dimanche, avril 29, 2007

Que reste-t-il de Rome?

J'ai le goût d'écrire et de lire sur Paul Veyne, le plus grand historien vivant de l'antiquité (je l'affirme...rien de moins!) . Ça me détend que voulez-vous.

J'ai lu l'an dernier son éblouissant "L'empire gréco-romain" (Le Seuil) et on me dit le plus grand bien de son tout dernier: Quand notre monde est devenu chrétien (Éditions Albin Michel) que je veux me procurer.

Pour ceux qui ne prendrons pas le temps de lire ces deux magnifiques livres, je vous propose un interview avec Paul Veyne que j'ai copié pour vous sur Internet. Il aide à comprendre le rôle de l'historien ancien et comment on modèle l'histoire...

L'INTERVIEW

Pourquoi l'histoire et pourquoi l'histoire romaine ?

Simple accident individuel. Il arrive aux enfants des passions qui relèvent du pur hasard. Le conservateur du Musée archéologique de Nîmes a commencé à m'instruire au cours de mes visites assidues, car j'avais eu une émotion toute spéciale le jour où, petit écolier, j'avais trouvé un tesson d'amphore. Cétait la fascination d'une planète lointaine. Or, dans le milieu populaire où je suis né, Rome était la seule planète lointaine connue. J'ignorais l'existence des Mayas ou du Japon. J'appartiens à une génération qui s'est auto-éduquée puisqu'elle n'attendait plus rien de ses «vieux maîtres» en Sorbonne. Notre goût pour l'histoire était une résultante heureuse du marxisme car, chez un intellectuel communiste, elle devait prouver la justesse de la théorie. Accablé par l'injustice sociale autant que par le comportement peu reluisant de mes proches sous Vichy, j'ai été au PCF entre vingt et vingt-cinq ans, de 1951 à 1955.

Avant le Pain et le cirque, vous avez publié Comment on écrit l'histoire, un retentissant coup méthodologique. Pourquoi ?

Je l'ai écrit d'abord en réaction contre la superstition des sciences humaines qui avaient essaimé avec mai 1968, bien que j'avais été soixante-huitard moi-même, comme tous les professeurs non titularisés à la faculté d'Aix. Ayant étudié l'économie, je me suis vite aperçu que ses lois sont vaines face à la puissance des variables historiques En second lieu, j'étais fort préoccupé par ce que j'appelais l'intrigue, cette gymnastique de l'imagination nous permettant de revivre les faits historiques selon les possibilités humaines des choses. Sans quoi, on aboutit à des résultats absurdes : par exemple, que les Romains mettaient de la nourriture sur les tombes de leurs morts parce qu'ils croyaient qu'ils continuaient à vivre, alors qu'il suffit de songer que nous-mêmes mettons des fleurs sans pour autant penser que nos morts iront les renifler.


Qu'est-ce que vous frappe le plus dans la civilisation gréco-romaine ?

L'acceptation d'une culture étrangère. De tout temps, les civilisations se sont mélangées et je pense que c'est ce qu'elles ont fait de mieux. Nous devrions méditer le courage et l'audace des Romains qui se sont emparés, sans la moindre humiliation, des valeurs d'autrui, celles de la Grèce, de même que le Japon moderne s'est emparé des valeurs occidentales. Certes, les Romains sont persuadés qu'ils sont nés pour commander, au point que les Grecs se sont résignés à «collaborer». Mais en continuant à estimer qu'ils étaient supérieurs à ces rustres qui les commandaient. Il y a des peuples (les Grecs, nous et les Américains) qui se considèrent ainsi comme supérieurs aux autres.

Que reste-il de Rome ?

Il reste qu'il existe chez nous cette chose qu'on appelle la politique, qui est différente de la religion, qu'il y a des règles du jeu politique et que tout le monde doit s'y plier. Il aura fallu deux mille ans d'habituation à des règles, quelles qu'elles fussent, pour finir par admettre un jour que quand un parti gagne les élections, on ne le descend pas à coup de kalachnikov, mais on se soumet aux résultats du vote. Cela dit, nous n'avons pas une démocratie idéale, car la démocratie, telle que nous l'entendons, présuppose une large classe moyenne, chose du reste inconnue des sociétés pauvres de l'Antiquité.

Comment le christianisme s'est-il imposé ?

Cela s'est passé en deux temps au milieu de cette religion sans livre, sans tabous et modérée qu'était le paganisme, où les dieux sont de ce monde et quand quelqu'un avait déplu on en caillassait le temple. Voilà que les disciples du Christ inventent un best-seller d'un pathétique inégalé avec un dieu qui a des rapports personnels avec les hommes, qui leur en veut, les aime, leur pardonne, les châtie. C'est une religion qui prenait aux tripes, alors que les gens ne croyaient plus guère à Jupiter et à ses frasques. Puis, au début du IVe siècle, l'empereur Constantin se convertit en toute sincérité, et fait du christianisme non pas la religion de l'Etat, mais la religion personnelle de l'empereur, la religion du trône parce que seule une religion si moderne est digne du chef de l'Empire. On ne persécute pas encore les païens mais les hérétiques. Il y a un petit détail : seul au monde le christianisme est une religion qui est aussi une Eglise, c'est-à-dire une sorte de parti totalitaire, comme montrera la suite.

Pourquoi l'Empire chute-t-il ?

C'est comme dans un accident d'avion : beaucoup de petites causes et un hasard malheureux. L'Empire s'était rétabli avec Constantin, tout fonctionnait. Il n'y avait pas de décadence. Par malheur, cet empire immense a un trou énorme au milieu, la Méditerranée. Peu de pays ont eu, pour une telle surface (contenant une trentaine d'Etats actuels), une longueur de frontières si grande. Si bien qu'on pouvait défendre soit l'Italie, c'est-à-dire la frontière danubienne, soit la Gaule, c'est-à-dire la frontière rhénane, mais pas les deux à la fois. Une pure coïncidence a voulu qu'en 403 les Germains pénètrent en Gaule et les Goths d'Alaric en Italie. Les uns et les autres ne cherchaient d'ailleurs pas à renverser l'Empire, pour lequel ils avaient une admiration éperdue. De plus, l'empereur s'intéresse moins à défendre ses territoires qu'à conserver son trône. En ce jeu d'échecs, il faut avant tout sauver le roi. Aussi, la grande armée impériale est restée autour de la capitale.

L'histoirien rend-t-il non seulement plus intelligibles mais plus intelligentes les sociétés du passé ?

A partir des années 1920, on s'est aperçu qu'un primitif a une pensée différente mais aussi complexe que la nôtre. On croit qu'un primitif, un roi mérovingien, un Romain, c'est un objet simple, mais quand on commence à enlever les couches de l'oignon, notre regard perçoit une société qui était sophistiquée mais ne le savait pas. Enfin il y a, comme je l'appelle, l'allongement du questionnaire, faisant que plus la science historique avance, plus elle se pose des nouvelles questions et voit des subtilités qu'elle ne repérait pas avant.

mardi, avril 24, 2007

Un tableau


« Se rappeler qu'un tableau -avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote - est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. Maurice Denis, Revue Art et Critique, 30 août 1890



Marc Séguin (2004)

L'optimisme

"...Aujourd'hui, l'optimisme pâtit d'une mauvaise presse ; lorsqu'il ne passe pas pour de la bêtise, on le croit provoqué par l'absence de lucidité. Dans certains milieux, on va jusqu'à décerner un prime d'intelligence au nihiliste, à celui qui crache sur l'existence, au clown sinistre qui expire bof d'une manière profonde, au boudeur qui radote...de tout façon, ça va mal et ça finira mal...

On néglige que l'optimiste et le pessimiste partent d'un constat identique : la douleur, le mal, la précarité de notre vigueur, la brièveté de nos jours.

Tandis que le pessimiste consent à la mollesse, se rend complice du négatif, se noie sans résister, l'optimiste, par un coup de reins énergique, tente d'émerger, cherchant le chemin du salut. Revenir à la surface, ce n'est pas se révéler superficiel, mais remonter de profondeurs sombres pour se maintenir, sous le soleil de midi, d'une façon qui permet de respirer.

Non seulement je ne perçois pas l'intérêt pratique de la tristesse, mais je n'ai jamais compris l'avantage philosophique du pessimisme. Pourquoi soupirer si on a la force de savourer? Quel bénéfice à communiquer son découragement, refiler sa lâcheté, oui, quel gain pour soi ou pour les autres? Alors que nos corps transmettent la vie, faut-il que nos esprits procurent le contraire?"

Source: Eric-Emmanuel Schmitt, Ma vie avec Mozart, p. 65-66

dimanche, avril 22, 2007

Tolstoï pour sauver de l'inculture

Le lauréat du Booker Prize et montréalais Yann Martel (auteur d'Histoire de Pi) a décidé de prendre en main la culture littéraire du premier ministre canadien.

C'est que Yann Martel est très choqué de l'attitude de Stephen Harper, au cours de la cérémonie soulignant les 50 ans du Conseil des arts du Canada. Selon lui, M. Harper n'a que faire des arts: il semblait totalement désintéressé du sujet et plus occupé par ses papiers que par l'hommage aux artistes qui se déroulait ce jour-là devant lui.

Martel compte donc enrichir la bibliothèque de M. Harper aussi longtemps qu'il sera premier ministre du Canada, non pas pour l'éduquer, «ce serait arrogant», écrit l'auteur, mais pour lui suggérer des titres qui lui permettront d'occuper ses moments de tranquillité.

L'auteur a même créé un site Internet où il annoncera chaque deux semaines le livre qu'il fera parvenir au premier ministre afin de permettre à tous de le consulter. La Mort d'Ivan Ilitch, de Tolstoï, sera le premier.

On sait tous que Harper ne lira pas Tolstoï, mais le message est lancé. Un doigt d'ironie, deux soupirs d'exaspération. Voici David dressé contre le gros Goliath de l'inculture politicienne. Martel n'est pas tout seul, mais mon Dieu qu'ils ne sont pas assez nombreux. Un petit groupe d'écrivains et d'artistes appuient Yann Martel, on assiste peut-être à un début de mouvement.

Les électeurs votent pour des chefs sans bagages d'érudition, qui ne s'intéressent ni à la littérature, ni à l'histoire, ni à la sociologie, ni à l'aménagement, ni à l'art et ni à la Beauté! Et quoi de plus naturels, ces chefs sans bagages leur renvoient le message «Qui se soucie donc des joueurs de violon?», bouclant ainsi la boucle.

Courageux donc, voire téméraire, Yann Martel, qui se bat contre les valeurs de sa propre société, avec des armes littéraires apparemment dérisoires. Parce que le mal s'étend en nappe d'huile sur l'Amérique du Nord: vieille méfiance contre la culture et l'intellectualisme.

Un président totalement inculte ne serait pas élu en France. Phénomène pourtant courant de notre côté de la mare atlantique. Question d'héritage sociohistorique. Dommage! Il me semble que le besoin est encore plus criant ici.

En août dernier, le monde entier apprenait que George W. Bush avait lu L'Étranger d'Albert Camus. Stupeur et tremblements! Qui l'eût cru? Notre surprise témoignait de son illettrisme habituel.

Au Québec, par-delà les beaux discours de langue de bois, l'anti-intellectualisme n'est jamais tapi bien loin. L'étiquette «d'élitisme» peut vous marquer au fer rouge:

- Vous n'écoutez pas Tout le monde en parle? -- Élitiste!
- Vous vous méfiez de l'ADQ? -- Anti-populiste!
- Vous lisez, vous fréquentez le théâtre, l'opéra? -- Mais sur quelle planète vivez-vous? Pas sur la nôtre.

On comprendra que les premiers ministres québécois ou canadiens n'ont pas trop intérêt à afficher une culture, réelle ou inventée. Et pourquoi le feraient-ils? C'est tellement mal vu...

Alors, Yann Martel a bien raison de piquer Harper. Bataille perdue que celle du livre chargeant l'ignorance au Parlement? Peut-être. Mais c'est qu'il faut d'abord la gagner en nous, cette bataille-là.


Source: Adptation d'Odile Tremblay, Le Devoir et autres sites de nouvelles

samedi, avril 21, 2007

Les petits bébés iront enfin au Paradis...

Les théologiens du Vatican ont convenus après des mois de travaux que les limbes n'existent pas et que les petits enfants morts sans baptême vont directement au paradis, mettant fin à une tradition multiséculaire qui a tourmenté des générations de mères.

L'idée des limbes s'est ébauchée au Vème siècle, quand Saint-Augustin avait tenté de répondre à la quadrature du cercle: puisque l'âme des petits enfants décédés sans baptême n'a pas été lavée du péché originel, ils ne peuvent accéder au paradis. Mais comme ils n'ont encore rien fait de mal, ils n'ont pas leur place en enfer. D'où l'affreuse idée des limbes, ni en enfer mais pas encore au Paradis...un entre deux éternel...

Dans un document adopté avec l'accord du pape Benoît XVI, la commission théologique internationale du Vatican a conclu qu'il existe "des bases théologiques et liturgiques sérieuses pour espérer que lorsqu'ils meurent, les bébés non baptisés sont sauvés".

L'idée des limbes reflète "une vision trop restrictive du salut", ont-ils tranché. Ces avis autorisé prend le contre-pied de plusieurs siècles de croyance sur l'existence des limbes ("bordure" en latin), un lieu situé entre l'enfer et le paradis où avaient été relégués les bébés morts non baptisés.

Les limbes sont définies au XIIIème siècle, sans emporter l'adhésion de tous, et particulièrement des mères désespérées de perdre un enfant en bas âge sans avoir le réconfort de le savoir au paradis. L'existence des limbes a torturé pendant des siècles les mères chrétiennes qui perdaient un enfant à la naissance et qui auraient voulu pour ce "petit ange" un accès direct au paradis.

Quelle folie théologique!

samedi, avril 14, 2007

Les Frères Karamazov

J'avais à peine 20 ans et je lisais déjà Dostoïevski, traînant son roman les Frères Karamazov partout avec moi, fier de posséder quelques choses que personne ne connaissait et semble-t-il, n'avait pas le goût de connaître. N'y comprenais pas grand-chose, ne savait lire que le sens commun du texte, la symbolique m'échappait: n'avais pas appris à plonger en eau profonde, n'étais pas doué pour l'apnée et cherchais mon souffle après deux paragraphes lus. Mais je m'obstinais. Tous les soirs en revenant de mon emploi d'étudiant à la Banque, dans mon premier appartement près de l'incinérateur, je mangeais en silence avec les miens, puis m'enfermait dans ma chambre. Je lisais à voix haute quelques phrases des Frères Karamazov, pour incruster en moi la signification des mots et je transcrivais les plus beaux passages dans mon cahier noir.

À partir de ce moment, j'ai préféré les livres ambitieux, du genre des Misérables de Victor Hugo, de Don Quichotte de Cervantès, Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas et d'Anna Karénine de Tolstoï. Au cours des derniers mois, il y a eu l'immense Les Bienveillantes de Jonathan Littell et le non moins impressionnant James Joyce de Victor-Lévy Beaulieu que je lis en ce moment.

J'aime entrer dans une histoire et y rester longtemps. Un gros livre fini par vous habiter. Se lève avec, mange avec, prend l'avion avec, s'endors avec. Quelques choses de bouleversant, puisqu'on ne peut sortir de pareils ouvrages comme on y est entré, sans qu'ils n'aient rien changé en soi.

Tandis qu'un court roman, ça se lit rapidement, ça ne crée en soi qu'un petit cercle de plaisir. Plein de personnages vous sollicitent sans modifier grand-chose à la qualité de ce que vous êtes.

Encore aujourd'hui lorsque la neige tombe drue à Montréal, les images des grands romans russes me viennent à la tête. Je regarde par la fenêtre de mon salon et j'imagine un cheval noir, un traîneau, le vent qui fabrique une tornade poudreuse, un homme debout, comme un pan de mur tellement il est emmitouflé de fourrures, un fouet à la main et, derrière lui, une meute de loups faméliques attendant le bon moment.

Même le temps n'arrive pas à effacer ses images pleine d'émotions de lectures libérantes.

lundi, avril 09, 2007

Fernandel...aussi!

Ah la toile!

Hier j'écris un billet sur mon Vendredi saint à Montréal où, sans trop réfléchir, je commets une métaphore incluant l'acteur et chanteur français Fernandel (1903-1971) . En voulant faire mon bon blogueur et peaufiner un peu mon billet en intégrant un lien vers Fernandel pour Fiston qui ne le connaît sûrement pas, je découvre un court vidéo de Fernandel sur Youtube. Il y chante la chanson "Félicie aussi". Je vous le soumets pour la voix mais surtout pour le grand talent "d'expressionniste facial" de Fernandel. Je crois que même Fiston va trouver cela très drôle!

vendredi, avril 06, 2007

Un vendredi saint à Montréal

Ma lecture du "James Joyce" de Victor-Lévy Beaulieu est fastidieuse en ce vendredi saint. VLB a écrit un grand livre sur un grand écrivain, sans l'ombre d'un doute, avec des phrases magnifiques comme je les aime pleine d'ambitions et de perplexité.

Mais les livres de VLB (comme ceux de J. Joyce) sont aussi remplis de religion catholique, d'images religieuses, de Christ crucifié, de Jésus de plâtre, d'encens et de lampions. Tordus entre leurs démons et la vertu. Cela me rappelle un peu trop mes grand-mères et ma toute petite enfance.

J'ai besoin de prendre l'air. Je quitte VLB à la 327e page (sur 1100!!) pour aller me promener sur le Plateau. C'est un après-midi gris et venteux à Montréal. L'avenue Mont-Royal est pleine de monde en ce jour de pseudo congé pascal.

Tous les magasins sont ouverts comme si de rien n'était et effectivement je ne sens aucune spiritualité nulle part. Certaines personnes traînent en se promenant ou en faisant leurs emplettes alors que d'autres se pressent.

Je me rends compte que je cherche le recueillement, mais dans cette masse incongrue, je me trouve plutôt à Babel. J'essaie d'accélérer le pas.

Je m'arrête au coin de Berri et Mont-Royal pour regarder passer une longue procession de catholiques dans le cadre de la marche du pardon. Foule vraiment bigarrée de pauvres bougres qui passent devant moi, croix à la main.

Avec mon VLB dans la tête, je suis aux antipodes de tout état de grâce. Je ne sais pas trop pourquoi, j'arrête au Sanctuaire du Saint-Sacrement tout juste à côté, sur l'avenue Mont-Royal. Je rentre pendant la prière silencieuse.

Je ne vais jamais à la messe donc je ne connais pas cette formule: pas de messe ni cérémonie, juste des passants qui rentrent 10-15-20 minutes pour se recueillir et ressortent. Je m'assois et observe cette grande église avec sa centaine de personnes solitaires qui y prient (ou se reposent) pendant un court moment. Je suis intrigué par cette congrégation monastique de Jérusalem installée en plein coeur de Montréal.

Je regarde sans regarder en tentant de m'enlever les démons de mes auteurs fétiches. Ne penser à rien. J'arrive en une quinzaine de minutes à extraire toutes images de ma tête.

En sortant, je suis abordé par la Soeur hospitalière (je crois) qui me demande si je vais bien avec un grand sourire religieux comme dans les films de Fernandel. Je lui ai dit que ma petite pause au Sanctuaire m'avait fait du bien mais que l'esprit du Vendredi saint à Montréal avait laissé place à l'indifférence et au commerce. Nullement étonnée, elle me dit ceci: «C'était probablement comme ça au temps de Jésus. Le temps devait être aussi gris et la foule devait être aussi désordonnée et affairée à Jérusalem. Personne ne chantait de chants religieux avec recueillement dans la rue...Votre expérience est proche de la réalité que Jésus a lui-même vécue. Le saviez-vous?»

Non je ne le savais pas... Je la remercie et je laisse derrière moi, j'en suis certain, la bonté incarnée. Je retourne dans mon monde en ne comprenant toujours pas ce que cette gentille Soeur voulait bien me dire et surtout pourquoi.

Un parmi 72 millions...

J'apprends ce matin sur le web que le nombre de blogues continue d'enregistrer une très forte progression selon une (autre!) nouvelle étude publiée hier.

Le nombre de blogues est passé de cinq millions en décembre 2004 quand j'ai débuté L'Ancien et le moderne à plus de 72 millions en mars 2007, selon Technorati, un moteur de recherche très connu par les blogueurs qui se spécialisent dans le décompte des blogues et dont le siège social est à San Francisco.

Là-dessus, environ 1. 5 million de blogues en français puisque que Technorati estime à 2% le nombre de blogues dans la langue de Molière.

Pouvez-vous croire qu'environ 120 000 blogues sont créés chaque jour (ou trois toutes les deux secondes) contre 20 000 à la fin 2004?

Mais (heureusement!) la vitesse de l'augmentation de la «blogosphère» diminue. Alors que le nombre de blogues doublait tous les six mois, maintenant on annonce que le tout ne doublera plus qu'une fois par an...On atteindra donc les 150 millions de blogues uniquement en mars 2008.

J'en suis d'autant plus reconnaissant à mes lecteurs de me rester fidèle de temps en temps.

samedi, mars 31, 2007

Chronique d'un samedi matin

Le temps est beau sur le Plateau Mont-Royal en ce dernier jour du mois de mars 2007. Ensoleillé et printanier Plateau.

J'arrive d'aller prendre une grande marche où j'étais entouré de plein de gens souriants qui font le charme de ce secteur de Montréal: des paumés, des artistes, des nouveaux arrivés, des étudiants et plein de familles avec des poussettes.

La lecture de mes journaux quotidiens m'a rappelée de façon surprenante à l'Ancien et le moderne. Comme si tous les journalistes de La Presse et du Devoir s'était donné le mot pour reprendre les thèmes de ce blogue. Des exemples??:

1- Dès la page A-2 du journal La Presse d'aujourd'hui (samedi 31 mars 07), je suis frappé par une immense photo de Victor-Lévy Beaulieu (VLB) au-dessus d'une chronique de Pierre Flogia débutant avec des extraits et propos du dernier livre de VLB sur James Joyce. Je suis justement en train de lire le James Joyce de Victor-Lévy Beaulieu pour préparer ma lecture du roman de James Joyce: Ulysse. Ceux qui suivent mon blogue, savent que je me suis lancé dans une série de commentaires sur 25 romans du XXe s. qui m'ont marqué. J'ai publié huit textes et mon prochain doit justement porter sur l'Ulysse de James Joyce.

2- Toujours dans le cahier A du Journal La Presse, on annonce que le réalisateur (S. Jacobovici) canadien du film controversé "Le tombeau de Jésus" sera à Montréal cette semaine pour faire la promotion de son film. Il sera même demain à l'émission dominicale de Radio-Canada, "Tout le monde en parle". Je disais bien du mal des théories qui supportent le documentaire dans un billet récent.

3- À la page suivante du même quotidien montréalais, on annonce la nouvelle théorie de l'architecte français Jean-Pierre Houdin qui explique la mystérieuse construction de la grande pyramide de Khéops par l'installation (il y a 4500 ans lors de la construction) d'une rampe intérieure en spirale jusqu'au sommet.

« Plus qu'intéressante, la théorie de Jean-Pierre Houdin est à la fois cohérente et révolutionnaire. L'une des grandes qualités de l'architecte, est de prendre les bâtisseurs de l'époque au sérieux. Il les considère comme de grands maîtres de la construction, de véritables ingénieurs », déclare Rainer Stadelmann, égyptologue spécialiste des pyramides, ancien directeur de l'Institut allemand d'Archéologie du Caire.

4- Même mon bon ami Paul, un des premiers lecteurs de ce blogue, est cité dans Le Devoir dans une phrase qui restera célèbre et digne du philosophe allemand Heidegger: "Dans notre tendance à l'égocentrisme, on tient facilement pour acquis que tout le monde aime ce qu'on aime".

5- Dans La Presse, un bon article sur l'année du Wi-Fi dans les grandes villes et la situation à Montréal. En fait, plusieurs villes se dotent de réseau sans fil pour les internautes. J'avais écrit en novembre passé un billet sur le projet Montréal sans fil dont on reparle dans cet article.

6- Finalement, je lis dans Le Devoir de ce matin une critique (fort positive) du dernier livre du français Emmanuel Carrère " Le roman russe", un livre du futur de L'Ancien et le moderne parce que je le lirai bientôt. Le thème en est formidable: comment arriver à assumer une vie qui se vit comme un roman russe c'est-à-dire déchirée entre les abîmes de la passion inconsidérée et un contexte sinon impossible à tout le moins difficile?

Bon! Je voulais vous parler de bien d'autres choses ce matin mais il fait trop beau soleil dehors...

lundi, mars 26, 2007

Soirée d'élection avec blogueurs

L'Ancien et le moderne n'est pas un politique, il est un littéraire. Alors il ne comprend pas grand chose aux acronymes PLQ, PQ et ADQ.

Je me suis quand même retrouvé ce soir à la rencontre de blogueurs pour la soirée électorale du Québec à l'initiative de Julie Bélanger.

Les blogueurs adéquistes criaient de joie devant les blogueurs péquistes médusés et moi je pensais à l'écrivain portugais Fernando Pessoa que j'adore. J'ai le goût de le citer avant d'aller retrouver les bras de Morphée. Pour rien, en fait pour le plaisir des mots:

" Un être doté de nerfs moderne, d'une intelligence sans œillères, d'une sensibilité en éveil, a le devoir cérébral de changer d'opinion et de certitude plusieurs fois par jour.

L'homme discipliné et cultivé fait de son intelligence les miroirs du milieu ambiant transitoire ; il est républicain le matin, monarchiste au crépuscule ; athée sous un soleil éclatant et catholique transmontain à certaines heures d'ombre et de silence ; et ne jurant que par Mallarmé à ces moments de la tombée de la nuit sur la ville où éclosent les lumières, il doit sentir que tout le symbolisme est une invention de fou quand, solitaire devant la mer, il ne sait plus que l’Odyssée.

Des convictions profondes, seuls en ont les êtres superficiels. Ceux qui ne font pas attention aux choses, ne les voient guère que pour ne pas s'y cogner, ceux-là sont toujours du même avis, ils sont tout d'une pièce et cohérents. Ils sont du bois dont se servent la politique et la religion, c'est pourquoi ils brûlent si mal devant la Vérité et la Vie. »

Fernando Pessoa. Chronique de la vie qui passe. Avril 1915

Les leçons du philosophe Alain

Bon, j'ai reçu encore des courriels pro-Alain depuis mon billet récent "Le bonheur selon Alain". C'est quand même étonnant qu'un philosophe oublié me rappelle au bonheur et aux passions.

Mais tout cela me permet de vous parler d'une jolie histoire. Au premier chapitre de son ouvrage ("Propos sur le bonheur"), Alain nous raconte la première rencontre, il y a 23 siècles, entre le jeune Alexandre (qui n’était pas encore appelé " Le Grand ") et son cheval illustre, Bucéphale.

Or, aucun écuyer ne pouvait se tenir sur ce cheval redoutable. On aurait dit que c’était un cheval indomptable, un cheval fou. Alexandre était attiré par l’allure de Bucéphale, comme le raconte Alain: " Moi, au contraire, je vais essayer de découvrir de quoi il a peur. "

Voilà la suite tel que racontée par le philososphe Alain et je cite:

Alexandre cherchait l'épingle et la trouva bientôt, remarquant que Bucéphale avait terriblement peur de sa propre ombre; et comme la peur faisait sauter l’ombre aussi – parce que lorsque le cheval avait peur, il sursautait et son ombre avec lui – cela n’avait point de fin. Mais il tourna le nez de Bucéphale vers le soleil."

Alexandre réussit donc à le dompter en le plaçant face au soleil. Après cela, Bucéphale n'accepte d'être monté que par Alexandre devenu plus tard le Grand.


"Ainsi, poursuit Alain, l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes."

Pas pire comme méthaphore historique, Non?
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NB Pour les curieux d'histoire: Selon Plutarque, le cheval Bucéphale meurt de ses blessures après la Bataille de l'Hydaspe en 326 av JC.. Alexandre en fit alors un dieu, et fonda sur son tombeau la ville de Bucéphalie (Alexandria Boukephalous, aujourd'hui Jhelum au Pakistan). On voit sur certaines monnaies des successeurs d'Alexandre le dieu Bucéphale comme un cheval cornu, les cornes étant un symbole de divinité dans l'Orient ancien.

Comme quoi, vaincre son ombre peut nous mener loin...

samedi, mars 24, 2007

Les plaisirs littéraires de l’abbé Mugnier

Un de mes livres favoris est le "Journal de l’abbé Mugnier" (1879-1939). Parce qu'il m'apporte évasion et réconfort. J'ai toujours aimé les belles histoires fascinantes de mondes disparus; surtout celles d'univers littéraires.

Pendant 60 ans (1879 à 1939), l’abbé Mugnier a tenu un journal de vie sacerdotale et mondaine de celui qu’on a pu appeler le «confesseur des duchesses». Dans les salons parisiens les plus huppés, l’abbé Mugnier offrait pourtant l’aspect déconcertant d’un curé de campagne. Il s’était imposé par les qualités les moins faites pour réussir dans un tel univers : la modestie, la sensibilité et la fraîcheur d’âme.

Cette traversée nostalgique et imprégnée de Chateaubriand me touche beaucoup. Ghislain de Diesbach signale à ce propos que «ceux parmi lesquels il se sent le plus à l’aise, ce sont les écrivains, et son Dieu, c’est Chateaubriand, dont les Mémoires sont devenus son bréviaire.»

Donc lecture plus qu'agréable où l'on découvre Maurice Barrès, J-K. Huysmans, Paul Claudel, François Mauriac et beaucoup d’intellectuels peu connus de la mouvance catholique de cette époque. Mais il se lie aussi avec Anatole France, Marcel Proust, Paul Valéry, Jean Cocteau, Pablo Picasso et autres.

Extrait du Journal de l'abbé Mugnier 22 mai 1885 : "Victor Hugo est mort. Hier l’archevêque de Paris avait écrit à Madame Lockroy, une lettre digne, que j’eusse voulue plus belle encore. J’ai appris cette fin du grand poète, en sortant de la rue Bouret où m’appelait mon oeuvre de Belleville. On criait dans les rues la mort de Victor Hugo, comme j’ai entendu crier la mort de Gambetta et du comte de Chambord. Ainsi va le monde. Maintenant Hugo sait qui a raison du prêtre ou du libre penseur. Les journaux ne retentissent plus que d’un nom celui du poète national. On prépare des funérailles triomphales. Le Panthéon est désaffecté. Hugo traversera Paris, de l’Arc de Triomphe au Panthéon. On n’aura rien vu de pareil, depuis le commencement du monde. 31 mai Ce soir, vers 6 h 20, j’étais dans l’Avenue des Champs-Élysées et je regardais le catafalque du poète qui se dressait, au centre de l’Arc de Triomphe. Il m’apparaissait de loin, avec des lignes confuses et poudreuses. Les foules allaient et venaient. Je me suis approché assez près, et j’ai pu considérer ce monument noir et argent. Des cavaliers maintenaient l’ordre. "

Extrait du Journal de l'abbé Mugnier 1931- "On a surtout parlé de Rilke que la princesse de Thurn-et-Taxisa connu pendant dix-sept ans. Elle fit sa connaissance en 1909. La princesse considère Rilke comme le plus grand poète allemand, après Goethe qu’elle a vivement aimé. Rilke n’était pas très beau mais avait de beaux yeux bleus. Il était né à Prague. Il déclara à la princesse dès le début de leurs relations qu’il n’aimait pas Goethe mais il changea d’avis quand il eut lu la correspondance du poète avec Mme de Stolberg. Les chefs d’œuvre de Rilke sont les Élégies de Duino et Les Sonnets à Orphée.

Liée de plus ne plus avec Rilke, la princesse le reçut à Duino où il écrivit sa première élégie. À Duino aussi, il voulait traduire avec la princesse, la Vita nova de Dante. (…)

Rilke aimait le jardin du Luxembourg. Il parlait français mais avec un accent. La princesse avait apporté ses souvenirs sur Rilke écrits sur des longs cahiers. Elle nous en a lu un très grand nombre de pages."
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L'abbé Mugnier meurt dans sa chambre à Paris le 1er mars 1944 à l'âge de 87 ans. Quelques jours auparavant, il avait confié à une amie sa plus belle phrase peut-être: « Si je devais revivre ma vie, je la revivrais avec plus d'enthousiasme encore.»

mercredi, mars 21, 2007

Fiston 2.0

La semaine passée, Fiston m'a posé une question qui m'a un brin assommée:

-Fiston : "C'est quoi dont le Web 2.0?"
-A&M: " Ben voyons Fiston c'est ce que tu fais à tous les jours!!! Youtube et autres!!
-Fiston: Oui, oui je sais, je lis ton blogue, mais je ne suis pas certain de bien comprendre le concept..
-A&M: ...

Je crois que mon Fiston est devenu un rationnel fini...Il veut tout comprendre logiquement avec sujet, verbe, complément.

Alors Fiston à la guerre comme à la guerre. Pour toi, je vais te présenter un portrait du Web 2.0. Ce que tu trouveras à la suite est fortement inspirée d'une présentation privée que m'a fait récemment mon ami Jean Lemay. Merci Jean!

Le principe de ce billet en est simple; celui de t'identifier les sources les plus pertinentes pour bien comprendre le Web 2.0 et répondre à ta question.

On y va!

1) Une introduction au Web 2.0

Fiston, la première difficulté lorsque l'on s'intéresse au Web 2.0 est de cerner son contour. Selon Wikipédia (voir lien plus bas), le Web 2.0 est un terme souvent utilisé pour désigner ce qui est perçu comme une transition importante du WWW, fournissant des applications Web aux utilisateurs.

1.1 Le vidéo à écouter: "Web 2.0 : The Machine is Us/ing Us"
1.2 Les définitions:
Web 2.0 : Une définition
Web 1.0 vs Web 2.0
What is Web 2.0? (de O'Reilly, l'inventeur du concept Web 2.0)

2) Le look et le le design du Web 2.0

Il est fascinant de constater que l'univers Web 2.0 a développé son propre univers graphique.

2.1 Les logos Web 2.0
2.2 Les couleurs Web 2.0 et ici pour visualiser le tout
2.3 Le design Web 2.0.

3) Les sites Web 2.0 incontournables! (Les musts!)

Tu en connais déjà plusieurs. Je te propose mes applications Web 2.0 favorites mais il y en a un paquet d'autres bien-sûr. Tu peux allez voir aussi les liens de mon Bloc Web 2.0 (colonne de droite).

3.1 Musique : iLike (about), Last.fm (about)
3.2 Photos : Flickr (about, tags)
3.3 Vidéos : YouTube
3.4 Gestion des favoris : Delicious (about, tags)
3.5 Gestion des favoris (avec contenus) : Digg (about)
3.6 Encyclopédie : Wikipédia

4) Quelques Outils Web 2.0

Partage de fichiers Online : Box.net
Office Tools, collaboration : GoogleDocs
Calendriers : GoogleCalendar
Online Messengers : Meebo

5) Les flux d'information RSS

Fiston, comprendre et utiliser le flux RSS est fondamental dans le Web 2.0 de 2007. Le standard RSS représente un moyen simple d'être tenu informé des nouveaux contenus d'un site web, sans avoir à le consulter. Le fil « RSS » (traduit par « Really Simple Syndication ») est un fichier contenant le titre de l'information, une courte description et un lien vers une page décrivant plus en détail l'information. N'oublie pas fiston! Qui dit RSS, dit agrégateur. Va voir le lien. Est-ce clair?

5.1 RSS
Définition du RSS (Wikipédia)
5.2 À titre d'exemple Fiston; voici le lien vers le fil RSS de RDS , et celui de Radio-Canada.
5.3 Agrégateurs RSS :
Une définition: agrégateur (Wikipédia)
Netvibes (mon agrégateur favori)
Internet Explorer,
Firefox.
Bloglines
Google Reader

6) Pour en connaître davantage :

Top 100 Web 2.0 Sites
Web 2.0 Winners and Losers (Wired)
All Things Web 2.0 -"THE LIST"
Best of the Best Web 2.0 Web Sites
Michel Leblanc (Qc)
Pointblog (France)

7) Pour tes téléchargements

7.1 Notre favori pour MP3, logiciels, etc: LimeWire
7.2 Le plus populaire pour fichiers volumineux tels films, séries télés, etc: BitTorrent
7.3 Gestion de photos: Picasa
7.4 Gestion de CDs, podcasts, etc: iTunes
7.5 Exploration de la Terre: Google Earth
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Voilà Fiston, j'espère que cela répond à ta question. Merci encore à Jean Lemay pour son aide mais aussi à Stéphanie en Afrique, Stéphane P. et Michel Leblanc pour les discussions et échanges sur le sujet.