mardi, mai 31, 2005

Istanbul...première impression

Jamais le titre de mon blogue "L'ancien et le moderne" ne sera aussi approprié que pour ce billet. Mon Istanbul de ma première journée (et soirée) a consisté à me retrouver dans une grande ville européenne, un peu plus anarchique, un peu plus pauvre mais européenne. Arrivé dans un aéroport moderne et taxi jusqu'au Hilton on ne peut plus occidental...Par la suite, mon premier drink fût dans un bar "trendy" d'Istanbul (le Vogue) où j'avais l'impression d'être sur St-Laurent avec les mêmes décors et musiques (pour donner une idée au niveau de la musique j'ai reconnu St-Germain, Allegria, Charles Aznavour et autres succès planétaires).

Mais hier (lundi) on a beaucoup marché et entre autres visité le bazaar égyptien et le Grand Bazaar...on a marché longtemps et là je me sentais bien, dépaysé mais pas trop, entre l'Europe et une partie d'Asie...j'ai beaucoup aimé.


L'entrée du Bazaar égyptien

Mais mêlé à la foule entre les tapis, les épices, l'artisanat turc, les mosqués (dont la magnifique Mosquée bleue que nous avons visité) et cette ville grouillante (on parle de 15 millions d'habitants...)....je me rends compte que je conserve malheurement les mêmes faiblesses peu importe où je me trouve...

Eh oui! Devinez qu'est-ce que m'a le plus touché et le plus ému! :

- La colonne de Constantin...même si elle était caché par les rénos, même si on l'appelle "colonne brûlé" tellement elle fût marqué au fils des siècles par les intempéries et le feu, cette colonne (terminée en 330 ap JC) me ramena à mes souvenirs de Rome..

- Les vestiges de l'Hippodrome romain dont il ne reste peu de choses sinon l'Obélisque de Théodose (très impressionnant) et la colonne de Constatin Porphyrogénète.

- la Citerne Basilique...visite presque surréaliste d'un superbe ouvrage romain puis byzantin...c'est-à-dire commencé par Constantin et terminé par Justinien (alors que Rome était tombé au mains des envahisseurs depuis près d'un siècle) en 532 ap JC. Très bien mises en valeur par l'éclairage, la Citerne consiste en 336 colonnes antiques d'une hauteur de 8 mètres qui supportent de magnifique voûtes romaines. Les 2 colonnes aux bases de Méduses sont spectaculaires ( et me rapella la Sicile où la méduse est partout)....cette immense Citerne alimentait en eau le Grand palais impérial.

dimanche, mai 15, 2005

L'effet Mistress Barbara

Je ne sais pas trop pourquoi j'ai acheté il ya un petit bout un CD de la DJ montréalaise... "Mistress Barbara"...la reine montréalaie (a 25 ans) du techo...Geste bizarre pour moi qui n'aime pas le techno et qui lui préfère de loin le House...

Bon! Comme tout le monde je suis influencé par les médias...faut croire! Pour dire vrai je ne l'ai a peu près pas écouté pendant 1 an...et dieu s'est pourquoi (mais le Daible s'en doute) j'ai mis Mistress Barbara récemment (dans mon auto) en revenant de Québec.

Sans trop m'en rendre compte cette musique que j'appellerai stroboscopique m'a réellement mis en disposition de réflexion...qui allaient dans toutes sortes de direction nouvelles et inattendues.

Mon Mistress Barbara me suis toujours maintenant!

vendredi, avril 29, 2005

Je repense à Agrigente

AGRIGENTE

Revêtu des ténèbres de son ignorance,
il charme l’éternité, il cherche la connaissance.
Le temps s’avance un peu et le rêve est fini.
Il comprend que trop penser nuit.

Entends donc, Empédocle, ce vieillard calme et sage
comme seul peut l’être un homme au-dessus des mortels
qui ne plaisante jamais avec l’éternel.

Lorsqu’on voit Agrigente pour la première fois,
on comprend le foudroyant esprit grec de l’infini
qui n’admet pas qu’on bavarde. Tout n’est que poésie.
La vie n’est pas faite pour le Pourquoi.


Le temple Concorde à Agrigente (Sicile)

dimanche, avril 24, 2005

"Y'avait du monde à messe...."

J'arrive d'une belle messe et d'une longue promenade pour le transfert des restes mortels de Marguerite-Bourgeoys.

Ce matin, les restes de la première institutrice de Montréal ont quitté, dans un grand coffret en bois, la maison-mère de la Congrégation Notre-Dame, communauté religieuse qu'elle a fondée il y a près de 350 ans.

J'ai assisté avec un millier de personnes à une messe splendide et émouvante en son honneur à la basilique Notre-Dame. Par la suite, 2 000 personnes ont participé à une grande procession, dimanche vers 13h00, sur la rue Notre-Dame (fermée pour l'occasion) pour accompagner le tombeau de sainte Marguerite Bourgeoys dans le Vieux-Montréal, à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, dont elle est aussi la fondatrice.


Le tombeau de Marguerite Bourgeoys à la sortie de la Basilique Notre-Dame (24 avril 2005)

Les soeurs de la Congrégations Notre-Dame que je commence à bien connaître étaient aux anges...

C'était particulier de voir autant de gens vouloir toucher le tombeau de Sainte-Marguerite-Bourgeoys et d'avoir le sentiment d'avoir assisté à une des dernières grandes processions religieuses de l'histoire du Québec...et peut-être d'assister à la naissance d'un nouveau lieu de pélérinage à Montréal!

Marguerite Bourgeoys est décédée à Montréal le 12 janvier 1700.

Au cours des 305 dernières années, ses ossements ont été déplacés à au moins cinq reprises, à la suite d'incendies ou de démolitions des propriétés des religieuses. Cette fois, ce sont des déménageurs qui sont en cause. Comme les effectifs de la Congrégation de Notre-Dame diminuent rapidement, et que les religieuses plus âgées déménagent vers de plus petites résidences ou infirmeries, la Congrégation s'apprête à remettre sa vaste maison-mère de l'avenue Westmount, aujourd'hui presque désertée, au Collège Marianopolis, ce printemps.
Elle a été canonisée le 31 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II.

samedi, avril 23, 2005

Nous sommes tous romains! 1ère partie

Oui je l'affirme: Nous sommes tous Romains puisqu'Occidentaux. Le monde greco-romain constitue les racines premières de cette culture commune à tous les européens et résidents des trois amériques...j'en ai la conviction profonde même s'il s'agit d'une route solitaire surtout au Québec!

Je sais, je sais...mon intérêt pour le monde romain n'a pas de commune mesure avec l'intérêt actuel pour de telles choses. Prenez en ce moment, je termine la lecture de ma 10e histoire (pour le vrai!) de la Rome antique et je la trouve encore plus fascinante que les autres...

La collection de poche Pluriels a publié l'an passé une édition complètement remaniée de "L’histoire de la Rome antique" de Lucien Jerphagnon. Ce professeur français émérite de plus de 80 ans a réussi une gageure : raconter douze siècles en 600 pages, sans que l’on ait l’impression de lire un vulgaire résumé. Il a également remporté son pari : on lit son Histoire d’une traite, comme un bon roman… dont on connaît pourtant la fin !

L’auteur est un Monsieur sérieux : spécialiste de la pensée grecque et romaine, responsable de l’édition de Saint Augustin dans la Bibliothèque de la Pléiade, membre correspondant de l’académie d’Athènes, Jerphagnon n’est pas, à priori, de ces écrivains dont on dévore les ouvrages jusqu’à tard dans la nuit. Pourtant, c'est ce qui m'arrive!

Son érudition éblouissante n’a d’égale que l’humour, souvent grinçant, dont il fait preuve à l’égard de nos ancêtres les romains, de ses contemporains mais aussi de lui-même. Il se plaît, c’est manifeste, à se composer un personnage de grincheux, enrageant devant l’inculture actuelle en matière d’histoire antique : Don Quichottte au service de la Ville Eternelle, il pourfend ceux qui, dans les romans ou au cinéma, se répandent en généralités sur le monde romain.

Car c’est, proclame-t-il, un des objectifs premiers de son Histoire : en finir avec la vision caricaturale que nous avons tous, plus ou moins, de cette merveilleuse civilisation qu’on crût immortelle. Celle d’Astérix et des peplums en technicolor. Celle aussi des images trop faciles sur Caligula et Néron, sur Ciceron ou Jules Cesar.

Donc Jerphagnon, investi de cette ambitieuse mission (rendre à Rome ce qui est à Rome), nous rafraîchit la mémoire, mais surtout nous fait (re)découvrir mille et un aspects d’un " univers " à la fois si lointain et si familier. Il nous narre une incroyable histoire, des origines (douteuses) à la chute (piteuse).

Et moi, j'aime relire l'incroyable courage des Sabines, les guerres avec les éléphants d’Hannibal, les drames des frères Gracchus, les histoires sur les invincibles Parthes, la grande Carthage, la"victoire" de Pyrrus, la révolte de Spartacus, les luttes entre Pompée et César, les conquêtes de Trajan ou les infortunes d’Antoine et surtout la façon surprenante qu'a perduré Rome au cours du 3e et 4e s. ap JC. La remarquable capacité d’intégration et d’assimilation de la société romaine, féru de culture grecque, fasciné par l’Orient lointain, mais également ouvert aux apports des sociétés " barbares ", est en effet un des secrets de sa longévité et de son rayonnement.


Les Sabines de Jean-Louis David (1796)


Toutefois, ma fascination personnelle pour l'univers romain (comme pour le grec) tenait (avant cette lecture) beaucoup aux raisons qui expliquent l'expansion (le début) et le déclin (la fin) de cette civilisation. Et en fait de toute les grandes civilisations..Pourquoi Rome a-t-elle dominée et surtout pourquoi a-t-elle déclinée? Et Jerphagnon avec la lumière du philosophe m'amène une dimension nouvelle...

En fait, je cherchais à comprendre pourquoi les civilisations naissent et meurent...je commence à comprendre...j'aurais dû m'en douter et mieux écouter les vieilles "tounes" de Jean Gabin...

Petrus

dimanche, avril 10, 2005

Une belle et triste Histoire

Didon et Enée

Je me souviens très bien de ma lecture de L'Enéide de Virgile (roman de la période impériale romaine 1e siècle ap JC--reprenant une vieille légende romaine)...il y a de cela peut-être 5 ans. Je dois avouer que j'ai trouvé ce roman fascinant mais un peu moins fort, plus prévisible et moins émouvant que l'Odyssée; Virgile trop inspiré par le roman primordial d'Homère. Toutefois, le passage de la rencontre de Didon et Énée (chap IV) est touchant et représente une des premières histoires d'amour "moderne" (dans le sens où la femme, Didon, joue un rôle actif même s'il demeure tragique).

En fait, l'empereur Auguste souhaitait créer une oeuvre "homérique" qui viendrait mettre en lumière la création mythique de Rome. L'Empereur fit une commande à Virgile. Son roman raconte la fuite du troyen Enée suite à la défaite des siens lors du siège de Troie (12e siècle av JC) et son long périble jusqu'à Rome.


Didon et Enée--Fresque de Pompéi (1er siècle av JC)

Enée et les Troyens feront voile vers l'Italie. Junon (Héra) s'opposera à leur projet de fonder une nouvelle Troie. Elle demandera à Eole de délier l'outre retenant les vents afin de provoquer une terrible tempête qui devait détruire la flotte troyenne. Neptune apaisera les vagues et les navigateurs pourront faire escale en Afrique, près de Carthage, cité récemment fondée par la reine Didon.

La souveraine, touchée par une flèche de Cupidon (Eros), tombera amoureuse d'Enée. Junon, qui espérait que le projet de fonder une nouvelle cité en Italie serait abandonné, favorisera l'union dans une grotte.



Didon et Enée. Illustration du XIIe siècle

Mercure, envoyé par Jupiter, rappellera à Enée qu'il devait accomplir sa destinée en Italie. Didon, persuadée d'être la femme légitime d'Enée, ordonnera de brûler tous les souvenirs laissés par ce dernier avant de prendre la mer. Elle se jettera dans les flammes après s'être transpercée avec l'épée qu'il lui avait donnée. Les fondements de cette légende semblent remonter aux premiers poètes épiques latins, Ennius et Naevius et trouvent sans doute leur origine dans les Guerres puniques.


J'ai eu la chance cette semaine de voir "Didon et Enée" de Henry Purcell (XVII e s.) à l'Opéra de Montréal mais aussi un TechnOpéra très avant-gardiste sur le même sujet. En fait, tout cela m'a rendu assez songeur sur l'écueil des relations prises, en étau, entre la passion et la destinée...ce qui démontre bien que Didon et Enée nous interpellent encore...


Didon, devant Carthage, affrontant le destin. David Ligare 1989

samedi, avril 02, 2005

La voix du baseball

J'aime le baseball depuis toujours, comme on aime l'idée de courir sur les sentiers ou de se tenir debout dans le champ. Cette relation avec le baseball a toujours été liée avec la voix de Jacques Doucet à CKAC décrivant tranquillement un match de baseball les soirs d'été à la radio.

Les expressions françaises de Monsieur Doucet qui décrivent le jeu sont franchement belles. Il arrive que les sentiers sont déserts, que le voltigeur fasse une longue course qui l'oblige à reculer, qu'il regarde aller la balle du simple fait qu'elle est partie, il arrive que le frappeur frappe une chandelle dans le champ intérieur ou que la défensive soit mystifié par une balle qui a des yeux ou que le frappeur soit menotté par un lanceur dominant...

Mais je sais que l'amour du baseball n'est pas à la portée de tout le monde. Ses longueurs déconcertent les gens de peu de foi. Le baseball est rythme lent, atmosphère, il est climat, il nous retient insidieusement. C'est une machine à figer le temps. Il est comme la mémoire des plus tranquilles archives de l'histoire.

Pas facile d'expliquer cela à une fille qui ne connaît ni le baseball ni la voix de Monsieur Doucet. Jamais fille n'est plus dérangeante dans l'auto que lorsqu'elle parle par-dessus Monsieur Doucet, ou qu'elle ferme la radio comme si de rien n'était, en neuvième manche, après deux retraits. Pour te donner un bec..!

Je suis aller voir les Expos au Parc Jarry quelques fois et au Parc Olympique plus souvent. Mais moi, j'écoute le baseball à la radio avec Monsieur Doucet. J'entends depuis 33 ans, depuis en fait que je suis un petit garçon, la voix de Jacques Doucet annoncer en avril le retour du beau temps, je l'entends suggérer que l'été sera beau uniquement du simple fait que cette voix si familière revient, comme toujours...Décrire 162 matchs par année pendant près de 35 ans demande une certaine attitude à la fidélité et à la répétition. Car l'âme est répétitive et elle aime les petits pas...

Je me rappelle un séjour de camping dans la région de Québec. J'avais 12 ans et la rougeole. Cloué au lit de la tente-roulotte toutes mes journées, j'attendais patiemment les reportages des Expos de Montréal que la radio portative m'amenait...c'était mes moments de petits bonheurs quotidiens.


Jacques Doucet (à gauche) après le dernier match des Expos à l'automne 2004


Mais maintenant, à quoi ressemblera mon été 2005 sans la voix de Monsieur Doucet décrivant les matchs tous les soirs et m'accompagnant quelques manches chaque fois que je prend ma voiture?

Sa disparition des ondes fera un grand trou noir dans ma ligne du temps. La voix de Monsieur Doucet a meublé tant de vide et tant d'étés, elle a pris une si grande place dans mon paysage sonore qu'elle a fini par entrer en moi-même.

Cette voix m'habitait, m'appartenait et maintenant je la perds. Mes voyages d'été en automobile ne seront plus jamais les mêmes...

samedi, mars 26, 2005

Alors...Qu'est-ce qu'un vrai gars?

Un vrai gars?

Le thème (à venir) de la Revue Urbania (voir mon post du 15 mars) m'a rappelé une question que m'a posé fiston sans avertissement il y a bien trois ans. En effet, lors d'un souper à la maison, fiston (il devait avoir 11 ou 12 ans) me regarda et demanda: "Papa, c'est quoi un vrai gars?"

Il faisait sans doute référence à l'expression populaire qu'il avait du entendre ici et là. Question et réponse difficiles In-deed!! Effectivement c'est une expression que l'on entend mais qui est mal aisée de définir. Après une brève réflexion, ma réponse s'éloigna des champs verdoyants de la société québécoise qui a défini l'Homme de chez nous dans le rôle du gentil et du mou.

En fait, quand on est un occidental, blanc et mâle, peut-on faire autrement que d'être une gentille guimauve si on veut être bien accepté?

OUI!

Ma réponse à fiston était teintée de cette opinion et voulait aussi montrer le chemin d'un absolu à atteindre.

Donc, cela étant écrit, pour tendre vers l'idéal du vrai gars occidental; un vrai gars serait selon ma modeste définition:

- Un homme qui aime les femmes (c'est un hétéro bien sûr)mais dans le respect;
- Un homme avec une certaine force intérieure;
- Cet homme est un "gentleman", au-dessus de la mêlée pour rendre service à ceux que la destinée a mis sur son chemin;
- Cet homme a une ou plusieurs causes (ou passions)qui transcendent le quotidien;
- Le "vrai gars" gère ces émotions adéquatement selon les situations.

Évidemment, je lui ai expliqué cela longuement avec les mots de tous les jours et en remettant le tout dans son contexte.

Je n'irai pas aussi loin que l'américain (et évangéliste!) John Eldredge qui dans son dernier livre "Wild at Heart" appelle l'homme (hétéro.) a se redéfinir comme un héros et de vivre une vie aventureuse au service d'une cause (juste bien sûr) pour retrouver l'âme masculine. La vraie nature de l'homme devrait être, selon cet auteur religieux, dans l'action pour défendre les siens. Non, il me semble que le "vrai gars" peut exister sans cette notion d'aventure et de danger..En ce sens, Eldredge va trop loin et, en plus, avec un angle religieux dangereux.

Ce qui m'apparaît clair, c'est que l'homme retrouvera sa voix dans une certaine forme d'élévation et non pas dans cette tendance au rabaissement que l'on observe trop souvent au Québec dans certains téléromans et publicités.

C'est sûr que ce n'est pas simple, et moi le premier je n'y arrive pas..mais il faut bien tendre vers un idéal bon Dieu!

Alors les vrais gars!!Sommes-nous capables de nous élever par l'exemple!!

mardi, mars 15, 2005

Le "vrai gars" de la revue Urbania

Une de mes revues favorites est la très montréalaise Urbania qui paraît depuis près de deux ans. C'est un peu dans le même esprit qu'une autre revue que j'aime beaucoup, la contre-partie anglo-montréalaise je dirais, c.a.d. le magazine Maisonneuve (quoique Maisonneuve est plus politique).


La façon qu'Urbania exploite les thématiques est très éclatée, drôle et toujours étonnante. Le dernier numéro sur le "style" est hilarant.

Urbania est à la préparation d'un numéro sur un sujet qui m'interpellent (et qui doit interpeller tout le monde)...soit "le vrai gars".

Comme on m'a déjà traité de vrai gars (et encore tout récemment) tant de façon positive que négative..je suis cette démarche de près..

Donc, c'est quoi un vrai gars? Voilà le genre de question qu'Urbania se pose dans sa prochaine édition, consacrée aux gars.

Pour préparer ce numéro, Urbania invite les gars et les filles à émettre votre opinion au sujet du mâle québécois,

Vous êtes invités à participer à un sondage hautement révélateur sur http://www.urbania.ca.

En dix questions, les filles pourront déterminer leur gars idéal tandis que les gars découvriront leur vraie nature.

Moi, je finirai bien par écrire mon opinion là-dessus sur ce blogue...

Alors, c'est quoi un vrai gars?

lundi, mars 14, 2005

Art contemporain: Louise Robert

Je commence une série de posts sur mes artistes favoris d'arts visuels. La première est Louise Robert. J'ai "connu" Louise Robert grâce à CollectArt (un collectif d'achat d'art contemporain dont je suis membre).

Louise Robert est née à Montréal le 13 décembre 1941. Depuis 1975, cette artiste peintre a fait une vingtaine d'expositions personnelles dont trois à l'étranger, au Centre culturel canadien à Paris, à Bruxelles et à la Quebec House Gallery à New York et participé à un très grand nombre d'expositions collectives, à Montréal principalement. Une rétrospective organisée par Gilles Daigneault lui était consacrée au Musée d’art de Joliette en 2003.

Louise Robert peint des mots, du bleu, du gris, de l’or, des brumes et des bords de mer, des tendresses avec ses mains. Elle parle du temps qui passe et de tableaux qu’il faut aussi «parfois voir avec la nuque» comme l’a souligné récemment Johanne Lamoureux dans un texte publié à l’occasion de sa première exposition personnelle à la galerie Simon Blais.

En près de trente ans de pratique artistique, sa méthode de travail, qui prend parfois le visage d’une science de l’art, a peu changé. D’une part, elle note avec attention des bouts de phrases, des idées encore diffuses, des flashs, bref, elle rassemble pêle-mêle tout le matériel relevant du scripturaire : « Au bout des mots, j’aimerais vous connaître/dis-je, au bout du chemin/le désir, dans ton ciel des couches de bleu pétrole. Dis-tu. » D’autre part, elle se prescrit des manières de peindre, se dicte une marche à suivre codifiée et, autant que faire se peut, elle essaie de respecter les lignes de conduite qu’elle se trace : utiliser un peu de turquoise à proximité de ce mot; diviser l’espace en deux pour signifier la séparation; s’astreindre encore et toujours à ne peindre qu’avec les mains, ne fixer les vocables qu’en écrivant de la main gauche, en la laissant trembler de toute sa maladresse. Ne reste plus qu’à laisser interagir ces règles, à donner libre cours aux associations.

La photo (titre: No 762)qui suit de l'oeuvre de Louise Robert est dans mon salon. Elle y a inscrit, directement sur la toile, les mots suivants: "Au dessus des peupliers...Une douce lumière jaune"



2003

dimanche, mars 13, 2005

Il y a cent ans...

Il y a cent ans, le 14 mars 1905, naissait à Paris le penseur, intellectuel et philosophe français Raymond Aron. Condisciple de Jean-Paul Sartre à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm (Paris), il s'est opposé à ce dernier en développant une théorie critique du marxisme inspirée de Tocqueville. Les querelles intellectuelles Aron-Sartre ont fait les beaux jours du café de Flore, un établissement à la mode du quartier de Saint-Germain-des-Prés

Il est mort à Paris le 17 octobre 1983.

On dit maintenant du fameux duo Aron-Sartre que Jean-Pierre Sartre avait la célébrité et que Raymond Aron avait..raison.

lundi, mars 07, 2005

C'est pas à Montréal que l'on verrait cela....

Jack Lang (ancien Ministre français) récite les vers d'Homère

Surprise le 6 mars 2005 à la lecture marathon de l'Iliade que la compagnie Démodocos présente trois jours durant à la Sorbonne ; Jack Lang venu en auditeur s'est improvisé poète rejoignant l'estrade pour réciter quelques vers de l'Iliade dans la toute nouvelle traduction de Philippe Brunet. Une traduction qui en attendant sa publication prochainement aux éditions Gallimard, se donne jusqu'à encore ce soir, en lecture publique dans le cadre du Printemps des Poètes.

Il était 11 heures dimanche matin quand on annonce le passage de Jack Lang salle Louis Liard à la Sorbonne où les comédiens de Dimodocos entamaient la deuxième journée de lecture intégrale de l'Iliade. A l'invitation du directeur de la troupe et traducteur du texte d'Homère, Philippe Brunet, l'ancien ministre de la Culture n'hésite pas un instant, il chausse ses lunettes et monte dans l'estrade partager la lecture une demi-heure avec les aèdes de Démodocos.


Suivait un autre moment intense de ce marathon poétique, la lecture en Grec ancien par le quartet formé des amis grecs de Démodocos, certains venus spécialement d'Athènes. L'écrivain Babis Plaïtakis, la journaliste Rea Katsanevaki et les enseignants Tassos Koutsoukos (vice-président de Demodokos) et Athanassios Evanghelou (iNFO-GRECE) étaient rejoints par Emmanuel Lascoux et Philippe Brunet qui allaient, eux, composer dans la prononciation reconstituée du Grec ancien.

Des lectures joyeuses, festives, que les comédiens de Dimodocos, une troupe spécialisée dans la présentations de textes grecs anciens, prenaient plaisir à improviser à plusieurs voix et à partager la scène avec des nombreux invités amants des Lettres grecques tels Paul Demont, de l'UFR de Lettres, Université de la Sorbonne Paris IV, Annie Bastide du Festival de Vaison la Romaine, Armando Uribe et Elisabeth de Balanda (Ars Latina), l'éditrice Diane de Selliers, ou encore André Markowicz, le traducteur en français de l'ouvre de Dostoïevski.

La lecture se poursuit jusqu'au 7 mars et se terminera avec la Mort d'Hector, Les funérailles de Patrocle et la rançon d'Hector. Le cœur de la classe de 5e du collège Montaigne dirigé par Anne et Claire Lafond, ouvrira chaque chant. Le conteur Bruno de la Salle lira enfin les derniers vers de cette nouvelle traduction de l'Iliade par Philippe Brunet, aboutissement de 20 ans de travail !
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Ah mon Dieu, que Montréal est loin de Paris!!

El Greco à Madrid

Le Musée du Prado (à Madrid) est le grand musée national espagnol et à ce titre un peu décevant…en comparaison de ce que l’on trouve à Paris, Rome, Berlin, Vienne et Athènes. Ce musée ne me semble pas avoir les moyens de ses ambitions et peu représentatif à part bien sûr la peinture espagnole. D’ailleurs la collection du musée est centrée sur les 3 vedettes de l’histoire de l’art espagnol (non contemporain) : Goya, Vélasquez et El Greco. Je devrai dire Goya et Vélasquez puisqu’El Greco me semblait un peu en retrait lors de ma visite du mois de janvier dernier.

J’ai l’impression qu’El Greco est moins populaire aujourd’hui parce que sa peinture est essentiellement religieuse contrairement à Vélasquez par exemple (j’adore mon blogue, il me permet d’affirmer plein de théories avec l’aplomb du spécialiste!)

El Greco ne m’était pas complètement inconnu. Probablement un vieux fond de culture général occidental, le nom me disait quelques choses, je savais que c’était un peintre mais a part de ça…En fait, ma rencontre avec El Greco m’a beaucoup émue.

El Greco (1541-1614) était un artiste grec dont le style chargé d’émotion exprime la passion de l’Espagne de la Contre-Réforme.

L’intensité obsédante des peintures d’El Greco est due à l’élongation exagérée des figures et aux puissants contrastes de couleur et de lumière.

Né en Crète, Domenikos Theotokopoulos reçut le nom d’El Greco—le Grec—en Italie et en Espagne. Après avoir travaillé comme peintre d’icônes, il quitta la Crète en 1568 pour étudier la peinture occidentale à Venise. Là il subit l’influence des artistes vénitiens Titien et Tintoret, dont il adopta les couleurs riches et la technique libre et spontanée. Deux ans plus tard environ, il partit pour Rome où des artistes tels que Michel-Ange venaient d’élaborer un style nouveau, maniériste, qui substituait à la représentation réaliste du monde physique une vision plus subjective, fondée non pas sur l’observation de la nature, mais sur le monde de l’esprit. Dans les oeuvres maniéristes l’espace était ressérré, les couleurs bizarres, et les figures aux corps allongés étaient groupées en des poses complexes.

N’ayant pas réussi à s’attirer des commandes importantes en Italie, El Greco se rendit en Espagne. En 1577, il était à Tolède où il resta jusqu’à la fin de sa vie et où il peignit ses oeuvres les plus importantes. Dans l’isolement relatif de l’Espagne de l’époque il continua à explorer et à développer les possibilités du maniérisme alors qu’en Italie ses contemporains revenaient à des styles plus naturalistes.

C’est ce cheminement particulier qui a fait le style El Greco.

J’ai été émerveillé entre autres par " la Sainte Trinité " (1577) que j’ai ajouté à la suite. Est-ce cela aussi le bonheur, l’émerveillement d’une rencontre lumineuse avec un artiste d’un autre temps?



Pour les curieux, voici un texte expliquant la Sainte Trinité du point de vue de l’église catholique:

La façon la plus simple d'expliquer la Trinité est de considérer qu'elle s'est développée à partir d'une question fondamentale : Qui est Jésus Christ? Juste un homme… Plus qu'un homme, moins qu'un dieu… Dieu lui-même…? C'est cette dernière réponse qui a prévalu, mais elle a pris beaucoup de temps à se formuler. Et à partir du moment où l'on conçoit que Jésus est Dieu, alors comment penser sa relation au Père? Comment interpréter l'expérience de foi toujours renouvelée des communautés chrétiennes et la fulgurante expansion de cette expérience aux premiers siècles de notre ère, sinon que l'Esprit de Jésus était toujours vivant et que, même s'il est vrai que pendant sa vie terrestre, il n'a jamais fondé de religion, il conduisait ce qu'on appellera l'Église. La Trinité est donc la relation d'amour qui subsiste entre le Père, le Fils et l'Esprit. Comme cet Esprit est celui de Jésus Christ, c'est Lui qui nous fait entrer dans cet espace de communion des trois personnes divines.

lundi, février 28, 2005

Blandine est partie...

Ma tante Blandine est morte à 94 ans la nuit dernière dans la douleur semble-t-il. Les derniers mois ont été difficiles. Mais elle voyait encore le côté positif des choses même à l'heure où le bout de la ligne est devant nous...

La soeur de ma grand-mère maternelle étaient la dernière représentante de la génération des parents de mes parents. Une femme d'une intelligence vive qui avait vécue les plus belles années de sa vie après la mort de son mari en 1976. Une période étincelante commença au crépuscule de sa vie: des voyages, des rencontres ensoleillées, la liberté, les autres avant tout... comme pour oublier la grande misère de son enfance.

Elle n'avait pas d'enfants et donnaient beaucoup d'affections et d'attentions aux petits-enfants de sa soeur Blanche...

Pars en paix, Blandine!
Là où tu le mérites bien.

Au paradis promis, tes soeurs et frères vont t’accueillir à bras ouverts et enfin pouvoir jaser avec toi. J'imagine que tous les tiens, en esprits, t’attendent.

Sors d’ici, en cendres légères, Blandine

Là-haut, qui sait ?, tu auras tout le monde autour de toi qui iront te visiter. Avec des souvenirs de voyage, que tu pourras partager. Tu te baladeras au travers des étoiles en nous attendant, nous tous en bas.

Un jour, tous réunis, on ira allumer des feux célestes et, avec toi, on ira pêcher des poissons exotiques comme ceux de la mer caraïbe où tu n’es jamais allé.

En attendant, j'irai te porter de temps en temps des marguerites blanches à St-Cléophas. Je t'accompagnerai quelques minutes et nous nous laisserons bercer par la nostalgie du temps jadis.

Repose-toi bien en esprit, ma chère Blandine, tu en as assez fait. Paix à tes cendres.

Ton petit