j'expliquerai à mon petit-fils quand est mort Jésus de Nazareth ?

mardi, mars 14, 2006

Dieu, Jésus et la foi

Les 10 raisons pourquoi Dieu n'existe pas!

Ceux qui me connaissent bien savent que j'ai un très grand attachement à l'église catholique mais que je doute fortement que Jésus de Nazareth fût le fils de Dieu. Je sais que c'est bizarre mais c'est comme ça...j'aime le patrimoine religieux, le sacré, l'idée que des textes anciens et spirituels se transmettent jusqu'à nous depuis des siècles mais je n'arrive pas à croire profondement.

Cette dualité par rapport à l'église et à Jésus explique peut-être mes longues heures de lectures bibliques (merci à l'auteur prolifique Gérald Messadié, au duo de Corpus Chrsiti--Gérard Mordillat et Jérôme Prieur et à bien d'autres ). Mais finalement, après toutes ces lectures (dont la Bible) et réflexion --j'ai le goût prétentieux de répondre à la question fondamentale... : Est-ce que Dieu existe?

Vaste question mais j'y vais avec une réponse directe, simple et personnelle: "Non"

Pourquoi? Vous trouverez mes 10 raisons qui expliquent cette réponse...

1) Après analyse de plusieurs recherches archéologiques, il existe de fortes présomptions de l'existence de Jésus. De plus, à cause de la force de la tradition, j'ai personnellement la conviction qu'il y a eu un personnage historique du nom de Jésus;

2) La vie de Jésus racontée dans la Bible est plus proche du mythe que de l'histoire même revisitée selon nos critères modernes;

3) Les Évangiles contiennent tant de contradictions et d'invraisemblances qu'il ne sauraient représenter une source scientifiquement valable sur le Jésus de l'histoire;

4) L'histoire du développement de l'Eglise montre plutôt une construction progressive de l'idée même de Jésus et de Dieu que la transmission d'un héritage historique bien précis;

5) Paul qui est le personnage chrétien le plus ancré dans l'histoire ne parle à aucun moment du Jésus de Nazareth dépeint par les évangiles. Son silence sur la vie de Jésus est plus éloquent que tout le reste. Son Christ ne se rattache à aucun personnage historique précis. En passant, la vie de St-Paul est fascinante..je suggère fortement les lectures sur ce père de l'église;

6) La foi est la seule façon d'expliquer de manière cohérente l'ensemble des miracles et des actes surnaturels présents dans les évangiles. Si Jésus est le fils de Dieu alors bien-sûr il a pu vivre une vie semblable (c'est-à-dire surnaturelle) à celle racontée par les évangélistes. Toutefois, sur ce point précis aussi, on observe trop de contradiction dans la Bible.

7) Il faut expliquer aussi les silences des historiens de l'époque sur Jésus qui ayant vraiment accompli tous ces miracles aurait du être nécessairement remarqué des intellectuels de son époque (philosophes, historiens, hommes politiques etc…);

En fait, un seul historien mentionne Jésus, il s'agit de Flavius-Josèphe, historien juif du début de notre ère. Quelques lignes dans une oeuvre immense, et je cite:

« A cette époque-là, il y eut un homme sage nommé Jésus dont la conduite était bonne ; ses vertus furent reconnues. Et beaucoup de Juifs et d’autres peuples se firent ses disciples. Et le gouverneur romain, Pilate, le condamna à être crucifié et à mourir.Mais ceux qui étaient ses disciples préchèrent sa doctrine. Ils racontent qu’il leur apparut trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Peut-être était-il le Messie dont les prophètes avaient annoncé la venue […]. » Flavius-Josèphe, Antiquités judaïques, vers 93-94.

C'est très peu...

8) Autre argument logique et de bon sens: Jésus, fils de Dieu aurait pu venir sur Terre a n'importe qu'elle époque; les malheurs qui frappent notre bonne vieille planète ne datant pas d'hier sa présence aurait été justifiée tout au long de l'histoire de l'humanité. Hors voilà qu'il apparaît justement au moment le plus vraisemblable : Tout le monde attend et espère un Messie, un Sauveur. En ce premier siècle de notre ère la venue d'un tel personnage est considérée en Palestine comme imminente et les signes accompagnant sa venue sont bien connus de tous. Dans ce contexte comment faire la différence entre l'existence réelle d'un personnage remplissant par ses actes toutes les prophéties des écritures et l'invention pure et simple du dit personnage pour donner corps au mythe.

9) Les rationalistes comme moi doivent donc rester cohérent et rejeter la plus grande partie des faits relatifs à l'histoire de Jésus. Tous les événements surnaturels étant exclus par définition d'une grille de lecture rationnelle de la Bible. La tentative de réinterprétation rationnelle des événements miraculeux par certains auteurs est trop invraisemblable et improbable pour y accorder un quelconque crédit. En définitive, le Jésus qui reste après cette analyse est bien différent de celui des évangiles et a tout jamais différent .

Malgré toutes les tentatives de biographies pseudo-historiques tirées des évangiles et quel que soit le talent de leurs auteurs, Jésus demeure un personnage "sur-humain" qui ne ressemble à aucun philosophe ou sage de l'Antiquité. Ses actes et ses paroles rapportés par les évangiles en font un personnage irréel qui agit selon un destin qu'il semble tout à la fois connaître (puisqu'il est le fils de Dieu et donc divin lui aussi) et redouter ou ne pas comprendre (ses dernières paroles sur la croix).

10) Donc seule la foi profonde (qui est prête à aller à l'encontre des faits) est capable de trouver une cohérence dans tout cela. Pour un croyant, toutes les pièces du puzzle s'agencent parfaitement dans ce mystère divin même si aucune preuve absolue n'existe pour la consacrer définitivement.

Mille excuses...mais la vie en vaut la peine pour elle-même...

lundi, juillet 25, 2005

Saint Paul à La Minerve...

Est-ce que j'ai l'esprit complètement perturbé par mes lectures nocturnes?? j'ai l'impression de toujours voir des symboles antiques partout...

Je suis allé au mariage de mon frère ce week-end, parfaitement réussi, dans une magnifique petite église...

La cérémonie avait lieu au Village de La Minerve (50 ou 60 kms au nord de Tremblant) ...comment ce petit village colonisé à la fin du XIXe s. a bien pu hériter du nom de cette déesse romaine "Minerve" ? En fait, il semble que des journalistes du journal montréalais La Minerve (1826-1899) soient venus dans la région entre 1880 et 1885 et aient publié une série de reportages....En effet, un certain courant intellectuel montréalais, au 19e s., était influencé par la mode néo-classique européenne où les symboles des dieux gréco-romains étaient de nouveau de bon goût...d'où le nom du Journal et la transmission par la suite dans les Laurentides....Voici donc l'explication pour la déesse...

En plus de voir heureux frérot et sa fiancée, un des moments les plus touchants du week-end (pour moi) fût une lecture faîte par Fiston durant la cérémonie de mariage..Fiston a lu la première lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens...ainsi dans ce jubé de l'église au nom d'une déesse romaine, fiston lisait un texte remontant à 2 000 ans et participait ainsi sans même le savoir à la transmission d'un des textes fondateurs de l'Occident...c'est Thierry Hentsch qui aurait été content!!

Heureux père

dimanche, avril 24, 2005

"Y'avait du monde à messe...."

J'arrive d'une belle messe et d'une longue promenade pour le transfert des restes mortels de Marguerite-Bourgeoys.

Ce matin, les restes de la première institutrice de Montréal ont quitté, dans un grand coffret en bois, la maison-mère de la Congrégation Notre-Dame, communauté religieuse qu'elle a fondée il y a près de 350 ans.

J'ai assisté avec un millier de personnes à une messe splendide et émouvante en son honneur à la basilique Notre-Dame. Par la suite, 2 000 personnes ont participé à une grande procession, dimanche vers 13h00, sur la rue Notre-Dame (fermée pour l'occasion) pour accompagner le tombeau de sainte Marguerite Bourgeoys dans le Vieux-Montréal, à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, dont elle est aussi la fondatrice.


Le tombeau de Marguerite Bourgeoys à la sortie de la Basilique Notre-Dame (24 avril 2005)

Les soeurs de la Congrégations Notre-Dame que je commence à bien connaître étaient aux anges...

C'était particulier de voir autant de gens vouloir toucher le tombeau de Sainte-Marguerite-Bourgeoys et d'avoir le sentiment d'avoir assisté à une des dernières grandes processions religieuses de l'histoire du Québec...et peut-être d'assister à la naissance d'un nouveau lieu de pélérinage à Montréal!

Marguerite Bourgeoys est décédée à Montréal le 12 janvier 1700.

Au cours des 305 dernières années, ses ossements ont été déplacés à au moins cinq reprises, à la suite d'incendies ou de démolitions des propriétés des religieuses. Cette fois, ce sont des déménageurs qui sont en cause. Comme les effectifs de la Congrégation de Notre-Dame diminuent rapidement, et que les religieuses plus âgées déménagent vers de plus petites résidences ou infirmeries, la Congrégation s'apprête à remettre sa vaste maison-mère de l'avenue Westmount, aujourd'hui presque désertée, au Collège Marianopolis, ce printemps.
Elle a été canonisée le 31 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II.