vendredi, décembre 22, 2006

Retour à Paris bientôt!

Paris est ma 2e ville après Montréal (ma 3e étant Vegas); celle où je m'y sens le mieux. Bien et émerveillé en même temps malgré ma dizaine de visites depuis une décennie. J'adore quoi!

Je dois y aller avant le 16 mars 2007; Impérativement! Je veux (j'insiste) aller voir deux expositions qui me semblent magnifiques:

1) Trésors engloutis d'Égypte

La Nef du Grand Palais accueille, du 9 décembre 2006 au 16 mars 2007, une exposition de près de 500 objets exceptionnels découverts au cours de fouilles sous-marines menées par une équipe d’archéologues dirigée depuis plus de dix ans par Franck Goddio, grâce au soutien de la Fondation Hilti, retraçant l'histoire de l'Égypte, des derniers pharaons à Alexandre le Grand, des conquêtes helléniques à l'empire romain et de l'ère chrétienne à la montée de l'Islam.

Ces objets (statues monumentales, pièces de monnaies, bijoux ou objets de culte…) témoignent de l'importance des trois cités légendaires que sont le port antique d'Alexandrie et ses quartiers royaux, la cité perdue d’Héracléion et Canope Est qui, dans l'Antiquité, comptaient parmi les plus réputés des centres de commerce, de science, de culture et de religion.

2) Afghanistan, les trésors retrouvés

L’exposition Afghanistan, les trésors retrouvés, collections du musée national de Kaboul se propose de faire découvrir au public le patrimoine de quatre sites archéologiques majeurs : Fulol, Aï-Khanoum, Tillia-Tepe et Begram. C'est aussi une occasion unique de comprendre l’aventure unique de ces trésors retrouvés, depuis leurs découvertes par des archéologues essentiellement français depuis 100 ans et les efforts pour les préserver de l'anarchie afghane des deux dernières décennies. Au Musée des arts asiatiques Guimet, jusqu'au 30 avril 2007.

Je ne sais pas comment je m'y prendrai mais foi de L'Ancien et le Moderne, j'y serai! J'en profiterai pour revoir mon cher Delacroix


Vase, Tête de personnage féminin Afghanistan

mercredi, décembre 20, 2006

La folie allemande

Est-ce que ça vous arrive d'avoir de la tristesse pour un pays ou un continent? Moi oui. Pour l'Afrique beaucoup mais aussi pour l'Allemagne.

On ne peut avoir qu'une grande admiration pour la culture classique allemande avec ses compositeurs (Jean-Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Mahler, etc), ses philosophes (Kant, Nietzsche, Heidegger, etc) et ses écrivains (Goethe, Hermann Hesse, Rainer Maria Rilke et les autres). Vers 1900, l'allemand était une grande langue internationale et sa culture rayonnait partout dans le monde.

Puis, il y a eu la Première grande guerre (1914-18), la défaite allemande et surtout la Conférence de Paris de juin 1919 qui allait confirmer une situation catastrophique pour l'Allemagne: perte de 15% de son territoire en Europe, pertes de toutes ses colonies, dédommagement financiers écrasants, contrôles commerciaux restrictifs. Une immense claque quoi!

Comme il fallait s'y attendre, un esprit revanchard se développe rapidement dans l'Allemagne des années 20 et 30 et on connaît la triste suite.

Actuellement, je lis 2 livres en même temps qui sont en lien avec cette histoire soient "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell et le court livre de l'historien Pierre Vidal-Naquet "L'Atlantide" .

Dans le roman "Les Bienveillantes", on observe bien le résultat de cette descente en enfer de l'Allemagne: esprit de vengeance, ouverture au dogmatisme et identification d'un grand coupable: les juifs.

Lecture saisissante. Fresque de grande ampleur où sont convoqués des centaines de personnages réels ou fictifs, portée par une authentique puissance narrative, Les Bienveillantes n’est certes pas de ces romans que l’on peut envisager d’aimer, mais il se dégage de ses pages une force de conviction hors du commun, une sensation inouïe de réalisme et de justesse.

Un choc que ce grand roman sur la nature humaine: l'implacable mécanique administrative, tous ses recours pour masquer l'abomination est démontée devant nous, accablante, sans véritable sadisme ou perversion à l'exclusion de quelques uns. La vérité est là, cruelle pour chaque lecteur: ces crimes ont été le plus souvent réalisés par des gens bien proches de nous agissant selon les circonstances par passivité, obéissance, dégoût, lâcheté, cruauté...

C’est d’ailleurs dans la littérature française que l'auteur puise ses références, la généalogie d’écrivains qu’il a faite sienne : Sade, Flaubert, Genet, Blanchot, Bataille – c’est dire si la question des liens entre la littérature et le mal n’est pas, pour lui, chose insensée.

Un homme hanté par une histoire personnelle douloureuse, par des rêves et des symptômes physiques qui semblent les indices d’une dégradation morale intense, mais aussi un fonctionnaire du crime sans passion ni compassion, sans doutes ni hésitations, mû par un pur et simple et effrayant souci d’efficacité. « Ce que j’ai fait, je l’ai fait en pleine connaissance de cause, pensant qu’il y allait de mon devoir et qu’il était nécessaire que ce soit fait, aussi désagréable et malheureux que ce fût », se justifie Maximilien Aue, en préambule à ces Mémoires imaginaires.

Dans un autre registre, j'ai terminé l'essai de l'historien Pierre Vidal-Naquet "L'Atlantide". Ce livre témoigne d'un autre visage de cette hystérie; la pure folie des historiens allemands des années 20 et 30 qui cherchaient désespérément une racine glorieuse au passé allemand quitte à le chercher dans l'Atlantide!!!

Par exemple en 1922, le Dr. Zschaetzsch publie « l’Atlantide, patrie primitive des Aryens ». Aussi dans les années 30, le Dr. Rosenberg, l’idéologue de Hitler, qui explique que les Atlantes, ces ancêtres des Germains (!), est le nouveau peuple élu qui s’était répandu un peu partout, y compris en Galilée, ce qui permettait de faire de Jésus un Atlante, donc un non-Juif. Il faut le faire.

On me dit que les jeunes allemands des années 2000 sont toujours stigmatisés par leur passé et les actions de leurs grand-parents; peuvent-ils faire autrement! Comment une telle folie a telle pu émerger d'une culture aussi forte et diversifiée?

Le livre "Les Bienveillantes" m'a permis de mieux comprendre, d'appréhender la pensée d'un tortionnaire mais surtout de sentir le vent de la folie dans mon cou...

dimanche, décembre 17, 2006

Albert Camus, nous et la futilité de la vie

Sisyphe, le héros ordinaire d'Albert Camus

Le philosophe Albert Camus (1913-1960) est à la mode semble-t-il. Jean-Paul Sarte (1905-1980) moins. Entre les deux amis existentialistes, je préfère Camus qui m'apparaît plus humain et accessible.

Un épisode récent(2005)de l'émission américaine "Desperate Housewives" traitait du désespoir de la vie quotidienne surtout lorsqu'on a choisi une vie plus traditionnelle et routinière (maison, enfants, travail astreignant, etc.)...on y parla abondamment d'Albert Camus.

Sans doute parce qu'Albert Camus a le mieux décrit le désespoir qui nous frappe tous un jour ou l'autre, et cela, en reprenant le mythe de Sisyphe.

Je rappelle le mythe grec original. Sisyphe, fils d'Éole voulu déjouer Zeus et reçut un châtiment exemplaire. Les Juges des Enfers lui montrèrent un énorme rocher, et lui donnèrent l'ordre de le rouler en lui faisant remonter la pente jusqu'au sommet d'une colline et de le rejeter de l'autre côté pour qu'il retombe. Il ne devait jamais réussir!! Aussitôt qu'il est près d'atteindre le haut de la colline, il est rejeté en arrière sous le poids de l'énorme rocher, qui retombe tout en bas, et là, Sisyphe le reprend péniblement et doit tout recommencer...et cela pour l'éternité.

En fait, et c'était le thème du mythe et de l'émission "Desperate Housewives": est-ce que l'on peut faire quelques choses devant le sentiment de futilité et d'aliénation qui caractérise nos vies? Comment amener de la lumière dans notre vie de routine ennuyeuse et sans promesse?

La beauté du livre d'Albert Camus (Le Mythe de Sisyphe) est son chapitre "Il faut imaginer Sisyphe heureux".

L'idée de Camus (si je comprends bien!) se résume ainsi: continuer de vivre consciemment avec en soi l'idée insolente du manque de sens de nos vies est en fait un acte d'héroïsme. Tellement héroïque, qu'il peut a lui seul donner un nouveau sens à nos vies. (On peut aussi, bien sûr, vivre intensément mais ça j'en ai déjà parlé abondamment dans ce blogue.)

Et, de plus, quoi que de plus beau que de regarder à chaque jour l'horizon (du haut de la montagne) après un grand effort...même si cela ne durera qu'un trop bref instant...
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Il faut imaginer Sisyphe heureux.

Tout au bout de ce long effort mesuré par l'espace sans ciel et le temps sans profondeur, le but est atteint. Sisyphe regarde alors la pierre dévaler en quelques instants vers ce monde inférieur d'où il faudra la remonter vers les sommets. Il redescend dans la plaine.

C'est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m'intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même. Je vois cet homme redescendre d'un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin. Cette heure qui est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur, cette heure est celle de la conscience. A chacun de ces instants, où il quitte les sommets et s'enfonce peu à peu vers les tanières des dieux, il est supérieur à son destin. Il est plus fort que son rocher.

Si ce mythe est tragique, c'est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l'espoir de réussir le soutenait ? L'ouvrier d'aujourd'hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n'est pas moins absurde. Mais il n'est tragique qu'aux rares moments où il devient conscient. Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît toute l'étendue de sa misérable condition : c'est à elle qu'il pense pendant sa descente. La clairvoyance qui devait faire son tourment consomme du même coup sa victoire. Il n'est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris.

Si la descente ainsi se fait certains jours dans la douleur, elle peut se faire aussi dans la joie. Ce mot n'est pas de trop. J'imagine encore Sisyphe revenant vers son rocher, et la douleur était au début. Quand les images de la terre tiennent trop fort au souvenir, quand l'appel du bonheur se fait trop pressant, il arrive que la tristesse se lève au cœur de l'homme : c'est la victoire du rocher, c'est le rocher lui-même.

Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitations de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit.

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne ! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.

Le Mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942.

lundi, décembre 11, 2006

On a découvert St-Paul ce matin!

ROME, Lundi 11 décembre 2006 (ZENIT.org) – Découverte d’un sarcophage attribué à l’apôtre Paul sous l’autel de la basilique romaine

Le sarcophage protégeant les reliques de l’apôtre Paul aurait été découvert sous l’autel de la basilique romaine. Le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, a en effet présenté les résultats des fouilles archéologiques menées depuis 2002, lors d’une conférence de presse ce matin au Vatican, en présence de M. Giorgio Filipppi, archéologue, et M. Pier Carlo Visconti, délégué administratif de la basilique.

M. Giorgio Filippi a précisé qu’il est « incontestable aux yeux de l'archéologie que la basilique a été érigée sur la tombe de l'Apôtre ».

« La chronique du monastère parle d'un grand sarcophage de marbre entrevu lors de la reconstruction de la basilique après l'incendie de 1823, situé dans la zone de la Confession sous les deux dalles comportant l'inscription PAVLO APOSTOLO MART(YRI). Mais il n'y a aucun rapport de fouilles à ce propos, contrairement aux autres sarcophages découverts en cette occasion », ajoutait l’archéologue.

Ce sarcophage mesure 1, 20 m de haut et 2, 55 de long. Il s’appuie sur un socle dont le fond remonte au pavement de la basilique des Trois empereurs, de 390. C’est pourquoi il se situe à 1,30 m au-dessous du niveau de la basilique actuelle.

Il poursuivait : « Les recherches archéologiques effectuées entre 2000 et 2006 dans le périmètre traditionnellement considéré comme le lieu de sépulture de l'Apôtre ont permis de découvrir un important contexte stratifié formé par l'abside constantinienne englobée dans le transept de l'édifice des Trois Empereurs: sur le sol de ce dernier, sous l'autel papal, a été retrouvé le grand sarcophage dont on avait perdu la trace et qui était considéré depuis l'époque théodosienne comme la Tombe de Saint Paul ».

Sur l’authenticité de la tombe et du sarcophage, le cardinal a précisé : « La tombe de Paul n’a jamais été touchée. On avait procédé à des remblais » si bien qu’on « ne pouvait pas voir le sarcophage ». Et sur ce sarcophage, à 40-45 centimètres, se trouve une plaque de marbre, hélas en morceaux, sur laquelle est écrit : « Paul Apôtre martyr », qui donne la certitude que c’est sa tombe. « Il y a une concordance, et aucune discordance, ajoutait le cardinal, pendant 20 siècles, que c’est là sa tombe (…) .

On l’a découverte à cause de différents indices, mais le fait que la tombe soit là et que ce soit celle-là, je dirais que personne, aujourd’hui ne le met en doute. Il faudrait maintenant passer à une exploration interne. On va voir si le pape l’autorise et comment il faudra faire ».

samedi, décembre 09, 2006

J'ai rencontré Monsieur Google en novembre!

J'ai déjà écrit que j'avais commencé ce blogue pour le simple plaisir d'écrire et pour mon fils. Le grand nombre de lecteurs n'est pas pour moi une fin en soi. Commencé en décembre 2004, L'Ancien et le moderne a eu 50 visites uniques pour son premier mois complet (janvier 2005): Fiston, Stéphanie, Paul et quelques connaissances.

Puis tranquillement, le cercle s'est élargi à force de durer mais aussi parce que je me suis fait prendre au plaisir du blogueur: indexer, poster de temps en temps des commentaires, rencontrer des blogueurs aguerris, etc. L'achalandage a monté tranquillement pour atteindre environ 1100 visites uniques en septembre 2006.

Et puis pour une raison que j'ignore, et cela à partir de la fin octobre 2006, Google s'est mis a référer (lors de recherche) de façon beaucoup plus importante mon blogue: Résultat? Une augmentation de 250% en 1 mois soit plus de 2850 visites uniques pour novembre 2006 sur L'Ancien et le moderne.

Pour ceux que cela intéresse, quelques statistiques (Nov. 2006) de L'Ancien et le moderne:

A) Nombre de visites uniques: 2850
B) Nombre de pages vues: 4500
C) Pays d'origine de mes visiteurs: 64 pays dont voici le TOP 10:

1. Canada 1 670 visites uniques (58 %)
2. France 790 (28 %)
3. Belgique 85
4. États-Unis 56
5. Suisse 33
6. Maroc 28
7. Allemagne 20
8. Algérie 15
9. Italie 12
10. Espagne 10

D) Mes billets les plus populaires (Nov. 2006)

1) Mes romans du XXe s. (no. 6): Belle du seigneur d'Albert Cohen
2) Mes bars favoris de Montréal
3) Mes romans du XXe s. (no.4): L'étranger d'Albert Camus
4) Mes 30 restaurants favoris de Montréal
5) Mes romans du XXe s. (no. 5): Les dix petits nègres d'Agathe Christie
6) Historie d'un succès littéraire: Les Bienveillantes

Littérature et Montréal quoi!

Source: Google Analytics

lundi, décembre 04, 2006

Les mots les moins lus

Je vous ai récemment entretenu d'art byzantin dans un billet sur les musées berlinois. Mes modestes recherches et lectures sur le sujet m'ont permis de tomber par hasard sur les écrits probablement les moins lus de l'histoire de l'humanité. Tiré d'un recueil byzantin (Constantinople) du tournant du 1er millénaire, le texte que je vous présente a été traduit en français en 1935 dans un tirage intime. Cela n'est d'aucune utilité mais tellement étrange, que j'ai le goût de les reproduire ici. Un regal pour les yeux:

"Les gens de la chambre revêtent seulement la tunique ainsi que les spatharobiculaires, les protospathaires eunuques revêtent leurs habits de parade complets et portent leur pique, les protospathaires à barbe portent leur spekion et leur épée, mais pas la pique. Les spatharocandidats, les spathaires, le corps des manglavites (...) marchent de chaque côté derrière le cortège. (...) L'empereur, précédé des dignitaires de la chambre, des patrices et des stratèges s'en va dans le triclinos dit du Danube. Les protospathaires à barbe et le drongaire de la Veille se tiennent de chaque côté de la porte. Les patrices et les stratèges avec le sénat tombent à terre. L'empereur fait alors un signe au préposite et ce dernier au maître des cérémonies qui dit : "S'il vous plaît" et tous acclament : "Nombreuses et bonnes années."

"Précédé par eux, l'empereur passe, le maître des cérémonies étant au milieu et se retournant à chaque marche vers l'empereur, il ouvre ses mains à l'intérieur de sa chlamyde et dit à l'empereur : "Avancez, Seigneur" faisant cela afin qu'au passage il ne manque pas la marche."

Les chronqiues byzantines sont assez incroyables et se caractérisent par leur extraordinaire volonté d'exhaustivité. Chaque geste, chaque mouvement, chaque position sont décrits avec une extrême minutie – par exemple on décrit en soixante-dix pages le cérémonial du grand tir de l'arc.

Ces chroniques sont tirées du Livre des cérémonies qui fut écrit vers 950 par Constantin VII Porphyrogénète ("né dans la pourpre", équivalent de notre "prince du sang"), devenu empereur à huit ans, en 913, et qui gouverna l'Empire byzantin de 944 à sa mort, en 959 après JC.

Source: Les Belles Lettres

mardi, novembre 28, 2006

Robert Charlebois: Tout écartillé

Comme tout montréalais francophone de ma génération, j'ai été bercé (entre autres) par les grands ténors de la musique pop\rock québécoise francophone des années 70 soit les groupes Harmonium, Octobre, Beau Dommage, Offenbach et les autres. Mais ce portrait de mes influences serait imparfait si je n'y incluais pas le chanteur Robert Charlebois.

Le chanteur français Alain Bashung a dit de lui qu’il fut un des premiers à introduire l’ironie dans la chanson québécoise, sur des airs de rock et de blues. Robert Charlebois, auteur-compositeur, musicien et interprète, est devenu en plus de 30 ans de carrière une figure essentielle de la chanson, non seulement au Québec mais dans l’ensemble de la francophonie. Dans les années 70, Charlebois, qui collabore notamment avec l’écrivain Réjean Ducharme, accumule les succès avec des titres tels que Le mur du son, Conception, Fu Man Chu, Cauchemar ou Ordinaire.

J'ai eu le bonheur d'assister au dernier spectacle de la tournée "Tout écartillé" de Charlebois qui se concluait vendredi dernier au Centre Bell de Montréal: Wow! Robert Charlebois y a livré une prestation complètement hallucinante...je me suis mis a fredonner des airs que je n'écoute presque plus. Une belle soirée sans nostalgie...simplement de la bonne musique rock.




Et quelle énergie, à 62 ans, il n'a rien à envier à la fougue des jeunes musiciens.

En fait, en écoutant la chanson "Tout écartillé", je ne pouvais m'empêcher de penser que Charlebois est très représentatif du Québec...Tout écartillé entre la France et les États-Unis mais avec un son rythmé et inspirant; un son qui lui est propre et finalement qui est le mien...

samedi, novembre 25, 2006

Non, Maurice Richard n'est pas mort...

Je vous le dis, Maurice Richard n’est pas mort. À Montréal comme dans le reste du Canada, il est partout. Moi j'en entends parler depuis que je suis au berceau même s'il a accroché ses patins avant même ma naissance.

Celui qui ne fut d’abord qu’un joueur de hockey timide est aujourd’hui un mythe national. Quand on lit sur l'histoire du hockey ou même de Montréal, tous ont quelque chose à raconter sur lui. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ?

Le célèbre numéro 9 du Club de hockey Les Canadiens de Montréal a été l’objet de toutes sortes d’écrits : des textes savants, des biographies et des recueils de souvenirs, des romans et des livres pour la jeunesse, des poèmes et des pièces de théâtre. On a donné son nom à des lieux publics. On lui a consacré des chansons, des bandes dessinées, des sculptures, des peintures, des films et des émissions de radio et de télévision. Le numéro 9 a orné des vêtements, des jouets et des publicités de pain tranché....

Pour comprendre l’évolution des représentations de Maurice Richard (1921-2000) depuis le début de sa carrière, il fallait une histoire remise dans un contexte culturel et social.

Benoît Melançon vient de l'écrire. Il est professeur à l’Université de Montréal. Il a publié ou édité des livres sur la littérature française du XVIIIe siècle, la littérature québécoise, la politique culturelle canadienne, l’essai littéraire et la langue au Québec.



Benoît Melançon. Les yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle. Montréal, Fides, 2006, 279 p.
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« Maurice Richard :
Quand il lance, l'Amérique hurle.
Quand il compte, les sourds entendent.
Quand il est puni, les lignes téléphoniques sautent.
Quand il passe, les recrues rêvent.

C'est le vent qui patine.
C'est tout le Québec debout.
Qui fait peur et qui vit. »

Félix Leclerc

20 000 trésors antiques sous les mers!

Toujours impressionné je le reste. Comme un enfant qui reçoit un cadeau merveilleux. D'apprendre que l'on redécouvre encore aujourd'hui des trésors de l'antiquité. J'ai parlé quelques fois dans ce blogue des nouvelles trouvailles archéologiques grâce aux avancées technologies: en ce qui concerne les textes d'Archimède et des vertiges romains en Italie entre autres. Et sans parler du travail colossal pour permettre la lecture de certains payprus carbonisés d'Herculanum ou encore les découvertes allemandes (et toutes récentes) à Troie (en Turquie). Et là, c'est au tour de l'archéologie sous-marine de faire ressortir des pans de l'histoire d'Alexandre le Grand et de l'Égypte ancienne.

«Trésors engloutis d'Egypte» est justement le titre de l'exposition qui ouvrira ses portes à Paris dans quelques jours, le 9 décembre prochain. Elle montrera plus de 500 objets exceptionnels qui n'ont encore jamais été vus du grand public et qui proviennent de fouilles sous-marines menées depuis plus de dix ans sur trois sites archéologiques : le Portus Magnus d'Alexandrie, Canope et Héracléion. Des villes mentionnées dans les textes antiques, mais dont on avait perdu la trace et qui resurgissent brusquement des flots au travers des ruines de leurs temples et de leurs palais. Ici, la réalité dépasse de beaucoup les espoirs les plus fous.

En parfait état de conservation, ces sites pourraient recéler des informations sur les modes de vie des populations au temps des Pharaons. En effet, Héracléon, riche ville douanière, représentait une porte maritime pour l’Egypte ancienne et Canope était considérée comme une cité sacrée vouée à la déesse Isis.

Menées par l’Institut européen d’archéologie sous-marine de Franck Goddio , ces recherches ont pu bénéficier de moyens logistiques et techniques extrêmement puissants mis à disposition par le Commissariat à l’énergie atomique français (CEA) : leurs appareils à résonance nucléaire étaient mille fois plus sensibles que les instruments classiques.

En effet, soutenu par la Fondation Hilti, Franck Goddio propose aux autorités égyptiennes d'engager une campagne de prospection sur site, en s'aidant des méthodes scientifiques les plus pointues : sur des écrans d'ordinateurs, en croisant les différences de densité et les lignes de failles sismiques repérées, Goddio et son équipe finissent par situer un emplacement d'à peine un kilomètre carré, à 6,5 kilomètres de la côte égyptienne. Pour ce faire, son équipe a descendu sous l'eau une sorte d'aspirateur qui soulève la boue pour la rejeter le plus loin possible, à plus de 100 mètres. Une manoeuvre lourde : quatre bateaux sont en permanence sur zone, équipés de sonars pour capter les fantômes d'éventuels reliefs antiques, et de magnétomètres pour déceler la présence d'objets magnétiques. Mais jamais une étude archéologique de sites submergés n'avait encore été menée à une telle échelle.




Après plus d’un millénaire passé au fond des eaux, à environ six mètres de profondeur, des sphinx, des têtes de pharaons, une extraordinaire statue d’Isis, des céramiques et des monnaies, des stèles gravées de hiéroglyphes, des temples et des habitations, ont ainsi été tirés de l’oubli pour livrer leurs secrets sur des villes, dont l’existence n’était attestée que par des textes anciens.

Désormais, ces rivages engloutis sont, comme Moïse, sauvés des eaux...

Source: Le Figaro

vendredi, novembre 24, 2006

Histoire d'un succès littéraire--Les Bienveillantes

Mal m'en a pris d'écrire à l'inverse du blogue de Pierre Assoulinen dans mon dernier billet sur Henry Miller. En fait, il avait pas mal raison!! Difficile lecture que "Les livres de ma vie" d'Henry Miller. Quelques passages éblouissants (dont celui sur Balzac) mais en gros...il faut être volontaire pour passer à travers, ce que je n'ai pas été encore capable...un style patchwork manquant d'éclat.

Dans une boulimie qui m'est parfois caractéristique, j'ai acheté cette semaine le Prix Nobel de la littérature soit "Neige" du turc Orthan Pamuk et le récipiendaire 2006 du Prix Goncourt "Les Bienveillantes" de l'américain Jonathan Littell. Ayant déjà commis un billet sur Orthan Pamuk, j'ai le goût de vous raconter l'histoire assez intéressante (et incroyable) du tout récent "Les Bienveillantes" de l'américain Jonathan Littell. Rarement, en France (et ailleurs dans le monde) avons vu un nouveau roman porté par une telle rumeur: vraiment instructif comme parcours que je tente modestement de vous résumer.

Même si je n'ai pas encore lu mon nouvel achat, j'en connais bien l'histoire pour en avoir lu le résumé dans la plupart des chroniques littéraires montréalaises. Jonathan Littell y transcrit à la première personne de son lecteur ("Je suis un homme comme vous. Allons, puisque je dis que je suis un homme comme vous!") la confession de l'officier SS Max Aue, un intellectuel raffiné qui extermine sans états d'âme les Juifs et autres ennemis du régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le titre Les Bienveillantes est emprunté aux Grecs anciens qui appelaient ainsi les Érinyes, déesses de la vengeance, pour ne pas les offenser. Fasciné par les horreurs de la guerre et de l'holocauste, l'auteur indique avoir voulu "comprendre ce qui amène les gens à devenir des bourreaux" et se mettre jusqu'au bout dans la peau et le regard du SS dont il relate les mémoires.

Le succès est lié à l'angle d'un thème porteur, à un réel talent littéraire selon plusieurs mais aussi, il faut le dire, aux commentaires hyper positifs de la presse parisienne qui ont qualifié le livre de "nouveau Guerre et paix" (Le Nouvel Observateur), "d'évènement du siècle" (Jorge Semprun, membre du jury Goncourt), de "livre le plus impressionnant jamais écrit sur le nazisme" (Le Monde), "d'éblouissant" (L'Express), de "passionnant" (Le Figaro)," d"impressionnant hommage à la langue française" (Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture). Le jeune et brillant Jonathan Littell (il parle 5 langues) est comparé entre autres à Shakespeare, Dante, Tolstoï, Dostoïevski, Grossman, Visconti, Malaparte, etc. Pas mal du tout pour un tout jeune américain écrivant en français!

Gallimard flaire le possible Goncourt étant donné le thème médiatiquement porteur du roman; prend ce manuscrit qui comptait alors plus de 1 000 pages écrites en français. Gallimard verse un montant de 30.000 euros, somme très inhabituelle pour un premier roman, et confie le texte à un éditeur maison, Richard Millet, chargé de le corriger.

Celui-ci coupe et retravaille le texte avec l'auteur. Ensuite, le roman est présenté dès le mois de juin à un certain nombre de journalistes littéraires parisiens, non à titre de "premier roman" comme les autres mais exceptionnellement avec déjà le statut d'oeuvre littéraire, selon les termes mêmes du dossier de presse. Mission parfaitement remplie par ces derniers. Tiré d'abord à 12.000 exemplaires Les Bienveillantes sort en librairie le 21 août. Le buzz parisien et la campagne de médiatisation sont immédiatement lancés. Dès septembre le livre est propulsé en tête des meilleures ventes (250 000 exemplaires vendus au début novembre) grâce à une intense couverture de presse tandis que l'auteur joue l'anti-vedette, refusant notamment toute interview télévisée et prenant ses distances avec la cuisine des prix littéraires français.

La pression augmente encore avec des papiers publiés dans la presse anglo-saxonne (New York Times, Publishers Weekly,...) et des ventes record de droits lors de la Foire du livre de Francfort (400.000 euros pour le futur éditeur allemand, 1 million de dollars pour les Etats-Unis,..). Le 26 octobre Jonathan Littell remporte le Grand Prix du Roman de l'Académie Française décerné à la majorité absolue et fait coup double le 6 novembre en remportant au premier tour par 7 voix contre 3 le Prix Goncourt 2006.

Jonathan Littell est né le 10 octobre 1967 à New York. Fils du journaliste et écrivain juif américain Robert Littell, auteur de best-sellers (des romans d'espionnage pour la plupart consacrés à la Guerre froide), il a suivi ses études secondaires au Lycée Fénelon de Paris, où il a passé le Bac en 1985, avant de continuer ses études à l'université de Yale (Etats-Unis) dont il sortira diplômé en Art et littérature. À partir de 2001, il décide de se consacrer entièrement à la rédaction de son roman, Les Bienveillantes.

Source: La République des Lettres et autres blogues dont celui de Pierre Assouline

vendredi, novembre 17, 2006

Lire sur les lectures d'Henry Miller

Vendredi soir et je suis un peu las du tourbillon. Tout va bien mais tout va vite.

L'idée est bien précise dans ma tête d'arrêter le temps et de me transposer dans un autre monde. Ma chambre, une petite lumière et un livre qui m'amènera ailleurs.

Pour ce faire, je m'apprête à lire la nouvelle traduction française du livre d'Henry Miller, "Les livres de ma vie". Recueil de lecture d'un grand écrivain américain mort il y a déjà un bout (1891-1980).

Je le lirai malgré le fait que l'écrivain français Pierre Assouline (que j'estime beaucoup) n'en dit pas le plus grand bien dans son blogue. Trop léger si je décode bien. Il faut lire les commentaires sur ce billet de Pierre Assouline pour comprendre que pour une fois ces lecteurs ne sont pas d'accord avec lui.

Son opinion de m'enlève pas le goût d'aborder "Les livres de ma vie". Tout simplement parce que j'ai le goût qu'Henry Miller, et cela sans souci de chronologie ou de nationalité, me raconte ses lectures sur les surréalistes, les dramaturges élisabéthains, le «grand troupeau des écrivains russes exaltés du XIXe siècle», la Bible, sur D. H. Lawrence, Joyce, Proust, Balzac, Giono, Céline ou encore Rabelais...Lire quelqu'un de talent entonner avec passion un fleuve de noms, de titres et d'impressions! Un bonheur de lecture m'attend, léger peut-être, mais qui me permettra d'exhumer une bibliothèque imaginaire dont on visite chaque rayon comme une ouverture sur un monde souvent oublié...je vous en reparle.

Bonne soirée

A&M

Source: Le Devoir

mercredi, novembre 15, 2006

Le Louvre aux Émirats arabes unis...

Bon! Le journal parisien Libération révèlait samedi des négociations très avancées en vue de la création d'un musée Louvre à Abou Dhabi...et pourquoi pas?

C'est un projet que Chirac appuie semble-t-il et je ne vois pas pourquoi la France ne pourrait pas exporter (intelligemment bien-sûr) une de ses grandes richesses, malgré certaines réticenses toutes françaises. Malgré le titre négatif du quotidien français, ce projet ne consiste pas à la "vente" du Louvres mais plutôt à une vitrine dans un des endroits les plus riches du monde... A&M

Une délégation part poser les bases du projet de musée aux Emirats arabes unis. La France impatiente de vendre le Louvre à Abou Dhabi

Par Nathalie BENSAHE
Libération (samedi 11 novembre 2006)

Et si la France n'attendait pas Noël pour conclure le contrat le plus inédit et le plus controversé de l'histoire de la politique culturelle française, celui de la création d'un musée du Louvre à Abou Dhabi ? Cette affaire ultradiplomatique, qui relevait depuis plus d'un an de discussions d'Etat à Etat, prend depuis quelques semaines une tournure beaucoup plus concrète. La semaine prochaine, une délégation composée de représentants du Louvre, du centre Georges-Pompidou et du musée du Quai-Branly partira à Abou Dhabi afin d'engager les premiers travaux de réflexion sur la réalisation de ce gigantesque chantier de 30 000 à 40 000 m2 ( Libération du 5 octobre)

Accompagnée de la directrice des musées de France, Francine Mariani-Ducray, cette équipée doit entreprendre une négociation précise sur les termes de la commande émirienne : la conception, la construction et l'organisation muséographique d'un Louvre sur les sables du richissime petit émirat de 700 000 habitants. Un musée généraliste labellisé par le premier des musées français, qui réunira aussi l'expertise des quatre autres grands établissements nationaux, Beaubourg, les Arts premiers, Orsay et le château de Versailles. «Nous entrons enfin dans une discussion sur le fond», dit-on au ministère de la Culture. «Il s'agit d'aborder des questions aussi pointues que la surface exacte du musée, les conditions d'utilisation du label Louvre, la durée précise des engagements français en matière de conception scientifique et artistique. Il faut aussi définir les contours de la structure indépendante qui mènera le projet et sera financée par les émirats. Et encore déterminer les rythmes d'expositions internationales sur une période d'au moins dix ans.» Enfin, la délégation va devoir négocier âprement la durée du prêt des oeuvres : celles qui viendront du Louvre, mais aussi celles des autres grands musées. A priori, la France souhaiterait que la durée des prêts ne dépasse pas trois ans... Qu'en penseront les Emiriens ? Après tout, on n'exporte pas un musée comme on vend des Airbus.

Paris-IV - Abou Dhabi. «Nous connaîtrons très vite les exigences émiriennes, parce que le calendrier s'accélère», explique un négociateur. Après le tour de piste de la délégation française, c'est le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, qui se rendra dans l'émirat du 16 au 18 novembre, pour l'inauguration de la Sorbonne-Abou Dhabi... vendue à l'émirat l'an dernier. Il en profitera pour faire avancer la cause du Louvre. «Paris-IV -Abou Dhabi, qui délivre des enseignements en français, pourrait bien servir d'aiguillon à des formations spécifiques aux métiers de l'art», dit-on au ministère de la Culture. Enfin, dans la foulée, le ministre de la Culture compte bien faire le voyage jusque dans les Emirats arabes unis pour boucler ce mégacontrat évalué entre 750 millions et 1 milliard d'euros.

Que s'est-il passé depuis le début de l'automne pour que ce projet a priori très improbable entre dans le champ des possibles ? Un échange de lettres entre Renaud Donnedieu de Vabres et le cheikh Tahnoon al-Nayan, frère du prince héritier de l'émirat et responsable de l'Autorité touristique d'Abou Dhabi, donne maintenant aux Français toutes les raisons d'espérer. «La réponse du cheikh Tahnoon au ministre est bien plus qu'un signal, c'est une déclaration d'intention», dit un diplomate français. Voilà pourquoi la partie française met désormais les bouchées doubles pour que ce projet pharaonique ne lui échappe pas. «Les autorités d'Abou Dhabi veulent une conclusion rapide et c'est un paramètre qu'il ne faut pas négliger», expliquait-on récemment à l'Elysée. «Dans ces affaires, il ne faut pas traîner», s'agace un diplomate : «En un an, la Fondation Guggenheim a vendu un musée Guggenheim d'art contemporain à Abou Dhabi pour 400 millions de dollars. Si nous ne réalisons pas rapidement ce Louvre dans l'émirat, d'autres grands musées ­ notamment l'Ermitage de Saint-Pétersbourg ­ sont prêts à le faire.»

Résultat : au cours de ces dernières semaines, la direction des Musées de France et le ministère de la Culture ont concentré leurs efforts pour mobiliser tous les acteurs de ce dossier. A commencer par le Louvre, à qui le gouvernement demande tout simplement de fournir un mégamusée hors les murs. Pourtant, depuis le début de cette affaire, Henri Loyrette, le président du musée national, répugne à céder la marque Louvre aux Emiriens, mais aussi à se retrouver chef de file d'un projet dont il a le sentiment qu'il ne contrôlera pas grand-chose... Et, pourtant, s'il a beaucoup résisté, l'homme a, semble-t-il, modifié sa position. Face à l'exigence de l'Etat français, le patron du Louvre a-t-il le choix ? Mieux vaut peut-être négocier un certain nombre de garanties. «Le Louvre s'est montré plus souple, parce que nous avons pris en compte leurs inquiétudes et leurs craintes», raconte une source proche du ministère de la Culture.

La délégation française a compris qu'elle avait sans aucun doute une obligation de résultat : revenir de son voyage avec un avant-projet de réalisation du Louvre-Abou Dhabi et faire de «ce partenaire économique privilégié très cher à Jacques Chirac» ­ comme on le dit à l'Elysée ­ le centre culturel des monarchies du golfe Persique. Question : le Français Jean Nouvel sera-t-il l'architecte de ce nouvel établissement ? La délégation devra ramener la réponse.

Source: Libération

mardi, novembre 14, 2006

Le 9 août 378

Est-ce le jour le plus important de l'histoire? Certains le croient!

Lorsqu'au soir du 9 août 378, l'armée romaine affronte à Andrinople (en Thrace) les guerriers Goths, elle court au désastre: plus 40 000 morts, 35 tribuns tués, tous le généraux, et l'empereur (Valens pour les curieux) lui-même qui disparaît!

Mais cette défaite immense provoqua surtout un choc incroyable parmi la population romaine de l'époque: prendre conscience désormais que l'Empire romain est mortel. Et depuis le 9 août 378, personne ne peut plus vraiment croire à l'immortalité d'un système ou d'un empire politique aussi puissant soit-il.

Pour que ceux que cette petite introduction intrigue, je ne serais trop vous suggérer Le Jour des barbares de Alessandro Barbero qui relate cette bataille oubliée.

dimanche, novembre 12, 2006

Belle du Seigneur au Cinéma en 2007!!

Vous avez appris dans un récent billet à quelle haute estime j'avais le roman "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen. Et bien, j'apprends aujourd'hui par hasard qu'une adaptation cinématographique sera présentée sur nos écrans au printemps 2007

Ludivine Sagnier jouera, aux côtés de l'Italien Alessio Boni, le rôle féminin principal de Belle du seigneur, l'adaptation du roman légendaire d'Albert Cohen.

Ce récit d'un amour passionnel sera porté à l'écran par Glenio Bonder, un jeune réalisateur, coauteur d'un portrait de l'écrivain avec William Karel. C'est au bout de cinq années de négociations avec Bella Cohen, la veuve d'Albert Cohen, que le cinéaste est parvenu à obtenir les droits du livre.

L'action de ce film coproduit par les sociétés TNVO et JMH se déroule en 1935-1936, à Genève, dans le cadre de la SDN (Société des Nations). Le séduisant Solal, qu'interprétera Alessio Boni, comédien italien révélé par Nos meilleures années, tente d'obtenir les avances de la belle Ariane (Ludivine Sagnier), aristocrate protestante et épouse de son subalterne Adrien. Celle-ci ne tarde pas à succomber au charme du jeune homme, mais cette relation passionnelle entraînera les deux amants vers une destinée tragique.

Albert Cohen a mis trente ans pour écrire « Belle du seigneur ». Il en faudra trente-neuf pour passer du livre à l'écran. Dès sa parution, en 1968, le roman fait tourner les têtes de l'avant-garde. Dans une lettre de trois pages à Cohen, Catherine Deneuve exprime son désir d'incarner Ariane. Brigitte Bardot, qui s'estime trop âgée, regrette de ne pas terminer sa carrière avec un tel rôle. Un certain BHL est pressenti pour le personnage de Solal. Mais Gallimard, dès 1968, a cédé les droits pour trente ans aux frères Hakim.

Le projet est mis en veilleuse. Les frères Hakim comptent sur la traduction anglaise, qui ne paraît que dans les années 90. En attendant, les droits sont cédés à des sociétés basées en Suisse, au Liechtenstein, à Guernesey. Entre-temps, Glenio Bonder, jeune cinéaste d'origine brésilienne, réalise un formidable documentaire sur Cohen en 1995. Ayant gagné la confiance de Bella Cohen, la veuve de l'écrivain, il propose de racheter les droits à Gallimard, qui, moyennant finance, les récupère et les lui rétrocède. Secondé par Vincenzo Cerami - coscénariste de « La vie est belle » - et James Dearden - scénariste de « Liaison fatale » -, Bonder a taillé dans l'oeuvre-fleuve pour se concentrer sur l'histoire d'amour entre Ariane - Ludivine Sagnier - et Solal - Alessio Boni. Le tournage a eu lieu simultanément en français et en anglais.

Source: Atelier Albert Cohen et le Point