mercredi, juin 18, 2008
Alors Pourquoi ce changement?
Mais avec le temps, le plaisir a changé.
En fait, j'aime pouvoir exprimer mes passions mais aussi mon côté lyrique qui ne se manifeste que trop rarement. Quand je suis bien et que je ne sens aucune contrainte ou jugement éventuel, je peux me permetre d'écrire des billets comme celui sur ma décennie glorieuse, l'automne dernier.
Mais je suis comme je suis, et pour y arriver je dois d'être anonyme ou presque.
Mon blogue, sous son titre précédent L'Ancien et le moderne, a eu (à la longue) un succès qui m'a surpris.
Entendons-nous bien , un succès dans le cadre d'un blogue plutôt passif, littéraire et francophone....J'ai eu 10 000 visites pour un mois en 2007 ...moi qui ne voulait qu'écrire pour Fiston, quelques amis et pour ceux que le hasard avait permis de me trouver.
J'avais un groupe de lectrices dans le sud de la France et mes collègues de bureau se sont mis à commenter mes billets entre eux...
En fait, tout cela est très positif mais moi, pour des raisons que seul mon psy pourraient identifiées, cela m'a éteint...plus capable de sortir le côté lyrique en moi.
Ma solution fut donc de changer de nom et d'adresse, de perdre mon référencement ainsi que de me limiter à aviser quelques lecteurs et amis.
Donc, je recommence à zéro ou presque...peu de lecteurs et un nouveau souffle je l'espère.
Merci pour ceux qui me suivent
Le lecteur de romans russes
samedi, mai 17, 2008
Stigmate
Dans un matin de souterrain
Ne rien vouloir et tout toffer
Fais-toi z'en pas tout le monde fait ça
Regarder un peu à côté
Dans le miroir pour ne pas se voir
Ne pas aimer ce qu'on a l'air
Se faire la barbe à quoi ça sert
Fais-toi z'en pas tout le monde fait ça
Ouvrir la porte et puis sortir
Pis avoir envie de revenir
De se coucher pis de dormir
Parce qui fait trop beau soleil...
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Extrait de la chanson Fais-toi z'en pas de Robert Charlebois (parole: Réjean Ducharme)
Je n'ai pu aller au funéral de Francine aujourd'hui. Pas capable. À la place, j'écoute en boucle une vieille toune triste de Charlebois. Je sais qu'il fait actuellement un beau gros soleil sur Montréal mais moi j'ai fermé tous mes rideaux.
Je me sens encore en stigmate. Une peine physique je dirais. Mais pas seulement à cause de la mort et la perte...mais surtout à cause de toute la douleur qu'a dû connaître Francine pour en arriver là.
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Marcher tout seul sur le trottoir
Rencontrer des gens solitaires
Aimer mieux regarder par terre
Les sacs de chips écrapoutis
lundi, mai 12, 2008
Une amie
Francine. Que je voyais de temps en temps et que j'estimais beaucoup. Belle, fine et intelligente.
En désarroi, elle était semble-t-il.
Cette nouvelle m'a assommée et m'oppresse.
Parce que j'aurais aimé passer un peu de temps avec elle pour lui parler du chemin. Je le vois, moi le chemin. Il est devant, pas toujours droit, pas toujours facile mais très clairement à mes pieds. Il y a un sens, il y a une direction.
Francine avait perdu l'espoir même que le chemin existe. J'aurais aimé lui en parler. Je crois que je serais parvenu à lui montrer.
Mais elle est partie à jamais dans l'indifférence du bruit de notre civilisation.
Et j'en suis tellement triste...
vendredi, février 22, 2008
Le travail : passion ou raison?
En 1962, Srully Blotnick, un psychologue industriel a entrepris une étude auprès de 1500 jeunes gradués. Parmi les 2 énoncés suivants, les participants devaient choisir celui qui était le plus significatif pour eux face à leur choix de carrière :
1- Choisir une carrière qui permettait de gagner beaucoup d’argent et ainsi, s’assurer une sécurité financière. ou
2- Suivre leur passion et choisir une carrière en fonction de ce qu’ils aimaient faire.
Sur les 1500 personnes interrogées, 1245 répondirent que le premier énoncé était plus important pour eux. Seulement 255 personnes choisirent le deuxième énoncé.
Vingt ans plus tard, lors d’un suivi sur cette étude, Blotnick découvrit que 101 participants étaient devenus millionnaires. Sur ce nombre, 100 appartenaient au groupe de 255 ayant choisi le deuxième énoncé.
Éloquent non?… Et vous? Aimez-vous votre travail?
Vivez-vous dans le bonheur et la prospérité avec le sentiment d’accomplissement ou vous avez hâte aux week-ends et à votre retraite pour commencer à vivre pleinement?
Qu’est-ce qui vous passionne? Que feriez-vous même si vous n’étiez pas payé pour le faire?
Source: Bulletin de Christine Michaud
dimanche, février 17, 2008
Les femmes, l'art et les technologies
Cette vidéo, téléchargée sur de nombreux sites vidéo collaboratifs, a créé une vraie euphorie sur le web. Rien que sur le site YouTube, elle a été visionnée par plus de 5,3 millions visiteurs.
Cette vidéo est un vrai chef d'oeuvre d'art digital sur les plans de la maîtrise technique et de la créativité artistique.
Les oeuvres d'art utilisées pour la création du film "Women in Art" ont été répertoriées sur un site du "Fayetteville Technical Community College".
jeudi, février 07, 2008
Voir Élizabeth et mourir
Ce soir-là, entre les murs du Théâtre du Nouveau Monde, une certaine frénésie planait parmis la foule d'artistes venus assister à la première.Vous savez, le genre d'excitation qui précède les grands rendez-vous? Il n'y a pas de doute, chez les spectateurs venus assister à la première d'Elizabeth, roi d'Angleterre, les attentes étaient grandes.
Et pour cause. D'abord, Marie-Thérèse Fortin foulait pour la première fois la scène du TNM, et pas dans un rôle banal. Ensuite, René Richard Cyr remontait sur scène - il y avait près de 15 ans que l'homme n'avait pas accepté un rôle substantiel au théâtre -, en plus de diriger la pièce de Timothy Findley.
L'action se déroule durant la nuit du Mardi gras, le 22 avril 1601. À la veille de faire exécuter son amant, le comte d'Essex, pour cause de trahison, Elizabeth demande à Shakespeare et à ses acteurs de la distraire. "Je vous avertis: j'en garderai autant d'entre vous sur pied que je le pourrai... jusqu'à l'aube." Durant cette nuit, cruel compte à rebours, la reine va forcer la troupe à se prêter avec elle à une vaste catharsis. En une suite de captivants jeux de rôle, mascarade tragicomique, les vérités vont éclater au grand jour.
Ainsi, durant les deux heures que dure la représentation, on découvre, la gorge serrée, le coeur battant, que les trajectoires d'une reine, d'un auteur de théâtre et d'un acteur à l'agonie peuvent se croiser, se répondre et même se transformer mutuellement et à jamais.
En sortant de la salle, j'étais complètement assujetti dans l’obéissance de mes sentiments, troublé par la force des aimants, ravi de l’aurore, subjugué par la vie, comblé de bonheur et serein à jamais.
GRACIÉ, je dirais.
Car prévalait ce soir-là, au TNM, une intensité rarement égalée à faire même pleurer les comédiens entre eux....
dimanche, janvier 06, 2008
Macédoine de lecture
1) Cette histoire-là de l'italien Alessandro Baricco. Chez Gallimard (2007, pour la traduction française).Je trouve personnellement que la beauté se décrie mieux avec une économie de mots. Ce roman est tout simplement une jubilation à l'état pur : brillant, étincelant, une mécanique romanesque aussi invisible qu'efficace, un style flamboyant, de grandioses pages au coeur des sentiments humains, et une finale fataliste, désabusée, mais accomplie.
Il y a bien-sûr des vies imbriquées et des histoires souvent vraies, comme le drame italien que fût la bataille de Caporetto. Aussi l'histoire de la révolution russe, des débuts de l'automobile en Europe, de la guerre, des Etats-unis de la grande dépression, de l'Europe des trente glorieuses. Mais ceci n'est que prétexte.... superbe littérature.
2) L'aube le soir ou la nuit de Yasmina Reza. Chez Flammarion (2007)Mes amis français de Montréal n'aiment pas le politicien (et maintenant Président) français Nicolas Sarkozy. Moi, il me fascine comme bien des nord-américains. L'écrivaine française, d'origine d'Europe de l'est, Yasmina Reza a suivi Sarkozy presque comme son ombre dans tous ses déplacements y compris à l’étranger pendant un an. Elle nous est revenue avec une somme d’anecdotes et quelques tirades dont Sarkozy a le secret, mais qui une fois consommées m'a laissé un peu sur ma faim.
En fait, il s'agit d'un “portrait subjectif” de la belle plume d'Yasmina Reza, une verve légère qui s'aplatit cependant vers la fin du livre, comme pour s'éteindre avec l'élection de Sarkozy. Elle abuse parfois du discours libre et invente une sorte de héros romantique, un félin à l'ambition dévorante, une sorte de surhomme fascinant. La “littérature sert à s’élever au-dessus de sa condition”, dit si justement Nicolas Sarkozy... C’est par elle que naissent les mythes. L’exercice de style de Reza en est la preuve...
3) Un roman russe d'Emmanuel Carrière. Chez P.O.L. (2007)Rough! Rien dans ce "roman autobiographique", si ce n'est ses "brosses" et ses nombreuses séances chez le psy, n'arrêtera l'écrivain dans sa quête obstinée de la vérité, qui tourne vite au jeu de massacre avec ses proches. Il y a quelque chose d'effrayant, de suicidaire dans cette autobiographie déflagrante dont on ne compte plus, au fil des pages, les victimes. Beau mais dur et triste!
4) L'enquête de Lucius Valérius Priscus de Christian Goudineau. Chez Actes Sud (2004)Le chevalier romain Lucius Valérius Priscus est envoyé dans une région de la Gaule colonisée par Rome afin de démêler les raisons d'une révolte réprimée il y a peu.
On retrouve toutes les composantes d'un bon thriller : trahisons, secrets d'état, amours et rebondissements spectaculaires (jusqu'à la dernière page). Sans compter la plume de Christian Goudineau qui nous plonge, avec talent, au coeur de la vie d'une province romaine du 1er siècle après JC. Tout cela avec humour et dans un style littéraire des plus contemporains. Un must pour ceux qui aiment (comme moi!) les thrillers antiques...
5) Bourgault de Jean-François Nadeau. Chez Lux (2007) .Je connais peu la vie de l'indépendantiste québécois Pierre Bourgault. En fait un peu comme tout le monde mais sans plus. Il s'agit d'un cadeau de Noël surprise puisque je n'avais jamais pensé lire la toute récente biographie de Bourgault. Très bonne biographie sur un être complexe, important pour le Québec et tiraillé par toutes sortes de démons intérieurs...
6) Un vrai roman : Mémoires par Philippe Sollers. Chez Plon 2007Phillipe Sollers, romancier et intellectuel français, écrit de bien mauvaises Mémoires et je suis bien d'accord avec le critique du journal français Libération (Philippe Lançon) qui écrivait, sur ce livre:
"Mémorialiste de lui-même, Sollers est son propre exégète. Il explique sans fin ce qu’il a écrit, écrit, écrira, comme s’il n’était ni lu ni compris par personne, c’est d’ailleurs ce qu’il va répétant, et surtout pas par ceux qui le lisent. C’est qu’il veut être en avance sur toutes les interprétations qu’on pourrait donner de lui. Dès la première page, le titre est justifié : «Toute ma vie, on m’a reproché d’écrire des romans qui n’étaient pas de vrais romans. En voici enfin un. “Mais c’est de votre existence qu’il s’agit”, me dira-t-on. Sans doute, mais où est la différence ? Vous allez me l’expliquer, j’en suis sûr."
Passez sans vous arrêter...
7) Alabama Song de Gilles Roy. Chez Mercure de France (2007). Prix Goncourt 2007Je connais peu la vie très difficile de l'écrivain américain Scott Fitzgerald (1896-1940) et de sa femme Zelda. En fait pas du tout avant de lire ce roman de Gilles Leroy. Mais l'angle du romancier français est originale puisqu'il se mets dans la peau de la femme de Scott, Zelda Sayre (Fitzgerald). Et cette Américaine - née en 1900, morte à quarante-sept ans - reprend vie.
Elle resplendit devant nos yeux, elle crie, elle s'insurge, elle devient folle, elle est pathétique et agaçante, géniale et déprimée. De plus, Leroy réussit à écrire le roman d'une relation passionnée et désastreuse, qui a produit le couple le plus célèbre de l'histoire littéraire: Zelda et Scott Fitzgerald, l'écrivain américain... En usant du «je» en lieu et place de Zelda, son roman devient plus puissant que la réalité. Alabama Song démontre, avec brio, la supériorité de la fiction sur le réel. Splendide écriture pour ceux qui n'ont pas peur des histoires d'amour mal parties et qui finissent mal, très mal...
samedi, janvier 05, 2008
Devenez Wikipédien!!
Mon petit côté pédagogique (mille excuses) m'amène à expliquer le phénomène à ceux qui ne le connaissent pas encore: Wikipédia est une encyclopédie collaborative en ligne, universelle et multilingue. Wikipédia a pour principe d'offrir un contenu libre, neutre et vérifiable que chacun peut éditer et améliorer. Un wikipédia est donc celui (ou celle) qui participe à l'amélioration du contenu de cette encyclopédie libre.
Fondée par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia a vu le jour en anglais le 15 janvier 2001. La Wikipédia en français est officiellement fondée le 23 mars 2001. Elle est la première version non-anglaise de Wikipedia, suivie par environ 250 langues dont environ 170 sont actives en 2007.En décembre 2007, il y avait 601 000 articles en français, sur un total de de 9 millions (dans plus de 170 langues). Le français est la 3e langue produisant le plus d'articles après l'anglais et l'allemand.
L'Ancien et le moderne est un wikipédien léger, il écrit peu parce que le temps lui manque. Mais j'ai mes sujets de prédilections, entre autres, les artistes oubliés du burlesques québécois. J'ai donc créé les articles Wikipédia de : Manda Parent, Olivier Guimond (père), Juliette Petrie , le Théâtre national et quelques autres.
Pourquoi ne pas faire de même avec les sujets qui vous intéressent? Je vous le dis, c'est très valorisant.
Bon Wikipédia!!
lundi, décembre 31, 2007
Mes souhaits pour 2008: du désir!
Puis un regret : je n'ai pas d'ennemis, donc personne à qui je puisse souhaiter d'attraper la grippe aviaire, de brûler dans le réchauffement climatique ou d'être privé de cigarettes ; quant aux indifférents, assez majoritaires numériquement, je ne désire que l'extinction soudaine et définitive de leurs cellulaires quand ils sont dans un restaurant.
Mais de façon plus précise; quoi souhaiter de mieux en 2008 pour les lecteurs de l'Ancien et le moderne que de trouver le désir en sachant le préserver?
En effet, je considère que ce qui différencie l'Occident des autres régions du monde est le rapport au Désir. Désir, bien-sûr de modernité (avec tout ce que cela implique comme vecteur puissant de changement) mais aussi désir d'élévation collective, de bonheur personnel, de plaisirs moins nobles et pour certain et pendant longtemps du désir de Dieu...avec, parfois, un soupçon de culpabilité en prime quand on brasse tout cela.
Qui de mieux que le regretté Thierry Hentsch pour illustrer ce rapport que nous avons depuis toujours (en fait depuis la Renaissance) avec le désir et de le décliner avec beauté:
"L'homme moderne désire. Il désire désirer, allant sans trève d'un objet à l'autre, dans l'oubli de lui-même.
Cette quête incessante sous-tend toute la littérature des temps modernes. L'impossibilité de ce qu'elle recherche nourrit cette littérature de bout en bout, y compris là où elle se moque d'elle-même. Dans cette quête du désir, chaque personnage, chaque écrivain contribuent à dessiner les traits les plus marquants de l'image que l'Occident moderne a de lui-même. Don Juan (Molière) le rate sans cesse. Le désir est, en ce sens, ce à quoi Gulliver et Candide (Voltaire), chacun à sa manière, finissent par renoncer, alors que Jacques le fataliste (Diderot) le suit d'un oeil goguenard et parfois inquiet. Sade le gaspille, et Rousseau en nourrit inlassablement son moi blessé. Faust cherche inconsciemment à le recapitaliser dans un humanisme conquérant et démesuré. Hegel le hisse à la hauteur inaccessible de l'esprit. Le héros de Melville (du roman Moby Dick) s'épuise à le harponner à mort, mais le désir de tuer le désir conduit le capitaine Achab à son propre engloutissement. (...) Les frères Karamazov le traînent dans la boue ou l'exaltent dans la sainteté, qui pourtant n'échappe pas à la puanteur du monde. Tandis que Zarathousrta (Nietzsche) en garde malgré lui le secret. Chez Freud et chez Joyce, le désir se décompose sous le scalpel de l'analyse et de l'excès. Proust, dans son intense vivisection, le garde vivant: chez lui le désir devient l'instrument privilégié de l'artiste."
Alors mes ami(e)s, en 2008, Désirez de grâce!
Source de l'extrait: Thierry Hentsch, Le temps aboli. PUM, p.10-11
mercredi, décembre 19, 2007
L'importance de l'esprit des fêtes
Le but de cette émission de deux heures: réfléchir sur le véritable sens des fêtes dans le monde d'aujourd'hui. À la suite un bref résumé et un lien vers l'émission radio. Mais ce qui me frappe en écoutant cette émission, c'est que tout cela touche au thème central de L'ancien et le moderne: le temps des fêtes (décorations, arbre de Noël, la bûche, la crèche, les cadeaux, la messe de minuit, etc) est une autre filière en lien direct avec nos lointaines traditions occidentales, et en soi et pour cela, c'est très important.
Un état d’esprit
« Il faut faire un effort pour faire partie de l’esprit des fêtes. Il faut y mettre du sien. Tout ce qui symbolise le temps des fêtes demande de l’effort », croit fermement Marie-France Bazzo. En vieillissant, Nicole Morgan devient de plus en plus nostalgique des Noëls d’antan. La politicologue se souvient pourtant de certains Noëls ennuyeux de son enfance, mais elle refuse de tomber dans le cynisme. Georges Leroux a aussi une prédilection pour la nostalgie et il se méfie de l’idéalisation du temps des fêtes. « Le temps des fêtes me fascine pour des raisons purement professionnelles », lance Bernard Arcand, qui a consacré une partie de sa vie à l’étude des traits communs de l’humanité. Selon lui, l’esprit des fêtes de 2006 a des relents de la préhistoire.
Les traditions
La commercialisation à outrance du temps des fêtes nous a-t-elle fait perdre de vue les racines de Noël? L’anthropologue Bernard Arcand rappelle l’origine symbolique du feu dans la préhistoire, au-delà de son utilisation première. Certaines recherches indiquent même qu’avant de devenir un sapin, l’arbre de Noël était un chêne. Même s’il est spécialiste de la philosophie grecque, Georges Leroux souligne que Noël était une fête romaine : « Le thème le plus central de la fête de Noël est l’accueil de la vie au moment où on croit que tout va s’éteindre », explique-t-il. Noël découle du solstice, lorsque la vie s’éteint. L’homme décore son foyer et l’illumine afin de réaffirmer la vie, poursuit Bernard Arcand. Nicole Morgan croit aux symboles collectifs de l’humanité. Et le petit Jésus en est un. « C’est la fête de l’enfant, c’est-à-dire de la vie par rapport au désordre », dit-elle.
Bon, je vous laisse. Je m'en vais allumer les lumières de mon petit sapin de Noël.
Pensée Libre-Radio-Canada, 1ère heure sur L'esprit du temps des fêtes
Pensée libre- Radio-Canada, 2e heure sur L'esprit du temps des fêtes
Comprendre les personnages de ma crèche de Noël
J'ai lu l'an dernier les "Écrits apocryphes chrétiens" (Édition La Pléade). Ce sont des écrits du début de la chrétienté qui n'ont pas été admis par l'Église (du IVe s.) dans le canon de ses Écritures. Je l'ai quelques fois écrit; les racines de la culture occidentale peut se résumer dans la Bible d'un côté et auprès des auteurs grecs de l'autre. Comprendre les contenus mais surtout les mécanismes d'exclusion de ses textes "apocryphes" du début de notre ère est très instructif sur notre propre culture. Et rien de mieux que de lire soi-même les textes fondateurs.
L'important aussi est que les textes apocryphes n'apportent pas de révélations fulgurantes sur Jésus, la Vierge Marie ou Marie-Madeleine mais plutôt une tendance ésotérique (La Pléade, Introduction p. XXII). Oublier les révélations de l'écrivain français Marek Halter et de Dan Brown, ils appuient leurs présomptions sur bien peu de mots.
Personnellement, j'aime mieux le constat des experts. Alors que le film hollywoodien «La Nativité», actuellement sur les écrans, donne une vision plutôt convenue de la naissance du Sauveur, en mêlant les récits évangéliques de Matthieu et Luc; le franciscain Frédéric Manns a écrit un petit ouvrage vulgarisé très pertinent. Le directeur émérite du Studium Biblicum Franciscanum, à Jérusalem, longtemps professeur d'exégèse du Nouveau Testament et de littérature juive ancienne, relit les textes dans le contexte du monde juif du Ier siècle de notre ère, à la lumière des connaissances actuelles des évangiles canoniques et apocryphes, de l'archéologie et de l'histoire de l'Église.
Voici ce que l'on retient de la connaissance actuelle des textes apocryphes sur les personnages bibliques que je retrouve ce matin dans la crèche de mon salon:
1) Joseph
L'évangéliste Matthieu définit Joseph comme un descendant de David. Au Ier siècle, il existait encore des membres de la lignée du roi David. Une inscription gravée sur un ossuaire l'atteste. Et Hérode le Grand avait confisqué la fortune des familles de la maison de David. Pour Matthieu, Joseph est le père de Jésus du point de vue légal, même s'il évite le terme «père». Si la personne de Joseph reste très discrète dans les Évangiles, elle s'impose grâce à un écrit apocryphe intitulé «L'histoire de Joseph le charpentier». L'homme y est décrit comme un veuf à qui les prêtres du Temple confient la garde de Marie âgée de douze ans. Lorsque la fiancée se retrouve enceinte, c'est le choc. Une répudiation s'impose, mais Joseph, rassuré en songe par un ange, adopte finalement l'enfant. Joseph apparaît comme le témoin irrécusable de la virginité de Marie et de la divinité de son Fils. A noter que les deux évangélistes Matthieu et Luc présentent la généalogie de Jésus par Joseph: on n'établissait alors la descendance que par les hommes.
2) Marie
La Torah n'imposait pas de grandes obligations aux filles juives. Le service le plus élevé qu'on attendait d'elles consistait à mettre des enfants au monde. L'âge normal des fiançailles se situait entre douze ans et douze ans et demi. Le mariage suivait un an après. Marie appartient à la classe sociale des «anawim», c'est-à-dire des pauvres qui mettent tout leur espoir en Dieu. Selon les écrits apocryphes, elle aurait été élevée au Temple de Jérusalem jusqu'à douze ans et aurait eu le privilège, avec d'autres jeunes filles pures, de tisser le voile du Temple. La littérature rabbinique précise que des jeunes filles confectionnaient chaque année deux rideaux pour le Temple. Ils étaient remplacés à la veille de Kippour, jour de l'expiation des péchés. Si les jeunes filles n'avaient pas droit à une éducation, Marie a eu tout loisir d'écouter la parole de Dieu à la synagogue qui, au Ier siècle, était ouverte aux femmes. Source: écrit apocryphe intitulé "Protévangile de Jacques" ou Le récit de la nativité de Marie (autre nom du même apocryphe).
3) Vierge?
Dans l'ancien Testament, les hommes au destin exceptionnel naissent volontiers d'une femme jusque-là stérile. Mais des antécédents de naissance virginale existent aussi, par exemple dans le récit de la venue au monde d'Isaac, chez Philon d'Alexandrie. L'absence de père terrestre souligne l'initiative de Dieu: c'est Dieu qui donne le Messie aux hommes par l'opération du Saint-Esprit. Certains passages de l'Evangile sèment le doute sur la virginité de Marie, en particulier l'évocation de «frères de Jésus». Marie a- t-elle eu des enfants de Joseph? Pour Frédéric Manns, il y a confusion avec une autre Marie, mère de Jacques. L'exégète estime aussi que Jésus n'aurait pas confié Marie à Jean au pied de la croix s'il avait eu des frères de sang. La virginité «perpétuelle» de la «mère de Dieu» a finalement été définie en 431, lors du concile d'Éphèse.
4) Les Mages
L'apparition d'une étoile est déjà annoncée dans un oracle messianique au livre des Nombres. Les Psaumes précisent que les rois de Tarsis, Saba et Seba porteront des offrandes. Traditionnellement, les mages étaient des prêtres du culte zoroastrien des Perses. Ils étaient, selon Hérodote, interprètes de songes et détenteurs de connaissances occultes. Chez Matthieu, leur observation d'une étoile en fait des astrologues. Rien n'exclut que des Nabatéens, qui contrôlaient le commerce de l'encens, soient venus de l'Orient à Jérusalem. Les mages représentent les païens: leur accès à Jésus dès sa naissance s'inscrit dans la doctrine universaliste. Dans des textes apocryphes postérieurs, les mages sont mentionnés comme Rois. L'écrit apocryphe "L'Évangile arménien de l'enfance" leur donne les noms de Gaspar, Melkior et Balthasar.
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Belle période de Noël à tous et à bientôt!
A&M
Source: Frédéric Manns, Que sait-on de Marie et de la Nativité. Éditions Bayard
"Écrits apocryphes chrétiens" Édition La Pléade. 1997.
vendredi, décembre 14, 2007
Mes 10 prochains romans pour 2008
1) Les disparus par l'américain Daniel MendelsohnRécit littéraire et enquête personnelle sur un drame familial inséparable d'une des tragédies du XXe siècle : l'extermination des juifs par les nazis. L'auteur raconte comment une partie de sa famille a disparu dans l'est de la Pologne au début des années 1940, en laissant quelques lettres, des photos et des souvenirs chez les membres survivants émigrés aux Etats-Unis. Les critiques sont gagas de cette grosse brique.
Prix Médicis étranger 2007.
2) Les belles choses que porte le ciel de l'éthiopien Dinaw Mengestu
Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circonstances dramatiques. Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d’amertume qui leur tient lieu d’univers et de repères. Mais l’arrivée dans le quartier d’une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire…
Prix du Premier Roman étranger
3) Ap. J.-C. du grec Vassilis Alexakis
L’histoire commence aujourd’hui, à Athènes, chez Nausicaa, une dame de quatre-vingt-neuf ans, qui demande à l’étudiant qu’elle héberge de mener une enquête sur les moines du Mont Athos. Grand Prix du roman de l'Académie française
4)Istanbul du turc Orhan Pamuk
Vaste roman et vaste fresque, Istanbul constitue avant tout l’éducation sentimentale d’un écrivain dans une ville. Orhan Pamuk y retrace sa vie intime dans une grande famille bourgeoise de la ville, où l’on se veut laïque et progressiste. À travers son récit de la décomposition progressive de cette famille, qui va perdre à la fois son mode de vie traditionnel et son statut social, c’est la société stambouliote, et au-delà la société turque des années 1950-1960, qu’il décrit. C’est aussi la ville de cette époque, encore très proche, dans sa forme, de ce qu’elle était à l’époque de l’Empire ottoman. Ce monde en train de basculer revit à travers de superbes descriptions de lieux, de personnages, d’anecdotes et d’instants, relatés avec vivacité et souvent humour. Prix Nobel de la littérature
5) Quand notre monde est devenu chrétien (312-394) de Paul Veyne
Dans son nouveau livre, Paul Veyne revisite l'apport historiquement révolutionnaire du christianisme jusqu'à le situer au sommet de l'esprit, au terme d'une démonstration aussi rigoureuse qu'enlevée. C'est une revigorante promenade spirituelle, imagée, anticonformiste, passionnante, qui rend le lecteur plus intelligent.
Prix du Sénat du livre d'histoire 2007
6) Odeurs du temps de Jean d'Omesson
Qu'est ce qu'ils nous apprennent, Aragon et Yourcenar, et Borges et Cioran, et les autres ? Que selon la formule de Pessoa, 'la vie ne suffit pas' et que la littérature est là pour nous élever un peu au-dessus de nous-mêmes.
7) Alabamo Song de Gilles Leroy
Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, "Belle du Sud", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... Prix Goncourt 2007
8) Cette histoire-là de l'italien Alessandro Baricco
Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s'efforçant de remettre de l'ordre dans le monde. Il a cinq ans lorsqu'il voit sa première automobile, l'année de la course mythique Versailles-Madrid de 1903, dix-neuf le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq lorsqu'il rencontre la femme de sa vie, et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale. Cette histoire-là est son histoire, qui nous emporte dans une course effrénée à travers le vingtième siècle, à laquelle l'écriture brillante et habile d'Alessandro Baricco confère une formidable vivacité, pour en faire une de ses plus belles réussites.
9) L'immeuble Yacoubian de l'égyptien Alaa El Aswany
Connaissez-vous Alaa El Aswany ? C'est un véritable phénomène, avec cent mille exemplaires de L'Immeuble Yacoubian vendus en quelques mois, un film en cours de tournage avec une grande mobilisation de moyens et d'acteurs célèbres. Très vite,poussé par la rumeur, le livre s'est répandu dans le monde arabe et le voici aujourd'hui en français. L'auteur est un vrai Egyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège.
10) Le roman de Léonard de Vinci du russe Dimitri MerejkovskiComment Léonard de Vinci est-il devenu l'incarnation du génie créateur ? Comment a-t-il vécu, aimé, souffert ? Avec un soin du détail et une inspiration dignes des plus grands, le romancier russe Dimitri Merejkovski (1866-1941) nous entraîne dans l'intimité d'un homme pour lequel le talent, perçu comme un don de Dieu, est un véritable sacerdoce, qu'il assume de toute son âme,refusant les facilités de l'argent et des vanités. Portrait prodigieusement vivant du grand artiste, ce Roman de Léonard de Vinci est également une pièce maîtresse de la littérature russe du XXe siècle.
vendredi, novembre 30, 2007
Le Portrait
Alors quand, trop rarement, je rencontre un roman ou un essai consacré à une seule oeuvre d'art, c'est le bonheur total...Avouez, un livre pour une seule oeuvre : quel projet fou et merveilleux. Dès le début de ce blogue, j'avais écrit un billet sur le livre de Jean-Paul Kaufmann qui présentait pendant 300 pages l'histoire de "La Lutte avec l'ange" du peintre Delacroix que l'on retrouve aujourd'hui accrochée à St-Sulpice (Paris). J'avais adoré.
Pierre Assouline récidive à sa façon en s'appropriant une oeuvre du peintre français Dominique Ingres .
L'écrivain français, dans son récent livre "Le Portrait" donne vie au portrait, peint par Ingres en 1848, de Betty de Rothschild, somptueuse représentation du romantisme français du XIXe siècle par l'un de ses principaux artisans. Pierre Assouline utilise cette idée géniale de faire parler notre portrait, prétexte pour naviguer habilement dans cent cinquante ans d'histoire du vieux continent en traçant, en pointillé, la biographie d'une de ses plus illustres dynasties. "Vue de mon mur, la comédie humaine est d'une saveur inédite".
J'ai particulièrement apprécié dans ce livre, outre l’érudition toute fluide de l’auteur, l’évident plaisir de raconter dont témoigne l'auteur, ainsi que l’extraordinaire chaleur humaine qui émane de chacun des protagonistes de cette « biographie fantastique » en chair et en peinture.
La Baronne James de Rothschild (1805-1886) est certainement l'un des plus beaux portraits exécutés par Dominique Ingres. Ce portrait nous raconte la France, les Rothschild, l'aristocratie et leur monde depuis deux siècles. Il dit ce qu'il a vécu, ce qu'il a perçu des conversations là où il fut accroché, dans les hôtels particuliers parisiens des enfants de Betty, au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein (Allemagne) où Hitler entreposa les tableaux pillés en France (dont le portrait de Betty de Rothschild) pour son futur musée. Mme de Rothschild commente aussi ses sorties plus récentes à New York, Londres et Paris.Le Portrait s'ouvre sur une phrase d'une déchirante mélancolie : "Rien ne console parce que rien ne remplace".
Après sa mort en 1886, la baronne Betty de Rothschild connait une seconde existence, accrochée au mur. Elle revient alors sur sa vie, raconte l'histoire de sa famille, et chronique l'évolution du monde vue de son angle spécifique. Pierre Assouline nous fait voyager dans le temps et dans l'espace au gré des pérégrinations du tableau et des pensées de celle qu'il représente. Betty de Rothschild est une jolie Juive généreuse et déterminée, fortement imprégnée de la valeur de son rang - et des devoirs y afférant.
Elle observe avec humour et acuité les mondanités, relate ses rencontres avec Chopin ou Balzac par exemple.
Empreinte d'une douce mélancolie, la plume de Pierre Assouline est d'une élégance et d'une poésie rares. Les mots coulent avec une infinie délicatesse, l'ambiance est mélodieuse et vaporeuse. Le Portrait est en effet un roman de la mémoire ("Notre mémoire est pleine de petites Atlantides englouties, libre à nous de les ressusciter dans les larmes ou la douce évocation des bonheurs à jamais enfuis") et du spleen. Mais une mémoire diffuse, égarée et très sensorielle.
Si le bonheur est dans les mots et les arts, je vous le dis, il est actuellement tout proche de Pierre Assouline et de Mme de Rothschild...
mercredi, novembre 21, 2007
Bien-sûr que Jésus a existé...
Il y a des gens qui ne comprennent pas comment on peut être athée et croire en la réalité historique de Jésus de Nazareth. J'ai déjà écrit sur ce pseudo-paradoxe dans ce blogue
Mais là, les recherches archéologiques récentes viennent confirmer de façon encore plus certaines la réalité historique de Jésus.
J'ai terminé il y environ un mois, un fascinant ouvrage intitulé "Jésus, compléments d'enquête" et rédigé par dix spécialistes -- historiens, biblistes et exégètes -- de réputation internationale.
Avec les connaissances que nous avons en 2007, le constat est assez clair comme l'écrit le théologien Daniel Marguerat . «Nous n'en sommes plus aujourd'hui, précise-t-il, à nous demander si Jésus a existé ou non. La multiplicité des sources documentaires le concernant et leur précocité font de lui le personnage historique le mieux attesté de toute l'Antiquité. Aussi, ajoute-t-il, mettre en doute son existence relève de la sottise.» Cela réglé, une question, néanmoins, demeure: «Fut-il ce que les évangiles disent de lui?» Pour y répondre, les chercheurs doivent donc faire la part de ce qui relève de la foi et de ce qui relève des faits dans les témoignages disponibles et scruter «l'obscurité pour deviner qui il fut et comment il apparut à ses contemporains».On redécouvre, aujourd'hui, sa pleine judaïté et son inscription dans la société et les débats de son époque. Marguerat, par exemple, affirme que Jésus n'a jamais rompu avec le judaïsme, mais que la radicalité de son message (l'amour d'autrui avant la Loi), sa revendication d'une autorité non dérivée («il parle au nom de Dieu») et le sentiment d'urgence de l'expérience de Dieu qu'il professe ont suscité de violentes résistances. «L'action de Jésus, explique Marguerat, visait à réformer la foi d'Israël, entreprise à laquelle les autorités religieuses de l'époque se sont opposées. C'est à l'échec de cette réforme que le christianisme doit sa naissance.»
Certains croyants craignent parfois que la recherche historique de type scientifique concernant le Jésus historique n'ébranle les fondements de la foi. Marguerat leur donne tort. «Le travail historien, explique-t-il avec raison, n'asphyxie pas la croyance; il participe à son intelligence et à sa structuration, et ce n'est pas un mince service qu'il lui rend.» Le credo de l'incarnation, c'est la grandeur du christianisme, «nous assigne à composer une image de l'homme Jésus». La foi, bien sûr, permet l'interprétation des faits, «mais elle se déconsidère si elle se réfugie dans l'infantilisme de l'ignorance en refusant de prendre en compte les résultats du labeur des historiens».
Jésus a fort probablement existé. Était-il le fils de Dieu? Ça, c'est une toute autre question...
*** Jésus, compléments d'enquête Préface de Daniel Marguerat Bayard/ Le Monde de la Bible, 160 pages
