Maintenant que Paul a rendu les armes (voir billet précédent), je peux retourner aux plaisirs de l'ancien et du moderne....
J'ai malheureusement terminé mon gros Dictionnaire de l'Antiquité (voir mon billet sur ce livre) la semaine dernière ; je dirai que j'en ai lu les 2/3, sautant quelques notices moins intéressantes de temps en temps... j'avais pris l'habitude de lire quelques dizaines de pages chaque soir depuis un bout...je m'ennuyais de cette lecture qui m'est rendue réconfortante...
J'ai donc entrepris cette semaine la lecture d'une nouvelle somme (de près de 900 p.) qui est l'autre grande nouveauté dans l'édition sur le sujet, soit: "L'empire gréco-romain" de Paul Veyne (éditions du Seuil, 2005) ...
Paul Veyne occupe dans l'historiographie française de l'Antiquité une position singulière, et l'on ne sait si le qualificatif qui lui convient le mieux est celui d'agitateur ou de décapeur. La lecture de son dernier livre - constitué de douze études publiées antérieurement mais largement remaniées et amplifiées - incite à choisir le dernier terme, car, avec le style inimitable , fait d'élégance raffinée dans le choix des mots et d'audace dans les images, Veyne bouscule les certitudes et démonte les idées reçues. Il ne se contente pas des définitions et des explications acquises, et pose à nouveau les questions auxquelles on croyait avoir répondu depuis longtemps, entre autres:
Qu'est-ce qu'un empereur romain ? Y eut-il une classe moyenne à Rome ? Comment les Grecs ont-ils réussi à s'accommoder de la domination politique de Rome ? Pourquoi l'art gréco-romain a-t-il pris fin ? etc
Son chapitre sur la classe moyenne durant l'antiquité m'intriguait fortement... existait-il une classe moyenne à Rome il y a deux mille ans? Il semble que oui malgré ce que beaucoup en pense selon l'analyse fascinante de Paul Veyne (p.117-161). En effet, selon Aristote (cité par Veyne) : "dans toutes cités, il y a trois parties, les très riches, les très pauvres et troisièment ceux qui étaient intermédiaires (mesoi) entre les précédents". Ils s'agissaient essentiellement de commerçants de tout acabits mais aussi de petits rentiers du sol, vivant en ville et formant une espèce de nouvelle bourgeoisie.
Mais ne nous trompons pas, rien à voir avec la classe moyenne de nos sociétés occidentales d'aujourd'hui: à Rome à l'an 0, il y avait une minuscule classe de très, très riches, une très petite classe moyenne et une vaste majorité de gens très pauvres. Mais il y avait classe moyenne.
En fait, le Rome d'alors était (selon des analyses spéculatives de spécialistes très savants) environ 20 fois plus pauvre que le Montréal d'aujourd'hui. Rome, le centre du monde antique à cette époque, avait le niveau de vie et les répartitions de richesse similaire à une grande ville africaine du XXIe siècle. Rome était la plus riche, dans une époque beaucoup plus pauvre qu'aujourd'hui.
Les recherches des dernières décennies ont permis de découvrir des témoignage sur les valeurs de cette fameuse "classe moyenne antique". Selon Paul Veyne, leurs valeurs se résumaient ainsi: l'hédonisme, l'art de vivre heureux mais en concordance avec l'influence d'Horace: avant la mort tout s'achève, il est sage de jouir de ses biens mais en ayant le geste large envers son entourage. Valeurs uniques qui n'étaient partagés ni par les très riches de l'époque ni par les très pauvres trop occupés à survivre.
En lisant l'éditorial très récent du journal montréalais La Presse du dimanche 15 janvier 2006 qui portait sur les valeurs des Québécois en relation avec l'argent, j'ai eu un (petit!) choc...En effet, le parrallèle était frappant avec les conclusions de Paul Veyne. Selon le études citées par Mario Roy de La Presse, le Québécois "moyen" de 2006 est caractérisé par une approche hédoniste teintée de la volonté d'aider ses proches. Dépensons nos biens avant de mourir serait aussi l'adage de mes concitoyens...
La classe moyenne romaine (pré-chrétienne) semble en définitive ressembler beaucoup plus que l'on pourrait penser à la classe moyenne québécoise (post-chrétienne) d'aujourd'hui....c'est Horace qui serait content!
mercredi, janvier 18, 2006
vendredi, janvier 13, 2006
Paul, Daniel et Danny Torrence
J'ai deux grands amis qui sont de fabuleux mélomanes: Paul très éclectique et Daniel branché surtout sur la musique de jazz et les dernières versions électroniques. Daniel doit bien avoir 3 ou 4000 chansons sur son Ipod et Paul des centaines de CDs (sinon des milliers) et un ipod en plus. Malgré leurs connaissances supérieures de ses choses, ils ne font pas partager ce savoir avec leurs amis. Au hasard d'une brève promenade en automobile, oui on a droit à un extrait musical ou encore lors d'une de nos escales noctures, on pourra nous parler brièvement d'un coup de coeur musical entre deux "drinks"...sinon le néant, Niet! on garde tout pour soi!
C'est pourquoi, pauvre incompétent que je suis en ses matières, je dois prendre le relais et vous parlez de temps en temps de la scène musicale montréalaise (voir par exemple, mon billet du 17 septembre sur ce sujet). Je délaisse alors les plaisirs de l'ancien et du moderne.
Et encore cette fois-ci, pendant que Paul et Daniel écoute leurs musiques en solitaire, lui dans son auto, l'autre à son chalet, moi je dois vous parler du nouveau DJ de l'heure: Danny Torrence, un montréalais qui a fait de nombreux stages de Djing auprès de David Morales. Je dois en parler parce que:
1) Cela aussi correspond à Montréal et à la modernité
2) J'aime cette musique (le house)
3) et que l'on en parle pas assez sauf dans des réseaux très spécialisés.
Et tant que mon ami Paul ne lancera pas son blogue sur la musique tel qu'il me l'a déjà promis jadis naguère, je me sentirai obligé d'écrire sur le sujet en attendant que Messieurs mes amis s'ouvrent sur le monde qui les entourent...
Revenons à Danny Torrence puisqu'il le faut bien...Je reprends ici à la suite un extrait d'une entrevue faite cette semaine. Bonne lecture!
"Après Tiga, Champion et autres, si on me demandait quel est le prochain Dj Montréalais à passer au niveau international, je répondrais probablement Danny Torrence. Pas pour un son révolutionnaire. Pas pour un concept fabuleux. Pour une recette qui a fait ses preuves dans tout les domaines. Une bonne dose de talent, mêlée à une tasse de détermination, une once de méthode et une pincée de chance.
« Je ne pensait pas que le djing m’apporterait un salaire, je faisais ça comme passe-temps! » Nous raconte Danny quand il parle de ses premières années. « C’est vraiment à New-York que j’ai assisté à ma première prestation after-hour avec Junior Vasquez au club Twilo C’était vraiment le début de l’époque « Dj god ». En revenant j’ai découvert le Sona et je me suis tenu là pendant un bout de temps. On n’entendait pas beaucoup parler du Stereo à l’époque. C’était vraiment underground. C’est pourtant là que j’ai eu ma révélation quand j’y ai entendu David Morales! 4 ans plus tard je suis dans la scène underground et je travaille pour lui! C’est vraiment un magicien de la manipulation sonore. Danny Tenaglia, mon autre mentor, a toujours une programmation impeccable. Il va construire une soirée progressivement pour qu’au moment propice la fureur de la foule se déchaîne. J’ai vraiment de la chance d’avoir rencontré ces gars-là!
Danny est selon lui en avance sur ses objectifs « 2005 était une année ou je voulais me faire connaître et élargir ma crowd montréalaise. Je suis maintenant un de ceux qui n’est pas reconnu comme un Dj gay ou strait. C’est vraiment un avantage. Il adore jouer pour les deux. Mon autre objectif était de jouer outre-mer. J’ai donc joué en Sicile aux cotés du légendaire Paul Oakenfold dans un stade de football et à Ibiza pour le Dirty Ibiza @ Penelope’s.
2006 sera vraiment axée sur la visibilité internationale et sur la production. Je crois que j’ai fait un bon boulot à Montréal. J’ai bien entendu d’autres petits projets mais je les garderai secrets pour l’instant! »
C'est pourquoi, pauvre incompétent que je suis en ses matières, je dois prendre le relais et vous parlez de temps en temps de la scène musicale montréalaise (voir par exemple, mon billet du 17 septembre sur ce sujet). Je délaisse alors les plaisirs de l'ancien et du moderne.
Et encore cette fois-ci, pendant que Paul et Daniel écoute leurs musiques en solitaire, lui dans son auto, l'autre à son chalet, moi je dois vous parler du nouveau DJ de l'heure: Danny Torrence, un montréalais qui a fait de nombreux stages de Djing auprès de David Morales. Je dois en parler parce que:
1) Cela aussi correspond à Montréal et à la modernité
2) J'aime cette musique (le house)
3) et que l'on en parle pas assez sauf dans des réseaux très spécialisés.
Et tant que mon ami Paul ne lancera pas son blogue sur la musique tel qu'il me l'a déjà promis jadis naguère, je me sentirai obligé d'écrire sur le sujet en attendant que Messieurs mes amis s'ouvrent sur le monde qui les entourent...
Revenons à Danny Torrence puisqu'il le faut bien...Je reprends ici à la suite un extrait d'une entrevue faite cette semaine. Bonne lecture!
"Après Tiga, Champion et autres, si on me demandait quel est le prochain Dj Montréalais à passer au niveau international, je répondrais probablement Danny Torrence. Pas pour un son révolutionnaire. Pas pour un concept fabuleux. Pour une recette qui a fait ses preuves dans tout les domaines. Une bonne dose de talent, mêlée à une tasse de détermination, une once de méthode et une pincée de chance.
« Je ne pensait pas que le djing m’apporterait un salaire, je faisais ça comme passe-temps! » Nous raconte Danny quand il parle de ses premières années. « C’est vraiment à New-York que j’ai assisté à ma première prestation after-hour avec Junior Vasquez au club Twilo C’était vraiment le début de l’époque « Dj god ». En revenant j’ai découvert le Sona et je me suis tenu là pendant un bout de temps. On n’entendait pas beaucoup parler du Stereo à l’époque. C’était vraiment underground. C’est pourtant là que j’ai eu ma révélation quand j’y ai entendu David Morales! 4 ans plus tard je suis dans la scène underground et je travaille pour lui! C’est vraiment un magicien de la manipulation sonore. Danny Tenaglia, mon autre mentor, a toujours une programmation impeccable. Il va construire une soirée progressivement pour qu’au moment propice la fureur de la foule se déchaîne. J’ai vraiment de la chance d’avoir rencontré ces gars-là!
Danny est selon lui en avance sur ses objectifs « 2005 était une année ou je voulais me faire connaître et élargir ma crowd montréalaise. Je suis maintenant un de ceux qui n’est pas reconnu comme un Dj gay ou strait. C’est vraiment un avantage. Il adore jouer pour les deux. Mon autre objectif était de jouer outre-mer. J’ai donc joué en Sicile aux cotés du légendaire Paul Oakenfold dans un stade de football et à Ibiza pour le Dirty Ibiza @ Penelope’s.
2006 sera vraiment axée sur la visibilité internationale et sur la production. Je crois que j’ai fait un bon boulot à Montréal. J’ai bien entendu d’autres petits projets mais je les garderai secrets pour l’instant! »
mercredi, janvier 11, 2006
Mes souvenirs de la Sicile grecque
Mai 1999
Nous prenons le traversier pour Messine. Petite traversée d’à peine vingt minutes où nous apercevons enfin le cœur du voyage : la Sicile. Cette Sicile qui m’apparaît entourée de paysages escarpés et où l’on retrouve les restes de cette Grande Grèce. L’Etna, à l’horizon, faisait des merveilles.
Aussi blasé que l’on soit, aussi préparé à toutes les splendeurs, la fraîcheur de la Sicile m’apparaît éternelle. Elle me charme déjà, elle enjôle l’œil avec les nuages, l’Etna et les autres montagnes ainsi que la ligne bleue du littoral. J’aimerais rester des heures assis dans une chaise longue à contempler et à méditer sur l’instinct et l’art des Grecs. Pourquoi cette fin et surtout cet oubli ?
Je pense à Lawrence Durrell, né en 1912, et qui fut probablement de la dernière génération de cette grande culture classique, de ceux qui connaissaient parfaitement l’histoire, la culture et les langues latines et grecques et qui a tenté une réponse à ma question suite à son dernier voyage en Sicile (au début des années 80).
" Parce que c’est le lot de toute chose, je suppose. Et me voilà enfin ici, après tant d’années, avec mes adieux éblouis, moi, le produit d’une autre culture chancelante, condamnée au même déclin ou à la même mort, plus vite encore peut-être [...] "
Cela fait à peine quelques heures que je suis en Sicile et je me sens déjà nostalgique de quelques choses que je n’ai jamais connu... soit l'idée ancienne de l'humanisme, inspirée par les grecs. Pendant des centaines d’années et jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale peut-être, plusieurs générations d'intellectuels pensaient pouvoir bien amorcer la compréhension du monde en maîtrisant les œuvres et l’histoire classiques...une culture générale commune, une lignée qui représentaient un idéal.
La citation suivante d'Albert Camus illustrait bien ce sentiment:
"L’ignorance reconnue, le refus du fatalisme, les bornes du monde et de l’homme, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs"
C’était la base de tout bon Occidental. Maintenant, tout cela est disparu en même temps que Lawrence Durrell. On ne peut qu’aspirer, au mieux, à devenir un bon spécialiste maîtrisant un créneau bien particulier.
De façon inéluctable, la société se fragmente et est déjà rendue ailleurs ; s’éloignant de moi de plus en plus. Je veux rester farouchement moderne et comprendre les différents courants qui m’entourent mais j’aime beaucoup cette idée de marcher sur une piste que bien d’autres ont suivi avant, même s’il doit s’agir d’une promenade solitaire.
Ce sentier néo-classique est d’autant plus stimulant qu’on y côtoie les " Anciens " humanistes mais aussi ceux qui, plus tard, ont voulu les débusquer : de Montaigne à Voltaire, de Dante à Stendhal ; sans oublier tous les peintres et sculpteurs de la Renaissance à Picasso.
Je me reconcentre sur mes premières heures en sol sicilien. Quel plaisir de marcher le long des rues étroites de Toarmina. C’est un endroit où aller avec sa blonde, c’est très romantique. Le théâtre grec de Toarmina est par ailleurs splendide. Pour illustrer l’effet que peut avoir ce lieu, je citerai Guy de Maupassant (1886) :
" Un homme n’aurait à passer qu’un jour en Sicile et demanderait : Que faut-il voir ? Je lui répondrais sans hésiter : Toarmina. Ce n’est qu’un paysage mais un paysage où l’on trouve tout ce qui semble fait sur la terre pour séduire les yeux, l’esprit et l’imagination. Le village est accroché sur une grande montagne, comme s’il eut coulé du sommet [...] "
Nous avons passé notre première nuit sicilienne à Naxus (le site d’une ancienne ville grecque détruite durant l’Antiquité). De mon balcon, je peux voir l’Etna. À cet endroit, nous avons eu une conférence d’une universitaire italienne, (Daniella de Toarmina... un nom incroyable et prédestiné), sur l’influence de l’Etna dans la littérature de l’Antiquité. Elle parla beaucoup du philosophe Empédocle qui se serait suicidé en se jetant dans l’Etna en laissant ses sandales sur le bord du cratère….
J’écris ces lignes avant de me coucher, après avoir pris plusieurs verres à la santé de la modernité...
--------------------------------------------------
Extrait de mon Journal de voyage en Italie (1999)
Nous prenons le traversier pour Messine. Petite traversée d’à peine vingt minutes où nous apercevons enfin le cœur du voyage : la Sicile. Cette Sicile qui m’apparaît entourée de paysages escarpés et où l’on retrouve les restes de cette Grande Grèce. L’Etna, à l’horizon, faisait des merveilles.
Aussi blasé que l’on soit, aussi préparé à toutes les splendeurs, la fraîcheur de la Sicile m’apparaît éternelle. Elle me charme déjà, elle enjôle l’œil avec les nuages, l’Etna et les autres montagnes ainsi que la ligne bleue du littoral. J’aimerais rester des heures assis dans une chaise longue à contempler et à méditer sur l’instinct et l’art des Grecs. Pourquoi cette fin et surtout cet oubli ?
Je pense à Lawrence Durrell, né en 1912, et qui fut probablement de la dernière génération de cette grande culture classique, de ceux qui connaissaient parfaitement l’histoire, la culture et les langues latines et grecques et qui a tenté une réponse à ma question suite à son dernier voyage en Sicile (au début des années 80).
" Parce que c’est le lot de toute chose, je suppose. Et me voilà enfin ici, après tant d’années, avec mes adieux éblouis, moi, le produit d’une autre culture chancelante, condamnée au même déclin ou à la même mort, plus vite encore peut-être [...] "
Cela fait à peine quelques heures que je suis en Sicile et je me sens déjà nostalgique de quelques choses que je n’ai jamais connu... soit l'idée ancienne de l'humanisme, inspirée par les grecs. Pendant des centaines d’années et jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale peut-être, plusieurs générations d'intellectuels pensaient pouvoir bien amorcer la compréhension du monde en maîtrisant les œuvres et l’histoire classiques...une culture générale commune, une lignée qui représentaient un idéal.
La citation suivante d'Albert Camus illustrait bien ce sentiment:
"L’ignorance reconnue, le refus du fatalisme, les bornes du monde et de l’homme, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs"
C’était la base de tout bon Occidental. Maintenant, tout cela est disparu en même temps que Lawrence Durrell. On ne peut qu’aspirer, au mieux, à devenir un bon spécialiste maîtrisant un créneau bien particulier.
De façon inéluctable, la société se fragmente et est déjà rendue ailleurs ; s’éloignant de moi de plus en plus. Je veux rester farouchement moderne et comprendre les différents courants qui m’entourent mais j’aime beaucoup cette idée de marcher sur une piste que bien d’autres ont suivi avant, même s’il doit s’agir d’une promenade solitaire.
Ce sentier néo-classique est d’autant plus stimulant qu’on y côtoie les " Anciens " humanistes mais aussi ceux qui, plus tard, ont voulu les débusquer : de Montaigne à Voltaire, de Dante à Stendhal ; sans oublier tous les peintres et sculpteurs de la Renaissance à Picasso.
Je me reconcentre sur mes premières heures en sol sicilien. Quel plaisir de marcher le long des rues étroites de Toarmina. C’est un endroit où aller avec sa blonde, c’est très romantique. Le théâtre grec de Toarmina est par ailleurs splendide. Pour illustrer l’effet que peut avoir ce lieu, je citerai Guy de Maupassant (1886) :
" Un homme n’aurait à passer qu’un jour en Sicile et demanderait : Que faut-il voir ? Je lui répondrais sans hésiter : Toarmina. Ce n’est qu’un paysage mais un paysage où l’on trouve tout ce qui semble fait sur la terre pour séduire les yeux, l’esprit et l’imagination. Le village est accroché sur une grande montagne, comme s’il eut coulé du sommet [...] "
Nous avons passé notre première nuit sicilienne à Naxus (le site d’une ancienne ville grecque détruite durant l’Antiquité). De mon balcon, je peux voir l’Etna. À cet endroit, nous avons eu une conférence d’une universitaire italienne, (Daniella de Toarmina... un nom incroyable et prédestiné), sur l’influence de l’Etna dans la littérature de l’Antiquité. Elle parla beaucoup du philosophe Empédocle qui se serait suicidé en se jetant dans l’Etna en laissant ses sandales sur le bord du cratère….
J’écris ces lignes avant de me coucher, après avoir pris plusieurs verres à la santé de la modernité...
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Extrait de mon Journal de voyage en Italie (1999)
mercredi, décembre 21, 2005
La Chine
Je n'aime pas la Chine. Plus précisemment, je passe ma vie sans ressentir la moindre émotion pour ce pays du Levant
Je sais, je sais, ce n'est pas très hot(!) ces temps-ci de ne pas tripper sur la Chine mais bon c'est comme cela.
Le plus intéressant, c'est que je me demandais depuis un bout pourquoi je n'étais pas fasciné par cet immense pays alors que nos médias en vente les mérites...je viens, au hasard d'une lecture, d'en découvrir la raison. En fait, c'est assez simple:
La Chine est la seule civilisation à ne pas avoir produit d'épopée.
Eh oui! Malgré ce que vous pouvez en penser, cette spécificité n'est pas du tout anecdotique...
Pour les Chinois, l'épopée ne signifie pas grand'chose parcequ'elle magnifie l'action d'un sujet solitaire, un héros transformant le monde. La Chine s'est donc en définitive l'opposé de la Grèce antique et par extrapolation de l'Occident. Pas d'Homère en Chine, ni de Virgile, mais pas plus de Dante, de Victor Hugo ou d'Honoré de Balzact...Niet...
Cela illustre très bien la mentalité de ce pays que je respecte mais qui ne peut m'attirer...
Je sais, je sais, ce n'est pas très hot(!) ces temps-ci de ne pas tripper sur la Chine mais bon c'est comme cela.
Le plus intéressant, c'est que je me demandais depuis un bout pourquoi je n'étais pas fasciné par cet immense pays alors que nos médias en vente les mérites...je viens, au hasard d'une lecture, d'en découvrir la raison. En fait, c'est assez simple:
La Chine est la seule civilisation à ne pas avoir produit d'épopée.
Eh oui! Malgré ce que vous pouvez en penser, cette spécificité n'est pas du tout anecdotique...
Pour les Chinois, l'épopée ne signifie pas grand'chose parcequ'elle magnifie l'action d'un sujet solitaire, un héros transformant le monde. La Chine s'est donc en définitive l'opposé de la Grèce antique et par extrapolation de l'Occident. Pas d'Homère en Chine, ni de Virgile, mais pas plus de Dante, de Victor Hugo ou d'Honoré de Balzact...Niet...
Cela illustre très bien la mentalité de ce pays que je respecte mais qui ne peut m'attirer...
dimanche, décembre 18, 2005
Mon compteur- 7 jours
Stéphanie m'a installé un compteur (Merci!) sur mon blogue dimanche dernier, il y a exactement une semaine. Curiosité malsaine puisque je n'écris pas pour le nombre, ais-je précisé dans un billet il y a 6 mois Pourquoi ce blogue? Un bilan. On doit vivre et assumer ses contradictions...
Résultats: pas loin de 400 pages vues, par plus de 200 personnes différentes en une semaine. Sans pouvoir (ni vouloir...) connaître la provenance individuelle des visiteurs de mon blogue, je peux en déduire qu'il y a une cinquantaine de réguliers qui vont sur mon site de temps en temps (j'imagine pour vérifier s'il n'y a pas un ajout). La majorité des visiteurs le font suite à une requête sur un outil de recherche (style Google--ex: recherche sur l'antiquité, la musique électronique, Alexandre le Grand) .
NB Pour les intéressés, je suis rendu à la lettre E (plus précisement à une longue notice super intéressante "Éducation (Grèce et Rome)") dans mon Dictionnaire de l'Antiquité.
Résultats: pas loin de 400 pages vues, par plus de 200 personnes différentes en une semaine. Sans pouvoir (ni vouloir...) connaître la provenance individuelle des visiteurs de mon blogue, je peux en déduire qu'il y a une cinquantaine de réguliers qui vont sur mon site de temps en temps (j'imagine pour vérifier s'il n'y a pas un ajout). La majorité des visiteurs le font suite à une requête sur un outil de recherche (style Google--ex: recherche sur l'antiquité, la musique électronique, Alexandre le Grand) .
NB Pour les intéressés, je suis rendu à la lettre E (plus précisement à une longue notice super intéressante "Éducation (Grèce et Rome)") dans mon Dictionnaire de l'Antiquité.
Mon frère, la modernité et l'hypermodernité...
Ça ne sera pas une habitude mais après les billets, Ma soeur et Jules César et Fiston et le communisme primitif en voici un autre en lien cette fois-ci avec mon frère...
Il y a un petit bout, mes deux frères et moi allions de temps en temps prendre un verre au bar le Sergent-Recruteur (sur St-Laurent à Montréal). Nous discutions de toutes sortes de sujets vaguement existentialistes lorsqu'un jour j'émis un commentaire sur la modernité. Frérot me rappella à l'ordre à juste titre en me confirmant que la modernité était morte quelques part dans la première moitié du XXe siècle et que nous étions rentré depuis dans l'ère post-moderne.
Nous n'étions plus moderne. Nous étions post-moderne. Bon.
Mon frère finissant à l'époque son 3e cycle en sociologie, dans mon esprit le débat était clos. J'ai lu un peu là-dessus (le concept de post-modernité) et toute la littérature (ou à peu près) confirme les propos de mon docte frérot...cad (en résumé) qu'on pourrait définir la société actuelle sous l'angle de la post-modernité caractérisée par l'éclatement des références temporelles, le mélange des époques et de leurs styles. La bonne gestion et la recherche du bien-être remplacent la volonté de transformation collective de la société.
Le tout semblait sans appel et me gardait un goût (intellectuel) légèrement amère puisque peu en confirmité avec ma mentalité par trop optimiste.
Et puis, une autre lumière fût. En fouillant un peu là-dessus sur internet, je mis la main (ou plutôt les yeux...) il y a à peine un mois sur les développements récents du philosophe français Gilles Lipovetsky sur l'hypermodernité.
En gros, le professeur Lipovetsky tente de remplacer le concept de la postmodernité par l'hypermodernité, parce que la post-modernité ne décrit plus notre époque de façon satisfaisante selon lui. "Le postmodernisme sous-entend que le modernisme est révolu, alors que ce n'est pas le cas", explique le professeur. Avec l'hypermodernité, on démontre plutôt que les principes du modernisme – le marché, la science, la démocratie et les droits de l'homme – se sont radicalisés."
On serait donc peut-être dans l'ère de l'hypermodernité... Gilles Lipovetsky la définit comme cette période contemporaine où chaque aspect de l'existence présente un versant d'excès et une dualité.
Pour m'y retrouver, résumons (de façon modeste et téméraire) les deux premiers concepts et terminons par un extrait de Lipovetsky sur l'hypermodernité:
1) Modernité (en lien direct avec le siècle des Lumières en France)
-progrès par les lois du marché
-les vertus de la science
-la démocratie
-les droits de l'homme
2) Post-modernité
- profit en tout
- Suprématie de l'individu
- fragmentation de la société
3) et enfin l'Hypermodernité
(qui m'apparaît être un concept à la fois sociologique et philosophique)
Selon Lipovetsky:
" Le concept de postmodernité avait pour défaut de nous faire croire que nous étions sortis de la modernité, qu’une rupture réelle avait eu lieu. Or, nous ne pensons ni ne vivons en dehors de la modernité, nous ne faisons qu’en approfondir les enjeux les plus profonds, et c’est pourquoi la notion d’hypermodernité permet de mieux penser les nouveaux rapports des individus contemporains à l’égard d’autrui et d’eux-mêmes. Penser l’hypermodernité, c’est comprendre la relation nouvelle entretenue par chacun à l’égard de son statut social et de son temps, de plus en plus marquée par une logique consumériste, mais aussi à l’égard d’autrui et de soi. C’est aussi comprendre ce que nous réserve ce futur hypermoderne dont la complexité est à la fois de nous promettre le meilleur et de nous faire craindre le pire…
Le tout n'est pas sans danger et problèmes. Cette dualité peut provoquer une profonde anxiété. De là peut naître finalement un rapport crispé au présent, où triomphe le règne de l'émotivité angoissée, où l'effondrement des traditions est vécu sur le mode de l'inquiétude et non sur celui de la conquête de libertés. Mais l'hypermodernité est également une chance à saisir, celle d'une responsabilisation renouvelée du sujet. "
Donc un gros défi, mais contrairement à la post-modernité, au moins il semble qu'il y en ait un pour nous, simples mortels. Donc des pistes vers un avenir sociétal qui ne sera pas uniquement dans la pénombre...
Source: G. Lipovetsky (avec Sébastien Charles), Les temps hypermodernes , Paris, Grasset, 2004
Il y a un petit bout, mes deux frères et moi allions de temps en temps prendre un verre au bar le Sergent-Recruteur (sur St-Laurent à Montréal). Nous discutions de toutes sortes de sujets vaguement existentialistes lorsqu'un jour j'émis un commentaire sur la modernité. Frérot me rappella à l'ordre à juste titre en me confirmant que la modernité était morte quelques part dans la première moitié du XXe siècle et que nous étions rentré depuis dans l'ère post-moderne.
Nous n'étions plus moderne. Nous étions post-moderne. Bon.
Mon frère finissant à l'époque son 3e cycle en sociologie, dans mon esprit le débat était clos. J'ai lu un peu là-dessus (le concept de post-modernité) et toute la littérature (ou à peu près) confirme les propos de mon docte frérot...cad (en résumé) qu'on pourrait définir la société actuelle sous l'angle de la post-modernité caractérisée par l'éclatement des références temporelles, le mélange des époques et de leurs styles. La bonne gestion et la recherche du bien-être remplacent la volonté de transformation collective de la société.
Le tout semblait sans appel et me gardait un goût (intellectuel) légèrement amère puisque peu en confirmité avec ma mentalité par trop optimiste.
Et puis, une autre lumière fût. En fouillant un peu là-dessus sur internet, je mis la main (ou plutôt les yeux...) il y a à peine un mois sur les développements récents du philosophe français Gilles Lipovetsky sur l'hypermodernité.
En gros, le professeur Lipovetsky tente de remplacer le concept de la postmodernité par l'hypermodernité, parce que la post-modernité ne décrit plus notre époque de façon satisfaisante selon lui. "Le postmodernisme sous-entend que le modernisme est révolu, alors que ce n'est pas le cas", explique le professeur. Avec l'hypermodernité, on démontre plutôt que les principes du modernisme – le marché, la science, la démocratie et les droits de l'homme – se sont radicalisés."
On serait donc peut-être dans l'ère de l'hypermodernité... Gilles Lipovetsky la définit comme cette période contemporaine où chaque aspect de l'existence présente un versant d'excès et une dualité.
Pour m'y retrouver, résumons (de façon modeste et téméraire) les deux premiers concepts et terminons par un extrait de Lipovetsky sur l'hypermodernité:
1) Modernité (en lien direct avec le siècle des Lumières en France)
-progrès par les lois du marché
-les vertus de la science
-la démocratie
-les droits de l'homme
2) Post-modernité
- profit en tout
- Suprématie de l'individu
- fragmentation de la société
3) et enfin l'Hypermodernité
(qui m'apparaît être un concept à la fois sociologique et philosophique)
Selon Lipovetsky:
" Le concept de postmodernité avait pour défaut de nous faire croire que nous étions sortis de la modernité, qu’une rupture réelle avait eu lieu. Or, nous ne pensons ni ne vivons en dehors de la modernité, nous ne faisons qu’en approfondir les enjeux les plus profonds, et c’est pourquoi la notion d’hypermodernité permet de mieux penser les nouveaux rapports des individus contemporains à l’égard d’autrui et d’eux-mêmes. Penser l’hypermodernité, c’est comprendre la relation nouvelle entretenue par chacun à l’égard de son statut social et de son temps, de plus en plus marquée par une logique consumériste, mais aussi à l’égard d’autrui et de soi. C’est aussi comprendre ce que nous réserve ce futur hypermoderne dont la complexité est à la fois de nous promettre le meilleur et de nous faire craindre le pire…
Le tout n'est pas sans danger et problèmes. Cette dualité peut provoquer une profonde anxiété. De là peut naître finalement un rapport crispé au présent, où triomphe le règne de l'émotivité angoissée, où l'effondrement des traditions est vécu sur le mode de l'inquiétude et non sur celui de la conquête de libertés. Mais l'hypermodernité est également une chance à saisir, celle d'une responsabilisation renouvelée du sujet. "
Donc un gros défi, mais contrairement à la post-modernité, au moins il semble qu'il y en ait un pour nous, simples mortels. Donc des pistes vers un avenir sociétal qui ne sera pas uniquement dans la pénombre...
Source: G. Lipovetsky (avec Sébastien Charles), Les temps hypermodernes , Paris, Grasset, 2004
dimanche, décembre 11, 2005
Montréal, la moderne!
Eh oui, Montréal la moderne...
Ceux qui suivent un peu la scène internationale de la musique émergente, savent déjà que Montréal « is the place to be » — comme diraient les anglos — pour ce style musical...en fait, tout comme en musique électronique (voir à cet effet, mon billet du 17 septembre sur ce sujet). Ça fait même plusieurs années que plusieurs le mentionnent régulièrement. C'est toujours un plaisir de voir que cette reconnaissance a des échos à l'étranger. Parce que les adages antiques du type « nul n’est prophète en son pays » ont souvent raison...ça prendra toujours des gens de l’extérieur pour faire réaliser aux concitoyens des WOLF PARADE, THE DEARS, DEATH FROM ABOVE 1979, MALAJUBE et autres TIGA à quel point ils sont chanceux de côtoyer les plusse-meilleurs-groupes-et-DJ-du-monde !
Ainsi, la très sérieuse et crédible radio de BBC, en Angleterre, a concocté, pour ses auditeurs, un documentaire radiophonique d’une demi-heure sur le sujet avec pour titre Montreal or Nothing--un titre révélateur indeed! Plusieurs artistes de la scène locale et aussi canadienne tente de nous expliquer pourquoi la musique qui sort d’ici est si bonne!.
Aussi, le très pertinent site de référence musical Pitchfork a mis en ligne une entrevue avec le groupe montréalais Wolf Parade. Tout ça pour vous dire que 2005 fût définitivement l’année de Montréal au point de vue musical et que, parti comme c’est là, peut-être 2006 le sera aussi…
Source: Merci à Radio-Canada pour la référence au documentaire de la BBC
Ceux qui suivent un peu la scène internationale de la musique émergente, savent déjà que Montréal « is the place to be » — comme diraient les anglos — pour ce style musical...en fait, tout comme en musique électronique (voir à cet effet, mon billet du 17 septembre sur ce sujet). Ça fait même plusieurs années que plusieurs le mentionnent régulièrement. C'est toujours un plaisir de voir que cette reconnaissance a des échos à l'étranger. Parce que les adages antiques du type « nul n’est prophète en son pays » ont souvent raison...ça prendra toujours des gens de l’extérieur pour faire réaliser aux concitoyens des WOLF PARADE, THE DEARS, DEATH FROM ABOVE 1979, MALAJUBE et autres TIGA à quel point ils sont chanceux de côtoyer les plusse-meilleurs-groupes-et-DJ-du-monde !
Ainsi, la très sérieuse et crédible radio de BBC, en Angleterre, a concocté, pour ses auditeurs, un documentaire radiophonique d’une demi-heure sur le sujet avec pour titre Montreal or Nothing--un titre révélateur indeed! Plusieurs artistes de la scène locale et aussi canadienne tente de nous expliquer pourquoi la musique qui sort d’ici est si bonne!.
Aussi, le très pertinent site de référence musical Pitchfork a mis en ligne une entrevue avec le groupe montréalais Wolf Parade. Tout ça pour vous dire que 2005 fût définitivement l’année de Montréal au point de vue musical et que, parti comme c’est là, peut-être 2006 le sera aussi…
Source: Merci à Radio-Canada pour la référence au documentaire de la BBC
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samedi, décembre 10, 2005
La brique Mésopotamienne...
Billet dédié à M. Martin Sauvage
---------------------------------------------
Ne me cherchez plus chers lecteurs de blogues,
Au travail, je n'irai plus,
Aux appels des Sarah de ce monde , je ne répondrai pas;
à mes amis, je ne serai plus accessible;
sur la terre, je serai invisible.
Eh oui, le Dictionnaire de l'antiquité de Jean Leclant (édition PUF) est enfin disponible à Montréal depuis quelques jours.
10 ans de préparation, plus de 2 450 pages, ouvrant sur 3 200 entrées et rédigées par 520 spécialistes: le Dictionnaire de l'Antiquité me suit partout depuis 5 jours. L'ouvrage embrasse, en effet, toute la période de l'Antiquité : l'ensemble des civilisations qui se sont développées autour du Bassin méditerranéen, de la Mare nostrum jusqu'à la vallée du Nil, du IVe millénaire avant J.-C. jusqu'au VIe siècle après J.-C. Un univers antique qu'étudient ici archéologie, épigraphie, philologie, histoire des religions, épistémologie, histoire de l'art et histoire du droit, couvrant elles-mêmes non seulement les événements historiques, mais aussi les savoirs, la société ou les comportements. L'ouvrage le plus ambitieux de la dernière décennie sur le sujet, toutes langues confondues.
Je le lis de façon discipliné en ayant commencé par la première entrée "Aba" (l'intendant de la princesse Nitocris, en Haute-Egypte, au VIIe siècle av. J.-C., ) et j'en étais rendu à l'entrée "Brique" hier soir.
Je suis toujours impressionné de voir comment des intellectuels européens peuvent passer une vie sur des sujets aussi pointus que la brique de mésopotamie (un exemple parmis des milliers d'autres) . C'est pourquoi cette référence et dédicace au plus obscur des chercheurs français de l'Antiquité, Martin Sauvage et son ouvrage de 480 pages sur le sujet...faut le faire!
Sauvage, Martin. La Brique et sa mise en oeuvre en Mésopotamie : des origines à l'époque achéménide. Publié Ministère des affaires étrangères, Paris .1998 .- 482 p.
Bon! je vous laisse pour continuer ma lecture...je suis rendu à l'entrée "Bronze grec"
Ajout: Pour écouter une entrevue récente avec Jean Leclant (coordonateur du Dictionnaire de l'antiquité): http://mail1.mail.latribune.fr/video/23122005.mp3
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Ne me cherchez plus chers lecteurs de blogues,
Au travail, je n'irai plus,
Aux appels des Sarah de ce monde , je ne répondrai pas;
à mes amis, je ne serai plus accessible;
sur la terre, je serai invisible.
Eh oui, le Dictionnaire de l'antiquité de Jean Leclant (édition PUF) est enfin disponible à Montréal depuis quelques jours.
10 ans de préparation, plus de 2 450 pages, ouvrant sur 3 200 entrées et rédigées par 520 spécialistes: le Dictionnaire de l'Antiquité me suit partout depuis 5 jours. L'ouvrage embrasse, en effet, toute la période de l'Antiquité : l'ensemble des civilisations qui se sont développées autour du Bassin méditerranéen, de la Mare nostrum jusqu'à la vallée du Nil, du IVe millénaire avant J.-C. jusqu'au VIe siècle après J.-C. Un univers antique qu'étudient ici archéologie, épigraphie, philologie, histoire des religions, épistémologie, histoire de l'art et histoire du droit, couvrant elles-mêmes non seulement les événements historiques, mais aussi les savoirs, la société ou les comportements. L'ouvrage le plus ambitieux de la dernière décennie sur le sujet, toutes langues confondues.
Je le lis de façon discipliné en ayant commencé par la première entrée "Aba" (l'intendant de la princesse Nitocris, en Haute-Egypte, au VIIe siècle av. J.-C., ) et j'en étais rendu à l'entrée "Brique" hier soir.
Je suis toujours impressionné de voir comment des intellectuels européens peuvent passer une vie sur des sujets aussi pointus que la brique de mésopotamie (un exemple parmis des milliers d'autres) . C'est pourquoi cette référence et dédicace au plus obscur des chercheurs français de l'Antiquité, Martin Sauvage et son ouvrage de 480 pages sur le sujet...faut le faire!
Sauvage, Martin. La Brique et sa mise en oeuvre en Mésopotamie : des origines à l'époque achéménide. Publié Ministère des affaires étrangères, Paris .1998 .- 482 p.
Bon! je vous laisse pour continuer ma lecture...je suis rendu à l'entrée "Bronze grec"
Ajout: Pour écouter une entrevue récente avec Jean Leclant (coordonateur du Dictionnaire de l'antiquité): http://mail1.mail.latribune.fr/video/23122005.mp3
vendredi, décembre 09, 2005
Un parmi 600...
Je viens de recevoir ce courriel...je vais aller feuilletter ce livre en librairie. On me dit qu'il y a des centaines de milliers de blogues francophones...je ne peux pas croire que le mien a été sélectionné...il doit y avoir erreur sur la personne...
L'ancien et le moderne
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Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre blog (http://ancienetmoderne.blogspot.com/) a été sélectionné par le "Guide des blogs francophones 2006", un livre publié par Micro Application, qui vient de paraître il y a quelques semaines. Un peu plus de 600 blogs ont été retenus dans cet ouvrage, qui présente un panel de blogs francophones classés par grandes thématiques. Parmi tous ceux visités, le vôtre a retenu notre attention. Ce guide a été écrit en partenariat avec Blogonautes, l'annuaire des blogs francophones, dans lequel votre blog est référencé. Si vous le souhaitez, vous pouvez signaler, sur votre blog, votre présence dans le "Guide des blogs francophones".Il vous suffit d'utiliser une des images que nous mettons à votre disposition sur la page Web ci-dessous : http://www.blogonautes.com/selection-blogs.blog
Si vous désirez vous procurer un exemplaire du "Guide des blogs francophones", vous pouvez le faire dans votre librairie favorite, ou sur un Internet en utilisant un des liens présentés sur la page suivante, où vous pourrez également découvrir d'autres ouvrages récents sur les blogs :http://www.blogonautes.com/livres.blog
Si votre blog change d'adresse ou si vous le fermez d'ici l'été 2006, merci de nous prévenir par mail à guide-blogs@blogonautes.com afin que nous en tenions compte pour la mise à jour 2007.
Bien cordialement,
L'équipe de Blogonautes
L'ancien et le moderne
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Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre blog (http://ancienetmoderne.blogspot.com/) a été sélectionné par le "Guide des blogs francophones 2006", un livre publié par Micro Application, qui vient de paraître il y a quelques semaines. Un peu plus de 600 blogs ont été retenus dans cet ouvrage, qui présente un panel de blogs francophones classés par grandes thématiques. Parmi tous ceux visités, le vôtre a retenu notre attention. Ce guide a été écrit en partenariat avec Blogonautes, l'annuaire des blogs francophones, dans lequel votre blog est référencé. Si vous le souhaitez, vous pouvez signaler, sur votre blog, votre présence dans le "Guide des blogs francophones".Il vous suffit d'utiliser une des images que nous mettons à votre disposition sur la page Web ci-dessous : http://www.blogonautes.com/selection-blogs.blog
Si vous désirez vous procurer un exemplaire du "Guide des blogs francophones", vous pouvez le faire dans votre librairie favorite, ou sur un Internet en utilisant un des liens présentés sur la page suivante, où vous pourrez également découvrir d'autres ouvrages récents sur les blogs :http://www.blogonautes.com/livres.blog
Si votre blog change d'adresse ou si vous le fermez d'ici l'été 2006, merci de nous prévenir par mail à guide-blogs@blogonautes.com afin que nous en tenions compte pour la mise à jour 2007.
Bien cordialement,
L'équipe de Blogonautes
mardi, novembre 29, 2005
Dakar selon Le Figaro....
De retour au pays, mes perceptions sont ambigues de ce riche voyage, à la fois professionnel et personnel...
Je demeurais dans la partie la plus riche de L'Afrique de l'Ouest soit la pointe des Almadies et l'inégalité y était criante.
Un pays pauvre qui fait ce qu'il peut, des gens sympathiques, un horizon où les solutions ne sont pas évidentes...etc. Un chauffeur de taxi (en me décrivant la route que nous traversions pour nous rendre au Théâtre National) m'affirmait que Dieu était bon pour Dakar et le Sénégal et que tout allait pour le mieux...je n'en suis pas si certain mais Le Figaro lui le pense...voir extrait qui suit tiré d'un cahier promotionnel:
"Dakar: phare de l'Afrique occidentale
La pointe des Almadies est le point le plus à l'ouest du continent africain et Dakar la dernière escale de l'Afrique noire. En proie au rayonnement du Maghreb et de l'Occident, la capitale du Sénégal indique le chemin de la civilisation. L'activité de son port témoigne de cet angle d'ouverture. Ainsi l'Union européenne comme nombre de puissances étrangères se sont longtemps offertes comme terrain de pêche ces eaux territoriales poissonneuses. Aujourd'hui, Dakar tire profit de sa francophonie, laissée par 60 ans de colonisation française. Postée sur la voie de câbles téléphoniques intercontinentaux, elle sous-traite à des tarifs compétitifs, les téléservices de nombreuses compagnies françaises. L'ex-capitale d'Afrique occidentale, qui émerge de plusieurs années d'ajustement structurel, compte sur " le changement " pour désenrayer les blocages traditionnels. Des questions d'illettrisme - comme la très faible scolarisation des femmes, l'inertie de l'édition littéraire- aux conditions sanitaires désastreuses des habitants de la décharge de Mbeubeuss, des associations tentent de débrouiller fil par fil les nœuds d'un problème.
Le Figaro (2003)
Je demeurais dans la partie la plus riche de L'Afrique de l'Ouest soit la pointe des Almadies et l'inégalité y était criante.
Un pays pauvre qui fait ce qu'il peut, des gens sympathiques, un horizon où les solutions ne sont pas évidentes...etc. Un chauffeur de taxi (en me décrivant la route que nous traversions pour nous rendre au Théâtre National) m'affirmait que Dieu était bon pour Dakar et le Sénégal et que tout allait pour le mieux...je n'en suis pas si certain mais Le Figaro lui le pense...voir extrait qui suit tiré d'un cahier promotionnel:
"Dakar: phare de l'Afrique occidentale
La pointe des Almadies est le point le plus à l'ouest du continent africain et Dakar la dernière escale de l'Afrique noire. En proie au rayonnement du Maghreb et de l'Occident, la capitale du Sénégal indique le chemin de la civilisation. L'activité de son port témoigne de cet angle d'ouverture. Ainsi l'Union européenne comme nombre de puissances étrangères se sont longtemps offertes comme terrain de pêche ces eaux territoriales poissonneuses. Aujourd'hui, Dakar tire profit de sa francophonie, laissée par 60 ans de colonisation française. Postée sur la voie de câbles téléphoniques intercontinentaux, elle sous-traite à des tarifs compétitifs, les téléservices de nombreuses compagnies françaises. L'ex-capitale d'Afrique occidentale, qui émerge de plusieurs années d'ajustement structurel, compte sur " le changement " pour désenrayer les blocages traditionnels. Des questions d'illettrisme - comme la très faible scolarisation des femmes, l'inertie de l'édition littéraire- aux conditions sanitaires désastreuses des habitants de la décharge de Mbeubeuss, des associations tentent de débrouiller fil par fil les nœuds d'un problème.
Le Figaro (2003)
Impressions africaines--Cicéron
Je suis à Dakar (Sénégal) pour une conférence internationale. Je demeure loin du centre de la Ville dans la partie "resort" (Pointe des Almadies) soit assez loin de la congestion et de la vraie vie. J'ai quand même eu le temps de me promener un peu, d'observer et d'écouter.
Il s'agit de mon premier séjour en Afrique noir. Comme tout le monde, j'avais une image négative de l'Afrique malgré les discussions et le blogue de "Stéphanie en Afrique" (voir mes blogues favoris). Et pour cause, on entend parlé sans arrêt depuis plus de 10 ans (dans nos médias) que rien de va plus en Afrique (on peut penser aux problèmes de la corruption ou aux luttes tribales épouvantables du Rwanda, de la Somalie, du Libéria ou encore plus récemment de la Côte-D'Ivoire). Le Sénégal est un état très pauvre mais stable politiquement parce qu'entre autres moins divisé; une ethnie (les wolofs...tout le monde parle Wolofs ici) représente 80% de la population.
Je m'attendais donc au pire et ca été ...mieux...bien-sûr pauvreté, pollution, urbanisme anarchique et inégalité criante.
Photo du centre-ville de Dakar
Mais en même on sent à Dakar, une certaine bonhommie, un rythme lent et pas mal de sourire et de bonne humeur. Toujours In sha Allah! On s'habitue très rapidement aux rythmes urbains et à notre place dans l'espace. Ca se complique lorsque nous devenons pour eux, le blanc, le riche, la personne a qui quêter de l'argent...ça c'est moins drôle et un peu pas mal frustant. L'interraction réelle devient très difficile mais, heuresement pour mon boulot, j'ai pu rencontrer des gens vraiment intéressants et charmants.
Actuellement, durant mon séjour à Dakar, je lis deux livres soit le très négatif Négrologie de Stephen Smith et la biographie de Cicéron de Pierre Grimal. M. Smith semble envoyé l'Afrique tout simplement en enfer si rien de change d'ici 25 ans: L'Afrique se meurt et amènera hommes, femmes et enfants au tombeau...selon le journaliste du Monde (j'en reparlerai dans mes autres chroniques).
Pour être fidèle au titre de mon blogue et par soucis d'originalité (avouez, y faut le faire!), je terminerai ce premier regard de l'Afrique à travers l'enseignement de Cicéron...Cicéron, un philosophe et homme politique romain qui tenta maladroitement d'influer un souffle de grandeur philosophique dans la gestion des 2 dernières décennies de la République romaine (106-43 av JC).
La leçon (universelle) que je retire de l'échec de Cicéron malgré qu'il fût un des grands génies de son époque est la difficulté qu'il eût a composer avec 4 forces contradictoires qui demeure au coeur des défis de nos sociétés actuelles:
1) Sa volonté réelle comme intellectuel (et même comme politicien) d'élévation sociale (société plus juste et équitable);
2) Un incroyable égoisme individuel de la majorité des gens de sa société (romaine) lors de graves crises;
3) La difficulté qu'a eût Cicéron a gèrer ses monstres intérieurs et ses propres fragilités qu'il l'a amené à contredire par ses gestes, les valeurs d'élévation liées aux enseignements qu'ils avaient reçus de plusieurs philosophes grecs
4) Sa propre résistance aux changements
Cicéron est mort asassiné à 63 ans pour avoir mal évalué les enjeux politiques du moment. Alors, si Cicéron n'a pas réussi malgré qu'il ce qu'il fût...Imaginez l'Afrique!!
------------------------------------------------------------------------------
« C’est un vase sonore qui contient tout, depuis les larmes privées de l’homme, du mari, de l’ami, jusqu’aux catastrophes de l’homme du monde, jusqu’aux pressentiments tragiques de sa propre destinée. Cicéron est comme un filtre où toutes ces eaux se déposent et se clarifient sur un fond de philosophie et de sérénité presque divines, et qui laisse ensuite s’épancher sa grande âme en flots d’éloquence, de sagesse, de piété pour les dieux, et d’harmonie. On le croit maigre parce qu’il est magnifiquement drapé, mais enlevez cette pourpre, il reste une grande âme qui a tout senti, tout compris et tout dit de ce qu’il y avait à comprendre, à sentir et à dire de son temps à Rome » (Lamartine, Les Confidences).
Il s'agit de mon premier séjour en Afrique noir. Comme tout le monde, j'avais une image négative de l'Afrique malgré les discussions et le blogue de "Stéphanie en Afrique" (voir mes blogues favoris). Et pour cause, on entend parlé sans arrêt depuis plus de 10 ans (dans nos médias) que rien de va plus en Afrique (on peut penser aux problèmes de la corruption ou aux luttes tribales épouvantables du Rwanda, de la Somalie, du Libéria ou encore plus récemment de la Côte-D'Ivoire). Le Sénégal est un état très pauvre mais stable politiquement parce qu'entre autres moins divisé; une ethnie (les wolofs...tout le monde parle Wolofs ici) représente 80% de la population.
Je m'attendais donc au pire et ca été ...mieux...bien-sûr pauvreté, pollution, urbanisme anarchique et inégalité criante.
Photo du centre-ville de DakarMais en même on sent à Dakar, une certaine bonhommie, un rythme lent et pas mal de sourire et de bonne humeur. Toujours In sha Allah! On s'habitue très rapidement aux rythmes urbains et à notre place dans l'espace. Ca se complique lorsque nous devenons pour eux, le blanc, le riche, la personne a qui quêter de l'argent...ça c'est moins drôle et un peu pas mal frustant. L'interraction réelle devient très difficile mais, heuresement pour mon boulot, j'ai pu rencontrer des gens vraiment intéressants et charmants.
Actuellement, durant mon séjour à Dakar, je lis deux livres soit le très négatif Négrologie de Stephen Smith et la biographie de Cicéron de Pierre Grimal. M. Smith semble envoyé l'Afrique tout simplement en enfer si rien de change d'ici 25 ans: L'Afrique se meurt et amènera hommes, femmes et enfants au tombeau...selon le journaliste du Monde (j'en reparlerai dans mes autres chroniques).
Pour être fidèle au titre de mon blogue et par soucis d'originalité (avouez, y faut le faire!), je terminerai ce premier regard de l'Afrique à travers l'enseignement de Cicéron...Cicéron, un philosophe et homme politique romain qui tenta maladroitement d'influer un souffle de grandeur philosophique dans la gestion des 2 dernières décennies de la République romaine (106-43 av JC).
La leçon (universelle) que je retire de l'échec de Cicéron malgré qu'il fût un des grands génies de son époque est la difficulté qu'il eût a composer avec 4 forces contradictoires qui demeure au coeur des défis de nos sociétés actuelles:
1) Sa volonté réelle comme intellectuel (et même comme politicien) d'élévation sociale (société plus juste et équitable);
2) Un incroyable égoisme individuel de la majorité des gens de sa société (romaine) lors de graves crises;
3) La difficulté qu'a eût Cicéron a gèrer ses monstres intérieurs et ses propres fragilités qu'il l'a amené à contredire par ses gestes, les valeurs d'élévation liées aux enseignements qu'ils avaient reçus de plusieurs philosophes grecs
4) Sa propre résistance aux changements
Cicéron est mort asassiné à 63 ans pour avoir mal évalué les enjeux politiques du moment. Alors, si Cicéron n'a pas réussi malgré qu'il ce qu'il fût...Imaginez l'Afrique!!
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« C’est un vase sonore qui contient tout, depuis les larmes privées de l’homme, du mari, de l’ami, jusqu’aux catastrophes de l’homme du monde, jusqu’aux pressentiments tragiques de sa propre destinée. Cicéron est comme un filtre où toutes ces eaux se déposent et se clarifient sur un fond de philosophie et de sérénité presque divines, et qui laisse ensuite s’épancher sa grande âme en flots d’éloquence, de sagesse, de piété pour les dieux, et d’harmonie. On le croit maigre parce qu’il est magnifiquement drapé, mais enlevez cette pourpre, il reste une grande âme qui a tout senti, tout compris et tout dit de ce qu’il y avait à comprendre, à sentir et à dire de son temps à Rome » (Lamartine, Les Confidences).
lundi, novembre 07, 2005
Une insomnie de joie
La plupart du temps, je m'endors comme une roche. Bang!
Mais depuis quelques jours, c'est plus difficile. Et franchement, je crois que c'est à cause de mon rythme de fou!! Tout ce qui m'habite, je ne peux pas me le sortir facilement du corps... Ces jours-ci, je me retourne et me retourne et le sommeil ne vient pas. En général, je pense aux temps antiques ou à mes doux visages et je m'endors sereinement. Mais de temps en temps ce truc ne fonctionne pas.
Alors, une nuit de la semaine dernière, j'ai profité de ses quelques heures d'insomnie pour me rendre compte que le temps existe vraiment et qu’il peut être long. En fait, j'ai écouté s’égrener les secondes à l’horloge ce qui me donna enfin l’impression et la conscience qu’il existe autre chose que la vie trépidante. Rendre en fait le temps au temps. Je me suis endormi sur l'idée que la vie peut être un fleuve tranquille...j'ai passé un doux moment.
J'écris (je le sais bien!) sur un immense lieu commun...on répète la même chose depuis 2000 ans... Le philosophe romain Sénèque disait dans Apprendre à vivre: "...Ton temps, jusqu'à présent, on te le prenait, on te le dérobait, il t'échappait. Récupère−le, et prends−en soin. ...seul le temps est à nous. Ce bien fuyant, glissant, c'est la seule chose dont la nature nous a rendus possesseurs: le premier venu nous l'enlève..."
Ces pensées devraient nous porter à faire le ménage dans le temps, les obligations futiles, les personnes qui nous grugent sans rien nous apporter vraiment. Y a−t−il plus mystérieux et impalpable que le temps. Parfois, à l'enfance et à l'adolescence, on trouve qu'il est figé et qu'il ne passe pas assez vite. Quand arrive la quarantaine et que commence l'autre versant, il déboule.
Pourtant, les horloges ne changent pas. Mais la perception du temps change. Quand tu es heureux, le temps file, et quand tu es malheureux, il reste figé. Le sable ne coule plus dans le sablier. Ne pas vieillir trop vite requiert−il alors d'être un tout petit peu déprimé de temps en temps?
La vie moderne est faite pour gruger le temps et il y a même des spécialistes pour nous apprendre à le gérer. Le volant dans une main, le cellulaire dans l'autre, la radio allumée pour ne pas manquer les informations et la course pour exceller, payer les factures; tous veulent notre temps.
Moi, il me semble que c'est l'appel de tout, de la connaissance, de l'art, des nouvelles émotions, de la peur de manquer quelques choses qui m'ont changé il y a une dizaine d'années sans que j'en ai pris conscience. Malgré les inconvénients du rythme trépignant, je ne veux pas changer. J'y suis et j'y reste dans cette vaste opération qui vise à emmagasiner le plus d'expérience... d'ailleurs les plus belles réflexions sur le temps ne sont-elles pas le lot de gens très occupés? comme...Sénèque!
Toutefois, en allant me coucher ce soir et en repensant à tout cela, j'essaierai de rester longtemps dans les bras de Morphée (sans m'endormir) pour écouter le temps se dérouler doucement... et vivre à nouveau une insomnie de joie...je serai prêt pour le jour nouveau et prêt pour ne rien manquer de ce qui s'en vient!
Citation:
"Vivre, c'est se réveiller la nuit dans l'impatience du jour à venir, c'est s'émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c'est avoir des insomnies de joie"
Paul Emile Victor
Mais depuis quelques jours, c'est plus difficile. Et franchement, je crois que c'est à cause de mon rythme de fou!! Tout ce qui m'habite, je ne peux pas me le sortir facilement du corps... Ces jours-ci, je me retourne et me retourne et le sommeil ne vient pas. En général, je pense aux temps antiques ou à mes doux visages et je m'endors sereinement. Mais de temps en temps ce truc ne fonctionne pas.
Alors, une nuit de la semaine dernière, j'ai profité de ses quelques heures d'insomnie pour me rendre compte que le temps existe vraiment et qu’il peut être long. En fait, j'ai écouté s’égrener les secondes à l’horloge ce qui me donna enfin l’impression et la conscience qu’il existe autre chose que la vie trépidante. Rendre en fait le temps au temps. Je me suis endormi sur l'idée que la vie peut être un fleuve tranquille...j'ai passé un doux moment.
J'écris (je le sais bien!) sur un immense lieu commun...on répète la même chose depuis 2000 ans... Le philosophe romain Sénèque disait dans Apprendre à vivre: "...Ton temps, jusqu'à présent, on te le prenait, on te le dérobait, il t'échappait. Récupère−le, et prends−en soin. ...seul le temps est à nous. Ce bien fuyant, glissant, c'est la seule chose dont la nature nous a rendus possesseurs: le premier venu nous l'enlève..."
Ces pensées devraient nous porter à faire le ménage dans le temps, les obligations futiles, les personnes qui nous grugent sans rien nous apporter vraiment. Y a−t−il plus mystérieux et impalpable que le temps. Parfois, à l'enfance et à l'adolescence, on trouve qu'il est figé et qu'il ne passe pas assez vite. Quand arrive la quarantaine et que commence l'autre versant, il déboule.
Pourtant, les horloges ne changent pas. Mais la perception du temps change. Quand tu es heureux, le temps file, et quand tu es malheureux, il reste figé. Le sable ne coule plus dans le sablier. Ne pas vieillir trop vite requiert−il alors d'être un tout petit peu déprimé de temps en temps?
La vie moderne est faite pour gruger le temps et il y a même des spécialistes pour nous apprendre à le gérer. Le volant dans une main, le cellulaire dans l'autre, la radio allumée pour ne pas manquer les informations et la course pour exceller, payer les factures; tous veulent notre temps.
Moi, il me semble que c'est l'appel de tout, de la connaissance, de l'art, des nouvelles émotions, de la peur de manquer quelques choses qui m'ont changé il y a une dizaine d'années sans que j'en ai pris conscience. Malgré les inconvénients du rythme trépignant, je ne veux pas changer. J'y suis et j'y reste dans cette vaste opération qui vise à emmagasiner le plus d'expérience... d'ailleurs les plus belles réflexions sur le temps ne sont-elles pas le lot de gens très occupés? comme...Sénèque!
Toutefois, en allant me coucher ce soir et en repensant à tout cela, j'essaierai de rester longtemps dans les bras de Morphée (sans m'endormir) pour écouter le temps se dérouler doucement... et vivre à nouveau une insomnie de joie...je serai prêt pour le jour nouveau et prêt pour ne rien manquer de ce qui s'en vient!
Citation:
"Vivre, c'est se réveiller la nuit dans l'impatience du jour à venir, c'est s'émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c'est avoir des insomnies de joie"
Paul Emile Victor
lundi, octobre 17, 2005
Ma soeur et Jules César
Je n'ai jamais parlé de ma famille dans ce blogue, ce n'est pas le lieu.
Mais la force des choses me portent à parler de ma soeur, la doyenne de la famille. En effet, depuis plus de six (6) mois, Soeurette a une nouvelle passion: Jules César (100-44 av J.C.). Pour vrai!! Elle a peut-être lu entre 20 et 30 livres sur lui: biographies, textes d'historiens et autres en français et en anglais sur le fameux empereur romain. Je crois qu'elle a une réelle admiration pour Jules César...On pourrait facilement se poser la question: Comment une citoyenne (non-historienne) du XXIe s. peut porter en elle un tel sentiment pour le personnage?
Vous pourriez retorquer, pourquoi un gars comme moi, gestionnaire peut-il bien tripper sur Homère et autres personnages grecs?? Je répondrais que tout cela est inexplicable et que notre famille est une bien drôle de famille!!
Mais bon revenons à un propos plus lié au thème de ce blogue en osant reprendre le débat de ma soeur: Jules César, fût-il un sauveur ou un despote? J'essaie une réponse personnelle même si Jules César, dans mon périple antique ne m'a jamais fasciné...
Pour se faire, je pigerai en partie dans "l'Histoire de la rome antique" (voir mon blogue) de l'historien français Lucien Jerphagnon..il dresse un bilan de l'action politique de Jules César (mais traîte peu de ses conquêtes féminines (célèbres) ou de son rapport à l'argent équivoque).
J'irai sans trop de nuance, la longueur et la nature de ce billet ne s'y prête pas:
Objectivement (et cette affirmation n'est pas de Jerphagnon), César est peut-être un des génies les plus extraordinaires qui aient jamais existé. Ce qui frappe surtout, c'est l'incroyable diversité de ses dons et l'aspect multiforme de son caractère.
Comme homme de guerre, il se signale par son don du commandement et par sa foudroyante rapidité d'action (Napoléon l'admirait beaucoup). On retrouve la même promptitude dans son intelligence qui saisit d'un coup d'oeil les décisions utiles à prendre. Dans l'action, il est à la fois maître de lui et colérique; il peut se montrer extrêmement cruel mais il intronise la clémence dans l'idéologie politique.
Il a toujours été tenace malgré ses échecs : son énergie morale double son énergie physique. Comme tous les grands ambitieux, il a toujours su garder intacte sa volonté au service de sa grande passion : la domination et la gloire.
Son oeuvre d'écrivain - les " Commentaires sur la Geurre des gaules " - a été mise au service de cette gloire : nul doute que ce sont des ouvrages d'apologie personnelle destinés à sa propagande politique ou à sa justification auprès de ses adversaires; néanmoins ces commentaires sont remplis de descriptions précises des lieux, de renseignements intéressants sur les peuples et, surtout, ils sont écrits dans une langue d'une remarquable pureté, claire et naturelle, à laquelle déjà ses contemporains étaient sensibles (même Cicéron l'admettait, lui qui ne le portait pas dans son coeur...).
En fait, un grand personnage historique, demesuré qui a préparé le terrain à la période qui m'inspirent beaucoup plus (soit celle de Marc-Aurèle et d'Hadrien plus d'un siècle plus tard).
Alors Jules César, fût-il un sauveur ou un despote? Dans les balises des valeurs de l'antiquité romaine...ma réponse serait qu'il fût un despote éclairé et qu'il a contribué positivement à l'histiore de l'humanité...malgré lui peut-être...En fait, malgré qu'il fût déchiré toute sa vie entre la nécessité de travailler pour sa gloire personnelle et pour celle du bien commun...
Tout cela est bien beau mais je ne comprends toujours pas, chère soeurette, pourquoi tant d'émotions pour cet empereur (mort il y a 2050 ans!) fou d'ambition et qui voulait changer le monde???
Mais la force des choses me portent à parler de ma soeur, la doyenne de la famille. En effet, depuis plus de six (6) mois, Soeurette a une nouvelle passion: Jules César (100-44 av J.C.). Pour vrai!! Elle a peut-être lu entre 20 et 30 livres sur lui: biographies, textes d'historiens et autres en français et en anglais sur le fameux empereur romain. Je crois qu'elle a une réelle admiration pour Jules César...On pourrait facilement se poser la question: Comment une citoyenne (non-historienne) du XXIe s. peut porter en elle un tel sentiment pour le personnage?
Vous pourriez retorquer, pourquoi un gars comme moi, gestionnaire peut-il bien tripper sur Homère et autres personnages grecs?? Je répondrais que tout cela est inexplicable et que notre famille est une bien drôle de famille!!
Mais bon revenons à un propos plus lié au thème de ce blogue en osant reprendre le débat de ma soeur: Jules César, fût-il un sauveur ou un despote? J'essaie une réponse personnelle même si Jules César, dans mon périple antique ne m'a jamais fasciné...
Pour se faire, je pigerai en partie dans "l'Histoire de la rome antique" (voir mon blogue) de l'historien français Lucien Jerphagnon..il dresse un bilan de l'action politique de Jules César (mais traîte peu de ses conquêtes féminines (célèbres) ou de son rapport à l'argent équivoque).
J'irai sans trop de nuance, la longueur et la nature de ce billet ne s'y prête pas:
Objectivement (et cette affirmation n'est pas de Jerphagnon), César est peut-être un des génies les plus extraordinaires qui aient jamais existé. Ce qui frappe surtout, c'est l'incroyable diversité de ses dons et l'aspect multiforme de son caractère.
Comme homme de guerre, il se signale par son don du commandement et par sa foudroyante rapidité d'action (Napoléon l'admirait beaucoup). On retrouve la même promptitude dans son intelligence qui saisit d'un coup d'oeil les décisions utiles à prendre. Dans l'action, il est à la fois maître de lui et colérique; il peut se montrer extrêmement cruel mais il intronise la clémence dans l'idéologie politique.
Il a toujours été tenace malgré ses échecs : son énergie morale double son énergie physique. Comme tous les grands ambitieux, il a toujours su garder intacte sa volonté au service de sa grande passion : la domination et la gloire.
Son oeuvre d'écrivain - les " Commentaires sur la Geurre des gaules " - a été mise au service de cette gloire : nul doute que ce sont des ouvrages d'apologie personnelle destinés à sa propagande politique ou à sa justification auprès de ses adversaires; néanmoins ces commentaires sont remplis de descriptions précises des lieux, de renseignements intéressants sur les peuples et, surtout, ils sont écrits dans une langue d'une remarquable pureté, claire et naturelle, à laquelle déjà ses contemporains étaient sensibles (même Cicéron l'admettait, lui qui ne le portait pas dans son coeur...).
En fait, un grand personnage historique, demesuré qui a préparé le terrain à la période qui m'inspirent beaucoup plus (soit celle de Marc-Aurèle et d'Hadrien plus d'un siècle plus tard).
Alors Jules César, fût-il un sauveur ou un despote? Dans les balises des valeurs de l'antiquité romaine...ma réponse serait qu'il fût un despote éclairé et qu'il a contribué positivement à l'histiore de l'humanité...malgré lui peut-être...En fait, malgré qu'il fût déchiré toute sa vie entre la nécessité de travailler pour sa gloire personnelle et pour celle du bien commun...
Tout cela est bien beau mais je ne comprends toujours pas, chère soeurette, pourquoi tant d'émotions pour cet empereur (mort il y a 2050 ans!) fou d'ambition et qui voulait changer le monde???
dimanche, octobre 16, 2005
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